action
Entre l'être et le connaître, le faire. Être, c'est végéter, vivre dans des réponses. Connaître, c'est partir, glaner des métaphores et métamorphoses comme de belles interrogations, qui s'énoncent, s'écoutent, s'admirent sans espoir de retour dans l'univers, qui les enfanta. Faire, c'est se renier, laisser la cervelle ou la main assoupies interpréter les songes d'une âme en éveil. « Le monde, c'est la douceur du rêve de vivre et l'amertume de l'acte de vivre »** - Héraclite.
âme,être,métaphore,question,retour,rêve,savoir,vie

action
Ceux qui observent et trouvent et ceux qui agissent et cherchent, les contemplatifs et les actifs, n'ont ni les mêmes représentations ni les mêmes requêtes. Se rencontrent-ils jamais ? Dans la réalité, où il n'y a ni langage ni regard, autant dire nulle part. Trouvère et chercheur s'ignorent. Mais celui-ci se reproduit et pullule, et celui-là est frappé de stérilité et d'imminente extinction.
langue,question,regard,représentation

action
L'action selon Valéry va du sentiment à la forme, et selon moi - de la forme à son fond réel ; Valéry l'identifie avec l'enveloppement et moi - avec le développement. Son l'homme est action et mon l'homme s'arrête à l'action disent, en définitive, la même chose. Nous sommes d'accord, que la quête la plus passionnante de l'art concerne le cheminement imprévisible entre l'impression et l'expression. L'expression fixée doit rester sans prolongement.
art,auteur,discursif,question,réalité,sentiment,style

action
L'acte, c'est le déclenchement d'un événement qui modifie un univers, l'acte traduit une volonté ; son contraire, c'est la requête d'un univers immuable et de sa représentation. « L'Acte est zéro d'être, l'Être est zéro d'Acte »*** - Jankelevitch - je ne suis pas ce que je fais, je ne fais pas ce que je suis !
être,immobilité,nature,négation,question,représentation,valoir

action
Les rapports entre penser et agir, comparés avec ceux entre la question et la réponse, sont inverses, mais sont souvent très éloignés des rapports de cause à effet. Et comme les meilleures questions contiennent la réponse, la bonne pensée peut se passer de développement par l'acte. La pensée est une inspiration, et l'acte – une expiration. En expirant on rit, sanglote ou soupire ; l'inspiration est ce qui féconde l'expression. L'agir n'est que technique ou fonctionnel.
discursif,idée,question,robot,souffrance,style

action
Quand l'époque croule sous des questions, elle réveille chez l'homme un prurit narratif. Quand elle s'enorgueillit de réponses finales, l'homme s'en retourne dans l'introspection. Quand elle est muette, l'homme s'adonne à la contemplation.
discursif,question,regard,soi,temps

action
Les hommes d'action apportent des solutions (réponses), les philosophes dénichent des problèmes (questions), l'artiste devrait créer un mystère (langage ou état d'âme), qui traduit les questions et interprète les réponses.
art,interprétation,mystère,philosophie,question

action
L'action et la logique servent à chercher une solution, tandis que c'est surtout le langage qui aide à formuler le problème – deux milieux, deux démarches, deux outils difficilement compatibles. Comme les mystères ne se dissipent pas avec le même état d'âme, qui nous y a plongés. Les images, les mots, les concepts - dans chaque domaine nous avons un expert indépendant : l'âme, le cœur, l'esprit. Choisir un mystère, énoncer un problème, inventer une solution.
âme,cœur,création,esprit,idée,interprétation,langue,maîtrise,mot,mystère,…

action
La machiavélique Compagnie de Jésus, avec son « La fin justifie les moyens », est trop dans le temps, l'action, la logique, et pas assez dans l'héraldique, tandis que le but peut ne servir qu'à ériger de belles contraintes et à déployer des moyens à ne pas employer. Dans le but, ce qui compte est l'art de sa formulation ; dans les moyens - le parcours raisonné de leur recherche. Je préfère m'en tenir à la noblesse héréditaire du langage, refusée aux gueux de la logique ou aux nobliaux de la mécanique.
auteur,christianisme,contrainte,moyen âge,mot,question,raison,robot,temps

spinoza b.
Humanas actiones non ridere, non lugere, neque detestare, sed intellegere !

Ne pas railler, ne pas déplorer ni maudire, mais comprendre les actions des hommes !
action
Déjà, cette méchante raison dicta à Horace son nil admirari. En élevant le débat au second degré, on peut te donner raison : nos plus forts sentiments devraient être réservés aux choses invisibles. Aux visibles, mieux convient l'ironie que l'extase. Mais l'ironie est une tonalité de mon message aux autres, elle n'a aucun sens, quand j'apostrophe moi-même. Face à moi-même, et même à mes actions, je ne peux que rire ou pleurer. Les vraies questions naissent du rire divin ou des pleurs humains.
absurde,auteur,ironie,maîtrise,question,sentiment,soi,souffrance,tragédie
 

amour
Quand je vois tant de visages anonymes de nos contemporains interrogateurs, sans écho, sans réponses, je comprends que l'amour fiche le camp de ce monde, voué au silence. À l'amoureux, « il fallait bien, qu'un visage réponde à tous les noms du monde » - Éluard.
auteur,hommes,question,représentation,silence,voix

amour
La grande utopie amoureuse : faire de l'amour - contenu et beauté de la vie. Mais en embellissant tout ce qu'il touche, l'amour tarit en couleurs intérieures. L'amour est tout d'interrogations, tandis que tout contenu, dans la vie, ne consiste qu'en réponses.
beauté,question,vie,voix

amour
De la ponctuation dans l'amour : ouvert par un point d'interrogation chancelant, il serait consolidé par un deux-points prometteur, préparant l'enchaînement de ses bienfaits, séparés par de joyeuses virgules, tandis que « il n'y a dans l'amour que des points d'exclamation, de suspension, de fin » - Don-Aminado - « В любви есть три знака препинания : восклицательный, многоточие и точка ».
défaite,ironie,ouvert,question

amour
L'amour étant une superstition, on est toujours placé devant les autels. Avec la vraie religion on se sacrifie, avec la fausse - on sacrifie les autres. L'amour est une prière, une oratio ignata ; seule la superstition me fait entendre une réponse déchiffrable. Dans l'art, il vaut mieux en avoir la religion que l'amour. Et d'ailleurs : « L'amour vrai dégoûte de l'art » - Van Gogh.
art,question,religion,sacrifice

amour
L'amour est dans l'ivresse des réponses lumineuses aux obscures questions. Il ne faut pas chercher à rendre celles-ci trop précises : « En amour, on pose toujours trop de questions, et quand on se met à vraiment vouloir connaître les réponses, l'amour s'en va » - E.M.Remarque - « Man fragt in der Liebe immer zuviel, und wenn man anfängt, die Antworten wirklich wissen zu wollen, ist sie bald vorbei ». Les réponses sont inoffensives, c'est le pas suivant, la tentative de leur donner un sens, qui est fatal, puisqu'il pousse à les traduire en gestes.
action,doute,question

amour
Ceux qui cherchent la vérité sont, généralement, encore plus raseurs que ceux qui se gargarisent de l'avoir trouvée. Les deux en sont, probablement, des amis, mais je leur préfère des amants ! Ceux qui sont à l'origine d'un langage, langage de requêtes, de regards, de soupirs, de perplexités, d'où surgit la vérité auréolée de substitutions des belles et mystérieuses inconnues. La possession, fût-elle furtive, hypothétique et inavouable, donne du piquant à la recherche.
arbre,auteur,commencement,création,doute,étonnement,inconnu,maîtrise,mot,question,…
 

art
L'écrit bête évoque des questions à réponse unique ; l'écrit médiocre énumère des réponses plausibles aux questions communes ; le bel écrit se forme dans le style des questions paradoxales, auxquelles chaque lecteur apportera sa réponse enthousiaste ou se taira, indifférent.
enthousiasme,intelligence,mouton,paradoxe,question,style

art
Tout travail littéraire est érection d'un temple, autour de ton image, que tu aimerais vénérer. Les apports des autres sont de deux types : fournir des matériaux impérissables ou démolir d'autres idoles. La dernière catégorie est la plus rare, et son rôle est capital ; ma reconnaissance va à Nietzsche, à Valéry, à Cioran, les seuls à savoir renverser les épouvantails du savoir et des écoles. Je me construis autour de leurs questions : Pourquoi je suis le mieux sculpté ? mes miracles sont-ils le plus inattendus ? Comment prier au milieu des ruines ?
amour,auteur,école,grâce,matière,mystère,question,ruines,savoir,soi,…

art
En dehors de traduire, traduire une voix et une langue, qui ne sont pas les miennes, je ne peux pas donner un sens quelconque à créer. Être dans l'état de demande de messages (me sentir ange), ne pas m'attarder dans celui de la réponse (ce que veut le diable). Poétiser, c'est traduire des messages (voix) cryptiques.
ange,auteur,création,doute,langue,ouïe,poésie,question,sentiment

art
L'art - produire des métaphores, une fois que je suis subjugué par un concept. Les piètres sciences, ce qui nous élargit et corrobore (l'art rétrécit et désespère !), c'est traduire en concepts les métaphores insaisissables. L'idole (verbe mental, représentation), le portrait (verbe intellectuel, propositions), l'état d'âme (verbe inspiré, discours). Il est de belles métaphores, devant lesquelles palissent les formules, les pinceaux et même les mots…
auteur,création,espérance,filtre,idée,langue,maxime,métaphore,mot,musique,…

art
Ma répulsion pour la dissertation vient aussi de cette observation, que le langage des questions et celui des réponses sont radicalement différents. La langue n'est un outil plein que dans le premier cas ; dans le second, on s'occupe de substitutions de termes, fournies par un interprète conceptuel et non langagier. Seul le premier langage est vraiment expressif ; le second est essentiellement mécanique.
auteur,continuité,création,discursif,idée,interprétation,langue,question,robot

art
Le mode énumératif, le plus répandu de nos jours au royaume des lettres, a sa place dans la résolution de problèmes, mais seulement après deux étapes préliminaires, exigeant beaucoup plus d'ingénuité : l'élaboration d'une riche requête et la recherche de substitutions inattendues. Quand on ne maîtrise ni langage ni modèle, on est condamné à vivre du seul contact avec le monde.
arbre,discursif,goût,mystère,question,réalité,représentation,simplicité,vie

art
Quand le comment porte sur le style et le pourquoi - sur la noblesse, le talent du qui justifiera tout quoi. Mais l'écrivain d'aujourd'hui ne voit dans les comment et pourquoi que des quêtes logiques, ce qui rend moutonniers tous ses et quand. Ce n'est peut-être pas si saugrenu que de prétendre, que toute littérature est de circonstance ? L'instrument devrait rester invisible, l'époque et lieu - évoqués en beaux fantômes. Des réponses respectables aux et quand : dans l'âme (et non pas - à Paris), en pleine euphorie (et non pas - à l'heure de grande écoute).
abduction,inconnu,modernité,question,raison,rêve,temps

art
L'art n'est qu'un langage de plus pour interroger l'immensité muette de la vie. L'artiste la fait chanter, là où les autres la font parler. La vie réelle est l'action, et l'art est le rêve. « Si je pouvais embrasser la vraie vie, je n'aurais pas besoin d'art. L'art commence précisément où la vie réelle cesse » - Wagner - « Die Kunst würde allen Grund verlieren, wenn ich die Wirklichkeit des Lebens umarmen dürfte. Wo das Leben aufhört, da fängt die Kunst an ». L'art pour l'art, comme la langue pour les linguistes - sensé, mais à l'intérieur d'une mécanique, tandis que l'art, comme la langue, est l'extérieur d'une métaphysique.
action,commencement,langue,question,philosophie,rêve,robot,vie

art
C'est en fonction de la place de la forme et du contenu que l'histoire de l'écriture peut être divisée en trois étapes - la moutonnière, la poétique, la robotique : la domination du contenu (des choses, du quoi), le culte de la forme (des relations, du comment), la règle de production de la forme à partir du contenu (du pourquoi, de la causalité comme forme banale d'un fond, qui se réduit aux lois naturelles ou aux conventions humaines). Tout écrit d'art naissait jadis d'une réflexion abductive, aujourd'hui il veut être déductif, et la machine l'y surclassera.
abduction,concept,histoire,modernité,mouton,poésie,question,réalité,robot,style

art
Je sais que le contenu de mon écrit ne présente que des questions, tandis que sa forme y apporte aussi des réponses. Si mon soi m’est plus important que le monde, j’imposerais des contraintes draconiennes au contenu et je polirais davantage la forme.
auteur,contrainte,création,question,soi,style

art
La maxime est une réponse, aux vastes horizons, et qui laisse deviner la profondeur de sa question et la hauteur de ses sources.
commencement,hauteur,maxime,question

art
Je pratique l’écriture des réponses (celle des questions est toujours entachée de banalités), mais leurs sources ne sont pas des questions (que chacun est libre d’inventer), mais l’excitation, un état d’âme suffisamment rare, mais universel ; la réponse, elle, est toujours personnelle.
âme,auteur,commencement,élan,platitude,question,universel,voix

art
Le rêve, qui me poursuit depuis mon enfance, – être poète ! Et la terrible déception dans l’impression d’être passé à côté de ce métier des anges. D’autres vocations m’en dévièrent, bien que mon regard sur l’essentiel de la vie gardât des interrogations et vibrations poétiques. Ah, si Valéry avait raison : « Être peintre, c’est chercher indéfiniment ce qu’est la Peinture ! »*.
ange,auteur,élan,enfance,être,inconnu,poésie,question,regard,vie

art
Le parcours, conduisant à l’émerveillement devant une belle écriture : ses mots, ses métaphores, ses pensées, tes requêtes, les unifications, ton illumination. Une seule de ces étapes manque, et la merveille finale, rapidement, se dissipera ; le viscéral ne sera que squelettique.
arbre,beauté,chemin,étonnement,idée,métaphore,mot,mystère,question

art
Ta maxime, comme la musique, n’apporte que des réponses, auxquelles les autres peuvent (doivent ou savent) chercher des questions adéquates. « En écoutant la musique, j’entends des réponses, j’ai l’impression qu’il n’y ait aucune question »** - G.Mahler - « Wenn ich Musik höre, höre ich Antworten und empfinde, daß es keine Fragen sind ».
maxime,musique,question,savoir,valoir

art
N’importe qui peut ne faire de son écrit qu’un étalage de questions. Mais l’écriture, qui consisterait, essentiellement, de réponses, ne vaut que si l’on réussit à trouver à celles-ci des questions intéressantes ou, au moins, cohérentes. Aux réponses : âme immortelle, savoir absolu, connaissances a priori il n’y a aucune question qui exciterait notre curiosité ou notre goût du subtile – ce sont des morts-nés.
âme,goût,intelligence,mort,question,savoir

art
Une question très éclairante à poser à tout écrivain : Comment voyez-vous votre place dans la littérature ? Je sais que la mienne se trouve au bout d’une impasse, mais je sais que personne ne pourrait m’y accompagner, puisque j’y communique, en hauteur, avec Celui que tout le monde ignore ou méprise. La-haut, je vis une métamorphose du réel en rêve.
auteur,hauteur,paradoxe,question,réalité,rêve

art
La beauté intérieure d’un écrit est dans sa musicalité ; sa beauté extérieure – dans la richesse, la nouveauté, l’élégance et la profondeur des questions que sa lecture provoque.
beauté,hauteur,musique,question

art
Le philosophe décompose l’être et son essence, et le poète compose le devenir dans son innocence. Cibles réelles, pour les yeux ; cibles imaginaires, créées par le regard. Armurier ou archer. Le bon archer se moque de la difficulté des cibles et de la continuité du vol ; il se reconnaît dans l’intensité de sa corde. Le commencement est son devenir ; il devient aphoriste des réponses, invitant les activistes à fabriquer leurs propres questions, poursuites et gibecières.
chemin,commencement,continuité,création,être,flèche,intensité,maxime,philosophie,poésie,…

joubert j.
Le poète s’interroge ; le philosophe se regarde.
art
L’aphoriste devrait en être la synthèse : ne formuler que des réponses aux questions du poète, réponses dictées par le regard de philosophe.
maxime,philosophie,poésie,question,regard

cocteau j.
Un beau livre, c'est celui qui sème à foison et vous hérisse des points d'interrogation.
art
À condition de caresser, au début, quelques points de suspension et de récolter, à la fin, quelques points d'exclamation. Les points d'interrogation implicites, au milieu du discours, sont des cibles des substitutions explicites.
caresse,commencement,doute,question,sentiment
 

bien
Le vrai Mal ne sort blanchi d'aucun confessionnal ; le Mal est, par définition, sans rédemption possible ; il est sécrété, chaque fois que l'âme croit avoir entendu une réponse à son interrogation du Bien, ce grand muet, contrairement à ce grand orateur qu'est le Beau.
âme,beauté,mal,mot,question

bien
Le face-à-face, le Bien contre le mal, n'existe pas ; n'existe que le Bien, qui introduit le mal, chaque fois que mes mains levées au ciel sans réponses tombent et s'occupent de la terre sans questions.
action,étoile,lutte,mal,question,rêve

bien
La culpabilité, est-elle innée ou acquise ? Rousseau penche pour la seconde réponse, et moi, avec Tolstoï, - pour la première. Le Créateur nous tente par deux sortes d'énigmatique liberté : traduire la voix du Bien en actes, ou celle du beau – en création. Mais si la seconde liberté nous donne des ailes, la première nous conduit, inexorablement, au désespoir et à la honte.
action,beauté,création,dieu,élan,espérance,honte,liberté,question

bien
Le vrai est dans la réponse du langage, et le Bien est dans la question du regard ; la qualité du vrai est dans la profondeur, celle du Bien - dans la hauteur de la (re)quête. Mais pour un modèle donné les réponses sont mutuellement exclusives. La liberté d'en changer fait partie de nos mystères.
élite,hauteur,liberté,langue,mal,mystère,question,représentation,vérité

bien
L'origine de nos recherches : le comment du vrai, le pourquoi du beau, le quoi du Bien. Contrairement aux deux premières, la dernière reste sans réponse. « On cherche le Bien sans le trouver, et l'on trouve le mal sans le chercher »*** - Démocrite.
abduction,beauté,mal,question,vérité

bien
Le Bien n’est qu’un appel inarticulable, excitant notre cœur, il n’est ni incitation à l’acte ni question à la conscience ; le Mal n’est pas seulement la surdité, face à cet appel, mais aussi des tentatives dogmatiques de répondre, par un geste éthique ou pragmatique, à des questions faussement claires du pseudo-Bien.
action,angoisse,cœur,conscience,doute,erreur,hommes,question

pascal b.
Les uns, justes, qui se croient pécheurs ; les autres, pécheurs, qui se croient justes.
bien
La différence est dans les questions (non) posées. Les justes se demandent si le Bien obscur est bien rendu par l'acte net, - et ils ont la honte. Les seconds voient dans leur acte une fidèle traduction de leur bien limpide, et ils gardent une sérénité de raison.
action,âme,angoisse,honte,question,raison

russell b.
The elimination of ethical consideration from philosophy is scientifically necessary.

L'élimination de toute considération éthique de la philosophie est scientifiquement nécessaire.
bien
Et tu ajouteras peut-être, que c'est l'introduction de quantificateurs en philosophie, qui avait rendu celle-ci - scientifique… Quelles balivernes ! La philosophie s'occupe de tous les domaines de la réflexion humaine, où la réponse unique n'est pas (encore) possible. Que l'éthique, aujourd'hui, dans les affaires des hommes, soit évincée par la mécanique, ne devrait pas en détourner la philosophie.
philosophie,question,science

mauriac f.
La réponse tient dans cet X, qu'il suffit de redresser et qui devient la croix.
bien
Ce redressement du doute apporte plutôt une piètre addition de certitudes, où ne pourra plus se glisser la moindre variable. La croix, contrairement au gibet, est un plus, qui, au lieu de nous exprimer en superlatif, nous plonge dans le comparatif.
doute,question,souffrance
 

cité
La question de société, qui est occultée par tous, tout en étant à l'origine de toutes les chamailleries, est : quelle doit être la récompense de la force (musculaire, intellectuelle, monétaire) ? La réponse, presque unique et presque unanime, est - l'argent. On te range d'après ce que tu manges. Nos footballeurs, nos penseurs, nos banquiers exercent de plus en plus le même métier - ce sont des faiseurs d'argent. Sans cette récompense, les déserts de la pensée, aménagés aujourd'hui en sinécures, retrouveraient le béni inconfort des cavernes.
antiquité,argent,commencement,désert,force,idée,lutte,question,ruines

cité
À la question Qui doit régner ? Platon, Marx et Gobineau n'apportent que des réponses métaphoriques et des vœux pieux, puisqu'il est clair, que ce seront toujours des voyous, qu'ils soient aristocratiques, prolétaires ou héroïques. Le voyou démocratique est le seul à ne pas se reproduire et à ne pas voir dans des non-voyous ses ennemis mortels ; c'est pourquoi il le faut préférer aux autres voyous.
bassesse,héros,hommes,lutte,métaphore,noblesse,question

cité
Deux types de quête opposés : navigation au gré des courants ou attente d'un souffle. « En politique, ne réussit que celui qui met la voile où le vent souffle, jamais celui qui prétend souffler dans les voiles mises » - Machado - « En política sólo triunfa quien pone la vela donde sopla el aire, jamás quien pretende que sople el aire donde pone la vela ».
intensité,question,voix

cité
La raison principale de l'extinction progressive du grand art est dans la réponse à cette question : qui peut, veut et doit se porter juge des œuvres d'art ? La réponse, donnée et acceptée par tout le monde, est – la foule. L'effet pernicieux de cette résignation est la transformation en foule de ceux, qui formaient jadis une élite. Et le besoin même de juges vint achever l'esprit libre du créateur, qui, jadis, tout en écoutant l'avis d'un aréopage restreint, ne suivait que sa propre voix. Les grands s'acoquinent avec les médiocres et finissent par ne plus en être discernables. « Le socialisme achète la remontée de la platitude par le prix de l'effondrement des hauteurs » - Berdiaev - « Социализм покупает подъём равнин ценой исчезновения вершин » - le capitalisme pratique le même troc.
art,élite,hauteur,mouton,platitude,question,valoir,voix

cité
De l'effet désastreux de la ponctuation dans les affaires des hommes : la substitution au point d'interrogation (expliquant le monde à la Platon) du point d'exclamation (modifiant le monde à la Marx). Les analyseurs syntaxiques non-monotones s'égarent et le sens, guidé par les synthétiseurs pragmatiques monotones, s'en désolidarise.
hommes,question,utilité

cité
Demandez à un peuple libre, où se trouve la source de toute sagesse civile ; parmi des centaines de réponses, vous ne trouverez certainement pas cette perle germanique : « L’obéissance est le commencement de toute sagesse » - Hegel - « Der Gehorsam ist der Anfang aller Weisheit ».
allemagne,bassesse,intelligence,liberté,question

france a.
La majestueuse égalité devant la loi interdisant aussi bien aux riches qu'aux pauvres de dormir sous les ponts.
cité
Le volet permissif de la même loi invite les pauvres et les riches à rêver dans la Bourse. Les réponses enthousiastes y sont beaucoup plus nombreuses.
égalité,enthousiasme,intensité,ironie,misère,question,rêve
 

doute
Projetée hors de nous-mêmes, la lumière impose un ordre sédentaire auquel répugnent le cœur migrateur, l'âme vagabonde, l'esprit nomade. L'adresse ou les coordonnées définitives ne sont utiles que si j'attends une réponse de quelqu'un d'autre que moi-même, phénomène rare.
âme,balance,cœur,esprit,ombre,ordre,question,soi,utilité

doute
La précision est primordiale, quand la requête est de forme : Que vaut (pourquoi, comment, quand, où) X ? Mais l'intelligence, c'est la spécification de X : modèles (substances), qualificatifs, négation, quantification, liens entre objets, tournures verbales. La présence d'inconnues, dictée par une intuition ou une foi, peut être plus féconde qu'une mécanique précision en résolution.
arbre,concept,intelligence,interprétation,langue,négation,question,religion,représentation,universel,…

doute
Oui, il est appréciable, l'étonnement donnant lieu aux questions profondes ; mais j'apprécie davantage l'étonnement, surgissant des réponses hautes, même si je n'en perçois pas la question.
auteur,étonnement,hauteur,question

doute
Avec des requêtes, on est en proie au problème ; on ne peut y être qu'intelligent. Avec la réponse, on se détend dans la solution ; on peut y être heureux. Mais avec une requête totale, où aucun mot ni image ne sont encore nés, on ne peut être qu'un sage malheureux ou un sot angoissé, c'est à dire - être passionné, être dans le mystère.
amour,angoisse,esprit,intelligence,mot,mystère,question

doute
Les questions vagues et les réponses flagrantes - tel est le goût du temps. Les questions nées d'une lumière, les réponses produisant de beaux jeux des ombres - tel devrait être mon exigence.
beauté,modernité,ombre,platitude,question

doute
Deux manières d'amplifier le possible : modifier le modèle - par ajout, suppression, substitution - ou inventer de nouvelles requêtes, représentation ou interrogation. Deux manières de filtrer le nécessaire : conditionner le modèle par des hypothèses topiques et le langage - d'hypostases tropiques.
création,filtre,frontière,inconnu,langue,nécessité,question,représentation,style

doute
Ce qui est le plus fécond, ce n'est ni la solution issue des réponses, ni le problème entrant dans des questions, mais le mystère jaillissant des images. Comme le Parménide ou la Caverne de Platon, ou la Procession plotinienne, ou l'éternel retour nietzschéen. Et la réalité, que nous ne pouvons appréhender qu'en images ou en tropes, n'est pas moins mystérieuse.
continuité,création,éternité,mystère,question,réalité,retour,ruines,style

doute
En philosophie, prétendre à la rigueur d'un discours ne peut avoir que deux origines : ou bien ce discours n'est pas philosophique, ou bien l'auteur n'est pas intelligent. La philosophie devrait ne s'occuper que des questions sans réponse univoque.
intelligence,philosophie,question

doute
Deux attitudes devant l'écriture : partir d'une question (à laquelle personne n'aurait encore apporté de réponses) et creuser des réponses profondes ; partir des réponses déjà connues, les traduire en une haute Question, inviter tout lecteur non-aptère à y apporter sa propre réponse.
art,création,hauteur,interprétation,pose,question

doute
Le contenu, le frisson de la vie, est de porter un bon regard à une bonne hauteur, où ne naissent encore ni questions ni réponses. La lumière est impure, quand la vie commence par la brûlure des questions, mais avec les seules réponses, elle manque de bonnes ombres.
ange,hauteur,intensité,ombre,question,regard,sentiment,vie

doute
Toute science a un versant artistique ; mais là où une question n'admet plus qu'une seule réponse, l'art est impossible. Comme, d'ailleurs, la philosophie : « Philosophie, somme de tous les sujets, sur lesquels il est possible de différer d'opinions » - Valéry. La chouette de Minerve, qui ne prenait son envol qu'à la tombée de la nuit, le savait.
absurde,art,nécessité,philosophie,question,science

doute
Le fanatisme est bon, quand ses réponses, dues au goût, sont floues et le scepticisme - quand ses questions, dues à l'intelligence, sont nettes : « Rien de plus bête que le scepticisme vague » - Valéry.
fanatisme,goût,intelligence,philosophie,question

doute
Ce qu'on connaît est presque sans importance pour la qualité de notre écriture ; c'est dans la docte ignorance que se manifestent le mieux nos frissons et nos recherches : « Qui questionne et s'étonne a le sentiment de l'ignorance »** - Aristote. Elle accompagne l'étonnement jusqu'à sa chute dans une certitude passagère. La docte ignorance est l'aboutissement glorieux de la science (où elle s'appellera savoir indocte) et le début lamentable de la philosophie (où elle s'appellera fidélité à la nature).
art,commencement,défaite,élite,étonnement,intensité,nature,philosophie,question,savoir,…

doute
Le soi n'est ni dans les réponses, ni dans le questionnement, ni dans le parcours de la question à la réponse, ni dans le silence ; si, après ces quatre négations, je me sens authentique, je me trompe de voies ou de voix. Notre essence restera soit hypothétique soit utopique soit mythique ; seule l'existence est authentique, c'est pourquoi il faut la mépriser, ou, au moins, négliger, pour vivre le vertige de l'essence inconnue.
auteur,authenticité,être,inconnu,négation,question,silence,soi

doute
La faculté d'interroger est au-dessus de toutes les réponses aux interrogations ; mais le plus beau discours est celui qui prend la forme d'une réponse paraissant impossible, la jouissance la plus forte venant de la recherche de la question sous-jacente et de son fond possible.
absurde,langue,question,style

doute
Qu'ignore, au juste, Narcisse ? - qu'il y ait d'autres visages ? que le visage ne soit pas à lui ? que le visage ne soit pas de lui ? Dès qu'on connaît la réponse, on n'est plus narcissique, c'est à dire qu'on se connaît, c'est à dire on est mort.
beauté,mort,narcissisme,question,soi

doute
Pour saluer ce qu'on vit, il ne suffit ni de savoir pourquoi on vit, ni de bâtir le comment de sa vie, ni de bien choisir les et quand de sa vie, mais il faut bien voir ce qu'on vit - le regard l'y emporte sur le cerveau et les bras.
abduction,action,hommes,question,regard,savoir,vie

doute
L'obscurité des réponses s'évapore souvent dès qu'on réussit à poser une question claire. D'autres prennent l'absence de cette question pour une présence divine. L'obscurité valable est celle qui garde ses points de suspension sous les projecteurs des points d'interrogation. Qui adore un Dieu caché, deus absconditus ? - un Athénien païen, Thomas d'Aquin : « adoro Te, latens Deitas », ou encore Pascal : « Toute religion qui ne dit pas, que Dieu est caché, n'est pas véritable ».
dieu,gloire,grèce,ombre,question,religion

doute
L'idée en tant que quête, dont nous ignorons, pour l'instant, la réponse, est perplexité, que le langage n'a pas encore résorbée ; elle est donc perçue comme mensonge. L'idée en tant que réponse, n'est mensonge que lorsqu'elle est expansionniste, bien au-delà des frontières de son langage natal ; sinon elle devient un mot. Et c'est toujours hors de sa patrie qu'elle est vécue comme prophétique. Vue de près, une idée n'est rien, qu'une vérité sans envergure.
frontière,grandeur,idée,langue,mensonge,question,vérité

doute
La sagesse et la philosophie devraient s'occuper davantage de filtres que de transformateurs des questions ou amplificateurs des réponses ; la sagesse est la pitié des réponses et la philosophie - l'ironie des questions.
filtre,ironie,philosophie,pitié,question

doute
L'origine d'un nouveau langage : naît-il dans la fraîcheur ou l'étrangeté de la requête, de la réponse, du modèle ? Ce qui dévoilera un poète, un sage ou un philosophe.
art,commencement,étonnement,langue,philosophie,poésie,question,représentation,soi

doute
L'écrit des sots est fait de ternes passages d'une évidence à une autre ; celui des profonds, c'est la réduction d'une intuition à une évidence ; celui des hautains – l'intuition d'une question se muant, par un rythme, une mélodie ou une harmonie, en l'intuition d'une réponse. Ne pas faire le dernier pas, c'est éviter l'évidence, cette ennemie de l'art.
art,hauteur,intelligence,musique,question

doute
Les doutes des sages viennent des réponses sans question ; la plupart des certitudes des sots proviennent des questions sans réponses. La question, dans laquelle il n'y a pas de variables ou l'on échoue à les y introduire, ne mérite généralement pas qu'on y réponde. Pour le reste, si je ne suis pas capable de répondre, c'est à dire de substituer aux variables - de belles valeurs, alors mes doctes certitudes, même négatives, ne valent pas un seul des doutes enthousiastes, nés d'une unification d'arbres. Les certitudes sont des frontières, mais le doute, c'est un Ouvert, ne mordant pas sur la frontière.
arbre,auteur,enthousiasme,frontière,ouvert,question

doute
Ils appellent à prendre pleinement conscience de soi - ces trois couches, lourdes et indéfinissables, au-dessus de soi l'ensevelissent, sans lui apporter ni lumière ni ombres. Un signe de la sagesse serait d'être heureux et ému, puisque le meilleur soi, le soi inconnu, continue à faire jaillir de nouvelles questions. Le contraire de la sagesse s'appelle transparence, celle entre le questionnement naissant et ses réponses fixes.
esprit,inconnu,question,soi

doute
On reconnaît un philosophe par la profondeur de ses questions, aux réponses illisibles ; le poète se fait remarquer par la hauteur de ses réponses, aux questions invisibles ; quand un seul homme porte en soi ces deux profils, son discours devient un arbre, visible et lisible, vivant ; isolés, ils n'exhibent, le plus souvent, qu'une minéralité des gouffres ou des montagnes.
arbre,hauteur,inconnu,philosophie,poésie,question

doute
Les visages, les actes, les pensées des autres m'apprennent presque tout sur ce qu'est mon soi connu ; ils ne m'apprennent presque rien sur mon soi inconnu. Et même moi-même, j'ai beau interroger ce dernier, je n'entendrai jamais de réponses intelligibles ; il se réduit aux questions, dans un langage musical, qui surgissent au fond du silence de mon âme, pour la bouleverser et s'évanouir. « Troublé par le mystère, ton esprit, en se cherchant, se fuit » - Schelling - « Der Geist, der, wunderbar getäuscht, sich selber suchend, sich selber flieht ».
action,âme,auteur,esprit,idée,inconnu,intelligence,question,savoir,silence,…

doute
Le doute fécond est soit purement langagier - inventer de nouvelles requêtes, soit purement conceptuel - modifier un modèle. Puisque nous ne savons de la réalité que ce que nos modèles réussis nous apprirent, tout le radotage sur l'indubitabilité de l'existence est sottise. Le savoir des choses et le savoir sur les choses sont la même chose (que Wittgenstein m'excuse…) ; la traduction du cogito n'est plus : de connaissances à l'être (la verticalité de la pensée, fondant l'horizontalité de l'existence), mais connaître, c'est être (puisque l'horizontalité, pour ne pas dire platitude, les résume, désormais, tous les deux) ; connaître, sur un mode non-géométrique, c'est créer le modèle, l'habiller par un langage, formuler des hypothèses, les interpréter, donner un sens aux résultats.
création,défaite,être,hauteur,idée,interprétation,langue,platitude,question,raison,…

doute
Le soi inconnu est aussi taciturne que Dieu ; il ne sert à rien de lui poser des questions ou de lui présenter des réponses. Mais la conscience de sa mystérieuse présence nous rend plus nobles, plus intelligents et même, peut-être, plus grands : « Celui qui écoute son grand soi devient plus grand, celui qui écoute le petit – plus petit » - Mencius.
grandeur,inconnu,intelligence,mystère,noblesse,question,soi

doute
Aucun philosophe ne s'éleva jamais au-dessus de l'intuition discursive. La rigueur, c'est l'art de spécifier des objets, de créer des axiomes non-contradictoires sur les relations entre les objets, de maîtriser les rapports entre le langage et la logique formelle, de formuler des requêtes ou des hypothèses, d'enchaîner des déductions. Cet art resta inaccessible à tous les philosophes, qui ne sont, par définition, que des sophistes. Leur seule issue honorable aurait dû être l'alliance avec la poésie, mais pour cette reconversion l'intelligence ne suffit pas, il faut du talent.
concept,création,esprit,intelligence,langue,philosophie,poésie,question,science

doute
Notre vrai soi est un grand muet, comme Dieu ou la réalité ; être d'accord avec soi-même est une ânerie impossible. Mieux on s'interroge, moins on se comprend. « L'homme est un inconnu pour lui-même, et il ne sait jamais ce qu'il est capable de produire sous une provocation neuve » (volé chez St Augustin) - Claudel.
absurde,dieu,hommes,inconnu,intelligence,question,réalité,savoir,soi

doute
Tu te perds de plus en plus dans les mystères du vivant, où tu écartes, d'abord, toutes les réponses mécaniques, ensuite tu te dégages même des questions savantes mais insolubles. Et puis tu tombes sur un imbécile, docte et serein, qui, sans ciller, t'assure que « tout ce qui concerne la vraie vie s'établit aisément à partir des Propositions 37 et 46 » - Spinoza - « omnia quæ ad veram vitam spectant, facile ex propositione 37 et 46 hujus partis convincuntur ». Et c'est en compagnie de ces robots impassibles que tu vivras tes dernières extases d'ahuri.
inconnu,intelligence,mystère,question,robot,vie

doute
Je peux échafauder, comme tous les frimeurs, les premières des questions, mais je ne prouve ma personnalité qu’en inventant les dernières des réponses.
auteur,mouton,question,voix

doute
La seule philosophie qui me charme est la philosophie de la nuit ; la clarté du langage ou de l’espérance, même une clarté pure et profonde, s’évapore vite, sous le feu des questions, et je veux un milieu, résistant même aux mystères silencieux. Le langage ou l’espérance obscurs s’appellent poésie et consolation. « Dois-tu chercher ton guide et ton consolateur parmi les ombres de la nuit ? » - G.Bachelard.
ange,consolation,espérance,hauteur,langue,mystère,ombre,philosophie,poésie,question,…

doute
Les questions bardées de variables – c’est à elles que se donnent les plus belles des réponses. La bêtise, c’est de profaner ces questions, en y remplaçant les variables divines par des constantes humaines. « La plus grande ignorance est de ne savoir, quelles questions ne se doivent poser » - Valéry. Tant qu'on pratique un langage à variables on n'est pas perdu. Mais c'est lui qui se perd avec l'ignorance.
langue,question,savoir

doute
Tu tentes la profondeur et la rigueur des questions – tu aboutis aux réponses consensuelles, banales, galvaudées. Tu commences par te hisser à la hauteur, à la musique et à l’universalité des réponses – tu découvres qu’une infinité de combinaisons de questions personnelles et paradoxales aurait pu s’unifier avec ces réponses imprévisibles. C’est ainsi que naît le genre aphoristique.
arbre,hauteur,inconnu,maxime,mouton,musique,paradoxe,question,universel

doute
Refuser l’existence des mystères signifie que tout, à la longue, soit voué à la clarté ; mais la clarté n’est qu’un accord provisoire, avec nous-mêmes, de ne pas approfondir le sujet (Valéry) ; l’infinité potentielle de ces approfondissements successifs est la preuve même de la présence du mystère.
inconnu,mystère,question

doute
Dans tout discours, il y a une part dogmatique – des assertions sans preuve – et une part sophistique – des inconnues, insérées, afin qu’elles invitent des unifications avec des regards ou requêtes des autres. « Il y a un flair mathématique, qui subodore dans une question les bonnes variables »** - Valéry. Je dirais que c’est un flair intellectuel, propre et aux poètes et aux philosophes, c’est-à-dire aux tenants de la forme, tandis que la logique des variables n’est liée qu’au fond, à la représentation.
arbre,intelligence,philosophie,poésie,question,regard,représentation,science,style

doute
Ton soi connu ne formule que des réponses ; les questions, contrairement aux réponses, n’ont pas besoin de langage, et c’est ton soi inconnu qui les crée en tant que champs d’attraction. C’est ainsi que tu crées un dialogue, pour ne pas tomber dans le piège des soliloques sans interlocuteur.
auteur,création,élan,inconnu,intelligence,langue,question,soi,solitude

doute
Les certitudes communes, parfois profondes, sont, le plus souvent, plates ; tes certitudes doivent être suffisamment hautes, pour ne pas être contaminées par le bas-monde. Dans l’art, le doute est presque toujours un pas vers le bas, puisqu’il consiste à fouiller dans des questions, tandis que l’art s’affirme surtout par la qualité des réponses.
art,hauteur,mouton,question

doute
Pour apprécier la réponse, il faut avoir bien interprété la question : délimiter le domaine représenté par le locuteur, comprendre son langage, réduire son discours aux formules logiques, appliquer une bonne logique du répondeur. Et puisque le locuteur, le plus souvent, est absent, c’est par tes réponses qu’on jugera de ton intelligence.
intelligence,interprétation,langue,question,représentation,science

doute
Tout écrivain est graveur de mots, mais l’aphoriste ne s’occupe que de l’aspect esthétique des médailles, la frappe finale appartenant au lecteur. L’aphoriste, sur des axes abstraits – enthousiasme-mélancolie, espérance-désespoir, musique-silence -, ne formule que des réponses, auxquelles le lecteur associe ses questions pragmatiques, apportant des dates, des lieux et des mesures. Les bavards nous assomment de questions, facilement développables en myriades de réponses. « Les bonnes questions n’ont aucune réponse » - G.Bateson - « Good questions do not have answers at all » - la question est bonne si elle ne se réduit pas à la logique.
axe,balance,beauté,enthousiasme,espérance,maxime,mélancolie,mot,musique,question,…

doute
Le scientifique passe le plus clair de sont temps au milieu des questions (auxquelles on associera, tôt ou tard, des réponses uniques, communes) ; l’artiste exhibe surtout des réponses (auxquelles chacun cherchera à associer sa propre question).
art,question,science,voix

doute
La représentation de connaissances nouvelles réside en assertions à inscrire dans la représentation déjà existante ; la non-contradiction en est la seule contrainte. L’interprétation de connaissances existantes consiste à formuler une requête et à tenter de la démontrer ; la grammaire (logique, syntaxe, sémantique, substitutions) y est le guide. L’Être surgit de la première activité (concepts et relations) ; le Néant est un fait collatéral de la seconde (absence d’objets vérifiant certaines conditions). Aucun parallélisme, aucune identité, aucune comparaison ne sont possibles entre ces deux vagues notions. Qu’est-ce qu’un bonbon ? ou Combien de bonbons dans ce vase vide ? - il est insensé de chercher quelque chose de comparable entre ces deux formules.
concept,idée,interprétation,langue,question,représentation,savoir,science

doute
Le sens de la question résulte des représentations du concepteur ; le sens de la réponse - des représentations de l’interprète. La première tâche est facile, souvent banale et commune. C’est pourquoi je me suis attelé à la seconde ; pour celui qui n’arrive pas à formuler une question convenable, ma réponse n’aurait aucun sens.
auteur,interprétation,question,représentation

doute
Ton soi inconnu t’insuffle un état d’âme, un arbre de questions où ne figurent ni mots ni idées ni notes, que des variables. Et ton soi connu les unifie avec ses fleurs ou fruits interprétatifs, pour générer un arbre musical de réponses. L’inspiration de R.Char fut déjà plus développée : « Aucun oiseau n’a le cœur de chanter dans un buisson de questions ».
âme,arbre,danse,idée,inconnu,interprétation,mot,musique,question,soi

doute
L’inspiration, c’est-à-dire un état d’âme ou une question sans paroles, motivent l’aphoriste ; sa maxime ne sera qu’une réponse, contenant une instigation, une invitation à inventer des questions qui y mènent (la déconstruction derridienne).
âme,chemin,maxime,mot,question

doute
Parlant de sa jeunesse, Abélard a raison : « La première clé de la sagesse, c'est l'interrogation assidue », mais à l’âge mûr, on comprend que c’est la dernière clé, celle des réponses, abruptes et personnelles, aux questions, communes et cachées, qui ouvre à la vraie sagesse.
enfance,esprit,mouton,question,voix

doute
Tant de réponses à la question d’apparence banale – que suis-je ? Les autres proclament : ce que je fais, sais, pense, veux, peux, dois. Moi, je dis : ce que je vaux. Et je vaux surtout par mes états d’âme, que m’inspire mon soi inconnu et dans lesquels il n’y a ni action ni langage ni idées, ces composants de l’être des autres, provenant de leur soi connu. Ce que je suis est fait par et de l’Inconnu.
action,âme,auteur,être,hommes,idée,inconnu,langue,question,savoir,…

doute
La philosophie naît des énigmes nées ou naissantes ; elle clôt les dernières réponses des sciences et inaugure les premières questions de l’art.
art,commencement,mystère,philosophie,question,science

pyrrhon
Le langage creuse et dédouble l'apparence, elle devient apparence-de et apparence-pour.
doute
Le langage de conception et le langage de requêtes, l'arbitraire de l'un, le style de l'autre - tant de raisons d'abstention ironique. Le langage contient les certitudes conçues ; les apparences, c'est l'être perçu.
être,interprétation,ironie,langue,question,représentation,style

kafka f.
Fragen, die sich nicht selbst im Entstehen beantworten, werden niemals beantwortet.

Les questions, qui ne se donnent pas de réponse elles-mêmes en naissant, n'obtiennent jamais de réponse.
doute
La naissance d'une question est un mystère, sa formulation est un problème, sa réponse est une solution. Si l'on s'attarde dans une seule de ces trois sphères, on manquera de deux de ces facettes.
commencement,mystère,question

benn g.
Kausalgenetisch, haïssable, das späte Ich.

Le moi tardif, haïssable, génético-causal.
doute
Le soi inconnu, le soi des commencements, à la naissance des causes et des genres, est le seul aimable. Le bon goût : aux quêtes imparfaites - réponses inabouties. Le dégoût guette toute fin.
commencement,haine,inconnu,question,soi

pessõa f.
La vie est une hésitation entre une exclamation et une interrogation. Dans le doute, il y a un point final.
doute
Le doute est le talent de plier le point d'exclamation, l'intelligence - le pli du redresseur du point d'interrogation, et l'ironie - le génie de se contenter de la ponctuation, que remplissent hurlements ou bâillements.
ennui,esprit,intelligence,ironie,question,souffrance

cioran é.
Ma force est de n'avoir trouvé réponse à rien.
doute
Mais que celui qui n'a pas beaucoup cherché ne s'en félicite pas ! L'ironie intelligente consiste à savoir réécrire tout point d'exclamation en un nouveau point d'interrogation. L'art de la ponctuation distingue les hommes plus précisément que l'ordre de leurs mots et le poids de leurs points finals.
balance,esprit,force,intelligence,interprétation,ironie,mot,question
 

hommes
Être philosophe, c'est savoir me passer des autres ou, au moins, savoir traduire les réponses des autres en mes propres questions, dans mon propre langage.
langue,philosophie,question

hommes
On croule sous des réponses savantes aux questions minables ! L'oubli des questions intéressantes, qui, toutes, furent posées dès l'Antiquité. Cet oubli, beaucoup plus que celui de l'Être, définit notre époque.
antiquité,être,mémoire,modernité,question

hommes
Comment l'arbre se réduit-il lamentablement aux seules propriétés de la forêt ? - par un mauvais mode d'unification avec d'autres arbres : l'alignement, la taille, le parasitage, dans un plat silence des cimes, au lieu d'irruptions de questions profondes ou d'éruptions de hautes réponses.
arbre,hauteur,platitude,question,sentiment,silence

hommes
Autour, tout n'est mû que par le sens, tempéré par la sensation et abandonné du sentiment. Et dire que Nietzsche voyait dans l'absence de sens le danger des dangers et nous tendait un marteau pour abattre le nihilisme, celui même qui n'est pas du tout l'absence de sens, mais l'appel à le recréer à partir du point zéro de l'imagination et de la sensibilité, au lieu de vivre d'une répétition quelconque, fût-elle appelée éternel retour. Que tes « interrogations soient plus près des commencements ! »** - Heidegger - « Anfänglicher Fragen ! ».
audace,commencement,éternité,nihilisme,question,raison,retour,robot

hommes
Les mêmes têtes s'occupaient, jadis, de la représentation (la science), de l'interprétation (la technique) et de l'interrogation (la philosophie). Aujourd'hui, dans ces trois domaines, végètent trois sortes de robots : les premiers ignorent le sens et la forme, les deuxièmes – l'essence et le fond, les troisièmes – la logique et la vie.
interprétation,langue,modernité,philosophie,question,représentation,robot,science,style,vie

hommes
Quand je lis les propres réflexions de ceux, qui voient la place de la pensée valéryenne dans un album pour filles, j'y tombe sur un ennui, épais et plat, qui paralyserait et poétesses et duchesses et concierges. Même Sartre est comique, lorsqu'il parle de l'ignorance de Valéry (ce qui est aussi statistiquement juste et intellectuellement bête que de trouver, que Dieu n'est pas un artiste). Comment leur faire comprendre, que ce n'est pas le savoir, mais le savoir du savoir, le temps hors du temps, idea ideæ, qui est signe d'un esprit supérieur ? Leurs réponses aux questions des autres sont incolores ; aucune envie de répondre à leurs questions grisâtres. Je ne sais même pas, si Sartre est un peu intelligent ou non.
âme,art,auteur,caresse,femme,grandeur,idée,intelligence,justice,platitude,…

hommes
Ils sont torturés par des questions profondes ; moi, je ne cherche que des caresses des hautes réponses.
auteur,caresse,hauteur,question,souffrance

hommes
Ta liberté intérieure – appliquer des contraintes : te débarrasser des questions qui courent la rue ; ta liberté extérieure – cultiver l’arbre : composer des réponses aux questions inouïes, que chacun puisse inventer.
arbre,contrainte,liberté,mouton,question

hommes
En approfondissant ou en complexifiant ou en multipliant les questions, les idiots voient, au bout de ce chemin, l’absurdité du monde, et les gens raisonnables ou sensibles – ses merveilles.
absurde,intelligence,mystère,nature,question

voltaire f.-m.
À tous les cœurs bien nés que la patrie est chère.
hommes
Le cœur, c'est la musique ou le chuchotement d'un langage. La tête, c'est l'appel des questions et la portée des réponses. Le monde s'exerce de plus en plus en dialogues et se moque de soliloques musicaux. La patrie des têtes sera unique, elle s'appelle la Bourse. Les cœurs déchus garderont leurs titres de noblesse virtuelle et leurs superstitions rituelles dans un monde républicain et laïc.
argent,cité,cœur,défaite,langue,musique,noblesse,question,raison,solitude

char r.
Ce sont les questions des anges qui ont provoqué l'irruption des démons.
hommes
Quelle chance ont les contrées, où ne retentissent que les questions des bêtes, qui ne provoquent que la multiplication des moutons !
ange,mal,question,mouton
 

intelligence
Trois niveaux de discours : énoncer, poser, formuler - se désintéresser de la réponse, la laisser au lecteur, la mettre dans la question même, sous forme de belles inconnues. Athlète, ascète, esthète.
arbre,beauté,force,langue,question

intelligence
Le propre de l'intelligence est, que l'effort de formuler une question est du même ordre que celui d'y répondre, mais leurs natures sont radicalement différentes : « le mode de penser n'est pas le même pour résoudre ou pour formuler les problèmes »* - Einstein - « Probleme lassen sich nicht mit den Denkweisen lösen, die zu ihnen geführt haben ».
interprétation,mystère,question

intelligence
L'idée n'est pas une donnée, qui désigne, mais une requête, qui interroge ; elle est davantage dans le modèle que dans le langage ; l'essence du mot n'existe pas, n'existe que sa fonction désignatrice ; ce n'est pas aux symboles qu'elle renvoie, mais aux objets du modèle.
concept,être,idée,langue,question,représentation

intelligence
Pour les tâches de représentation on devrait exclure le terme de langage et parler d'outillage conceptuel. Le langage n'intervient que dans des règles et dans des requêtes du modèle conçu.
création,esprit,idée,langue,question,représentation

intelligence
Quatre facultés forment l'intelligence complète : faculté de bâtir des modèles de l'univers, faculté d'élaborer un langage des questions (sur ces modèles), faculté de répondre à celles-ci, faculté d'interprétation des réponses en vue de déboucher sur un comportement sensé.
action,esprit,interprétation,langue,question,représentation

intelligence
Le questionné et le questionnement : la science est le primat du premier, l'art - celui du second, la philosophie - leur équilibre.
art,philosophie,question,science

intelligence
La quête du réel élabore le modèle ; la quête du concept aboutit à la référence ; la quête du vrai bâtit l'énoncé. Ne pas se tromper de type de quête ni de genre de son produit. Savoir intervertir leur chronologie ; cacher la main et son pinceau, le pied et sa danse, mais pas le visage.
action,création,danse,erreur,esprit,idée,langue,question,réalité,représentation,…

intelligence
La représentation poïétique ou l'interprétation hylique, deux activités gouvernées par l'intelligence. Représenter, c'est modeler un squelette, le munir de chair et lui apprendre à agir. Interpréter, c'est l'art de mener un dialogue : reconnaître le type d'interpellation, y déceler des connotations des objets ou des rapports, accéder aux connaissances pertinentes, recevoir des substitutions des inconnues et savoir s'arrêter pour tendre de nouveau l'oreille. Le seul domaine, où l'homme ne sera jamais dépassé par la machine, est le poids qu'on accorde aux inconnues choisies.
action,arbre,balance,concept,esprit,interprétation,ouïe,question,réalité,représentation,…

intelligence
Ce n'est pas dans l'objet lui-même que naît une belle énigme, mais dans une question intéressante au sujet de l'objet. Néanmoins, si l'incompris réside dans la question, l'incompréhensible a pour demeure l'objet même.
concept,inconnu,mystère,question,réalité

intelligence
L'Être est le résumé latent ou le refuge de toutes les réponses. Mais « sa maison serait le langage » - Heidegger - « die Sprache ist das Haus des Seins » (il est instructif et comique de comparer avec Hegel : « La langue est l'être-là du soi » - « Die Sprache ist das Dasein des Selbsts » - des chiasmes à n'en plus finir…), langage, qui n'est que l'art des questions !? Et l'on ne peut interroger que des modèles, c'est à dire des représentations de l'être-là. Leur misérable être est un sédentaire, à demeure dans un asile pour verbes abusés ; vivent les ruines du devenir, de ce vagabond sans toit ni loi, touchant, dans ses souterrains, au Verbe pur et crucifié !
ange,caresse,être,exil,justice,langue,lutte,mot,ordre,question,…

intelligence
Le connaissable est dans les questions et les modèles, non dans la réalité modélisée. L'harmonie saisissante avec ce que confirment les yeux et oreilles ne devrait pas nous empêcher de déclencher périodiquement notre zoom mental, pour constater que l'inconnaissable n'en devint que plus vaste.
esprit,inconnu,ouïe,ordre,question,réalité,représentation

intelligence
Les questions sur les fins de l'homme : est son centre, quand atteint-il ses frontières, de quoi procèdent ses sources ? Mais les réponses s'articulent de plus en plus autour des moyens : pourquoi et comment. De la téléologie renversée.
abduction,commencement,frontière,question

intelligence
Les profonds annoncent, que le monde doit être vécu comme une grande question. Les hautains - comme une réponse, mais formulée en une langue étrangère. Et il est ridicule de la réduire à nos plates questions, où les choses obstruent les mots.
langue,platitude,question,réalité

intelligence
On aurait dû avoir au moins cinq verbes différents à la place du penser du cogito : penser dans l'organique (communiquer, faussement, avec le réel, sans passer par un modèle), penser dans le conceptuel (créer des modèles, en apparence arbitraires), penser dans le linguistique (formuler des requêtes du modèle), penser dans l'interprétatif (analyser la requête dans le contexte d'un modèle), penser dans le pragmatique (tirer des conclusions des résultats de la requête). Le premier et le dernier intermèdes, pris naïvement pour solutions, sont plutôt de véritables mystères de la liberté. Au milieu il n'y a que résolution de problèmes, l'obsession, par laquelle se justifient l'inversion robotique : « Je suis, donc je pense » ou ironique : « Je suis donc, je pense ».
doute,être,idée,interprétation,langue,mystère,question,raison,réalité,représentation,…

intelligence
La lecture la plus valorisante : aux réponses, apportées par l’auteur, associer des questions, auxquelles celui-ci n’avait pas pensé.
question,valoir

intelligence
La pensée n'est que légèrement teintée par la langue. Ceux qui réduisent celle-là à celle-ci ne voient que la requête, tandis que sa première impulsion, le désir, est déjà hors la langue (le poète veut maintenir l'impulsion initiale par l'arbitraire du mot, le logicien - en tracer la trajectoire par l'idée sans brisure). La pensée est un arbre virtuel, mais inentamé, qu'habille la langue et qu'interprète, par substitutions de variables, notre machine conceptuelle, qui n'est langagière que d'apparence. Enfin, c'est la machine pragmatique qui, en tirant des conséquences de l'examen des substitutions, donne un sens à tout. Le néant, le monologue, l'exécution, le dialogue, le néant - le cycle de la pensée.
arbre,art,commencement,continuité,élan,être,idée,interprétation,langue,liberté,…

intelligence
Valéry se moque de la non-définition des abstractions initiales chez les philosophes, qui pratiquent « l'art d'arranger les mots indéfinissables en combinaisons agréables ». Pourtant, la philosophie est de la poésie, où une grande part du charme réside justement dans le vague des premiers et derniers pas. Il suffit de jeter un coup d'œil sur les «définitions» des plus acharnés adeptes de la rigueur - Spinoza, Hegel, Wittgenstein - pour s'assurer, qu'ils ne quittent jamais la région réservée aux élucubrations poétiques (rien d'étonnant qu'ils s'interrogent en professeurs marmoréens et répondent en poètes balbutiants). Pour discourir en paix, ils ne s'aventurent guère avec les définitions. La philosophie de la rigueur existe bien, mais elle fut exhaustivement épuisée par Aristote et Kant.
art,commencement,école,esprit,inconnu,ironie,philosophie,poésie,question

intelligence
Trois rôles irréductibles du modèle conceptuel : servir de fond pour l'analyseur sémantique des requêtes langagières, évoluer intrinsèquement, mieux refléter la réalité de référence. Rôle d'axiome, rôle de théorème, rôle d'intuition.
idée,jeu,langue,question,réalité,représentation

intelligence
En philosophie, toute idée a deux facettes : métaphore et requête. La deuxième sert à soutenir des thèses ; la première - à soutenir nos enthousiasmes. La première aide à créer un confort de nos ruines, la seconde - à meubler les raouts sybarites. La Caverne ou le Banquet, l'Arbre ou la Cène.
arbre,école,enthousiasme,esprit,idée,intensité,métaphore,platitude,philosophie,question,…

intelligence
Bâtir un modèle ou l'interroger, l'intelligence de l'âme ou l'intelligence du langage ; la conception, enrichissant un discours intérieur, ou la construction, résumant un discours extérieur. Deux activités dont la seconde se réduit, à moitié, à la première. Pour l'intelligence, le modèle est au-dessus de la requête ; pour le poète, la requête s'émancipe du modèle ; pour le philosophe, celui qui sait préserver l'étonnement de la conception et du questionnement, - les deux se valent. « L'interrogation véritable n'exprime pas un problème, mais indique plutôt un petit mystère »** - Merleau-Ponty.
âme,création,étonnement,langue,mystère,philosophie,question,représentation

intelligence
Le sens du progrès de mon intelligence : l'étendue de la réponse, la profondeur de la question, la hauteur, à laquelle j'ose mon silence. Le silence est ce bel arbre, où s'unifient, indigentes, les questions et réponses. Les réponses finissent par approfondir et consolider mon soi connu ; la source des questions renvoie à la hauteur invariante de mon soi inconnu et en assure l'éternel retour.
arbre,audace,éternité,hauteur,inconnu,misère,question,retour,silence,soi

intelligence
Plus on est ignare, plus nombreuses sont des questions, autour desquelles, soi-disant, il y aurait silence des Anciens ou des Modernes. D'où le tapage innovant des souteneurs, - de pensées volages ou de thèses sages. Le savoir remplit de bruit toutes les cellules, mais apprend à s'évader vers le silence de soi.
antiquité,école,esprit,idée,modernité,question,silence,soi

intelligence
Il ne faut pas être philosophe pour continuer à questionner jusqu'à l'infini (Deleuze), n'importe quel sot en est aussi capable ; mais le philosophe, contrairement aux autres, va vers des questions de plus en plus simples, pour arriver au point zéro des quêtes, où naissent, simultanément, le mot, le concept et la réponse.
esprit,idée,langue,mot,philosophie,question,simplicité

intelligence
Être indisponible aux appels de l'accessoire et … y répondre. Être disponible aux appels de l'essentiel et ne pas y répondre, retourner la question, jouer sur ses variables, invariants, indéterminations, négations.
arbre,être,négation,question,universel

intelligence
Kant - brillant dans les questions et les réponses, pâle - dans le style ; Nietzsche - pâle dans les questions, brillant dans les réponses et le style ; Heidegger - brillant dans les questions et le style, pâle dans les réponses ; Valéry - brillant dans les réponses, pâle dans les questions et le style. L'excellence est toujours partielle ; la bonne contrainte d'artiste consiste à ne pas développer ce qui est condamné à la pâleur et à envelopper ce qui est promis à la hauteur. Que Heidegger dise  : « Demeurons près de la question » - « Bleiben wir bei der Frage » - je dois demeurer du côté de l'excellence.
discursif,hauteur,question,style

intelligence
L'objectivité, si elle existe, se manifesterait dans nos représentations (la topique) ou dans nos interprétations (la critique), mais nullement dans nos requêtes (la poétique). Et puisque l'homme est requête, appel ou prière, sa pensée et son sentiment doivent être subjectifs.
esprit,idée,interprétation,poésie,question,religion,représentation,sentiment

intelligence
Les tenants des racines, les radicaux, et les habitués des cimes, les rêveurs, s'envoient des anathèmes de froid académisme ou de chaude barbarie. Ils auraient dû comprendre, que toute création aboutit à un arbre complet, et que seuls des arbres unifiables, quel que soit leur parcours, méritent notre intérêt.
arbre,création,école,création,question,rêve

intelligence
Philosopher, c'est créer des liens entre représenter, questionner et interpréter, avec les trois exagérations possibles : poétique, analytique, logique, dont seule la première est temporelle et personnelle. Ce qui est intemporel et abstrait est prédestiné à la machine.
esprit,interprétation,philosophie,poésie,question,raison,représentation,robot,soi,temps

intelligence
Une représentation s'accrédite d'après le sens, qu'on dégage des résultats de ses requêtes. Ce sens est dicté soit par la transcendance, ce qui va au-delà de toute représentation, soit par l'immanence, ce qui précède toute représentation.
esprit,être,philosophie,question,religion,représentation

intelligence
Le (non-)savoir socratique a trois significations : le libre arbitre des représentations (phantasia), l'infini des requêtes erotima, la versatilité des interprétations exegesis. La topique, la poétique, la critique.
inconnu,interprétation,poésie,question,représentation,savoir

intelligence
L'idée, l'image, la représentation ; dans leurs acceptions les plus raisonnables, l'idée est une requête (hypothèse, question, ordre), dans le contexte d'une représentation fixe ; l'image est un moyen d'accès indirect (au-delà des étiquettes) aux choses ; la représentation est le fond préétabli et exploré par des idées formelles. Les entités de la représentation, ce ne sont ni idées ni images, mais concepts.
esprit,idée,question,représentation,style

intelligence
Percevoir, concevoir, interroger le conçu - tel est le cycle de la connaissance. Sentir l'existence dans le réel, créer le concept dans la représentation, interpréter la pensée dans le langage, revoir le concept dans l'imagination.
création,idée,langue,question,représentation,retour

intelligence
Le monde n'est la totalité ni des faits ni des choses (Wittgenstein), mais de l'énergie (corpusculaire, ondulatoire ou spirituelle), en mouvement et en métamorphose. C'est le modèle du monde qui est construit autour des faits et des règles. Et la pensée n'est pas une image logique des faits (Wittgenstein : « Das logische Bild der Tatsache ist der Gedanke ») ; ce n'est pas en langage de représentation, mais en celui de requêtes qu'elle se formule, avant d'être soumise à la logique, qui fournit des substitutions et préfigure le sens.
arbre,filtre,idée,interprétation,question,raison,réalité,représentation

intelligence
Le progrès des représentations : soit on les approfondit (la métaphysique, la quête de l'être de l'étant), soit on les rehausse (le nihilisme, la quête de soi, l'art). Les buts et les contraintes s'y invertissent si facilement ; les métaphores et les concepts s'y muent, mine de rien, les uns dans les autres. D'ailleurs la plupart des concepts ne sont que des métaphores syntaxiques. « Une excitation nerveuse transposée en une image ! La première métaphore » - Nietzsche - « Ein Nervenreiz, übertragen in ein Bild ! Erste Metapher ».
art,contrainte,esprit,être,fanatisme,hauteur,idée,métaphore,nihilisme,philosophie,…

intelligence
Ce livre est fait d'abord de définitions ; deux choses sont attendues de celui qui voudra en goûter : placer ces définitions au milieu des autres faits et faire jouer son interprète, c'est à dire, essentiellement, son goût, pour aboutir à un arbre unifié, plus riche et verdoyant de variables que son arbre initial des requêtes.
arbre,esprit,goût,interprétation,question

intelligence
Fascinante et énigmatique inversion de la chronologie, en théorie ou en pratique de l'usage des représentations. En théorie : concevoir un modèle, bâtir une couche langagière au-dessus du modèle, formuler des requêtes, les interpréter, donner un sens «réel» aux réponses. En pratique : formuler un sens de la réalité, le considérer résultant d'une interprétation, imaginer des requêtes idoines, les placer dans un langage, réduire les représentations au seul domaine visé.
interprétation,langue,question,réalité,représentation,système,temps

intelligence
Toute requête sensée peut se prêter à un approfondissement philosophique ; les motifs, les buts, le vocabulaire peuvent être vus comme de simples contraintes autour de cette requête, langagièrement identique, mais conceptuellement - aux interprétations de plus en plus profondes ; cette vue s'appelle philosophie, regard sur une solution dans la perspective d'un mystère, ou substitution de modèles.
contrainte,idée,interprétation,langue,mystère,philosophie,question,regard,représentation,simplicité

intelligence
Il y a trois types de connaissance : l'intuition intellectuelle (avant le modèle), la conceptualisation de métaphores (création du modèle), le sens des réponses aux requêtes (interrogation du modèle). La première est rencontre entre le sensible, le langagier et l'utilitaire, la deuxième est traduction dans l'intelligible, la troisième est épreuve de notre personnalité, de son intelligence et de son imagination. Trois efforts de nature totalement différente.
esprit,idée,interprétation,langue,métaphore,question,représentation,soi

intelligence
La maîtrise : savoir bâtir un réseau cohérent de concepts, savoir formuler de bonnes requêtes, savoir donner un sens à l'interprétation de ces requêtes. D'où ses trois facettes : l'intellectuelle, la poétique, la philosophique.
idée,interprétation,maîtrise,philosophie,poésie,question,représentation

intelligence
Tout peut être réduit aux structures, même l'interprétation logique, dont le résultat n'est qu'une unification de l'arbre requêteur avec la représentation. « Tout raisonnement se transforme en une espèce de représentation » - Goethe - « Alles Raisonnement verwandelt sich in eine Art von Darstellung ». La seule logique, qui intéresse Hegel, est la logique spéculative (oxymoron, puisque toute logique est interprétative), qui n'est chez lui que de la représentation structurelle, surtout catégorielle.
arbre,interprétation,question,représentation

intelligence
Le sujet, c'est l'union de trois créateurs : de représentations (Descartes), de requêtes (Valéry), d'interprétations (Nietzsche). Il doit donc offrir trois facettes : la scientifique, la philosophique, la poétique. L'esprit scientifique bâtit des modèles du monde, l'esprit philosophique les interroge, l'esprit poétique réinterprète le monde. Chacun des trois manque souvent de dons dans les deux autres sphères et croit pouvoir s'en passer, pour se dévouer exclusivement à la représentation, au questionnement sans fin, à la perpétuelle interprétation. C'est le poète qui en sort le moins ridicule. On finira par confier la science à la machine, ce qui enterrera définitivement le cogito (se réduisant à la représentation), pour ne laisser que l'homme de la nature, celui qui ne fait que réinterpréter.
esprit,interprétation,nature,philosophie,poésie,question,représentation,robot,science,soi

intelligence
Non seulement mes sensations sont communes au genre humain tout entier, mais elles n'entrent jamais en contradiction avec la réalité des choses ; le bon sens ne fait que ratifier les données des sens ; la connaissance représentée est donc en contact direct, même inconscient, avec le réel. La gnoséologie contient peut-être l'ontologie, mais l'observation ouverte, évidemment, est plus vaste que la connaissance fermée. Les modèles ont beau se ressembler, les langages divergents créent des copies-requêtes non-unifiables.
être,langue,ouvert,question,réalité,représentation,savoir,soi

intelligence
Tout le bavardage sur la préséance de l'existence ou de l'essence se clarifie complètement, si l'on est capable de distinguer ces trois questions : X existe-t-il ? Est-ce que X est Y ? Qu'est-ce que X ? - dont les réponses affirmatives constateront : une existence hors toute essence, une existence découlant de l'essence, une essence impliquant l'existence.
esprit,être,philosophie,question

intelligence
Tout cogniticien finit par admettre, que même l'existence, même celle de mon propre soi, peut être donnée non pas à titre de fait, mais comme résultat d'une déduction. La requête d'existence, comme toute proposition, aboutit soit aux faits soit aux virtualités. D'ailleurs, plus le moi est virtuel, plus il est riche et moins il a besoin de faits sans souffle des lois : « réels sans être actuels, idéaux sans être abstraits » - Proust. À propos, la dimension temporelle virtualise tout fait. Comme, d'ailleurs, l'artistique, où le créateur est comme les particules élémentaires, créant un champ du possible, plutôt que celui du nécessaire.
art,axe,être,misère,nécessité,ordre,question,réalité,temps,soi

intelligence
La pluridimensionnalité phénoménologique (ouf !) : on bichonne l'accomplissement dans la réalité (philosophe), la teneur dans le modèle (savant), la référence dans le langage (poète). Le sens, son dépositaire, sa quête ; trois sphères d'excellence dont le centre est partout et nulle part.
axe,élite,frontière,mot,philosophie,poésie,question,réalité,représentation,savoir

intelligence
La pensée ne peut être continue ; il faut l'interrompre, si l'on ne veut pas tomber dans l'inertie. Questionner, c'est tomber, miraculeusement, sur le premier mot ; penser, c'est essayer s'inspirer du mot dernier, sans le maîtriser. La discontinuité est là, tandis qu'entre les deux - la routine sans brisure, la spirale logocentrique.
commencement,continuité,maîtrise,mot,question,raison,retour

intelligence
L'esprit est bien résumé par cette triade antique ou médiévale – l'intellect, la volonté, la mémoire, puisqu'elle correspond à l'interprétation de requêtes de la représentation.
antiquité,concept,interprétation,langue,moyen âge,question,représentation

intelligence
Ramener au langage tout ce qui est mental est l'indigence de la philosophie anglo-saxonne. « Toute conscience est affaire de langage » - Rorty - « All conscience is a matter of language ». Leur misérable tournant linguistique ne comprend pas, que ni les intentions, ni les références d'objets, ni l'interprétation de requêtes, ni la substitution de termes, ni le dialogue menant au sens ne font partie du langage.
concept,interprétation,langue,philosophie,question,réalité

intelligence
Le philosophe prend acte des réponses des scientifiques et des poètes, mais reformule leurs questions, trop étroites, avec les premiers, et trop vagues, avec les seconds ; la profondeur des objets interrogés et la hauteur du regard interrogeant indiquent si la question est philosophique ; et l'ouverture des réponses esquissées en déterminera le degré d'intelligence.
balance,concept,hauteur,ouvert,philosophie,poésie,question,science

intelligence
Le côté poétique des questions philosophiques les laisse souvent prendre pour religieuses, ce qu'elles ne sont que dans la recherche de consolations, ce premier chapitre philosophique, le second étant la musique des rapports entre la réalité, la représentation et le langage. Orphée semble être la figure la plus emblématique de cette philosophie. Il n'y a donc pas une, mais deux philosophies premières : l'éthico-religieuse et l'esthético-scientifique.
bien,consolation,esprit,langue,musique,philosophie,poésie,question,réalité,regard,…

intelligence
Dans la musique littéraire, la philosophie devrait servir de contre-point à la poésie : les questions devraient constituer un fond vague, tandis que les réponses devraient avoir une forme nette ; la profondeur devrait donner de l’épaisseur à la hauteur du style. La recherche de la question, derrière une réponse déjà prononcée, devrait être plus fréquente que l’inverse, qui est si souvent banal ; l’idéal serait d’en pratiquer un cycle.
commencement,musique,philosophie,poésie,question,retour

intelligence
Le sage sait, que la vraie création est celle d'un langage, dans lequel les réponses soient contenues dans la question. C'est un don beaucoup plus rare que ceux de poser de bonnes questions ou d'apporter de justes réponses. Affaire d'interprètes et de substitutions. La réponse crée une entente mécanique avec la question, mais encore davantage - une attente organique d'un langage, où elle n'en serait plus ; et Blanchot force le trait : « La réponse est le malheur de la question » - elle est son propre malheur !
création,défaite,interprétation,langue,question,savoir

intelligence
L’Orthodoxie creuse les questions sur l’être de l’être et de l’existence de l’existence et trouve des réponses beaucoup plus intéressantes et nettes que de vaseuses définitions de Heidegger.
christianisme,être,idée,question

intelligence
Les égarements aussi bien du premier que du second Wittgenstein sont dus à la même méprise : occulter la place de la représentation entre la réalité et le langage. Opposer les faits aux choses est absurde, puisqu'il n'y a pas (dans la représentation) de faits sans choses ni de choses – sans faits ; l'analyse du langage, dans l'oubli de la représentation, est une tâche banale et superficielle, n'apportant pas grand-chose de la réalité, puisque le langage interroge la représentation plus que la réalité.
absurde,langue,question,réalité,représentation

intelligence
La pensée accomplie est surtout spatiale, même si l'interprétation de son enveloppe langagière est plutôt temporelle. Donc, la former en décrivant les choses (leur existence dans le temps) est plus bête que la créer en interrogeant ma conscience (où réside déjà l'essence des choses, au sein d'une représentation spatiale). C'est la qualité des requêtes qui détermine le rang de la pensée.
élite,être,idée,interprétation,langue,question,représentation,temps

intelligence
Qu'est-ce que la valeur d'une pensée ? Sa nouveauté ? Sa place dans l'édifice des systèmes ? Le poids dont on l'affecte ? La qualité de son enveloppe verbale ? Plus on se rapproche de la dernière réponse, plus, donc, on est superficiel, plus cette valeur est artistique, donc, la seule qui survivra aux péripéties temporelles de la science, pour s'inscrire dans l'intemporel des consciences.
art,axe,école,élite,idée,mot,question,science,système,temps

intelligence
L'esprit philosophique est dans l'art des contraintes : sélectionner les sujets dignes d'approfondissement et d'y poser de bonnes questions ; le non-philosophe nage dans des questions secondaires. Le mathématicien ignore l'essence des concepts mathématiques, le malheureux est médiocre dans la peinture de sa souffrance, l'artiste se perd dans l'origine du beau et le saint ignore la source du bien. Malheureusement, au lieu de se concentrer sur la formulation des questions universelles, le philosophe professionnel nous ennuie avec ses réponses préfabriquées, destinées à un clan de jargonautes.
art,beauté,bien,commencement,contrainte,idée,philosophie,question,représentation,science,…

intelligence
Je n'aime pas l'étrangeté de l'interrogation, j'aime l'étrangeté des liens interrogés.
auteur,langue,mystère,question,réalité,représentation

intelligence
Dans une représentation, toute entité relève, d'une manière non-exclusive, de ces trois méta-concepts – objet, attribut, valeur. Mais l'entité peut être traitée en tant qu'objet dans une requête, en tant qu'attribut – dans une autre, en tant que valeur – dans une troisième. Et c'est le libre arbitre du concepteur qui distribue ces rôles tangibles et presque jamais nécessaires ; la réalité les ignore.
concept,liberté,nécessité,question,réalité,représentation,universel

intelligence
Qu'est-ce qu'un objet ? - son nom, ses classes, ses relations, ses attributs. Mais ce sont des caractéristiques de la représentation et non pas de la réalité (que Platon et Spinoza m'excusent…), et elles sont les seuls points de repère permettant de référencer les objets. Dans la réalité, ainsi, il n'y a ni objets ni vérités, puisque celles-ci résultent des propositions portant sur les objets. La réalité réapparaît dans les significations qu'on tire de la proposition interprétée, mais elles naissent d'un processus non-formalisable, intuitif, non-langagier – l'intelligence pragmatique, le dernier chaînon de l'analyse syntaxico-sémantique.
concept,interprétation,langue,question,réalité,représentation,vérité

intelligence
Transformer des réponses plates en questions profondes et en chercher de hautes réponses – telle est la prérogative de la science. La philosophie ne peut l'imiter qu'avec deux réponses : l'homme s'angoisse et le langage me fascine.
hauteur,langue,philosophie,platitude,question,science,souffrance

intelligence
Dans les passages cognitifs : chose – concept (engagé) – mot – proposition – vérité – concepts (dégagés) – sens, toutes les étapes intérieures ne sont que transitoires, pourtant toute la rigueur s'y trouve, contrairement au premier (libre arbitre de la représentation) et le dernier (liberté de l'interprétation), et c'est bien dans ces deux-là que réside la plus subtile de nos intelligences.
concept,interprétation,liberté,mot,question,représentation,savoir,vérité

intelligence
Les philosophes, dans le cycle – observation (réalité), expression (langage), signification (réalité) –, veulent partir de la réalité et la rejoindre, mais finissent, le plus souvent, par négliger le chaînon central, le poétique, tandis que c'est le contraire qu'il faudrait faire. La gratuité et l'absurdité guettent, avec la même probabilité, le contemplateur et le rêveur. Dans la naissance de questions profondes ou de réponses hautes, l'observation décrite et la signification imaginée jouent un rôle mineur et même sont des tâches superflues, puisque notre cerveau possède une merveilleuse capacité de congruence avec la réalité, nous évitant tout délire incompatible avec le monde observable et sensé.
absurde,discursif,esprit,hauteur,langue,mystère,nature,philosophie,poésie,question,…

intelligence
L'Intelligence Artificielle : 1. bâtir une représentation (structures conceptuelles rigoureuses) d'un domaine réel (physique ou abstrait), 2. s'appuyer sur une logique formelle, pour interroger ou exploiter cette représentation, 3. au cours d'un dialogue (de préférence, en langage naturel), savoir répondre aux questions - Qui, Quoi, Où, Quand, Pourquoi, Comment – à la manière humaine.
artificiel,concept,hommes,interprétation,langue,question,réalité,représentation,science

intelligence
Être homme d'une seule idée est toujours un signe d'originalité ; mais être homme d'une seule méta-contrainte est encore plus prometteur - un signe de noblesse. « Il faut former en soi une question, antérieure à toutes les autres, et qui leur demande, à chacune, ce qu'elle vaut » - Valéry.
contrainte,idée,noblesse,question,valoir,voix

intelligence
Le vrai savoir ne peut provenir que d'une représentation, et il s'appuie sur la pensée de l'être, avant d'engendrer celle du devenir ; penser, c'est traverser la représentation en ces étapes : sujet, sensations, objets, relations, mémoire, désir, références conceptuelles, et ensuite verbales, d'objets et de relations, phrases grammaticales, leur interprétation, sens de la vérité établie. Vu sous cet angle, ni Aristote ni St-Augustin ni Descartes ni Kant ni Husserl ne savent ce qu'est penser. Lever les yeux au ciel et froncer les sourcils, c'est le seul sens plausible qu'ils donnent à cette activité non-élémentaire.
concept,être,idée,interprétation,langue,mémoire,question,représentation,savoir,vérité

intelligence
La (re)quête du monde est à l'origine de tout discours philosophique ; chez les journaliers intellectuels, la quête se formule par les yeux, qui ne quittent pas les objets, ce qui est ou ce qui fait ; ce qui compte dans les requêtes poétiques, c'est l'écoute de leurs propres fibres et la maîtrise langagière de l'extériorisation de leur musique interne, de ce qui devient. Les premiers cherchent, imitent, développent ; les seconds trouvent, inventent, enveloppent.
création,discursif,langue,maîtrise,nature,musique,philosophie,poésie,question

intelligence
Les intellos nous inondent de questions banales ; mes notules à moi sont anti-intellectuelles : je n’apporte que des réponses paradoxales aux questions que j’escamote et que chacun est libre d’inventer. « Il ne peut pas exister de culture de l’interrogation seule » - Malraux.
ironie,paradoxe,question,style

intelligence
Un bon livre de philosophie n’est fait que de réponses, auxquelles toute tête bien faite imaginera ses propres questions. L’éternel retour consiste en boucle qu’auront faite ces questions, la réponse restant la même !
éternité,philosophie,question,retour

intelligence
L'informatique et l'Intelligence Artificielle : une application informatique, ce sont des procédures et des données, et son exploitation consiste à lancer des procédures ; une application d'IA, ce sont des connaissances associées aux concepts (sujets et objets), et son exploitation est un dialogue entre la machine et l'homme, où la machine interprète les questions dans cet ordre : de quel type de question s'agit-il ? de quel type d'interprète aurais-je besoin ? quels sujets y sont impliqués ? comment accéder aux objets de la requête logique associée ? quel sens donner aux substitutions trouvées dans des représentations sollicitées ?
artificiel,concept,idée,interprétation,langue,question,représentation,robot

intelligence
L’intelligence naturelle consiste en puissance démonstrative, établissant la vérité/fausseté des propositions, mais surtout en puissance abductive, associant à une proposition vraie/fausse les réponses aux questions finales suivantes : pour qui, où, quand, comment, pourquoi. L’Intelligence Artificielle (symbolique) commence par l’imitation de ce raisonnement abductif. Mais il ne faut pas exagérer : « Le comment de la vérité est précisément la vérité » - Kierkegaard.
abduction,artificiel,force,question,science,temps,vérité

intelligence
Ne pas s’arrêter à poser des questions n’est ni intelligent ni bête. C'est la part des images, des inconnues et des négations, formant la question, qui est plus importante que le simple prurit érotétique.
arbre,négation,question,style

intelligence
La notion de néant n'a d'intérêt que lorsqu'une requête infructueuse d'existence peut, sous d'autres conditions, aboutir à l'existence d'objets. Et ces nouvelles conditions de néantisation peuvent être dues à : un autre instant dans le temps, une adaptation du modèle (face à la réalité), une modification du langage (face au modèle). Le Néant général, qui ne serait pas lié à une requête donnée, est un concept creux et vide - l'idée même de néant est un néant d'idées.
concept,esprit,être,idée,langue,question,réalité,représentation,temps,vide

intelligence
Nietzsche est le premier philosophe à comprendre, que la philosophie des questions nouvelles est révolue. Dans ce qui présente un intérêt pour la philosophie, tout a été interrogé. La philosophie moderne ne peut être faite que de réponses (aux questions non posées), c’est-à-dire de maximes, auxquelles tout lecteur construirait un arbre de questions, s’unifiant avec la réponse. Après Nietzsche, toutes les nouveautés interrogatives sur l’être, le savoir, la vérité, la liberté ne sont que du bavardage.
arbre,être,histoire,liberté,maxime,philosophie,question,savoir,vérité

intelligence
Toute question est un arbre, dont le contexte, c’est-à-dire la représentation et le but, ne te sont que vaguement signalés ; ta réponse est aussi un arbre, unifié avec l’arbre de question, mais dans le contexte de ta représentation. L’intelligence interprétative est dans l’art d’accéder aux domaines de valeurs des variables, contenues dans la question.
arbre,interprétation,question,représentation

intelligence
Deux verbes parasites – être et exister – excitent la curiosité stérile des apprentis-philosophes et leur font formuler des requêtes absurdes des objets fantomatiques. Je me suis suffisamment expliqué sur être, prenons exister. En oubliant la polysémie et l’usage métaphorique, en oubliant la réalité et le langage comme domaines d’existence à part la représentation, que signifie dans celle-ci la phrase blanc existe ? Wittgenstein se serait lancé dans ses innombrables Sprachspiele (jeux de langage), qui n’apporteraient rien de constructif. L'objet blanc est - 1. une classe (blancheur), dont des sous-classes seraient blanc foncé, blanc clair etc. 2. un élément de la classe couleur, 3. une valeur de l’attribut couleur, 4. un attribut, dont des valeurs seraient blanc foncé, blanc clair etc.
auteur,concept,être,langue,philosophie,platitude,question,réalité,représentation

intelligence
L’intelligence s’éprouve dans les deux sphères – la représentation et l’interprétation. Dans les deux cas, on a à faire aux outils et aux usages d’outils. Les outils se valident par la logique ; c’est l’humanité entière qui en est porteuse ; les comprendre relève de l’intelligence commune, et leur usage (ou leur choix) - de l’intelligence individuelle, la seule où l’âme rejoint l’esprit. Dans la représentation, l’intelligence individuelle consiste à deviner les futures interrogations ; et dans l’interprétation – à reconstruire les commencements représentatifs. Elle consiste donc dans l’harmonie des passages d’une sphère à l’autre.
âme,commencement,esprit,interprétation,platitude,question,représentation,science

intelligence
Tes questions dévoilent l’universalité et la profondeur de ton esprit ; tes réponses – l’originalité et la hauteur de ton âme.
âme,esprit,hauteur,question,universel

intelligence
La science : formuler une vaste question, à laquelle on cherche des réponses rigoureuses et leurs interprétations. La philosophie (comme tout art) : formuler une haute réponse, pour laquelle on cherche des questions élégantes, s’appuyant sur une représentation profonde. Tôt ou tard, la première tâche sera prise en charge par des robots ; l’art est en train de dégénérer à cause du dépérissement des âmes ; il reste la philosophie, car son outil, l’esprit, a une bonne mémoire, capable de ressusciter l’âme et de redevenir ainsi un art à part entière. L’universalité de la recherche de solutions sera remplacée par la particularité de la recherche de mystères.
âme,art,esprit,hauteur,interprétation,mémoire,mort,mystère,philosophie,question,…

intelligence
Penser a trois domaines d’application et de définition : représenter, interroger, interpréter – la création conceptuelle, l’imagination langagière, la démonstration logique.
concept,création,interprétation,langue,question,représentation,science

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Dans la philosophie académique, la palme du bavardage irresponsable appartient, sans doute, à la notion de vérité.
1. Seuls les cogniticiens (avec des connaissances suffisantes en logique et en linguistique) ont le droit d’en donner des définitions.
2. Chez les professeurs de philosophie, le seul cas d’un usage tolérable remonte à la notion antique d’adaequatio. Il s’agit d’un rapport satisfaisant entre l’état de notre représentation et la réalité modélisée. Le terme adéquat serait – satisfaction, bien que sa valeur diffère énormément chez un concierge ou chez un scientifique. En aucun cas, cette satisfaction ne peut être formalisée.
3. Pour aborder le sens de la vérité, la première interrogation à soulever est – vérité de quoi ? La vérité n’est pas un objet (à découvrir, à fabriquer, à dissimuler), mais une propriété d’une affirmation (ou d’une assertion, d’une hypothèse, d’un discours).
4. En dehors d’un langage (ou, dans les cas les plus rigoureux, – d’une logique), parler de vérité n’a aucun sens (sauf avec un glissement sémantique vers l’éthique ou la poésie).
5. La vérité surgit, suite au travail de preuve, appliqué à un discours par un interprète (démonstrateur). L’entité élémentaire d’un discours langagier est la phrase.
6. Pour traiter une phrase, l’interprète doit avoir accès : à la représentation du domaine réel, dans lequel il est plongé ; au vocabulaire langagier associé à la représentation ; à la grammaire de la langue naturelle utilisée.
7. Grâce à ces connaissances, l’interprète, par un jeu de substitutions de mots et de tournures de mots par des concepts, convertit la phrase en une formule logique, ne contenant que des concepts de la représentation. Tout homme effectue ce travail, même sans savoir le formuler dans les termes ci-dessus.
8. Cette formule logique contient : des références d’objets et de relations entre objets (y compris par des variables) ; des qualificatifs d’objets ; des négations (syntaxiques ou sémantiques).
9. L’interprète, successivement, accède aux objets de représentation référencés. Tout échec (tenant compte d'éventuelles négations non-respectées) provoque l’arrêt immédiat de la démonstration, signifiant que la phrase en question est définitivement fausse.
10. Aucun sens ne peut être attaché à la phrase fausse. La raison de sa fausseté est dans l’échec d’accès aux objets référencés (ou l’accès réussi mais nié par une négation).
11. Le succès d’accès aux objets de la phrase peut être multiple (plusieurs solutions possibles). À chaque succès particulier correspond un réseau des objets liés – c’est le sens de la phrase vraie.
arbre,bien,concept,école,interprétation,langue,maîtrise,mot,négation,philosophie,…

intelligence
Dans les logorrhées philosophiques, je constate un langage et je devine des représentations sous-jacentes – je vois ce qu’on peut. Mais il est rare d’y comprendre ce qu’on doit (proclamer ou éviter) – les contraintes. Mais la lacune la plus impardonnable, c’est le vague de ce qu’on veut – les questions initiales, les motifs, les finalités formulées.
auteur,commencement,contrainte,doute,erreur,langue,philosophie,question,réalité,représentation,…

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Socrate est un homme ! - un ordre, une assertion, une tentative d’introduire un nouveau fait axiomatique non-contradictoire dans la représentation courante, le seul genre rationnel de jugements synthétiques. Est-ce que Socrate est un homme ? - une proposition analytique, une requête de véracité de la proposition dans le contexte d’une représentation fixe. Représentation (création) ou interprétation (jugement) de connaissances.
création,interprétation,question,représentation,savoir,vérité

intelligence
Les admirables réponses de ChatGPT et DeepSeek reposent sur une démarche bassement mécanique, qu’il est impossible d’associer à une vraie intelligence. Cette démarche consiste à : 1. accéder, sur l’Internet, aux archives électroniques de textes technico-scientifiques, dans toutes les langues principales, et les parcourir 2. s’appuyer sur un modèle méta-linguistique (qui ne dépend pas d’une langue particulière), permettant de fixer des relations de proximité entre entités langagières (mots ou syntagmes) 3. classifier la relation de proximité en différentes structures pseudo-sémantiques et les mémoriser 4. appliquer le même modèle méta-linguistique à l’interprétation de requêtes, y reconnaître les mêmes types de proximité que ceux qui avaient été pré-mémorisés, en constituer un réseau 5. appliquer un modèle de génération de phrases en langue naturelle, en confrontant le réseau de la requête au réseau neuronal pré-mémorisé. C’est la domination du quoi sur les qui, pourquoi, comment, où, quand. Des calculs bruts, sans aucun raisonnement formel. Mais aucun système d’intelligence artificielle ne peut, pour le moment, rivaliser avec eux en qualité des résultats et en nombre de domaines modélisés. Ces résultats sont satisfaisants dans plus de 90% de questions posées.
abduction,concept,interprétation,langue,mémoire,mot,proximité,question,robot,savoir,…

intelligence
Ce n’est pas à la brumeuse causalité que renvoie un pourquoi intéressant, mais à un comment opératoire. Pourquoi X est vrai ? devient comment X est arrivé au statut de vrai ?
abduction,question,vérité

pyrrhon
Notre requête sceptique ne porte pas sur la représentation, mais sur l'interprétation de la représentation.
intelligence
Cette requête est surtout formulée en un langage hors représentation (et la philosophie analytique ne s'intéresse qu'à cela) ; en plus, il y a deux interprétations presque disjointes, linguistique et conceptuelle, que tous confondent. Pour vous, la représentation est dans le sensible, dans le phénoménal, tandis qu'elle ne peut exister que dans l'intelligible, dans le nouménal.
idée,interprétation,langue,philosophie,question,représentation

plotin
Il faut être au moins deux pour signifier, et le sens, entre les deux, en fait un troisième.
intelligence
Naïf et génial ! C'est ainsi que naît le sens en Intelligence Artificielle, tandis que tout le bavardage du signifiant/signifié réduit cette belle triade à quelque chose de monolithique, algorithmique et … réel. Le sens est le résumé irréel d'un dialogue. L'interpellant et l'interpellé ont beau être, le plus souvent, le même homme, ce sont deux machines différentes qui tournent. La vraie machine maîtrisera un jour tous les rouages du signans et signatum (St-Augustin), mais seul l'homme peut manipuler organiquement leurs mélanges contre nature.
artificiel,interprétation,langue,maîtrise,question,réalité,robot,simplicité

thomas d'aquin
Intellectus cognoscit quod quid est non solum definitiones, sed etiam enuntiabilia.

L'intellect forme des objets de deux sortes : définitions et énonciations.
intelligence
Des idoles magiques et des formules logiques, un monde arbitraire et ses implacables requêtes hors toute langue. L'indépendance mutuelle rend souverains et le géniteur d'un nom enraciné et le locuteur d'un verbe désincarné. Et tout le reste est littérature, appel au mot.
commencement,concept,création,esprit,langue,nihilisme,question,raison

kant e.
Alles Denken ist nichts anderes als ein Vorstellen durch Merkmale.

Penser, ce n'est jamais que représenter par signes.
intelligence
Ce qui exclut le désir, l'image d'un objet, la recherche de sa référence langagière, la constitution d'une formule logique, son interprétation, la recherche du sens des substitutions - cette pensée est du niveau d'une programmation informatique.
arbre,concept,élan,interprétation,langue,question,raison,représentation,robot,style

joubert j.
Il vaut mieux remuer une question, sans la décider, que la décider, sans la remuer.
intelligence
Remuer une question, c'est d'y introduire un maximum de variables, pour des unifications futures. La décision d'une question mal remuée ne contient que de la plate vérité.
arbre,intensité,platitude,question,vérité

heidegger m.
Hinsehen auf, Begreifen von, Wählen, Zugang zu sind Seinsmodi eines Seienden, des Seienden, das wir, die Fragenden, je selbst sind.

Viser, entendre, choisir, accéder sont des modes d'être d'un étant, de cet étant que nous, qui questionnons, sommes nous-mêmes.
intelligence
Dans le questionneur et dans le questionné, il faudrait signaler, en plus, deux machines distinctes : dans le premier - l'intuition du modèle et la maîtrise langagière, dans le second - la maîtrise du modèle et l'automatisme de l'interprète-substituteur. L'homme est une combinaison de ces trois machines. Il n'est pas possible que la requête même soit l'être ; elle est toujours sociale et n'est qu'une modulation langagière d'un penser discontinu de l'ego, qui est, tout de même, plus près du cogito pré-langagier que du sum pré-réflexif.
être,inconnu,interprétation,langue,maîtrise,question,raison,représentation,robot,soi

heidegger m.
Das Sein ist Ereignis geworden.

L'Être devint événement.
intelligence
L'Être vivrait en monotonie des regards et requêtes et dans les métamorphoses événementielles. Exister se substitua à être ; de ens et bonum convertuntu on arrive à existentia et peccatum convertuntur. L'injoncture plus décisive que la conjoncture (Geschichlichkeit, Gestell).
être,question,regard

wittgenstein l.
Der Philosoph behandelt eine Frage wie eine Krankheit.

En philosophie une question se traite comme une maladie.
intelligence
Et il y a, en philosophie, des experts en diagnostic - sociologues de tempérament, des spécialistes en pharmacopées - politiciens du geste, des gribouilleurs des histoires de maladies - chroniqueurs d'esprit. Quand on comprend, que le mal axial est incurable, on se détourne de la posologie désespérée et se voue à la nosologie pleine d'espérances. « Il en est qui laissent des poisons, d'autres - des remèdes. Difficiles à déchiffrer. Il faut goûter » - R.Char - chez les deux on subodore la fleur originelle, chez les autres - la grisaille des ordonnances ou des testaments.
espérance,filtre,inconnu,philosophie,platitude,question,souffrance,vie
 

ironie
Pour Socrate, l'ironie serait de remettre des questions, dont on connaît la réponse. Je pense, que c'est plutôt de démettre des réponses, dont on a oublié la question.
mémoire,question

ironie
Don philosophique : laisser de bonnes questions sans réponse ; don poétique : laisser de bonnes réponses sans question ; don logico-ironique : ne s'intéresser qu'aux questions contenant leurs propres réponses, comme une équation contient en elle-même ses solutions (à chacun ses domaines de valeurs, ses lemmes et ses interprètes). Et Musil : « Que tes réponses aient l'exigence du philosophe et l'art de poser les questions - du poète » - « Habe in den Antworten das Anspruchsvolle des Philosophen und die Fragestellung des Dichters » - commet une gaffe !
interprétation,mystère,philosophie,poésie,question,raison,représentation

ironie
Dans la mesure où la question devient plus profonde, les réponses opposées deviennent plus faciles à soutenir. Ce n'est que sur des questions niaises qu'un esprit dogmatique puisse encore briller.
fanatisme,gloire,hauteur,question

ironie
De l'abus de négation de la négation : Nietzsche n'a ni l'ironie ni la gaieté, mais il proclame partir de l'ironie (le mot, en tout cas, signifiant, à l'origine, requête), voit sa négation dans le sérieux, nie celui-ci, pour tomber sur la gaieté, dont il croît inonder le public incrédule. « On ne peut guère rester sérieusement avec soi-même ; c'est parce qu'on est frivole qu'on ne se pend pas » - Voltaire.
bonheur,doute,mort,négation,platitude,question,soi

ironie
Le point d'interrogation semble s'inspirer de la forme de l'oreille. La bouche est un trait d'union, les yeux - les points de suspension. Et c'est Freud qui découvre où se cache l'orgueilleux point d'exclamation (en deux morceaux, masculin et féminin) et les parenthèses béantes.
femme,interprétation,ouïe,question,regard,style

ironie
Aimer le verbe plus que l'homme se justifie, le verbe expiant les péchés et chantant les vertus de l'homme ; le verbe est un mot, demeurant dans la hauteur et visant la profondeur, il en est l'équilibre ; l'homme, la plupart du temps, se vautre dans la platitude. « La vertu veult monter » - Montaigne - la réponse du cœur à la propension de l'esprit à se propager : « Que sçay-je ? ».
cœur,esprit,hauteur,mot,musique,platitude,question,sacrifice

ironie
Poser des questions ne me rend pas plus intelligent, comme ne pas en poser ne me rend pas plus idiot. Mais faire chanter mon âme dans une réponse, dans laquelle un esprit fraternel fera parler sa propre question.
âme,danse,esprit,fraternité,intelligence,question

ironie
Jacques le fataliste se dilue dans ses questions ; Émile le sceptique se dilue dans ses réponses – mais c'est Zadig l'ironique qui comprend qu'il faut être sceptique dans ses questions et fataliste - dans ses réponses.
question

ironie
L'ironie est justifiée par la reconnaissance, que, sous un regard de plus en plus exigeant, la réalité nous échappe à l'infini et aucune certitude finie ne résiste à une quête serrée. « L'ironie est une conscience nette d'un chaos se projetant vers l'infini » - F.Schlegel - « Ironie ist klares Bewußtsein des unendlich vollen Chaos ». L'intelligence est notre épuisable faculté d'harmoniser le chaos. Une fois aux frontières d'un chaos maîtrisé, elle arrive soit au vide de l'attendu, soit à l'ennui de l'entendu ; en se débarrassant du ballast ou de la platitude du sérieux, elle s'accroche à l'ironie, prometteuse de hauteurs et d'apesanteurs. C'est ton étoile qui te remplit de chaos ; celui qui a besoin du chaos, pour enfanter de son étoile (Nietzsche), finira en fausses couches.
balance,commencement,doute,ennui,esprit,étoile,inconnu,intelligence,ordre,platitude,…

ironie
Ils pensent que le philosophe est un homme, qui crée des concepts, formule des questions, nous comble de ses réponses, soupèse des savoirs ou déchiffre des théories, tandis que c'est surtout celui qui, en toute circonstance, peut (doit ou veut) nous faire rire ou pleurer, au choix, au lieu de calculer ou de nous morfondre.
idée,philosophie,question,savoir,système,valoir

ironie
En littérature, on reconnaît les lourdauds académiques par la gravité banale des questions, qu’ils se posent explicitement. On reconnaît le poète par la légèreté des réponses, qu’il peint sous forme d’obscures métaphores, que le lecteur illumine par la recherche de ses propres questions – Héraclite, Nietzsche, R.Char.
école,métaphore,poésie,question

ironie
Chez Valéry, l’emploi du terme penseur est toujours péjoratif. La volubilité du personnage sous-jacent serait engendrée par des questions insolubles, dans lesquelles il se plaît de nager et de se noyer. Il faudrait, au contraire, ne déverser que des réponses mystérieuses, pour lesquelles chacun pourrait inventer sa question flottante et pleine de sens.
absurde,intelligence,question

ironie
La philosophie vaut par la beauté des réponses aux questions vagues ; la littérature – par la grandeur des questions, auxquelles on apporte de vagues mais belles réponses.
art,beauté,grandeur,philosophie,question

ironie
Le sot a mille fois plus de questions que le sage n’en a de réponses. L’aphoriste, qui ne formule que des réponses, tient compte de cette proportion, mais étant humble, il propose à tous, y compris aux sots, de trouver leurs propres questions, auxquelles ferait écho sa réponse. L’unification de celles-là avec celle-ci, unification de deux arbres, est le mode de lecture le plus subtil et le seul qui justifie le genre aphoristique.
acquiescement,arbre,intelligence,maxime,question

ironie
Qu’un lecteur relise sept fois ma maxime, ou que sept lecteurs la lisent une seule fois – les deux cas me sont indifférents ; je préfère que, dans cette maxime, le lecteur perspicace voie une réponse, y devine sept inconnues, face auxquelles il réussisse à bâtir un arbre de questions paradoxales, unifiable avec cette maxime.
arbre,auteur,maxime,paradoxe,question,voix

ironie
Dans leur vie spatiale, leurs points d’interrogation ou d’exclamation appartiennent à l’horizontalité, à la platitude ; les interrogations auraient dû être profondes et les exclamations – hautes !
hauteur,platitude,question,vie

ironie
Un problème sans solution entretient une saine curiosité ; un problème sans mystère peut être confié à la machine. L’art aphoristique s’inspire du premier cas et se sert du second comme d’une contrainte ; cet art consiste à concocter des solutions universelles et mystérieuses (des réponses), afin que vous en découvriez ou imaginiez des problèmes individuées (des questions).
contrainte,maxime,mystère,question,robot,universel

ironie
Il est normal de traiter Dieu de sourd et muet, puisqu’il n’entend pas nos questions ni n’émet de réponses. Mais on doit vénérer en Lui un Créateur incompréhensible et génial.
création,dieu,inconnu,intelligence,question

ironie
Mes notules sont des réponses qu’autrui ne peut pas compléter. Mais en revanche, un homme curieux, sachant adapter ses propres questions ouvertes à ma réponse fermée, sera mon co-auteur, avec nos deux arbres unifiables.
arbre,auteur,ouvert,question

ironie
Ceux qui prétendent avoir trouvé le sens de la vie sont moins bêtes et moins nombreux que ceux qui sont persuadés que la vie n’en a aucun. L’arbre, le papillon, l’ours – ont-ils un sens ?
arbre,intelligence,question,vie

ironie
Qu’un lecteur comprenne ma maxime, qui n’est toujours qu’une réponse, c’est qu’il ait su fabriquer sa propre question, à laquelle s’adapte ma réponse. Je préfère être mal compris – ce qui sera presque toujours le cas – à rester incompris par un indifférent.
auteur,inconnu,intelligence,maxime,question

leopardi g.
I fanciulli trovano tutto nel nulla, gli uomini trovano il nulla nel tutto.

Les enfants trouvent le tout dans le rien ; les hommes, le rien dans le tout.
ironie
Le tout est temporel et ponctuel, le rien est spatial et élastique. Le tout juvénile est sans avenir, et le rien viril - sans passé. L'enfant est encore sans étonnement ; l'adulte – déjà avec morgue. L'enfant manque encore de questions ailées ; l'adulte est déjà touffu de réponses aptères.
élan,enfance,être,question,temps

blok a.
Иронизировать значит отлучаться.

Ironiser, c'est s'absenter.
ironie
S'absenter des réponses et emplir de soi-même l'interrogation. Les absents ayant toujours tort, ironiser, c'est ne pas chercher à avoir raison. C'est bien de désarmer les choses présentes, les choses absentes ne méritent pas plus d'être portées au pouvoir. Jankelevitch : « ironiser, cesser d'adhérer aux choses »*** et Bachelard : « imaginer, c'est s'absenter » furent du même avis.
question,réalité,rêve,soi

borgès j.
Esfinge, el Arquetipo inmóvil de la Cara o de la Mano.

Le Sphinx, l'image figée du Visage et de la Main.
ironie
On ne s'impose, aujourd'hui, que par des mains, en renonçant à son visage. Le Sphinx a d'ailleurs montré l'exemple en perdant son symbole de flair, le nez.
action,goût,question

lec s.
Un point d'exclamation, qui s'avachit, donne un point d'interrogation.
ironie
C'est la meilleure des dégénérescences grammaticales ! S'écrouler en points de suspension ou s'envoler en laissant derrière soi un illusoire point final - est sans lendemains.
continuité,platitude,question,sentiment
 

mot
La référence : une réponse langagière au désir, à la focalisation, à l'intention de désigner un objet ou une relation ; d'autres l'appellent intentionnalité ; sa diversité verbale est générée par des grammaires de réécriture (Chomsky). La signification : un renvoi pragmatique, hors du langage, à partir d'un fait conceptuel, établi par l'interprétation d'un discours, renvoi vers les objets réels - c'est ce que d'autres appellent - dialectique ; l'intuition et l'arbitraire en sont les seuls justificatifs. Wittgenstein nage, au milieu de ses binômes, et s'y noie, faute de trinité salutaire : langue, représentation, réalité.
concept,consolation,élan,grèce,idée,interprétation,langue,question,réalité,représentation,…

mot
Dans ma langue maternelle, les mots résultent de deux courants opposés, mais équilibrés : je l'écoute et je la fais parler. « L'arbre, au lieu de se dissoudre en représentations, peut me parler et susciter une réponse » - Levinas. Une langue étrangère est souvent, hélas, muette, et je la mets sous question et je cherche à faire passer ses aveux pour spontanés et sincères. Comment m'enraciner dans une langue, qui ne connaît pas mon enfance ? - et sous une torture verbale puis-je espérer une éclosion florale ?
arbre,auteur,enfance,exil,langue,question,représentation,souffrance

mot
La totalité du langage se réduit aux formules logiques et aux références d'objets et relations (de l'un et du multiple ; la grammaire universelle engendrant une langue interne). Pas de quoi fouetter un chat. Mais, tel un musicien, je l'interprète, face à mon univers silencieux, et mon âme, en chef d'orchestre ou en casserole attachée à mon corps, fait entendre une mélodie ou un grincement, un soupir ou un bâillement. « En langage poétique, le signe acquiert une valeur à part, créant une espèce d'accompagnement du signifié » - R.Jakobson - « In poetic language, the sign takes on an autonomous value and creates a sort of accompaniment to the signified », et comme dans un opéra, la musique libre l'emporte souvent sur le livret imposé. « Même l'interprétation et l'emploi des mots suppose une création libre » - Chomsky - « Even the interpretation and use of words involves a process of free creation ».
âme,axe,caresse,concept,création,ennui,être,interprétation,langue,liberté,…

mot
Trois livres médiocres - trop de mort dans Les Mots (où vingt dernières pages, belles, s'incrustent, en corps étranger, comme les vingt premières – dans les Notes d’un souterrain - trop de faits), trop de langage dans Les Mots et les Choses (où la belle Table des Matières ne sauve pas le reste) et trop de vie dans Les Choses (où il n'y a rien à sauver) - ces livres dévaluèrent trois beaux titres. Ces hypothèses intenables : croire que le mot représente notre vie ou bien notre monde. Le mot ne fait qu'interroger ; il a sa propre vie et son propre monde.
consolation,mort,platitude,question,réalité,représentation,vie

mot
La contingence guette les mots sans attache. Le hasard du verbe n'est domestiqué que par sa subordination à la hauteur de ton regard interrogatif. Et c'est le regard pré-langagier et non pas le hasard des mots, qui persiste et nous fait abandonner tout ce qui est fixe. La symétrie pascalienne : « le hasard donne les pensées et le hasard les ôte » - est fausse.
jeu,hauteur,question,regard

mot
L'étranger et la patrie : le premier est décrit avec des verbes - profiter, tirer les marrons du feu, se frotter les mains ; la seconde avec des adjectifs - naïve, franche, généreuse. Pour être impartial, on aurait dû ne comparer que les signes de ponctuation : déficits de points d'interrogation, abus de points d'exclamation, sérieux du point de suspension, solidité du point final.
cœur,doute,exil,honte,intensité,langue,mort,question,simplicité

mot
Dans le mot, ni l'on ne se dénude ni l'on ne se dissimule, dans le mot on crée, on crée une requête, nécessairement ironique (ironie voulant dire interrogation), et dans laquelle je dois briller soit par ma présence soit par mon absence. Au cours de l'interprétation de cette requête se produisent des rencontres inattendues des objets (Protokollsätze) qui, hors de mon discours, pouvaient s'ignorer. Parmi les subjugués par le mot, on trouve surtout poètes ou tyrans, ces amateurs des régions inexplorées, vers lesquelles les mots bâtissent des ponts.
auteur,concept,création,grèce,interprétation,ironie,liberté,poésie,question,soi

mot
La passion primesautière disparaissant des entreprises des hommes, l'étymologie de pro-jet (Ent-wurf, на-бросок) devient de plus en plus incompréhensible. Mais la Entworfenheit (ouverture au monde ou, mieux, disponibilité) heideggérienne paraît être un bon terme, pour désigner la première fonction du langage - traduire l'élan de la conscience en une structure ou en un chemin d'accès des choses.
allemagne,amour,commencement,conscience,élan,intensité,langue,ouvert,question,russie,…

mot
L'ambigüité de bilden : éduquer ou produire une image, d'où l'intérêt de la langue, formant la pensée. Le fond de la pensée ne s'éduque guère grâce à la langue ; tout ce qu'une langue apporte à la forme de la pensée est sa réceptivité face aux métaphores. La langue ne modèle pas, elle interroge des modèles. Sans le moindre élément fractal commun, les langues recouvrent pourtant les mêmes surfaces conceptuelles. Et surtout, les mêmes types de structures conceptuelles a priori leur sont sous-jacents et les mêmes types de logique a posteriori.
idée,langue,métaphore,question,raison,représentation

mot
La langue n'est pas une pensée extérieure, comme la pensée n'est pas une langue intérieure. La langue prend en charge la pensée ; le contenu de la pensée naît hors toute langue et se forme dans un langage conceptuel. La langue interroge ce que la pensée crée.
commencement,création,idée,langue,question

mot
Le ridicule du Selbstsucht (enquête sur soi), le trop sérieux du Selbstzucht (requête sur soi) - il faut se tourner vers l'ironie du Selbstwucht (quête de soi) -, ni chercher ni cultiver, mais peser.
allemagne,balance,ironie,question,soi

mot
Quand on comprend, que le verbe être peut remplacer tous les autres verbes et que des variables peuvent se substituer à tous les noms, on se met à pratiquer la logique - les quantificateurs et la négation, la poésie - la liberté dans le choix des variables et des adjectifs, ou la philosophie - en alternant les points d'interrogation et d'exclamation.
arbre,liberté,négation,philosophie,poésie,question,raison

mot
Ce n'est pas la langue qui rend le monde intelligible, mais la représentation, de nature extra-langagière. La langue crée un dialogue avec le monde, elle le rend questionnable ou demandable.
langue,question,représentation

mot
Mes mots : forme de réponses et fond de questions. « Tu voues ton regard, dépourvu de questions, à l'heure, qui dissout tout regard » - G.Benn - « Du hast fraglosen Aug's den Blick gewendet in eine Stunde, die den Blick zerstört ».
auteur,question,regard,style

mot
S'agissant de la matière, les points de vue de chimie ou de physique semblent incompatibles. La même chose frappe les mots, où il faut choisir entre l'(al)chimie (le style des questions) ou la (méta)physique (l'étendue des réponses).
matière,philosophie,question,style

mot
Tout énoncé a l'ambition de tourner en arbre. L'arbre de l'esprit-requêteur va s'unifier avec l'arbre de l'esprit-interprète. Les cas stériles : l'arbre de départ sans variables, cas minéralogique, ou l'arbre d'arrivée n'ayant pas gagné en ramages, cas prosaïque. Le mot, c'est une pensée se reconnaissant dans un arbre vivant, cas poétique. Il devient regard à hauteur d'arbre, lorsque à l'arrivée on se trouve avec plus de variables qu'au départ. « Comment ne pas vivre au sommet de la synthèse, quand l'air du monde fait parler et l'arbre et l'homme ? »** - Bachelard.
arbre,hauteur,idée,interprétation,langue,poésie,question,regard

mot
La première fonction du langage est la requête du modèle, non de la réalité. Plus on est intelligent, plus près du moi, et plus détaché de la réalité, est le modèle. Et je finis par remonter du mot vers sa source intérieure en moi au lieu d'en chercher une projection extérieure.
auteur,commencement,esprit,intelligence,langue,question,réalité,représentation,soi

mot
La connaissance des mots ne conduit guère à la connaissance des choses (quoiqu'en pense Platon), mais elle sert à formuler de bonnes requêtes au sujet des choses connues.
question,réalité,savoir

mot
Le terme de langue couvre trois entités profondément différentes :
- un système de signes faisant abstraction de son usage et comparable en tout point avec un langage de programmation : alphabet, vocabulaire, morphologie, grammaire ; astucieux, rigoureux et délicat, mais sans vraiment de merveilles
- un système bâti au-dessus d'un modèle conceptuel ; un outil de connaissance et de communication ; on devrait parler de langage (« Le langage est relais par signes »*** - Valéry - la plus précise des définitions !)
- un outil d'expression, le modèle sous-jacent fondé sur l'esthétique ; strictement parlant, à chaque usage on y crée une nouvelle langue.
beauté,création,école,goût,idée,langue,question,représentation,robot,style,…

mot
Le sens d'un mot (à part les mots grammaticaux) est une chose banale : c'est une étiquette attachée à un objet ou à une relation du modèle. Rien à ajouter, tout cratylisme est niais. En revanche, le sens d'une requête est une chose bien délicate : l'analyse syntaxique, la génération d'un arbre sémantique dans le modèle (d'une réponse à la requête), la confrontation pragmatique de cet arbre avec la réalité modélisée, débouchant sur le savoir ou sur l'action.
action,arbre,concept,goût,question,réalité,représentation,savoir,utilité

mot
De l'orthographe : le savoir approfondi s'honore d'un point final ; la connaissance rehaussée prend un point d'exclamation ; « l'élargissement du savoir débouche sur un point d'interrogation » - H.Hesse - « die Vermehrung des Wissens endet mit Fragezeichen ». On sait ce qui plie ce point d'interrogation, plutôt plat, en point d'exclamation, plutôt élancé : « C'est en hauteur que le savoir doit déployer son défi, auquel se dévoile toute la puissance de l'être-caché de l'étant » - Heidegger - « Das Wissen muß seinen höchsten Trotz entfalten, für den die ganze Macht der Verborgenheit des Seienden aufsteht ».
audace,force,hauteur,question,savoir

mot
Quel est le degré de mon arrogance, si je me prends pour un Dieu ? Les réponses varient, selon les traductions de St-Paul : je m'en saisis (something to be grasped), j'en fais mon butin (proie à s'approprier), je commets un larcin (Raub, хищение). D'où le degré de la paix de ma conscience.
allemagne,angleterre,auteur,conscience,dieu,question,russie

mot
Avant d'être action, tout écrit est réaction ; rebondir de la chose elle-même devint trop ordinaire, puisque tous les angles de vue furent déjà explorés ; plus prometteur est de rebondir non pas de la chose même, mais, déjà, du regard d'autrui sur elle : questionnement des questions, géographie avant paysage, paysage avant climat, se servir d'autrui comme miroir, contrainte ou panneau indicateur - tel est l'intérêt principal de mes citations. Stendhal pensait, qu'il fallait « faire son entrée dans ce monde par un duel » ; je m'en prépare la sortie en affrontant toute une coalition de meilleurs escrimeurs. Mais je compte sur l'amitié inespérée de certains de mes adversaires aînés, pour que nos épées tirées se redirigent vers des ennemis de nos princes ou de nos maîtresses.
art,auteur,création,femme,ironie,lutte,maxime,question,réalité,science,…

mot
La langue a un double rapport : à l'art et au savoir, d'où ses deux manifestations - le style et la quête. Elle est active et créatrice, sur la première facette, passive et subordonnée - sur la seconde. La représentation, implicite ou fantomatique, fait que la langue touche au réel toujours à travers le voile des concepts ou images, qui, à leur tour, en attendent l'écho : « La connaissance pressent la langue, comme la langue se souvient de la connaissance »** - Hölderlin - « Wie die Erkenntniß die Sprache ahndet, so erinnert sich die Sprache der Erkenntniß ».
art,création,idée,langue,question,représentation,savoir,style

mot
La représentation répond à la question qu'est-ce qu'un tel objet ?Le langage (aussi bien le naturel que l'artificiel) offre des moyens de répondre à la question comment peut-on référencer un tel objet ? C'est ainsi que naissent les métaphores ou les formules logiques.
artificiel,concept,langue,métaphore,question,représentation

mot
L'obscurité qui entoure le sexe et la langue des anges est plus éclairante que la rigueur de la grammaire et des scénarios du robot. Connaître intuitivement ou abstraitement est plus excitant que de formuler des propositions correctes.
ange,langue,ombre,question,robot,savoir

mot
Dans une représentation, les substances auraient pu s'appeler s1, s2, …, s857, …, et les relations - r1, r2, …, r964, …, sans qu'aucune trace d'une langue vivante n'y intervienne. La langue enveloppe une représentation déjà prête ; dans le cas d'une langue indo-européenne, les noms s'associent avec les substances, les verbes - avec les relations, les adjectifs et adverbes - avec les valeurs. La grammaire interne achève ce travail, pour permettre de formuler des requêtes logiques du monde modélisé. Dans l'exploration du monde, les propositions sont donc la fin et non pas le début.
commencement,concept,idée,langue,nature,question,représentation

mot
Le rôle principal du langage est la formulation d'arbres requêteurs, à partir desquelles un interprète logique dégage leur vérité et un interprète pragmatique résume leur sens dans la réalité. Les Professeurs acculent le langage aux positions intenables : ou bien ils en font un démiurge (qui représente le monde), ou bien un figurant, qui enregistre des vérités (résidant dans le réel). La vérité n'est associée qu'au discours, et le sens est formé de désirs soit de formuler des requêtes soit d'en interpréter les réponses. L'intelligence est l'art d'un discours minimal, pour dégager un sens maximal.
école,esprit,intelligence,intensité,interprétation,langue,question,réalité,représentation,vérité

mot
Nos requêtes s'adressent aux choses, aux fantômes ou au langage même, pour que la réponse soit trouvée parmi les solutions, les mystères ou les problèmes. La misère de notre époque est que, désormais, seules les premières intéressent les hommes, d'où l'indigence langagière et la banalité spirituelle. « Le langage ne reste énigmatique que pour qui continue de l'interroger » - Merleau-Ponty - le problème du langage est vite épuisé, c'est le mystère de l'inexistant qui reste inépuisable.
hommes,inconnu,langue,modernité,mystère,question,réalité

mot
Si l'âme est dédiée aux ombres, le cœur, lui, est source de lumières. Mais sa lumière passe par quatre prismes radicaux avant de laisser son empreinte langagière : la volonté l'assagit, la raison interroge la volonté, les objets extorquent leurs références, la langue modèle les références. Comment s'étonner, que la bouche ne s'accorde jamais avec le cœur ? « Je hais comme les portes des Enfers celui dont le cœur n'est pas d'accord avec la bouche » - Homère.
âme,cœur,concept,haine,intensité,ombre,question,raison,réalité,représentation

mot
Les mots, c'est un champ magnétique d'attirances, avec des flèches et des arcs, avec lesquels tu pourras dessiner un monde de cibles. Les idées, c'est un répertoire de cibles touchées. « Il y a plus de ressources dans les mots que dans les pensées. C'est le monde des mots qui crée le monde des choses » - Lacan. Tout mot est une requête ou un ordre, et c'est la perspective allégorique du regard sur les choses qui en détermine l'épaisseur et surtout la hauteur. Le meilleur créateur se reconnaît par ses requêtes ! De la sédimentation de discours (Husserl) ne naît que l'arbre sémantique et non pas les choses pragmatiques.
arbre,création,hauteur,idée,langue,musique,question,réalité,regard

mot
La majorité des philosophes pensent que « ce qui caractérise tout savoir humain est qu'il est lié à la langue » - F.Schlegel - « das charakteristische Kennzeichen alles menschlichen Wissens, daß es an die Sprache gebunden ist ». Ils se trompent de sens de cette liaison : ce n'est pas le savoir qui est lié à la langue, c'est la langue qui se colle, qui se met par-dessus le savoir. Le savoir est assertif, la langue - interrogative. « La langue, porteuse d'opinions et non pas de savoir »** - Nietzsche - « Die Sprache will nur eine doxa, keine épistémé tragen ».
langue,question,savoir

mot
La vraie création peut naître de trois efforts disjoints : imaginer de nouvelles représentations, soufflées par le réel ou par l'imaginaire, composer de nouvelles requêtes du monde dans un langage nouveau, formuler de nouvelles interprétations des réponses, que le monde livre à mes requêtes – scientifiques, poètes, philosophes.
création,interprétation,langue,nature,philosophie,poésie,question,réalité,représentation,science

mot
Pour sculpter mon regard, je prends le bloc de mon être, j'en élimine mes actes, pour n'en laisser que mes mots et ma voix (« verba et voces » - Horace, si loin de la devise américaine : « acta non verba » !). En paraphrasant S.Beckett, je dirais, que mon style se dégagera des réponses à ces questions en marbre : Où irais-je, si je devais aller ? Que serais-je, si je voulais être ? Que dirais-je, si je pouvais avoir une voix ?
action,amérique,auteur,être,question,regard,valoir,voix

mot
Le sens n'est jamais dans la chose ni dans le mot ; il naît d'une confrontation triadique entre l'auteur d'une question, son interprète et un maître du réel. Tout dialogue est l'attribution de sens, et sans dialogue point de sens, même dans des choses, qui prétendent en avoir. L'erreur est de donner un sens préalable aux choses (la liberté d'une donation de sens, au lieu du libre arbitre d'une conception) ou aux mots : « Les philosophes cherchent aux mots un sens et supposent au langage une sorte de substance «existentielle» »** - Valéry. À preuve, voyez, par exemple, la croisade de Heidegger, pour déconstruire la métaphysique et faire ressusciter une authentique ontologie, et qui se réduit, en tant que justification et contenu, à la morne grammaire du verbe indo-européen être.
erreur,être,europe,interprétation,langue,liberté,maîtrise,philosophie,question,réalité

mot
Un verbe surchargé d'ambigüités - douter. Vérifier la véracité d'une proposition, hésiter entre deux modèles concurrents, ignorer les attributs d'un objet, mettre en cause l'interprète, changer de langage - autant de contenus irréductibles.
concept,discursif,doute,interprétation,langue,question,représentation,vérité

mot
Ironie viendrait d'interroger, mais c'est plutôt s'arroger le droit régalien d'élever une interrogation problématique à la dignité d'aporie mystique. Cette élévation fait de l'ironie une espèce d'ignorance, docte ou étoilée.
gloire,grèce,ironie,mystère,paradoxe,question,savoir

mot
La langue est la maison de mes requêtes ; la représentation est la maison de mon savoir ; la réalité est la maison de l’Être. Tout l’Être n’est que réponses ; l’enfermer dans la langue, vouée aux questions, est un anthropomorphisme ; le réduire à la représentation, c’est tourner le dos à l’infini divin, pour ne rester qu’avec le fini humain.
dieu,être,hommes,inconnu,langue,question,réalité,représentation,savoir

mot
L’écriture idéale : ne toucher qu’aux choses qui n’ont pas encore de nom, et que tes mots les fassent découvrir par une caresse du toucher ou de l’ouïe, par l’intelligence ou par la musique. Les mots, mettant en valeur la nudité des concepts, plutôt que leurs habits.
concept,hommes,interprétation,langue,question,réalité,représentation

mot
Même au stade pré-langagier, on peut dire, que la pensée est là, si les intentions suivantes sont spécifiées : type d’opération (requête ou ordre), objets et relations visés (même intuitivement), structure logique (connecteurs, négations, quantificateurs). L’appel au langage proprement dit consiste en : spécification des références langagières d’objets et relations, références trouvées dans la représentation ; traduction des éléments logiques en leurs implémentations langagières. Enfin, l’interprétation de la pensée relève de l’interprète langagier, s’appuyant sur la représentation sous-jacente. Et Unamuno a tort : « La langue n’est pas une enveloppe de la pensée, elle est la pensée même » - « La lengua no es la envoltura del pensamiento, es el pensamiento mismo ».
concept,idée,interprétation,langue,question,représentation,science

mot
Wittgenstein ne comprend rien au langage : « La proposition est un reflet de la réalité ; la proposition montre son sens » - « Der Satz ist ein Bild der Wirklichkeit. Der Satz zeigt seinen Sinn ». La proposition est énoncée par un sujet et interprétée par un autre ; ces sujets ont des représentations différentes et donc mettent ou extraient des sens différents de la proposition. La proposition ne montre qu’une structure grammaticale, sans rien de conceptuel ; et le conceptuel est le seul accès au réel.
concept,hommes,interprétation,langue,question,réalité,représentation

mot
Une maxime ne peut pas contenir, simultanément, une question et une réponse, puisque celles-ci se formulent dans deux langages incompatibles. La grandeur aphoristique de Dostoïevsky et de Nietzsche : le premier ne formule que des questions, et le second – que des réponses ! Plus précisément, les réponses du premier et les questions du second sont sans intérêt.
grandeur,langue,maxime,question

mot
La grammaire et ses mots se projettent sur la représentation et ses concepts, et donc le discours - sur la logique. Chaque phrase se convertit en formule logique, en arbre, dont l’évaluation consistera soit en beauté (des chemins d’accès aux objets - l’art), soit en vérité (de la requête – la science). « Les mots sont les pierres d’achoppement sur la voie de la vérité » - S.Butler - « Words are the stumbling-blocks in the way of truth » - les mots sont les panneaux-indicateurs, conduisant au but – la jouissance ou la vérité.
arbre,art,beauté,concept,erreur,langue,question,représentation,science,vérité

mot
La langue des questions est presque toujours commune ; celles des réponses est presque toujours individuelle. En écriture, les bonnes contraintes doivent écarter ce qui est rebattu, et le bon goût doit se vouer à la seule beauté inimitable. Être davantage dogmatique que sophiste. Plus tu es exigeant, plus tu te rapproches du genre aphoristique.
art,beauté,contrainte,goût,langue,maxime,mouton,philosophie,platitude,question,…

valéry p.
Le langage articulé permit à l'homme de tout mettre en problème, car il lui suffisait de mettre le signe de question devant des noms d'objets ou de phénomènes.
mot
Et l'intelligence consiste à substituer à ces belles inconnues des objets ou phénomènes, dont l'accès est délicatement suggéré par l'interrogation même. Ce n'est pas le nombre d'inconnues qui fait la richesse et la beauté de l'équation de la vie, de l'arbre, mais l'élégance de leur greffage.
arbre,beauté,concept,esprit,goût,grâce,intelligence,langue,mystère,question,…

valéry p.
La liberté implique le langage, qui crée la possibilité de l'intervalle conscient.
mot
Mon cher Maître, dans la chaîne de l'acte, vous placez mal le langage. La liberté intervient entre le désir et le choix, où se déroulent les et quand, les pourquoi et comment, qui sont des requêtes extra-langagières. Le langage n'est impliqué qu'à partir de l'embarras, pour atteindre un objet ou désigner une relation.
abduction,action,auteur,concept,continuité,élan,langue,liberté,question,représentation

valéry p.
Le Langage est un intermédiaire sans valeur propre. La pensée, poursuivie jusqu'au plus près de l'âme, nous conduit sur les bords privés de mots.
mot
Ceci est parfaitement juste, lorsqu'il s'agît de n'exhiber que l'intelligence (en s'appuyant sur le modèle, où le langage ne peut être que requête) ou de ne viser que des démonstrations (sans chiffres à l'appui, dans l'insupportable verbalisme des philosophes, où se noie la réalité ontologique) - une fois interprété, le Langage y doit disparaître, pour laisser la place aux substitutions du modèle ou au sens dans la réalité. Néanmoins, la littérature ne commencerait-elle pas, lorsque le modèle et la réalité sous-jacents laissent le langage les recréer ? Le philosophe doit choisir entre poète et cogniticien, s'il ne veut pas être assimilé à l'idiot du village. La pensée, privée de mots, ne garderait que la pitié et la tendresse.
art,balance,création,esprit,être,intelligence,interprétation,langue,philosophie,pitié,…

kraus k.
Das Fatum hat den Deutschen, für den Segen gedankenreichster Sprache, mit dem Fluch bestraft, außerhalb ihrer zu leben ; zu denken, nachdem er sie gesprochen, zu handeln, ehe er sie befragt hat.

Pour la bénédiction de la langue la plus spirituelle, le destin punit l'Allemand par la malédiction de vivre hors d'elle : penser après lui avoir parlé, agir avant de l'interroger.
mot
C'est une attitude de poète, preuve supplémentaire, que la branche philosophique allemande est une branche de l'arbre poétique, aérien. Planté en terre, en tant qu’arbre de la liberté, du savoir, de la vérité, il devient vite épouvantail ou souche. D’ailleurs, ses gardiens finiront par proclamer : « L'âge des poètes est achevé ; il est nécessaire de dé-suturer la philosophie de sa condition poétique », et ils nous offriront un treillis d'un graphe mécanique.
allemagne,arbre,éléments,esprit,étoile,exil,liberté,philosophie,poésie,question,…

heidegger m.
Der Mensch spricht erst und nur, insofern er der Sprache entspricht, indem er auf ihren Zuspruch hört.

L'homme ne parle vraiment une langue que dans la mesure, où il lui cor-responde, qu'il entende ce qu'elle lui souffle.
mot
La phrase la plus fatale et juste, pour condamner l'aventure de ce livre. Ma scène est une ruine ; le souffleur, sous mes pieds, a beau remuer ses lèvres, - mon rôle ne se lit que dans un regard hors-texte.
auteur,jeu,langue,ouïe,question,regard,ruines

wittgenstein l.
Die Grenzen meiner Sprache sind die Grenzen meiner Welt.

Les limites de ma langue sont les limites de mon monde.
mot
Mon monde n’est pas le monde réel, il n’est que ma représentation de celui-ci. « Le monde a exactement les limites, que lui donne la représentation » - K.Kraus - « Die Welt hat just die Grenzen, welche die Vorstellung ihr gibt ». Ma langue se plaque contre cette représentation ; en débordant les limites de la représentation, la langue n’a aucun sens. Donc, ce ne sont pas les limites de ma langue, mais les limites de ma représentation qui sont les limites de mon monde. La langue est une généralisation de la logique, donc elle ne s'occupe que de la forme, tandis que le monde (réel ou représenté), c'est un contenu. La langue n'est qu'une machine à interroger les modèles du monde. On étend ses limites en introduisant, dans ses requêtes, de plus en plus de variables et en s'intéressant aux liens, qui ne sautent pas aux yeux. Qui ne sait pas questionner, ne sait pas voir non plus.
arbre,étoile,être,frontière,interprétation,langue,ouvert,question,réalité,regard,…
 

noblesse
On s'imagine Nietzsche en surhomme, tandis qu'il est, si nettement, le dernier homme, tel qu'il le décrit lui-même, en train de poser les meilleures des questions : « Qu'est-ce que l'amour ? Qu'est-ce que la création ? Qu'est ce que le désir ? Qu'est-ce que l'étoile ? » - « Was ist Liebe ? Was ist Schöpfung ? Was ist Sehnsucht ? Was ist Stern ? ». Avec ses réponses, le surhomme, succédant au Dieu mort, est aussi peu crédible que son prédécesseur.
amour,création,dieu,élan,étoile,force,mort,question

noblesse
Désirer, c'est avoir une requête à soumettre. Le sot, qui imagine, que les mots représentent le monde, trouve son désir plein. Le désir du sage est vide, et il ne cherche qu'à être rempli par l'interprète le plus inspiré. Remplir, c'est substituer aux inconnues - des représentations d'au-delà des mots. Si l'on manque d'inconnues, si l'on ne cherche pas à s'unifier avec le monde, même imaginaire, on méritera le mot de Lermontov : « L'homme le plus vide est celui qui n'est rempli que de soi » - « Тот самый пустой человек, кто наполнен собою », à moins que ce vide artificiel ne serve que pour y accueillir une musique ou une voix de Dieu. Le dernier homme est rempli des échos des autres.
arbre,artificiel,dieu,élan,inconnu,langue,mouton,musique,philosophie,question,…

noblesse
L'homme grégaire se reconnaît par le poids accordé aux acquiescements ou aux refus, face aux requêtes du monde. Faute de questions intéressantes, l'homme libre se les invente soi-même.
acquiescement,liberté,mouton,question,révolte

noblesse
Ma vie, c'est la trouvaille de Tout par quelque chose qui est moi. Pour les autres : « La vie est une quête, par un Rien, d'après quelque chose » - Morgenstern - « Das Leben ist die Suche des Nichts nach dem Etwas ».
auteur,être,question,soi,vie

noblesse
Signe de noblesse : l'espérance la plus pure naissant dans les situations les plus désespérées (Camus). « Bien que sous la forme d'une vague quête, l'espoir germe dans une profonde désespérance » - Th.Mann - « Aus tiefster Heillosigkeit, wenn auch als leiseste Frage, keimt die Hoffnung ». L'invisibilité comme garantie d'authenticité : « L'espérance qui se voit n'est pas l'espérance » - St-Augustin - « Spes autem quae videtur, non est spes ». Comme l'amour qui dure, tant qu'on ne se voit pas : « Les yeux dans les yeux, les amants n'arrivent pas à se voir » - N.Barney.
amour,ange,authenticité,espérance,question,regard,vide

noblesse
Avoir dit non au bon ne rend pas plus convaincant mon oui au meilleur. La négation aide à comprendre, mais ne fait que nuire au bon goût. Par contre, ne répondre qu'aux meilleures questions est une bonne prophylaxie. Ne procéder aux substitutions que dans des requêtes riches de variables ! On devrait réserver les oui et non au médiocre pour accueillir le meilleur avec les ah et les oh.
arbre,élite,négation,platitude,question,sentiment

noblesse
Les plus coriaces de toutes les valeurs, résistant à ma volonté de les juger par-delà d'elles, sont celles qui viennent des buts. Nietzsche, lui-même, y succombe : « Que veut dire le nihilisme ? - que les valeurs suprêmes se dévalorisent. Que le but fait défaut ; la réponse au 'pourquoi' » - « Was bedeutet Nihilismus ? Daß die obersten Werte sich entwerten. Es fehlt das Ziel ; es fehlt die Antwort auf das 'Warum' ». Dès que le comment et le qui du talent et de la noblesse sont organiquement là, le pourquoi de l'intelligence se manifeste presque mécaniquement.
abduction,axe,contrainte,esprit,intelligence,nihilisme,question,soi,valoir

noblesse
Par quoi veux-je m'unir aux autres ? Où puis-je croître ? Quand aurai-je le droit aux ombres ? Comment vivre sans bouger ? Pourquoi la couleur ? - si je commence à me poser ces questions, c'est que peut-être je suis prêt à devenir un arbre.
arbre,auteur,immobilité,ombre,question,vie

noblesse
Une bonne philosophie : la noblesse des questions, l'ironie du raisonnement, la fierté ou/et l'humilité des réponses. Le spinozisme : l'inertie des questions, la fausseté du raisonnement, la mécanique arbitraire des réponses. La phénoménologie : la logorrhée des réponses, l'apparence de raisonnement, l'insignifiance des questions.
acquiescement,continuité,grandeur,philosophie,question,robot

épicure
À propos de chaque désir, il faut se poser cette question : quel avantage résultera-t-il, si je ne le satisfais pas ?
noblesse
Pour le sage, la réponse complète, mais ne recouvre pas celle qui viendrait de cette autre question : quel désavantage cause sa satisfaction ? Tirer ou ne pas tirer de flèches ? Est-ce le même arc, celui qui éprouve nos cordes ou nos muscles, ou celui qui procure des aliments, ou celui qui élimine un adversaire ?
action,élan,flèche,lutte,philosophie,question
 

proximité
Il est dans la nature du vivant de hurler de douleur à la lune. L'oreille n'a que faire avec ces messages, mais son inertie nous pousse à la tendre vers le chaos du firmament et à relever de faux échos. C'est cela, la foi - le miracle d'une réponse dans un vide certain.
continuité,étoile,grâce,nature,ouïe,ordre,question,religion,souffrance,vide

proximité
Que veut ou que peut l'homme ? - la réponse à ces questions définira ce que l'homme est. Mais le sens de cette réponse se dégagera grâce au regard a priori qu'on porte sur l'homme : est-on face à la machine ou face à un miracle ? Dans le premier cas on en connaîtra le prix, dans le second - la valeur.
axe,balance,hommes,question,robot,valoir

proximité
Mon soi est le seul contact direct avec Dieu ; et comme Lui, il reste inaccessible et incompréhensible ; je reconnais sa présence par le besoin de chanter (et non seulement de parler), de danser (et non seulement de marcher), de poétiser (et non seulement de narrer), bref - de prier, de ne pas m'attendre à une réponse et même de renoncer à poser des questions ; comme Dieu, on ne peut vénérer que le soi inconnu, sans se faire d'illusions : « Un poème est toujours une quête du moi » - G.Benn - « Ein Gedicht ist immer die Frage nach dem Ich ».
amour,danse,discursif,dieu,doute,inconnu,question,soi

proximité
L'origine grammaticale des religions : l'homme fourmille de mots et encore davantage de signes de ponctuation, dont les plus lancinants sont le point d'interrogation et les points de suspension. Et voici que quelqu'un de bien exclamatif prétend apporter des réponses ou, au moins, réduire le nombre de points…
commencement,doute,mot,question,religion

proximité
Les questions, à l'origine d'une foi : à Qui est l'œil posé sur moi ? pourquoi mes yeux ? comment se forme mon regard ?
question,regard,religion,solitude

proximité
Pour amortir le choc écrasant de nos misères rationnelles, le Créateur imagina une consolation irrationnelle – la création humaine. Mais quels en sont les vrais raisons, motifs, moteurs ? Deux réponses sont les plus répandues - pour le salut de mon âme ou pour accomplir une mission confiée par autrui, par l'au-delà, par devoir. La première est futile, symptôme de graphomanie, mais la seconde n'est pas plus glorieuse, non plus, puisqu'elle suppose une mimésis, à la place d'une poïésis.
âme,art,consolation,création,défaite,dieu,question,raison,souffrance

proximité
En nous, qu'est-ce qui est le plus proche du réel : l'action ? le savoir ? le discours ? la musique ? - on pense s'approcher de la réponse, en progressant sur cette échelle, mais l'on finit par constater toujours le même gouffre et par reconnaître, que c'est le regard qui est le seul candidat crédible : « Qu'y a-t-il de plus réel qu'un regard ? » - M.Henry.
action,mot,musique,question,réalité,regard,savoir

proximité
Si au commencement divin était le Verbe (penser ou faire), au commencement humain devrait être l'adverbe, répondant aux questions de comment (peindre) et de pourquoi (chanter), « initiative imitative, un commencement relatif, qui est la réédition du commencement absolu » - Jankelevitch. Même si l'adverbe s'attache au Verbe, l'intensité de cette attache est affaire du sujet, c'est à dire du talent.
commencement,dieu,intensité,question,voix

proximité
Il n'y a aucun contact entre le fini et l'infini, ce qui rend l'aspiration du premier pour le second - divin, irréductible aux choses, mystique. L'infini restera isolé, solitaire. Toute image de l'infini s'inspire du fini en mode traduction, en changeant de langage : c'est le langage de représentation qui change, tandis que ceux de requêtes et d'interprétation peuvent être les mêmes.
élan,frontière,inconnu,interprétation,langue,mystère,question,représentation

proximité
Je ne sais pas si Dieu ou mon soi inconnu ont un esprit ; ce qui est certain, c'est qu'ils n'ont pas de visage ; et c'est ce qui les rend parfaits destinataires de mon écrit, car au lieu des affirmations, il parlera requêtes – arbres ouverts à l'unification suprême. « La question du penseur est la question de l'élève » - Levinas.
arbre,auteur,dieu,esprit,inconnu,ouvert,question,soi,voix

proximité
Tout philosophe doit trancher : l’homme est une nullité ou une divinité, une machine ou un ange. Aujourd’hui, la première réponse domine outrageusement, surtout depuis que Dieu est proclamé mort. Plus Dieu est moqué, abandonné, solitaire, agonisant, plus ardemment je cherche Sa compagnie, hors réalité – dans le rêve.
absurde,ange,auteur,dieu,modernité,mort,philosophie,question,réalité,rêve,…

proximité
Les réponses forment le message aphoristique comme elles forment le message religieux ; mais les secondes sont liées aux questions naïves et universelles, tandis que les premières laissent la liberté de choix de faisceaux de questions personnelles et profondes – des impositions serviles ou des unifications subtiles.
arbre,dieu,hauteur,liberté,maxime,question,universel

proximité
Dans toutes les requêtes sur les mystères du monde, Dieu n’apparaît qu’en tant qu’un fantôme, une espèce de variable muette, dont les substitutions restent aussi impénétrables, surchargées d’inconnus, pour le requêteur, assemblant des interrogations elliptiques.
arbre,culture,dieu,inconnu,mystère,question

proximité
Ne pas se poser la question : Qui lira ceci ? (Quis leget haec ? - Diderot), mais s’inspirer de la réponse, prétentieuse mais, surtout, contraignante : Je m’adresse à Dieu.
contrainte,dieu,question

proximité
Prière en tant que genre littéraire : une réponse laconique aux questions angoissantes et irréductibles aux mots, réponse résumant les faces essentielles de ton existence. Et puisque toute prière (oro) est orale (os), l’aphorisme musical s’y prête le mieux.
art,maxime,mot,musique,question

valéry p.
Le Moi est l'acte de passage de l'extranéité d'une demande à l'extranéité d'une réponse. Il se fait équinégation.
proximité
Il est encore davantage dans l'intranéité des inconnues de la question et de l'interprétation de leurs substitutions dans la réponse, en quoi il est équidistance et équilibre.
arbre,interprétation,négation,ordre,question,soi

wittgenstein l.
Das Gebet ist der Gedanke an den Sinn des Lebens.

La prière est la pensée du sens de la vie.
proximité
La ponctuation en décide : un point d'exclamation matérialiste, un point d'interrogation idéaliste, ou, pour un croyant, - les deux (!?). Mais les plus belles prières se réduisent aux points de suspension, qui s'adressent à la hauteur et deviennent : « une attente d'un bonheur mystérieux, la vie tout emplie du sens le plus haut » - Tchékhov - « ожидание таинственного счастья, жизни, полной высокого смысла ».
bonheur,hauteur,idée,matière,question,religion,sentiment,vie
 

russie
Je découvre un doux lyrisme du dernier Prix Nobel de Littérature (!), B.Dylan : J'appris la haine des Russes ; heureusement on a la bombe, pour les réduire en poussière chimique, c'est ce qu'on fera, sans se poser de questions, puisque Dieu est de notre côté - I’ve learned to hate Russians. We got weapons of the chemical dust. Fire them we must. You never ask questions, when God’s on your side. Dieu Mercure, armé de réponses, face au Christ, avec ses questions désarmantes.
amérique,dieu,haine,lutte,mort,question

russie
L'Orient apporte la réponse à : « Comment bien vivre ». L'Occident pose la question : « Qu'est-ce que vivre ? ». La Russie balbutie : « Pourquoi vivre ? ». L'ironiste montre « où et quand vivre ». Le pourquoi étant le premier souci du philosophe, Nietzsche pense que l'artiste « ne peut retrouver son souffle vital qu'en Russie » - « in Rußland wieder aufleben kann ».
art,philosophie,question,vie

russie
Le Russe a la manie de négations faciles, grandioses et gratuites. Presque toute la culture russe est de nature nihiliste ; Pouchkine fut le seul diseur-du-oui ironique, léger et gracieux. « La volonté, en Russie, est suspendue, et l'on ne sait pas si elle sera pour le non ou pour le oui » - Nietzsche - « In Russland wartet der Wille, ungewiß, ob als Wille der Verneinung oder der Bejahung » - Pouchkine étant resté sans héritier, la réponse, hélas, est évidente.
culture,grâce,ironie,nature,négation,nihilisme,question,valoir

russie
Veut-on vivre dans l'entente avec le monde ou dans le défi - le type de civilisation dépend de la réponse. « L'homme harmonieux - les Grecs homériques, les Chinois, les chrétiens gothiques. L'homme héroïque - les Romains, les Germains et Latins. L'homme ascétique - les Hindous, les Grecs néo-platoniciens. L'homme messianique - les premiers chrétiens, la plupart des Slaves. L'harmonie avec le monde, la domination du monde, la fuite devant le monde, la sacralisation du monde » - W.Schubart - « Der harmonische Mensch - die homerischen Griechen, die Chinesen, die Christen der Gothik. Der heroische Mensch - das antike Rom, Romanen und Germanen. Der asketische Mensch - die Inder und neuplatonische Griechen. Der messianische Mensch - die ersten Christen und die meisten Slaven. Welt-Einklang, Welt-Herrschaft, Welt-Flucht, Welt-Heiligung ». Peut-on sacraliser par l'harmonie, par la puissance ou par la fuite ? Oui, quand je suis un Ouvert, et ma musique, mon génie ou mon regard proviennent de ma profondeur divine et sont tournés vers ma hauteur humaine.
allemagne,audace,auteur,balance,chine,christianisme,culture,europe,force,grèce,…

russie
On mène une vie de réfugié, quand la langue des réponses n'est pas la même que celle des questions. Ma vie est une suite de deux exils : en Russie, où il fut impossible de me cacher, et en France, où il est impossible de me faire voir. Trop d'interrogateurs débiles ou trop d'interrogations subtiles. Aucune envie de réponses ou des réponses, toutes trop banales.
auteur,ennui,exil,france,haine,inconnu,langue,platitude,question,vie

russie
Trois questions russes classiques avec des réponses plausibles : que faire ? - rien ; à qui la faute ? - à celui qui agit ; où vivre ? - ailleurs.
action,question,rêve,vie

russie
Inutile de poser au Russe la question : comment pouvez-vous soutenir votre oppresseur X ? Il est beaucoup plus éclairant de répondre soi-même à la question : Pourquoi X est votre oppresseur ? - et de constater la perplexité de votre interlocuteur servile.
cité,étonnement,hommes,liberté,question

russie
L’homme en général est un concept creux ; l’universalisme a tellement de facettes. Le Français voit l'homme en train de réfléchir, l’Allemand – à calculer, le Russe – à souffrir (il porte le génie de l’art de souffrir). Et puisque, quelle que soit la trajectoire humaine, au bout nous attend la souffrance, le Russe est peut-être l’homme le plus universel. « Pourquoi les plus brillants des Européens cherchaient en Russie de la consolation, de l’espérance, de l’âme ? Serait-ce à cause de cette réponse russe, qui porte sur l’homme en général ? »* - V.Soloviov - « Почему умнейшие из европейцев искали утешения, надежды и души в России? Не потому ль, что русский ответ касается человека в целом? ».
allemagne,âme,consolation,espérance,esprit,europe,france,hommes,intelligence,question,…

péguy ch.
Dans l'attitude de cet immense peuple, tout homme verra une infinie supplication.
russie
Ni une requête raisonnable ni une réponse sensée - le dieu des prétoires s'avéra plus coopératif que celui des oratoires.
acquiescement,dieu,hommes,question
 

solitude
Je commençai par des vues et hurlements d'un loup solidaire et je fus propulsé, par un enchaînement de chutes et presque malgré moi, vers la hauteur des requêtes solitaires, puisque, dans les platitudes terrestres, personne ne sollicita ni ma voix de lycanthrope ni mon regard. Depuis, je compris, qu'on ne monte pas vers la hauteur, on y tombe (Hölderlin).
auteur,défaite,fraternité,hauteur,hommes,honte,platitude,proximité,question,regard,…

solitude
Côté plaisant de l'état d'exil endémique : je ne m'adresse à mes patries perdues qu'en poèmes. Peut-on rédiger une requête, un bon de commande ou une réclamation à l'encontre d'un fantôme ?
auteur,exil,hommes,poésie,question,rêve

solitude
Les profondeurs sont saturées d'avis pertinents ; pour étaler leurs requêtes de reptile, il ne reste aux sages que la platitude. En hauteur ne résonnent que les cris lancinants de volatiles solitaires, abandonnés des regards et des oreilles des sages. « Le sage ne s'attarde pas dans les austères hauteurs de l'intelligence et descend dans des vertes vallées de la bêtise » - Wittgenstein - « In den Tälern der Dummheit wächst für einen Philosophen immer noch mehr Gras als auf den kahlen Hügeln der Gescheitheit ».
esprit,hauteur,ouïe,philosophie,platitude,question,regard

solitude
Tout compte fait, la quête de soi se réduit à ces deux questions : ce qu'on a dans l'être et ce qu'on est dans l'avoir. Le soi n'est pas grégaire, si la solitude et Autrui apportent des réponses compatibles.
être,inconnu,maîtrise,mouton,question,soi

solitude
L'homme grégaire : la négation des sacrées réponses des autres ; l'homme solitaire : l'acquiescement aux questions sacrées de soi-même.
mouton,négation,question,sacré

solitude
La différence entre monologue et soliloque : le premier n'appelle aucune unification avec autrui et ne se transforme jamais en dialogue ; le second est un arbre chargé de points d'interrogation, c'est à dire d'inconnues, ouvertes pour se fusionner avec d'autres arbres.
arbre,ouvert,question

solitude
Mon écrit est un arbre-réponse, mais l'une des jouissances consiste à en reconstituer l'arbre-requêteur, avec un maximum d'inconnues. Et la solitude a cet avantage d'élaguer celui-ci, en en enlevant les constantes les plus communes et en le décorant de mes propres variables : « La solitude, c'est la mise à nu de toutes les réponses et la mise en clarté de tous les chagrins » - Berbérova - « Одиночество - обнажение всех ответов и разрешение всех скорбей ».
arbre,doute,mélancolie,question,souffrance

solitude
La valeur de l'homme serait son cri (son prix - Hobbes !), qui ne serait même pas une question, mais un soupir ou murmure mi-muets. Au cri le penseur préfère le silence : « tout être, qui pense ton univers, fait monter un hymne de silence » - Grégoire de Nazianze. Que de réponses, en revanche, se réfèrent à la parole de Dieu, chez les sourds ! « C'est le silence de Dieu, qui divinise le cri de l'homme »**** - G.Thibon.
axe,balance,dieu,gloire,philosophie,question,silence,souffrance,voix

solitude
C'est parce que mes requêtes et mon regard s'adressent à un interlocuteur introuvable, et probablement inexistant, que je tombe dans la solitude. Chez les blasés, leur orgueilleuse solitude naît au sein du monde, où leurs bavardages ou leurs agissements ne suscitent pas assez de louanges. Un vrai solitaire n'a pas besoin de sortir du monde, pour rester avec ou chez soi.
action,auteur,hommes,inconnu,question,regard,soi

solitude
Plongé dans la multitude, tu perds ton unicité ; tu te mets à t’intéresser aux questions communes et à geindre au sujet des tracas communs, tandis que le solitaire ne se passionne que pour les réponses et n’est attentif qu’aux souffrances, venant de son propre intérieur.
mouton,question,souffrance,voix

solitude
Byron trouva en mélancolie un état d’âme noble, ce qui ne fut envisagé ni à l’époque classique ni, encore moins, dans l’Antiquité, où la bonne humeur et l’âme en paix furent omniprésentes sur l’agora. Aristote fut-il mélancolique ? - cette hypothèse reste sans réponse, puisque son style est sans relief. R.Debray est le dernier byronien.
âme,angoisse,antiquité,mélancolie,noblesse,question,romantisme,style

solitude
Je suis pratiquement absent de presque toutes les questions, agitant les débats publics ; tout compte fait, les citations dans ce livre assurent ma présence dans le domaine des réponses seules, dont les questions sont affaire du lecteur.
auteur,mouton,question

solitude
Tout le monde pense qu’imiter l’avis de la foule est une bêtise ; peu se doutent que faire ou penser exactement le contraire est encore plus bête. L’immense majorité des questions vitales sont d’ordre secondaire, et la plupart de réponses, que la multitude leur apporte, sont justes, car fondées sur l’expérience. En revanche, la foule n’a jamais raison dans les questions essentielles, où ce qui compte n’est pas l’expérience collective mais le goût individuel.
goût,intelligence,mouton,négation,question,vie

solitude
La solitude involontaire me comble de mystères ; l’échange volontaire avec les autres me vide de mes convictions. La solitude est une bonne contrainte, m’éloignant des questions flagrantes de mon soi connu et me rendant attentif aux réponses énigmatiques de mon soi inconnu.
auteur,contrainte,doute,inconnu,mouton,mystère,proximité,question,soi

goethe j.-w.
Die Einsamkeit ist eine schöne Sache, wenn man mit sich selbst in Frieden lebt.

La solitude est délicieuse, quand tu vis en paix avec toi-même.
solitude
Les classiques ne comprirent jamais ni la solitude ni le soi inconnu. Au fond de moi-même surgissent tant d'appels, de sensations, d'interrogations, intraduisibles dans mes langages d'actes, d'images, d'idées, de théories, et cet échec, ou plutôt cette défaite, est le fait le plus fondamental de mon mûrissement. Pourtant, ce sont les voix les plus authentiques, irréfutables. Le romantisme commence par l'impossibilité d'une paix avec soi-même et par la découverte de la solitude absolue de son soi inconnu.
action,angoisse,authenticité,défaite,idée,inconnu,question,romantisme,soi

lec s.
Le plus horrible, c'est d'être solitaire en son for intérieur.
solitude
Le comble de la solitude : ne pas savoir bâtir un dialogue. Ne pas entendre de voix derrière des requêtes étranges. Ne plus savoir placer des inconnues dans mes propres interrogations. Ne plus savoir interpréter mes propres ordres, aux destinataires inaccessibles. Prendre mes soliloques pour du texte en format libre, sans contraintes divines.
arbre,contrainte,dieu,inconnu,interprétation,question
 

souffrance
Les sages sont beaucoup plus exposés à la souffrance que les sots ; les premiers vivent au milieu des problèmes, qu'ils inventent, et les seconds - des solutions, que les autres leur procurent. « La douleur est toujours question et le plaisir - réponse »*** - Valéry.
esprit,hommes,mystère,philosophie,question

souffrance
Quelle consolation j'attends d'un discours philosophique ? Celle de vérités et de certitudes, qui m'enracineraient davantage dans la profondeur de la vie ? Ou celle d'images et de rêves, qui m'arracheraient de la terre et me laisseraient en vue du haut ciel ? En réponse à Wittgenstein, qui ne trouve pas beaucoup de consolation chez Nietzsche.
consolation,étoile,exil,hauteur,philosophie,question,rêve,vérité,vie

souffrance
Quel que soit le sens qu'on donne à opium du peuple - suspension du questionnement, foi ou espérance - même la tête la plus subtile n'échappe pas à ce besoin vital ; son opium sera : la dogmatique, pour calmer son angoisse, la sophistique, pour caresser son amour-propre, l'ironie, pour les alterner. L'angoisse allonge les bras, la requête approfondit les choses, l'espérance rehausse le regard. « En tout cas, l'espérance mène plus loin que l'angoisse » - E.Jünger - « Auf alle Fälle führt die Hoffnung weiter als die Furcht » - ce qui explique l'effet de l'opium des intellectuels (R.Aron).
angoisse,caresse,espérance,esprit,fanatisme,goût,hauteur,hommes,ironie,question,…

souffrance
Abus de guillemets - symptôme de graphomanie ; abus de points d'interrogation - symptôme de stérilité ; abus de points d'exclamation - symptôme de bêtise. On affirme le mieux son mal incurable par le courage d'un point final, où chacun puisse vivre en suspension : accrocher sa perfusion et tenter sa réanimation, oublier le remède, caresser le récipient roboratif et se moquer de l'excipient rébarbatif.
audace,caresse,intelligence,mort,question,vie

souffrance
Ce n'est pas parce que leurs points d'interrogation ne sont pas assez profonds, que les discours modernes sont si misérables, mais parce qu'ils désapprirent à se servir de hauts points d'exclamation. Le cri, le soupir, le gémissement devinrent aussi plats que le silence.
hauteur,modernité,platitude,question,sentiment,silence

souffrance
Pour comprendre le pourquoi est plus éloquent que le comment ; pour sentir, c’est l’inverse. Ah pourquoi Jésus, au lieu de l’interrogation : Pourquoi m’as Tu abandonné ? n’employa pas l’exclamation : Comment m’abandonnes Tu !
abduction,défaite,négation,question,sentiment

souffrance
La vraie souffrance t’humilie et te rend indifférent aux connaissances communes, acquises par un banal travail de mémoire. Les connaissances intimes se donnent par de bienheureuses révélations de ton soi inconnu. Et tu te moqueras de ceux qui souffrirent ou se battirent pour la connaissance. « Est-ce que tu as souffert pour la connaissance ? » - une niaise interrogation bouddhiste.
honte,inconnu,intelligence,lutte,mémoire,mouton,platitude,question,savoir,soi

weil s.
Le plaisir est innocent, à condition qu'on n'y cherche pas la connaissance. Il n'est permis de la chercher que dans la souffrance.
souffrance
La souffrance est aussi aveugle que le plaisir, mais son langage de requêtes comporte plus d'inconnues, ce qui promet des réponses plus riches.
arbre,bonheur,langue,question,savoir
 

vérité
Un mensonge inspiré par une hauteur tourbillonnante est plus propice à la naissance d'un chaud courant du vrai qu'une vérité aspirée par une profondeur en paix. La vérité n'est qu'une réponse, et l'homme ne vit que d'échos de ses appels.
angoisse,création,élan,hauteur,mensonge,question

vérité
Le problème de la vérité est de référence et d'accès, plutôt que de possession.
interprétation,maîtrise,question

vérité
Les rapports entre la vérité et les hommes sont tout de ponctuation : le point final que lui assène le goujat, la virgule (point-virgule) du scolarque, la mise entre parenthèses du politicien ou du mythomane, le point d'interrogation envoûtant et le point d'exclamation fusionné avec les points de suspension - du poète.
art,bassesse,intensité,mot,poésie,question

vérité
L'objet O existe - comment le comprendre ? Quelle est la requête et dans quel langage ? Dans le contexte de quel modèle ? Quel en est l'interprète ? O existe, si l'on l'interroge bien et si l'on réussit à accéder à lui dans le modèle. L'objet moi du cogito n'est référencé qu'implicitement, l'interprète est absent et le modèle n'est que polémique.
concept,être,interprétation,langue,question,réalité,représentation

vérité
Le langage ne représente pas la réalité. La tâche de représentation, c'est la conception (structures, attributions, règles comportementales) qui n'est pas d'essence langagière. Le langage, c'est essentiellement la formulation de problèmes.
concept,création,langue,réalité,représentation,question,réalité

vérité
La vérité se dégage de l'interrogation, dans un langage provisoire, des modèles furtifs de la réalité. Ni l'éternité ni l'infini, ces attributs de la seule réalité, n'accompagnent ni bénissent cette naissance. Toute vérité est un enfant bien légitime de ses parents, langage et théorie, sans Annonciations du Verbe ni Visitations par l'Esprit Saint. Bien que Milton pense le contraire : « La vérité ne vient au monde qu'en bâtard » - « Truth never comes into the world but like a bastard ». La mathématique semble en être la marraine.
commencement,concept,enfance,éternité,inconnu,langue,métaphore,négation,question,réalité,…

vérité
Est-ce la peine de claironner ma croisade pour la vérité, quand je sais que, pour les appels les plus envoûtants, l'aboutissement incontournable est : notre solitude, leur foire, mon échouage. Ni terre ni croix ni écriture saintes, mais ruines et souterrains des châteaux en Espagne, où le sacré gît couronné de sacrilèges.
auteur,château,défaite,éléments,intensité,mouton,question,ruines,sacré,solitude

vérité
Le mot idée renvoie soit à la requête (intentions, hypothèses, références), soit à la réponse (constat de substitutions et de liens). Entre ces deux lieux de pensée incommensurables se glisse la vérité, précédant le second et succédant au premier.
arbre,esprit,idée,inconnu,interprétation,langue,question

vérité
Qu'est-ce qu'une idée ? Une requête syntaxiquement correcte dans un langage ; son analyse sémantique dans le contexte d'un modèle ; sa valeur de vérité ; des substitutions (objets) de ses variables ; des images et des désirs, qui s'en forment dans le locuteur, se tournant vers la réalité modélisée. Il n'y a aucune place à cette fumeuse adéquation de l'idée et de la chose. Aucun isomorphisme n'est pensable entre le langage et le modèle, ou entre le modèle et la réalité.
arbre,concept,idée,intensité,interprétation,langue,question,réalité,représentation,style

vérité
La chimère pseudo-philosophique de néant n'a rien à voir avec le nihilisme : le néant n'est qu'absence d'éléments d'une recherche, il est un résultat vide, une finalité sans contenu, mais compatible avec la vérité tandis qu'un bon nihilisme est tout entier dans la trouvaille initiatique de nouveaux commencements, en contradiction avec l'inertie des autres.
commencement,continuité,être,négation,nihilisme,philosophie,question,vide

vérité
C'est seulement aux questions sans intérêt, où règnent le pensif et le constatif, qu'on ne peut répondre que par un oui ou un non. Plus la question appelle de substitutions, plus le oui et le non s'équilibrent, dans leurs chances d'emporter la mise. L'esprit ironique consiste à donner un coup de pouce au perdant.
arbre,esprit,ironie,lutte,question

vérité
Impossible de parler du vrai en absence d'une requête, articulée dans un langage et interprétée dans le contexte d'un modèle, les deux se trouvant hors de tout être (St-Augustin) et de tout étant (Thomas d'Aquin).
être,interprétation,langue,question,représentation

vérité
Que l'illusion soit plus vitale que toute vérité se prouve avec la même rigueur à partir des trois démarches : de la représentation (la puissance d'Aristote), de la quête (la poésie de Valéry), de l'interprétation (la noblesse de Nietzsche). Ce qui est curieux - et juste, car ces trois dons ne s'influencent guère mutuellement -, c'est que chacun d'eux voyait dans sa démarche la seule menant à cette vitalité.
esprit,force,interprétation,noblesse,poésie,question,représentation,rêve,vie

vérité
On commence à tirer profit de la philosophie le jour, où l'on comprend, que la vérité philosophique n'est qu'une vraie question. Ne tiennent aux réponses véridiques que les ignares ou les écolâtres : « seule la réponse est l'action de la pensée » - Badiou, à moins que l'action s'y oppose au rêve, comme l'ampleur s'oppose à la hauteur. La bonne philosophie ne peut habiter qu'en hauteur. Et comme toute vérité est plate, la philosophie ne peut même pas préparer un lieu, où pourraient se loger des vérités.
hauteur,question,philosophie

vérité
Ils « traquent la vérité désintéressée, pour se munir de garantie contre la vacuité » - G.Steiner - « hunt after disinterested truth … to be equipped with some safeguard against emptiness », tandis que c'est seulement son intérêt bien pratique qui justifie la quête de la vérité, et que l'homme, mystique ou musical, a besoin de ce vide sacré, pour qu'y résonnent les chants des dieux, sans interférences avec le bruit du monde.
danse,musique,mystère,platitude,question,sacré,utilité,vide

vérité
Trois critères de la vérité totalement disjoints : pendant la création du modèle (le libre arbitre), dans la démonstration des requêtes du modèle (la logique), la confrontation des réponses aux requêtes avec la réalité (le sens). Postulat, preuve, adéquation. Le bon Arthur confond les deux premiers, en dénonçant l'erreur, que toute vérité repose sur une preuve (jede Wahrheit wird durch Beweise mitgetheilt, ce qui est pourtant vrai pour le deuxième critère), et en affirmant, que toute vérité s'appuie sur une vérité indémontrée (jeder Beweis bedarf einer unbewiesenen Wahrheit, ce qui n'est vrai que pour le premier critère).
création,erreur,question,raison,réalité,représentation,révolte

vérité
Devant un discours polémique, la première interrogation fiduciaire du sot : est-il vrai (dans le contexte du modèle ordinaire) ? Celle d'un homme subtil : quel peut être un modèle original, qui le rendrait vrai ou faux ?
création,goût,question,représentation,révolte,simplicité,voix

vérité
Si l'on parle de choses vraies (« la vérité est aux choses vraies ce que le temps est aux choses temporelles » - Anselme - « tempus se habet ad temporalia, ita veritas ad res veras »), on ne peut être que scolastique logorrhéisant. Ne sont vrais que des énoncés (au-dessus d'un modèle - veritas cognoscendi). Le vrai en tant qu'attribut des choses (veritas essendi) - tel le temps - n'a aucun intérêt ; il n'appartient qu'aux requêtes - représentations - interprètes. Verba, res, mores
concept,discursif,être,interprétation,langue,mot,moyen âge,question,représentation,temps

vérité
Toute connaissance passe par ces étapes : représentation, requête, interprétation, donation de sens. Sans la première étape, on ne formule que du délire, et toute représentation doit contenir des faits, qui sont des vérités premières. Les révoltes contre les faits sont de l’enfantillage : « Les faits ne font pas partie des conditions d’accès à la vérité » - Chestov - « Факты не являются условием познания истины ».
interprétation,question,représentation,révolte,savoir

vérité
La signification (d'une référence, d'une phrase, d'un énoncé) est l'unification de l'arbre de la requête avec l'arbre interprétatif ; dans le cas le plus simple, la signification naît de la substitution des variables par des constantes (l'ami de l'inventeur de la relativité devenant l'ami d'Einstein ou même Planck).
arbre,langue,question,simplicité

vérité
B.Russell ne voit pas, que le raisonnement déductif se complète par le raisonnement abductif, ce qui permet d'évaluer à faux aussi bien Le roi actuel de France est chauve, que Le Président actuel de France est chauve. La réponse au pourquoi, dans le premier cas, serait : il n'existe pas d'objet, référencé par le roi actuel de France, et dans le second cas : l'objet le Président actuel de France relève de la classe des humains, pour laquelle chauve est une valeur du domaine pilosité, où sa valeur complémentaire est chevelu, or la valeur de l'attribut pilosité, pour l'objet le Président actuel de France, est chevelu. La même valeur de vérité, deux sens différents.
abduction,concept,interprétation,négation,question,science

vérité
Ils parlent de latence (Verborgenheit) des vérités, qu'il s'agit de dévoiler ; mais le nombre de vérités (d'idées ou de propositions vraies), même dans un système aussi pauvre que l'arithmétique, est infini. Recherche de vérités est une expression sotte. L'étude de vérités se réduit surtout à la création de bonnes représentations (postulats, axiomes) et à la formulation de bonnes requêtes (hypothèses, théorèmes).
idée,langue,question,représentation,science,système

vérité
Le succès d'une requête contient une vérité, dans le langage courant ; le succès d'un énoncé impératif n'est ni vrai ni faux (Wittgenstein), il annonce la naissance d'un nouveau langage.
commencement,langue,question

vérité
L'artiste s'attaque aux « X serait vrai ? ! » résistants et les cisèle avec le goût aigu des « Est-ce beau ? ». Le sot traîne des « X est beau ! » malléables et les fige et dévitalise avec un « Est-ce vrai ? » banal et sans tranchant.
arbre,beauté,goût,platitude,question

vérité
Pour juger de la qualité d'une vérité, on n'a qu'à examiner la rigueur de la requête, du modèle et de la réponse. Mais chez les dogmatiques, seule compte soit la franchise, soit l'autorité de l'énonciateur : « L'exigence de la vérité a disparu au profit d'un critère de sincérité, d'authenticité, d'accord avec soi-même » - Jean-Paul II. Ces critères sont, certes, minables, mais la vérité banale peut en être parfaitement compatible ou même solidaire ; ce qui les fait mépriser et en éloigne, en revanche, c'est une haute noblesse ou une honte profonde
authenticité,fraternité,hauteur,honte,noblesse,question,représentation,soi

vérité
L'être est dans la vérité des choses ; l'étant - dans la vérité des propositions. Sans pouvoir rien formuler sur le premier, on doit se fier aux formules du second.
être,interprétation,langue,question,réalité

vérité
La beauté d'une formule en constitue la vérité esthétique. « Si je trouve une formule qui m'exprime, pour moi ce sera vrai » - Saint Exupéry. Pour être, également, logique, il manqueraient à cette vérité - une représentation conceptuelle, un analyseur linguistique, un démonstrateur logique, un interprète philosophique – le chemin est long.
beauté,idée,interprétation,langue,philosophie,question,réalité,représentation,science,voix

vérité
La vérité en tant qu'adéquation (Spinoza) ou en tant que dévoilement de l'être (Heidegger), ce sont deux abus de langage, puisque l'adéquation s'établit après la démonstration de la vérité (au sein d'un langage et à partir des requêtes) et le dévoilement n'est qu'un passage vers la représentation, avant toute requête (sans requêtes et sans leurs preuves – point de vérités).
erreur,être,langue,question,représentation

vérité
Dans la question, le sage apprécie la part du vrai en puissance, dans la réponse - la part du beau atteint par le goût. Tandis que le sot imagine de belles questions, auxquelles la réponse apporte le vrai.
beauté,esprit,goût,philosophie,question

vérité
Le vrai d'une requête (le seul vrai constructible) se loge dans une représentation, interrogée par un langage ; on peut pallier à tout manque de viabilité moyennant une modification architecturale ou acoustique, spatiale ou temporelle. Et lorsque ce bon sens est confirmé par le sens tout court, le vrai modélisé rejoint le vrai primordial, l'être mondain.
être,langue,question,représentation

vérité
Dans chaque question il y a du bruit linguistique ou conceptuel, qui, inévitablement, entache la réponse. Pourtant, c'est dans la réponse qu'on lit la vérité. Comment peut-on faire endosser la vérité au réel et non pas au langage ?
idée,langue,question,réalité

vérité
La plus profonde lumière et la plus haute couleur résident dans nos questions ; tandis que la vérité incolore fait partie des réponses, menant aux solutions. Même dans les réponses, à côté des solutions, on peut trouver des mystères, ces ombres primordiales et partiales, le défi à la neutre lumière.
audace,hauteur,mystère,ombre,question

vérité
L'impossible synonymie des matérialistes : réel = nécessaire = vrai. Le réel s'applique aux faits de la réalité, le nécessaire - aux faits du modèle, le vrai - aux jugements, formulés dans une langue et évalués dans un modèle. Toute réduction à un monisme quelconque mène vers un charabia linguistique, conceptuel ou logique. Il faut beaucoup de sobriété, pour répondre à la question : « Où réside la vérité, dans la subtilité verbale ou dans la réalité ? »*** - Chestov - « Где правда, в словесной ли мудрости или в действительности ? » - par le premier terme (le verbe étant et le mot et le modèle), ce que savait déjà l'excellent cogniticien Shakespeare : « La vérité devient vraie au bout d'un calcul » - « Truth is truth to the end of reckoning ».
absurde,idée,interprétation,langue,matière,mot,nécessité,question,raison,réalité,…

vérité
Une fine couche représentative et langagière couvre la réalité et reçoit la vérité ; toute vérité est donc superficielle, sans aucun lien avec la hauteur poétique, mais gardant parfois quelques traces de la profondeur philosophique. « Toute vérité est profonde » - Melville - « All truth is profound » - ce qui est largement exagéré.
hauteur,langue,philosophie,poésie,question,réalité,représentation

vérité
Pas de vérité sans requête, pas de requête sans langage, pas de langage sans représentation, pas de représentation sans réalité. Où cherches-tu la vérité ? Le plus superficiel et arrogant dira – dans la réalité, et le plus profond et humble – dans la requête.
acquiescement,langue,question,réalité,représentation

vérité
Tout ce qu'il y a de métaphysique chez l'homme naît des contraintes : la contrainte de la vérité (Aristote) est à l'origine des questions du philosophe, la contrainte du beau produit des réponses de l'artiste, la contrainte du bien nous entoure du silence de l'homme d'action.
action,art,beauté,bien,contrainte,philosophie,question,silence

vérité
Le sens est à la vérité ce que les propositions sont aux représentations (faits) : exprimés en deux langages différents. Des propositions sans nombre, pour interroger un seul fait. Les excellents logiciens de Vienne, définissant les représentations à partir des propositions, sont de piètres cogniticiens. L'isomorphisme entre le langage et les faits est aussi absurde que celui entre l'habit et le corps.
absurde,inconnu,interprétation,langue,question,représentation

vérité
Une valeur éthique, le mensonge, ne peut pas être antonyme d'une valeur logique, la vérité. Il est bête de toujours préférer la vérité à la non-vérité (sans parler d'amitié, que trahit si bassement le terne Aristote). Qui ne se réjouirait pas de la non-vérité de l'interrogation Suis-je niais ?
bassesse,intelligence,mensonge,question

vérité
La vérité naît d'un bon interprète, qui, dans le contexte d'une bonne représentation, prouve une bonne requête, portant sur de bons objets. Ceci crée un lieu des vérités, et, à tout prendre, la philosophie n'a de mots à dire, à ce sujet, que sur la qualité des requêtes.
concept,élite,interprétation,langue,philosophie,question,représentation

vérité
Deux vérificateurs des constructions scientifiques ou philosophiques : les yeux, c'est à dire la rigueur et la profondeur, ou le regard – la noblesse et la hauteur. La réponse des yeux dit – vrai ou faux ; la réponse du regard – séduisant ou décevant. L'erreur des philosophes est de vouloir être jugés par les yeux, dont le verdict ne peut être que cinglant. Pas de vérité au milieu des seules notions, sans concepts ni objets.
concept,erreur,hauteur,idée,noblesse,philosophie,question,regard,science

vérité
La notion de vérité n'a pas de place au sein de la philosophie, mais elle conduit à former un regard philosophique sur la place du langage, celui-ci devant se trouver au centre de toute réflexion abstraite. On finit par comprendre, que ne peuvent s'évaluer à vrai que des propositions, formulées dans un langage, bâti sur une représentation d'une réalité à examiner. La réalité n'y apporte que le sens, que le sujet-interprète retire des résultats de ses requêtes.
interprétation,langue,philosophie,question,réalité,représentation

vérité
Dans l'abord d'un problème, la sagesse consisterait à ne pas perdre de vue le mystère de son origine et à ne voir dans sa solution qu'une des traductions possibles. La solution ne doit pas faire disparaître le problème ; elle est une réponse et non pas un silence, un sens et non pas la vérité. La solution disparaîtra dans un élégant passage à un nouveau mystère. Le sens ne s'oppose jamais à la vérité et s'exprime dans un tout autre langage. La sagesse consiste à préparer un terrain du dialogue, au cours duquel, en accédant aux vérités, on fait naître le sens.
goût,interprétation,mystère,nécessité,philosophie,question,retour,silence

vérité
Tout énoncé vit trois stades : la question (mots, références), la réponse (valeurs de vérité, substitutions), le sens (confrontations avec la réalité). Si la vraie signification réside dans le premier, le discours est poétique, si elle est dans le deuxième - le discours est scientifique, et si c'est le troisième - applicatif. Et ce qui les traverse, leur invariant, est proprement l'idée, qui n'est donc ni exclusivement dans le mot (les idéationnistes), ni dans le contenu (les phénoménologues), ni dans le sens (les pragmatiques).
arbre,esprit,idée,interprétation,langue,mot,philosophie,poésie,question,réalité,…

vérité
Il suffit de ne pas avoir mon propre avis, pour être dans le vrai, car dans 99% des cas, où la vérité est en jeu, la réponse de la majorité est juste. Je ne peux montrer mon propre visage qu'en m'en écartant ; ou bien je continue à suivre les règles de la vérité et je me découvre dans mon mensonge, ou bien j'en change et les règles et l'enjeu et je me couvre de mon rêve.
auteur,étonnement,mensonge,mouton,question,rêve,voix

vérité
La vérité philosophique est une chimère creuse, dont la recherche n'est qu'un prétexte pour entretenir la gravité d'un bavardage pseudo-savant. Hors la mathématique, les sciences ne cherchent pas la vérité, mais des lois, c'est à dire des bases de faits axiomatiques, nécessaires, que le libre arbitre de l'intellect complète par des bases de connaissances. Tout, dans ces bases, est vrai, par définition. Ensuite, dans le contexte de ces bases, on formule des hypothèses, des requêtes logico-langagières, dont la démonstration réussie produit des vérités non-axiomatiques, les plus intéressantes.
interprétation,philosophie,question,représentation,science

vérité
L'idée pré-langagière est une requête, mais sa mise en mots dépend de l'angle de vue et elle peut prendre la forme assertive. Changer d'angle de vue peut aboutir au reniement langagier de la première assertion, d'où l'impression d'une contradiction. C'est la netteté de nos angles de vue, la bonne hiérarchie entre vérité, langage et intelligence, qui nous rendent crédibles et non pas une cohérence dans l'absolu ou avec la réalité.
élite,idée,langue,mot,négation,question,réalité

vérité
On n'interroge jamais la réalité ; toute requête, inévitablement, naît déjà au-dessus d'un modèle ; à la réalité on ne peut adresser que prières, hymnes ou malédictions.
intensité,question,réalité,religion,représentation

vérité
Le langage, c'est une langue, attachée à une représentation, plus un interprète logique des propositions. Tant d'hommes, tant de langages : les différences des cultures langagières, conceptuelles, scientifiques font de chaque homme une source de vérités, puisque toute vérité surgit des propositions, toute vérité est relative au langage du requêteur. Les vérités absolues n'existent pas, bien que le consensus grandissant dans les représentations élargisse le corpus de vérités communes. Donc, c'est bien Protagoras qui a raison contre Aristote (qui ne voit ni la langue ni la représentation) et Wittgenstein (qui ne voit pas la représentation).
hommes,interprétation,langue,question,représentation,science

vérité
La vérité est une réponse (l'interprétation logique) à une requête, et le sens – une conclusion (l'interprétation empirique) de cette réponse. Les pauvres en outillages langagier, logique ou intellectuel parlent de dévoilement comme d'un synonyme de vérité et de sens – mauvais usage de l'étymologie du mot grec aléthéia.
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vérité
À une même proposition vraie, peuvent correspondre une vérité câblée chez le profane et une vérité déduite chez le spécialiste. La Terre est la troisième planète – combien sont ceux qui sont capables de le déduire et pas seulement de l'affirmer ? - une infime minorité – la même assertion, mais autant de vérités profondément distinctes.
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vérité
Tout sujet humain a son stock (base) de faits et ses logiques (en représentation ou en interprétation). Ses vérités peuvent avoir trois origines : les faits, les déductions à partir des faits, de pures déductions logiques (sans accès aux faits). Mais dans tous les cas, une requête préliminaire langagière (technique, naturelle ou logique) est indispensable. Sans requête pas de vérités.
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vérité
La tâche représentative s'avère être plus prometteuse que la tâche interprétative, tel est le constat le plus profond, fait par l'Intelligence Artificielle : à partir des faits (d'une base de connaissances) on bâtit plus de vrai qu'on ne prouve de démontrable à partir des requêtes (dans un langage réductible aux formules logiques). Une illustration métaphorique (finie) du théorème de Gödel (dans l'infini).
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vérité
En Intelligence Artificielle n'est vrai que ce qu'on prouve, mais Gödel nous confirme, que, des trois tâches intellectuelles – la représentation, l'expression, l'interprétation -, l'expression est la plus prolifique, puisqu'on ne prouve que des requêtes exprimées dans un langage. Et tant que l'homme gardera ses cordes poétiques et créatrices, malgré sa robotisation insonore, il restera supérieur à la machine.
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vérité
Le scientifique : il maîtrise les faits avérés (les vérités premières) de sa discipline ; il maîtrise le langage de formulation de requêtes ; dans ce langage il formule des hypothèses, dont la démonstration (par l'expérience ou la logique) crée des vérités finales, qui seraient, éventuellement, ajoutées (câblées) aux vérités premières. Le philosophe titulaire ne maîtrise ni le langage de conception (pour créer des vérités premières) ni le langage d'interrogation (présupposant une représentation) ni le langage d'interprétation (bâti sur une logique) ni le langage de cognition (permettant de donner un sens à une nouvelle connaissance), et il prétend chercher des vérités… Le philosophe n'a besoin que du seul langage poétique, mais pour cela il faut être né poète.
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vérité
Quand on parle de vérité en termes d'adéquation, trois sortes d'opération intellectuelle sous-jacente, et souvent confondues, sont possibles : l'ordre (introduction axiomatique de concepts dans la représentation), la requête (proposition langagière sur les relations entre les concepts), l'intuition (confrontation de propositions, vraies ou fausses, avec la réalité, donation de sens). Il est à noter, que la réalité est absente dans le deuxième cas ; la représentation – dans le troisième ; le langage – dans le premier et le troisième.
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vérité
Tant de vénérations imméritées pour la première vérité cartésienne (ego cogito), tandis que, toute vérité étant véhiculée par des phrases d'un langage, les Aïe et les Oh disputent très nettement cette primauté. Les assertions, la souffrance et l’étonnement, – avant les requêtes. En plus, celui qui affirme être res cogitans n’est souvent que res extensa.
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vérité
Entre une représentation scientifique et celle d’amateurs, il y a trois différences : la première a plus de cohérence interne, ses interprétations s’appuient davantage sur la logique que sur l’intuition, et enfin les résultats de ses requêtes sont plus compatibles avec la réalité. Mais la notion de vérité (toujours interne à une représentation) a le même sens dans les deux.
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vérité
La vérité (d’une requête, interprétée dans une représentation) se prouve, et la concordance (entre la représentation et la réalité) se juge ; la seconde ne pourra jamais se substituer à la première, comme le font tous les philosophes.
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vérité
Ce que, dans l’interprétation d’un discours, les hégéliens ou phénoménologues appellent apparaître, correspond à substituer aux références langagières - des objets ou des relations de la représentation. La réussite (l’échec) finale de ces substitutions est marquée par un symbole abstrait, extra-langagier, extra-représentationnel, de vérité (fausseté). Mais ils répètent cette bêtise : « Toute vérité, pour ne pas rester abstraction pure, doit apparaître » - Hegel - « Alle Wahrheit muß erscheinen, um nicht eine leere Abstraktion zu sein ».
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vérité
La vérité n’est ni dans l’intellect ni dans les choses ; elle est dans la représentation interrogée.
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vérité
Les chemins croisés de la réalité et du rêve : la première – réalité, représentation, langage, requête, vérité ; le second – rêve, interprétation, émotion, langage. Une source hindouiste, remontant à Upanishad, constate l’incompatibilité de ces chemins : « La vérité ne rêve jamais », comme le rêve, lui, est déjà au-delà de la vérité.
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vérité
On peut cacher un objet, un fait, une action – on ne peut pas cacher une vérité, à moins qu’on en escamote la preuve (donc, une action ou un fait). « Les Anglais rabaissent toujours les vérités au rang des faits » - Wilde - « The English are always degrading truths into facts ». On mêle la morale de ce qui ne relève que d’une impassible logique. Et tous ces cachottiers ignorent que la vérité n’est qu’une banale propriété d’une requête langagière et ne surgit qu’au sein de ce langage.
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vérité
Dans la science, on ne cherche pas la vérité, on cherche la bonne question, dont l’examen peut aboutir à une vérité. Il y a plus de vérités (a priori, indubitables) que de propositions vraies (a posteriori, démontrables) – principe d’incertitude.
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vérité
L’âme invente la réponse ; à l’esprit – de trouver une question qui aurait pu en être l’origine.
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vérité
On ne peut pas dire une vérité (à moins que le choix soit entre un mensonge et un fait réel, mais ce serait une question de morale et non pas de logique) ; un locuteur formule, dans le contexte de ses représentations, une requête que le récepteur examine, grâce à ses représentations et moyens interprétatifs. Des malentendus entre locuteur et récepteur sont toujours possibles, et la vérité qui surgit de l’interprétation réceptrice ne peut pas coïncider en tout point avec l’interprétation émettrice.
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vérité
Il existe bien des vérités inaccessibles (indémontrables), mais Gödel nous montra qu’elles ne pussent résider que dans l’infini, c’est-à-dire en mathématique ou en rêves. Et puisque nous sommes condamnés à vivre dans le fini, il faut abandonner toute tentative de les y chercher. D’ailleurs, personne n’en trouva, puisque sa requête aurait dû être infinie.
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vérité
L’aphoristique est un défi à la logique – énoncer des conclusions-réponses, sans avoir formulé des prémisses-questions. Le travail logique est le développement, à partir des conditions ; la création aphoristique est l’enveloppement des effets, dont chacun est libre d’imaginer les causes. Le mode discursif est commun, sur des sentiers battus ; la fantaisie aphoristique est personnelle, même menant aux impasses.
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thomas d'aquin
Verum est in rebus et in intellectu … convertitur cum ente, ut manifestativum cum manifestato.

La vérité est dans les choses et dans l'intellect … elle se projette sur l'être, comme la représentation - sur le représenté.
vérité
Abus de langage : les choses sont dépourvues de mots, et la vérité ne peut exister qu'au sein d'un langage. Ce qui est manifeste dans les choses et dépasse toute représentation s'appelle, justement, - être. La vérité naît en plusieurs étapes : son premier temps est, tout de même, dans les mots d'une requête et nullement dans les choses, le deuxième - dans la pensée extraite de la requête, le troisième - dans les substitutions fournies par la représentation. De la confrontation des objets des substitutions avec les choses naît le sens. De res fictae (représentation, modus essendi), par res fatae (interprétation, modus intelligendi), à res factae (sens, modus significandi). Tu oublies les mots, comme Boèce oublie la représentation.
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Thèmes : Question …