action
Pour être bon archer, on n'a pas besoin de cible - telle est la leçon de l'arc bandé et de la corde raide. Mais « pour toucher une cible, il faut en avoir eu une » - proverbe grec.
europe,flèche,grèce,maîtrise

action
C'est la mimesis (représentation, en grec), la noble imitation, qui est source de toute création (avec l'herméneutique - interprétation), et lorsque ce qu'on imite est action on l'appellera poésie, la poïesis.
création,grèce,interprétation,mot,poésie,représentation

action
Les hommes, comme jadis les compagnons d'Odysseus, se font abuser par Mercure-Hermès, leur promettant un antidote contre le poison de Circé-action ; à leur réveil, ils ne se rendent même pas compte d'être transformés en cochons.
argent,bassesse,filtre,grèce,hommes

action
L'art résulte du larcin, que commit Prométhée auprès des dieux coopératifs : Athéna et Héphaïstos, s'occupant, respectivement, de l'intelligence et de l'action ; mais ce n'est ni la cervelle ni le bras qui résument la création divine, mais bien le feu ; les hommes perdirent la forme ardente et ne gardèrent qu'un fond tiède de raison et d'efficacité. « Sans le feu, la connaissance de l'art est impossible » - Protagoras.
art,cœur,éléments,grèce,intelligence,intensité,maîtrise

action
Penser avant d'agir ou après, le résultat est presque le même - voyez le Zeus moqueur, face à d'Épiméthée, celui qui pense après, ou à son frère Prométhée, celui pense avant, - et qui, Zeus, finit par faire appel au dieu du lucre, Hermès, pour suppléer à leurs lacunes - l'oubli de la loi et de la honte.
dieu,grèce,honte,justice,raison,temps

action
Changer d'avis ou se repentir, en grec, se diraient avec le même mot - métanoïa ; mais le meilleur repentir est d'avoir honte de l'action même, tout en gardant le même regard sur ses motifs et fins.
contrainte,grèce,honte,mot,regard

action
L'écriture, la poésie et la philosophie nous furent données par des rêveurs ahuris et passionnés - Prométhée, Orphée ou Narcisse - et que profana, bêtement, le calculateur Icare, en tentant de traduire ces rêves musicaux dans les actes mécaniques. Nos héros nous apprirent aussi la multiplicité du visage féminin, à travers Pandore (la fatalité des maux), Eurydice (la fatalité de l'avant-dernier pas), la nymphe Écho (la fatalité du reflet et de la solitude).
art,beauté,femme,grèce,héros,narcissisme,philosophie,poésie,rêve,robot,…

action
Le Grec chantait la pose d'archer, et le Romain - l'efficacité des flèches. « Je loue la direction si ferme de tes flèches » - Lorca - « Canto la firme dirección de tus flechas ». C'est déjà mieux que de chanter les cibles atteintes, mais moins noble que de n'admirer qu'un arc tendu. La foudre d'Héraclite est une flèche décochée, tandis qu'il vaut mieux se contenter de créer une tension entre la flèche immobile et sa cible filante.
antiquité,flèche,grèce,immobilité

action
Poésie, travail en grec. (Regardez ces jargonautes modernes aigrefins s'extasier devant la formule soi-disant platonicienne : « Tout ce qui mène du non-être à l'être est de la poésie » ! La visibilité ! Même la Dichtung allemande peut s'entendre comme condensation.) Verdict contre la fainéantise, réhabilitation du travail. Et si tout le reste n'était qu'extraction de mensonges, usinage d'illusions, service rendu au diable, diffusion de contrefaçons…
allemagne,être,grèce,mensonge,poésie

action
Ne voir dans l'action qu'un exercice de nos muscles et de nos pensées (et non pas juste un moyen, pour atteindre un but juste), serait-ce la véritable ascèse ? - ce mot grec signifie exactement – exercice !
acquiescement,contrainte,grèce,idée,mot

action
Le pessimisme passif, c'est l'oubli de l'être ; le pessimisme actif, c'est l'oubli des autres : le refus de la vérité (aléthéia) des autres et le refus de sa propre léthargie. L'oubli, pour les hellénistes, est le contraire de la vérité.
enthousiasme,être,grèce,vérité,voix

action
L’action, à l’instar de la pensée, gagne en pureté, lorsque son essence est dans le commencement ; agir et commencer s’expriment par le même verbe grec archein. Comme parole et esprit se rencontrent dans logein. Agir ou penser - comme prendre initiative.
ange,commencement,esprit,être,grèce,idée,mot

heidegger m.
Meta-hodos ist der Weg, auf dem wir einer Sache nachgehen : die Methode.

Méta-hodos est le chemin, par lequel nous suivons un objet - la méthode.
action
Pour les Grecs, « le chemin n'est jamais un procédé » (« der Weg ist kein Verfahren »). Heureux temps, où la contemplation de chemins valait mieux que leur construction. « Tout chemin s'achève, à moins que s'y oppose la paresse » - Cervantès - « No hay camino que no si acabe si no se le opone la pereza ». Rester haut est une tâche plus noble qu'aller loin. La paresse des horizons est récompensée souvent par l'élan des firmaments.
antiquité,chemin,concept,création,élan,grèce,hauteur,ironie,regard
 

amour
L'enfer a ses cercles écarlates, le paradis - ses spirales rosâtres, avec des chutes, qui me rappellent mes sources - péchés ou béatitudes. Dans la perspective ironique, les deux ne sont qu'un royaume des morts, où Odysseus, Orphée, Sisyphe et peut-être Jésus furent de bons guides. Et les vrais retours sont dans le vertige, hors la platitude résurrectionnelle.
bonheur,christianisme,commencement,grèce,mort,retour

amour
Encore sur les quatre éléments du Temps. Seul l'élément liquide parle amour et naissance avec Aphrodite ; les autres ne présentent que des drames : le feu avec Prométhée, la terre avec Antée, l'air avec Icare.
commencement,éléments,grèce,ironie

amour
Le mariage est une tentative de fusionner les trois hypostases grecques de l’amour – agapé, éros, philia - la sensibilité, l’adoration, l’imagination. Et sa ruine la plus fréquente résulte du manque d’imagination, comme l’abandon par l’Esprit-Saint nous sépare et du Père et du Fils.
christianisme,dieu,femme,grèce,histoire

bible
Puisque tu es tiède et non pas chaud ni froid, je te vomirai de ma bouche.
amour
Je soupçonne ici une faute du traducteur : tiède y correspond au mot grec, duquel provient notre hilare, au sens ardent. Notre Dieu y serait donc le contraire d’un extrémiste (ce que confirme l'un de Ses héritiers : « Dieu n'aime pas l'excès »). La version russe, la plus ambigüe, emploie le mot тёплый, voulant dire tiède en russe moderne, mais ardent – en vieux russe !
auteur,balance,climat,dieu,exil,fanatisme,grèce,langue,ouvert,ruines,…
 

art
Écrire - avec les moyens d'une fièvre faire aimer le feu caché : « Zeus t'a caché ta vie, le jour où il se vit dupé par Prométhée ; il te cacha le feu » - Hésiode.
éléments,grèce,intensité,ironie,sentiment

art
L'harmonie est une chose insaisissable, et l'on le comprend sur l'exemple des types de versification nationaux. Leur niaiserie formelle est du même ordre que la niaiserie de fond des tanka ou haïku. La longueur des syllabes grecques, la métronomie de l'allemand ou du russe, l'orthographe dans le choix de rimes françaises. De concert avec le sonore, on devrait rimer pour l'olfactif, mais surtout pas pour le visuel.
allemagne,beauté,grèce,intelligence,musique,ouïe,ordre,poésie,regard,russie

art
La montre, l'échelle et le zoom comme seuls outils de lecture moderne. Quand on n'a que l'intensité pour outil d'écriture, on ne compte, chez le lecteur, que sur le regard nu. Le feu, cet autre nom de l'intensité, fut le seul élément, que le bon Dieu biblique cachottier aurait escamoté à l'homme (« Il créa le ciel et la terre, et Son esprit planait au-dessus des eaux » - et le feu, alors ?), avant que Prométhée ne relève le défi divin.
audace,commencement,création,discursif,éléments,grèce,intensité,regard,style

art
Quand Apollon, au lieu de tendre son propre arc, guide les flèches des autres, il n'inscrit pas un nouvel exploit herculéen, mais s'inscrit en apprenti d'abattoir. Héracle et Odysseus ne laissèrent, derrière eux, qu'un arc sans flèches. « Les poètes sont des Antée, qui touchent le sol avec leur talon d'Achille » - S.Lec.
flèche,force,gloire,grèce,poésie,réalité

art
La tragédie doit transiter par la mélancolie, par cette soif, née du conflit entre le vouloir lyrique, le devoir empirique et le valoir aristocratique. C'est pourquoi les comédies tragiques, vécues par les personnages de Tchékhov, sont au-dessus des tragédies comiques, que jouent les repus du pouvoir (Job, Andromaque ou Hamlet) et les repus du savoir (Faust ou Manfred).
allemagne,angleterre,antiquité,france,grèce,jeu,lutte,mélancolie,noblesse,poésie,…

art
La fabuleuse mise en scène des Troyennes, dans l’amphithéâtre de Syracuse ; mais ce n’est pas dans la souffrance des vaincus que je perçois la vraie tragédie, mais dans la compassion qu’Euripide éprouve pour ses ennemis martyrisés – de l’incorrection politique ! Son acolyte, J.Racine, n’a d’empathie que pour les siens.
grandeur,grèce,noblesse,tragédie

art
Dans tout travail créateur figureront des cibles ; pour le scientifique, elles seront télos, des buts-finalités, et pour l’artiste – skopos, des visées-regards.
commencement,création,flèche,grèce,regard,science

rimbaud a.
Le poète est voleur de feu.
art
Il est plus près du Trismégiste que de Prométhée, du mystère hermétique que du problème prométhéen. Ce sont ses verbes ardents qui font penser au feu volé. Il est plus attiré par la lumière, pour mieux projeter ses ombres.
éléments,grèce,mystère,ombre,poésie
 

bien
La vraie pitié est indissociable du sentiment de sa propre honte ; sans celle-ci, celle-là n'est que de la sensiblerie. Dans l'action, la honte est de la juste pudeur, et dans la réflexion - de la justice pudique ; et puisque les deux seuls dons, que Zeus voulut répartir équitablement parmi les hommes, furent la justice et la pudeur, la honte est primordiale, pour que le feu humain de Prométhée ait une coloration divine. « La vertu supérieure n'est pas vertueuse, la vertu inférieure ne quitte pas la vertu »** - Lao Tseu.
action,art,éléments,grèce,justice,honte,pitié,sentiment

bien
Chez les Grecs et les Russes, le beau et le bon se fusionnent aussi étroitement que, chez les Romains et les Français - le beau et le vrai (le compromis entre les deux serait une philocalie, l'union des trois). Le mot de Dostoïevsky : « Le monde sera sauvé par la beauté » - « Красотой спасётся мир » - mènera les premiers vers la bonté et les seconds - vers la vérité : « Ce qui s'y présenta comme une beauté s'avérera vite une vérité » - Schiller - « Was wir als Schönheit hier empfunden wird bald als Wahrheit uns entgegengehn ». C'est d'autant plus frappant que la seule beauté, d'après Dostoïevsky, c'est le Christ, celui même qui disait être la Vérité !
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bien
Oui, nous sommes, tous, sortis de la tragédie grecque ; mais les lignes d'héritage divergèrent : de la culpabilité innocente d'Œdipe ou de Prométhée, les uns s'accrochent à l'innocence, décrétée par une loi extérieure, d'autres se morfondent dans la culpabilité, né d'un chaos intérieur. On est livré au robot ou à l'aigle. Au feu prométhéen, le robot d'aujourd'hui préfère les saloperies œdipiennes, face à ses parents, ou les exploits œdipiens, face aux Sphinx mécaniques.
bassesse,doute,grèce,honte,robot,tragédie

bien
Le pauvre ne cache même pas, qu'il se vautre dans le vice, par nécessité. Le riche se dévoue à l'encensement des vertus. C'est la surface des faits. Tandis que, dans la profondeur des principes, « le vice est caché par la richesse, et la vertu - par la pauvreté » - proverbe grec.
europe,grèce,mal,misère

bien
L'écriture, c'est une tentative de reproduire, synchroniquement, l'évolution du sens du logos grec : compter ses éléments pour constituer l'arbre de la vie, conter des miracles pour entretenir le rêve, chanter le bon pour dire le beau.
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bien
Ethos et aisthesis, l'habitude et la sensation, de bien ternes ancêtres de nos éthiques et esthétiques. Seul mystes, celui qui nous initie, garde son sens originel dans le mystère.
beauté,grèce,mot,mystère
 

cité
L'exaltation et la création transfigurent l'homme ; elles défigurent les hommes. Le nihilisme politique est aux antipodes, par rapport au nihilisme spirituel. Le communisme renvoie au démos athénien, et le nazisme plagie la Jérusalem du peuple élu.
création,grèce,hommes,nihilisme

cité
Mon sens de l'universalité : je suis sur ma planète, quand je suis avec un poète de Moscou, avec un étudiant de Marbourg, avec un félibre de Provence, avec un pope d'Athos, avec un lazzarone de Naples, avec une guapa d'Estrémadure. Plus je monte vers Bruxelles, Hong Kong ou New York, plus je me sens extraterrestre.
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cité
Zeus poursuit de sa hargne l'artiste Prométhée, père de l'écriture et du nombre, et donne sa faveur à Hermès, inventeur du lucre, c'est ainsi que naquit la démocratie de droit divin.
argent,art,dieu,grèce,haine,justice,mot

cité
L'essence de l'Occident s'évapore inexorablement ; elle est condamnée à se muer en insipide américanisme. Les USA reproduisent la trajectoire de la Rome affairée, comme l'URSS - celle du Carthage erratique. Toutes les deux méprisées par la Grèce, le seul Occident, qui mérite un franc respect.
amérique,gloire,grèce,haine,modernité,russie

cité
Tous les grands tyrans furent de grands solitaires ochlophobes. Pourtant, « la foule est la mère des tyrans » - proverbe grec - elle n'en est peut-être que nourrice.
europe,grandeur,grèce,mouton,solitude

cité
La Grèce démocratique livre l'aristocratique Socrate au poison. Notre démocratie neutralise toute aristocratie par des contrepoisons prophylactiques : injections vénales accordées à tout sujet frappé d'intelligence.
argent,esprit,grèce,intelligence,noblesse
 

doute
Le soi se loge quelque part sous la boîte crânienne, observe la conscience et déclenche des actes ; aucun oracle delphique, aucun cogito, aucun réseau ne neurones ne m'éclaire sur son mystère ; il est la flèche de Zénon, qui, visiblement, vole, mais, pour ma raison, - reste immobile. Aucune solution donc du problème grec de connaissance ni du problème égyptien de vérité (personne ne souleva mon voile), qui nous illuminerait sur le mystère du soi, où le connu et le vrai restent impuissants.
grèce,inconnu,mystère,paradoxe,raison,science,soi,vérité

doute
Même à Kant un ciel étoilé semblait être ce qu'il y a de plus immuable ; quelle ne fût pas ma stupéfaction, quand j'appris que, dans l'Antiquité, on pouvait observer, depuis la Méditerranée, - la Croix du Sud ! Le phénomène de précession en est l'origine, phénomène connu des Égyptiens et des Grecs !
antiquité,auteur,grèce,science,temps

doute
L'obscurité des réponses s'évapore souvent dès qu'on réussit à poser une question claire. D'autres prennent l'absence de cette question pour une présence divine. L'obscurité valable est celle qui garde ses points de suspension sous les projecteurs des points d'interrogation. Qui adore un Dieu caché, deus absconditus ? - un Athénien païen, Thomas d'Aquin : « adoro Te, latens Deitas », ou encore Pascal : « Toute religion qui ne dit pas, que Dieu est caché, n'est pas véritable ».
dieu,gloire,grèce,ombre,question,religion

doute
Le geste latin : mettre dans l'ombre, pour les conserver, les choses claires et périssables. Le geste grec : mettre en lumière, pour les admirer, les choses obscures et immuables.
amour,grèce,immobilité,ombre,réalité

doute
Ne pas confondre, dans les tentatives d'écriture, le commencement et l'origine. Le commencement doit être clair, mais rien ne doit dissiper ni profaner l'obscurité intouchable, voire le mystère, de l'origine. Le commencement doit être un mystère d'initiation, comme chez les Grecs.
art,commencement,grèce,inconnu,mystère,ombre

valéry p.
La philosophie : faire semblant d'ignorer ce que l'on sait et de savoir ce que l'on ignore.
doute
C'est exactement ce qu'on appelle docte ignorance ! L'art d'ignorer les évidences, en les méprisant, et de maîtriser les apories (étymologiquement, les doutes), en s'y noyant. Les Grecs avaient déjà un mot, pour désigner la docte (ou feinte) ignorance de Socrate, - l'ironie !
esprit,grèce,ironie,philosophie,savoir
 

hommes
Le monde grec fut rempli de tragédies, d'inquiétudes et de violences, mais du penseur grec émanent la sérénité, la paix, la bonne humeur. Le monde d'aujourd'hui, débordant d'ennui, de bon sens et de transparence, se repaît de violences verbales, d'inquiétudes banales, de tragédies machinales.
angoisse,antiquité,ennui,grèce,robot

hommes
L'enfance du monde fut, de part en part, poétique ; c'est la Rome antique qui y introduisit de la prose : « À la poésie et la liberté d'esprit des Grecs s'oppose la prose de la vie des Romains » - Hegel - « Gegen die Poesie und Freiheit des Geistes von Griechen tritt bei den Römern die Prosa des Lebens ein » - la vie, elle-même, n'a pas de genre artistique ; soit on rend, par la poésie, son mystère, qui est musique, soit on en rebâtit, par la prose, son problème, qui est bruit.
antiquité,grèce,liberté,musique,mystère,poésie,vie

hommes
La décadence commence par la domination du sens de l’existence sur la musique de l’essence ; et ceci se produit aussi bien dans la culture que dans les passions et les goûts. La tragédie grecque – l’affirmation du sens ; Bach – l’équilibre entre le sens et la musique ; Mozart et Beethoven – la domination de la musique ; Wagner – le retour vers le sens. Le sens incontrôlable étouffe nos fibres divines et se dévoue aux fils robotiques.
antiquité,culture,dieu,être,goût,grèce,modernité,musique,robot,tragédie

hommes
Seule la Méditerranée gréco-romaine tenait à la culture comme à une valeur suprême de son identité nationale ou impériale ; l’argent et le glaive avaient la même place chez les Germains et les Slaves. Ce que les Gréco-Romains appelèrent Grandes Invasions, les autres désignent par un terme neutre de Déplacement de Populations (Völkerwanderung). Le même phénomène se produit sous nos yeux ; il est vécu comme un drame identitaire en Méditerranée du Nord romane et comme une bénédiction économique dans l’Europe germanique. Les Slaves et les Grecs, ayant connu la férocité asiatique, se barricadent.
argent,asie,culture,europe,grèce,modernité

socrate
Je ne suis ni Athénien, ni Grec, mais un citoyen du monde.
hommes
Athènes est ton point d'attache, le monde est la hauteur de ton interpellation. Mais, souvent, la subtilité du citoyen du monde consiste à réagir en homme du Panthéon, du pandémonium, des ruines ou même des cavernes.
antiquité,cité,goût,grèce,hauteur,mal,ruines,simplicité
 

intelligence
Une philosophie parfaite est la rencontre d'un esprit mathématique et d'un langage poétique, rencontre, qui n'est pensable qu'en Allemagne (Heidegger eut raison de ne pouvoir imaginer un commencement philosophique qu'en Grèce et Allemagne).
allemagne,commencement,grèce,hommes,langue,philosophie,poésie,raison

intelligence
Les Grecs sont visuels ; le regard est une faculté aussi intellectuelle que visuelle ; Platon voit les Idées ; leur existence s'établit au-delà des yeux.
antiquité,esprit,être,grèce,idée,regard

intelligence
Quelle misère, ne s'intéresser qu'aux phénomènes, auxquels se réduise l'être et aux noumènes, où se projette l'essence ! Les Grecs, comme la théologie chrétienne, se penchaient plutôt sur les passions, qu'une divinité docile interprétait ou rendait sacrées. Les phénomènes et noumènes sont des traces muettes, des traductions aléatoires, des passions, dont on ne maîtrisera jamais la langue.
amour,christianisme,être,grèce,interprétation,langue,maîtrise,platitude,représentation,sacré

intelligence
Tout honnête homme doit reconnaître, que les notions antiques d'être, de vrai, de l'Un, de savoir n'apportèrent rien d'intéressant au discours philosophique, et que le Chinois, avec son intérêt pour le rythme, pour les relations nettes entre entités vagues, fut un philosophe plus profond que le Grec. Toutefois, l'éternel détour des choses est plus radical, mais moins subtil et poétique que l'éternel retour des relations.
antiquité,chine,concept,éternité,être,grèce,musique,philosophie,retour,savoir

intelligence
Cosmos et phusis, l'ordre représentatif de l'être et le désordre interprétatif du devenir, Apollon et Dionysos, le passage de la Création divine à la création humaine, la caresse devenant verbe, la vie tournant à l'art.
art,caresse,création,dieu,grèce,interprétation,ordre,représentation,vie

intelligence
Le galimatias de Hegel reprend celui de Parménide ou de Plotin. La proximité, phonétique et lexicale, entre l’Un et l’Être, en grec, ou entre Sein et Eins, en allemand, est la seule source évidente de leurs logorrhées. Ils ont, tous, profané les notions platoniciennes de Bien et d’Idée, ouvertes aux interprétations innombrables.
allemagne,bien,concept,école,être,grèce,idée,interprétation,mot,philosophie,…
 

ironie
Encore de l'alphabet grec : viser l'oreille de Θ, fuir l'œil de λ et la raison de Σ. Que Χ ne soit plus seulement une lumière, mais un jeu d'ombres inconnues.
défaite,grèce,ombre,ouïe,regard

ironie
Les plus pures des abstractions antiques se trouvaient à l'aise en compagnie des ivrognes, hétaïres ou pâtres ; de quelles ivresses, de quelles voluptés peut se réclamer ce sage moderne, dont les seules quêtes sont : l'Être, l'Un et l'Ego (si enivrants et banals pour un Athénien et si sobres et ampoulés pour un Parisien), sont-ils transcendants ou transcendantaux, immanents ou réels ? - des robots enrayés, des programmes, qui bouclent dans un vide stérile des circuits sans vie.
antiquité,caresse,être,grèce,modernité,philosophie,raison,religion,robot,soi,…

ironie
Le XVI-me siècle, c’est la fête de l’ironie dans la littérature – Cervantès, Shakespeare, Montaigne et même Luther. Le siècle suivant, celui des dramaturges et des philosophes, étouffa cette vitalité ; et le phénomène Voltaire n’est qu’un chant du cygne de l’ironie agonisante. Notre époque vit sous le signe de la gravité, de la lourdeur, de la pédanterie. Rappelons-nous que les chutes de la Grèce et de Rome furent annoncées par leurs derniers ironistes, Lucien et Juvénal.
art,grèce,histoire,modernité,mort,philosophie
 

mot
Une de ces choses que nous cachent la grammaire et l'usage banal : le mot n'est pas un reflet de la vie, il est une vie à part, aussi proche de l'essentiel, peut-être, que le regard. Comme de theoria on aboutit au regard, de logos on se condense dans le mot. Non sans déchirement, puisqu'il y a toujours « un conflit entre le regard, cette métaphore centrale de la vérité philosophique, et la langue »* - H.Arendt - « die Unverträglichkeit zwischen der Anschauung - der Leitmetapher der philosophischen Wahrheit - und der Sprache ».
être,grèce,langue,métaphore,philosophie,regard,vérité,vie

mot
Le rapport entre l'idée et le mot est celui entre eidos et eikon, entre représentation et expression, entre idole et icône, entre langage parlé et langage parlant. Platon, en donnant sa préférence à eidos au détriment d'eikon, nous voue aux idoles. Mais Heidegger, n'accordant de manifestation à son fantomatique être qu'en tant qu'un devenir-mot (« Wortwerden des Seins » ou « Offenbarung des Seins durch das Wort » - « révélation de l'être à travers le mot »), charge le mot d'un faix ou d'un fait impossibles ; à moins que ce fantôme ne soit qu'une ivresse qu'on provoque rien qu'en manipulant des étiquettes.
absurde,être,grèce,idée,langue,représentation,style

mot
La référence : une réponse langagière au désir, à la focalisation, à l'intention de désigner un objet ou une relation ; d'autres l'appellent intentionnalité ; sa diversité verbale est générée par des grammaires de réécriture (Chomsky). La signification : un renvoi pragmatique, hors du langage, à partir d'un fait conceptuel, établi par l'interprétation d'un discours, renvoi vers les objets réels - c'est ce que d'autres appellent - dialectique ; l'intuition et l'arbitraire en sont les seuls justificatifs. Wittgenstein nage, au milieu de ses binômes, et s'y noie, faute de trinité salutaire : langue, représentation, réalité.
concept,consolation,élan,grèce,idée,interprétation,langue,question,réalité,représentation,…

mot
Citation ou cinétique ont la même étymologie, comme émouvoir et mouvoir. Les citations de ce livre ne sont que des excitations ; ce n'est pas à elles de déterminer la direction du regard, qui est toujours à et de moi-même.
auteur,grèce,langue,regard

mot
Ne méritent d'être écrits que les mots, qui viennent chez moi à la place de quelque chose d'autre, plus vital, plus ample, plus entier, plus involontaire et qui aurait pu aussi bien être rendu par des mélodies, des couleurs ou d'imperceptibles mouvements d'âme. Et ce trop plein sans paroles, moi, en attente de mots, je suis tenté de l'appeler - vide mélodieux et salutaire. C'est ce que crée Mozart. Logopoeïa et phanopoeïa doivent être subordonnées à mélopoeïa.
âme,consolation,grèce,musique,vie,voix

mot
Des destinées imprévisibles et divergentes du mot organon/orgue/ergon, réservé jadis au travail ou à la musique, et qui donna organisme, organisation, organique, pour s'adresser, respectivement, au mouton, au robot, au philosophe.
grèce,mouton,musique,philosophie,robot

mot
L'ambivalence du mot hôte, en français, est parmi les mieux réussies : être maître ou intrus, au choix. Il semblerait que xénos offrit la même liberté.
exil,france,grèce,maîtrise

mot
Les plus belles pensées ne seraient que des regards (Er-eignis - Er-äugnis - Nietzsche) et non pas des événements (qui, étrangement, nous dévoient vers le de-venir ou vers l'être - со-бытие - le co-être, ou vers leur fusion dans le soi, qui serait un événement d'appropriation : Er-eignis der Er-eignung - Heidegger - un joli jeu de mots, en allemand, et un impossible charabia en français). « Le regard, c'est une flèche visuelle décochée vers l'infini »*** - Ortega y Gasset - « Mirar es disparar la flecha visual al infinito » - c'est l'absence des choses qui fait de l'infini une vraie cible. Dieu même, au moins le Dieu des Grecs, hésite entre le regard (theoro - je vois) et l'action (theo - je cours).
absurde,action,allemagne,commencement,contrainte,dieu,être,flèche,grèce,idée,…

mot
Fonder sa vie sur la reproduction de moments uniques ou sur la production de choses pratiques ? - non, sur la traduction de messages cryptiques ! La félicité et l'action comme messages à traduire, d'une langue toujours étrangère. Ne pas être aussi mauvais traducteur que ces Latins, qui traduisirent par réalité l'energeia grecque. Les gouffres les plus infranchissables, entre l'Orient et l'Occident européens, sont creusés par ces traductions : « Le déracinement de la pensée occidentale commence avec cette traduction » - Heidegger - « Die Bodenlosigkeit des abendländischen Denkens beginnt mit diesem Übersetzen ». La prose latine défigura la poésie grecque.
action,bonheur,création,europe,grèce,poésie,réalité,utilité,vie

mot
Glissades orthographiques, utiles pour la science de l'ironie : âme - âne, Seele - Esel, nóos (intellect) - ónos (âne).
allemagne,âme,grèce,intelligence,ironie,utilité

mot
La langue et la représentation du monde : la langue influe sur l'organisation du modèle conceptuel (qui est le seul à représenter le monde !). Aux hiérarchies de nature linguistique d'une langue peuvent correspondre des hiérarchies psychiques d'une autre. Ce qui se réduit au structurel ici peut n'être que descriptif ou déductif la-bas. On peut avoir un nœud unique dans un modèle à la place d'un beau branchage dans un autre. Mais tous les arbres possèdent les mêmes cryptotypes, de la racine aux fleurs.
arbre,discursif,élite,grèce,idée,langue,nature,réalité,représentation

mot
Logos signifierait chose chez les Grecs, acte chez les Hébreux, entendement chez Tolstoï, intelligence chez les Musulmans. Comment échapper à la manie des hommes de ne pas nous laisser un seul mot, qui ne serait voué qu'au rêve ! Res vaga refusant de devenir res publica. L'étendard de rêve devenant standard de vie…
action,doute,grèce,hommes,raison,réalité,rêve,vie

mot
Dans le mot, ni l'on ne se dénude ni l'on ne se dissimule, dans le mot on crée, on crée une requête, nécessairement ironique (ironie voulant dire interrogation), et dans laquelle je dois briller soit par ma présence soit par mon absence. Au cours de l'interprétation de cette requête se produisent des rencontres inattendues des objets (Protokollsätze) qui, hors de mon discours, pouvaient s'ignorer. Parmi les subjugués par le mot, on trouve surtout poètes ou tyrans, ces amateurs des régions inexplorées, vers lesquelles les mots bâtissent des ponts.
auteur,concept,création,grèce,interprétation,ironie,liberté,poésie,question,soi

mot
Dans l'esprit s'entrechoquent des images, dans l'intellect - des représentations (idoles), dans la langue - des signes. Chez tout le monde - trois voies vers Dieu ; chez les créateurs - trois voix à partir de Dieu. Le mot, au sens noble, est un habile et haut réseau de signes, s'inspirant des images ou représentations profondes ou s'y adressant.
chemin,création,dieu,esprit,grèce,hauteur,langue,noblesse,représentation,style,…

mot
Le mot idole est à réhabiliter ; son contraire le plus en vue est l'idée ; je préfère l'objet de prières au projet grégaire, que devient, tôt ou tard, toute idée. Et puisque on prie le mieux, face à l'inexistant, on n'a même pas besoin de justifier les auréoles qu'on est peut-être le seul à voir.
dieu,grèce,idée,inconnu,mouton

mot
L'idée platonicienne (eïdos) nous renvoie à ce que les choses ont de visible ; à ce qui est lisible nous renvoie le mot (logos). Le Logos bicéphale aristotélicien correspond très exactement à ce qu'est une maxime : l'union de la forme et de la formule !
grèce,idée,maxime,réalité,style

mot
Les notions minéralogiques de matière, de logique ou de patrie remontent, étrangement, à la Sainte Famille : Mère, Logos et père.
christianisme,femme,grèce,hommes,matière

mot
Les mots sans frontières nettes auraient dus être réservés à la poésie et interdits aux graphomanes ; tel le logos, permettant aux bavards grecs de nous enquiquiner avec la fichue équivalence de l'être, du penser et du dire.
esprit,être,grèce,poésie

mot
L'étude des passions s'appellerait patho-logie, celle de l'amour - philo-logie, celle de la proximité - topo-logie et celle de l'art - techno-logie. La technique, la mathématique, les lettres, la santé venant au secours d'un Logos défaillant.
amour,art,défaite,grèce,proximité,robot,science

mot
Mes litanies de la hauteur devraient peut-être s'appeler acméistes (acmé - apogée) ou météoro-logiques (météoron - hauteur). Pasternak parlait de « la hauteur résistant à la vicissitude de la rue ». Et son contraire s'appellerait - acrophobie, phobie de la hauteur.
auteur,élite,gloire,grèce,hauteur,négation

mot
On traduit, mécaniquement, Aufklärung par siècle des Lumières. Mais la Aufklärung (courant humaniste, populaire et chaud) gît en ruines, au milieu des machines, tandis que les Lumières (règne de la raison, froide et élitiste) triomphent à tout bout de champ, dans les têtes de loups. L'Allemand y hérite de la tragédie grecque, et le Français - du droit romain.
allemagne,défaite,élite,france,grèce,hommes,humanisme,lutte,modernité,raison,…

mot
Les bio-graphies ne brillent, de nos jours, ni par la qualité de leur écriture, ni par la palpitation de la vie ; pourtant, elles auraient dû être de la zoo-logie, de l'être vivant.
élite,grèce,vie

mot
Prôner l'an-archie des choses, pas de prééminences, et la pan-archie des rêves, que des éminences. Vivre de l'éternel retour (ressasser) de l'autre verbe palindrome français - rêver !
élite,éternité,france,grèce,ordre,retour,rêve

mot
La substitution victimale nous fait entrevoir en toute trag-édie un bouc providentiel et dérisoire.
grèce,ironie,sacrifice,tragédie

mot
L'étrange chute du sacré dans la hiér-archie.
défaite,grèce,sacré

mot
La position couchée est une méthode, comme une route l'est pour les autres, mais elle en est une méta-route (hodos - route en grec).
chemin,grèce,immobilité,pose

mot
Le Logos est bien un Verbe des langues latines et non pas un mot (Word, Wort, Слово) des langues germaniques et slaves. Le verbe détermine l'essence grammaticale, la rection articulée, tandis que le mot n'en est qu'un membre désarticulé. Dieu inventa une grammaire de la création ; l'homme en produit des prières, des chants ou des modes d'emploi.
allemagne,christianisme,création,danse,dieu,europe,grèce,langue,robot,russie

mot
Rien d'étonnant dans la vision de la poésie comme d'une charrue (Mandelstam) : la poïésis voulant dire labeur, labourage de sillons (versus - vers). La vie étant la terre (le premier humus) retournée par l'homme (le humus second). On retrouve de beaux parallèles avec l'être et la pensée : « La pensée trace des sillons dans le champ de l'être » - Heidegger - « Das Denken zieht Furchen in den Acker des Seins ». Toutefois, l'être et la pensée ne sont que déchéances de la vie et de la poésie.
action,art,éléments,être,grèce,hommes,idée,poésie,vie

mot
Notre soi le meilleur n'a pas de mots ni de langage fidèle de gestes. La vraie littérature naît de la sensation d'une traduction, d'une mimesis de ce fond innommable, indicible et ineffable dans la même langue. Sinon on plonge dans une langue étrangère. La meilleure traduction est celle dont l’original est illisible.
action,art,création,grèce,inconnu,langue,soi,style

mot
L'Esprit Saint procède-t-il du Père et du Fils ou par le Fils (filioque) ? Une question de transitivité verbale, à l'origine du schisme Rome-Constantinople ! Une malencontreuse substantivation du pronom négatif - sans Lui fut fait le Rien - provoqua le malheur Cathare !
christianisme,grèce,négation

mot
Phénomène, un mot étrange, dont les significations chez Platon, Sextus Empiricus, Kant, Hegel ou Husserl sont complètement différentes. Il faudrait le rapprocher de fantaisie, d'imagination et donc de représentation. Tout connaître par la représentation ou, bien au contraire, par la (ré)interprétation – deux démarches également défendables.
grèce,interprétation,représentation,savoir

mot
Une sympathie pour le ciel ne suffit pas, pour créer un vrai pathos, cette tension ayant besoin d'une apathie, égale en intensité, pour la terre ; ce qui m'empêchera de chuter, avec le ciel, dont je porte les symptômes (tomber ensemble).
auteur,éléments,étoile,grèce,intensité

mot
Pour faire avaler leur charabia cacographique, les philosophes évoquent la science, les théories, le langage, tandis que je soupçonne l'essentiel de ces choses indigestes être dû aux mauvaises traductions du grec en latin. Que l'aphasie pyrrhonienne nous manque, pour nous moquer du mot être flexible à volonté !
école,être,grèce,intensité,langue,philosophie,science,système

mot
Tout avis commun, la doxa, peut gagner en intérêt moyennant une bonne traduction en para-doxe.
grèce,inconnu,paradoxe

mot
Seule la Naturphilosophie garde encore une trace de l'origine du mot nature. En russe, при-рода, nous rappelle, qu'il s'agit de ce qui accompagne toute naissance. Tandis que la phusis grecque parle déjà de croissance.
commencement,grèce,nature,russie

mot
Même en matières théoriques la vue cède à l'ouïe et aux choses vues, au culte des déjà-vu et encore-entendu. Pourtant, théorie signifierait je vois Dieu.
dieu,école,grèce,ouïe,regard,système

mot
Les sym-boles naissaient par la résignation : en brisant un sceau en deux, sur terre, pour les réunir au ciel. Le diable unit sur terre, pour nous cacher le ciel : sumbolon - diabolon.
acquiescement,grèce,mal

mot
Exemple d'un éternel retour : la vérité de Dieu se muant subrepticement en dévoilement de l'être (aléthéia - éclaircie - vérité). Pitoyable est le dévoilement qui se voile ; on devrait ne cacher que les contraintes et non pas l'être.
dieu,éternité,être,grèce,ombre,retour,vérité

mot
Le langage n'est qu'une machine au service du désir : celui d'accéder (souci, focalisation, soupçon, intentionnalité) aux choses (les pragmata visées par des pathèmata) et celui de les évaluer (substitutions, hypothèses, modalités, valeurs de vérité).
arbre,élan,grèce,langue,réalité,robot,utilité,vérité

mot
Précautions à prendre avec l'ondoyance syncrétique : on n'y sait jamais, avec qui on veut s'entendre, - avec les crétins chrétiens ou avec les Crétois menteurs.
christianisme,grèce,intelligence,ironie,mouton,vérité

mot
En grec, la mystique de l'Un se greffe, le plus naturellement du monde, sur la branche poétique, à la métaphysique de l'Être, le verbe être (estin) y provenant du nombre un (l'article indéfini s'en mêlant majestueusement, cela débouche sur le bronze fêlé canonique du : « Ce qui n'est pas un être n'est pas non plus un être » - Leibniz ; les Allemands devinrent facilement friands de ce calembour, car une innocente substitution de lettres fait de Eins - Sein ; le nom du Dieu hyperboréen, Odin, signifie l'Un, en russe - один). À comparer avec la mystique du nombre cinq, grâce à son voisinage phonétique : penta - panta.
allemagne,dieu,être,grèce,mystère,poésie,romantisme,russie

mot
L'intuition gréco-latine, tout en ignorant le nombre zéro, nous a composé quelques hosannas lyriques au néant. Semblablement, l'imagerie allemande du devenir doit beaucoup à l'emploi auxiliaire de ce verbe. Dieu est dans l'opération et non pas dans les opérandes, et donc son devenir est son être - et le retour éternel de Nietzsche est le devenir, avec la même ambition.
allemagne,éternité,être,grèce,retour

mot
Tout philosophe devrait s'interdire l'usage ontologique du verbe être (que le Stagirite ne daigna même pas mettre à côté des trois monstres : avoir, agir, pâtir, et que Lulle négligea dans ses neuvaines ; l'ontologie occidentale existe « à cause de la forme du langage indo-européen »* - Valéry). Inexistant en chinois et en japonais, fantomatique en russe, amputé de sa fonction copulative en arabe (wjd), ambivalent en espagnol et italien (l'essentiel ser-essere et l'accidentel estar-stare), envahissant en grec et allemand, il est un moyen immédiat de dépistage de la logorrhée.
allemagne,chine,discursif,espagne,être,europe,grèce,italie,langue,philosophie,…

mot
La fonction cognitive du langage comprend et l'expressive et la communicative (W.Humboldt) : du silence (l'absence de sujet) on peut passer au monologue ou au dialogue, en introduisant le moi ou le toi, la métaphore ou les contraintes. Une tâche particulièrement facile en russe, où ego (его) veut dire lui.
contrainte,grèce,langue,métaphore,russie,silence,soi

mot
La haute création, la poïesis, sera toujours de la traduction, de la mimesis. Le jardinage divin du mot vivant sera au-dessus de l'artisanat (démiurgie), de la tekhné, de l'idée mécanique. La fidélité chevaleresque au mot vulnérable ou la maîtrise intéressée de l'idée : « Ton chevalier, ton artisan jaloux, te portent leur prière, ma douce langue ! » - Nabokov - « Так молится ремесленник ревнивый и рыцарь твой, родная речь ! » - et que ta prière ne se confonde jamais avec le sermon.
art,création,grèce,idée,maîtrise,noblesse,religion,sacrifice

mot
Arc, en grec, bios, est homonyme de vie ; l'art est possible grâce à sa bonne tension ; les cibles atteintes quittent la vie et rejoignent les archives ! « L'arc : son nom, vie, ce qu'il fait, mort » - Héraclite. On peine à admirer la corde tendue, sans avoir constaté une mort qu'elle ait infligée ; Dieu, serait-Il, Lui-même, à ses heures sombres, un archer et un poète ? - « À la mort d'un homme, un chapitre est retranscrit en un meilleur langage »** - J.Donne - « When one man dies, one chapter is translated into a better language ».
art,dieu,flèche,grèce,mélancolie,mort,nécessité,vie

mot
Du minimum au maximum : la maxime, qui se fixe au firmament, part d'aphorisme (apo-horizon), qui s'arrache à l'horizon, et passe par apo-phthegme, redresseur des mots, pour devenir une forme de l'éternité (die Formen der Ewigkeit - Nietzsche).
éternité,étoile,grèce,maxime,style

mot
La littérature moderne, si grégaire, banale et servile, devrait s'appeler : choré-graphie. D'autant plus que plus rien n'y danse ; elle n'est faite que pour marcher.
art,danse,grèce,liberté,mouton

mot
Quelle perte pour le vocabulaire des têtes défiant les forums, le mot catégorie, avec ses acceptions ternes et sans relief, tandis qu'il aurait pu signifier - contre-agora !
grèce,mouton

mot
Nos organes des sens sont si miraculeusement bien adaptés pour saisir la réalité, que, chez les Grecs, les mots penser, déceler, savoir, percevoir, connaître sont de parfaits synonymes. Les pédants, qu'ils soient philologues ou philosophes, ne le comprennent pas et érigent d'infinies arguties autour des nuances, inexistantes chez les Anciens.
antiquité,grèce,philosophie,réalité,savoir

mot
Quelle belle science aurait pu être l'astro-nomie, si l'on se souvenait, que nomos signifiait non seulement loi, mais aussi chant ! Et l'on apprendrait non seulement à regarder une physio-nomie, mais aussi à l'entendre. L'éco-nomie, cette morne gestion domestique, nous éloigna du chant, et la loi fit de nous - des robots.
danse,étoile,grèce,justice,ouïe,regard,robot,science

mot
Pour les Grecs et pour Heidegger, une affirmation devient vraie, lorsqu'elle se débarrasse de voiles, qui la cachaient, d'où le dévoilement (aléthéia - Unverborgenheit) ; l'un des contraires populaires de caché (renfermé), c'est l'ouvert, d'où la perplexité d'un mathématicien, qui découvre l'Ouvert heideggérien, se détournant des limites et convergeant facilement aussi bien vers l'apophatique vérité que vers l'arrogant Être (partant de offen – ouvert et tombant sur Offenbarung – révélation ou dévoilement). Cet Ouvert promet une sortie des ténèbres vers la lumière, tandis que celui de Rilke, au contraire, nous conduit d'une lumière facile au bord de la nuit et du rêve. Le mot dé-claration aurait pu signifier un mouvement, opposé à aléthéia : priver une chose de sa clarté.
allemagne,doute,être,frontière,grèce,négation,ombre,ouvert,rêve,science,…

mot
L'Ouvert, en allemand (das Offene), signifiait jadis (par exemple, pour Hölderlin) - une libre nature, une hauteur montagnarde ; avec Rilke, le mot prit un sens mystique de l'appel des sources ; Heidegger lui donna une tournure topologique, avec le désir des frontières infinies ; enfin, Celan : « L'Ouvert est un domaine sans frontières, où l'homme se libère de lui-même » - « Das Offene ist der grenzenlose Bereich menschlicher Selbstbefreiung » - confond ce qui est sans frontières (l'infini) avec ce qui n'inclut pas ses propres frontières (l'ouvert mathématique ou lyrique que retinrent les commentateurs français). Chez Heidegger, la confusion avec le verbe ouvrir fait de l'Ouvert une espèce d'aléthéia - des mises en lumière de ce qui aurait été dissimulé.
allemagne,élan,france,frontière,grèce,hauteur,inconnu,liberté,mystère,nature,…

mot
Tout écrit intime est secret, c'est à dire apocryphe ; en proclamer l'authenticité ou la canonicité, c'est ériger une idole étrangère, se réduire au statut de mouton (agneau) ou de robot (berger).
authenticité,grèce,mouton,robot

mot
L'obscurité non-poétique, dans les traductions des Anciens, est, en général, de nature non-philosophique, elle est indéniablement due aux mauvais traducteurs. J'aimerais pouvoir juger de l'énormité des traîtrises de traducteurs, dans la chaîne : le grec d'Aristote, l'arabe d'Averroès, l'anglais et le latin de M.Scot, l'allemand de Frédéric II.
allemagne,angleterre,antiquité,grèce,langue,philosophie,poésie

mot
Quand on refuse au modèle et à sa supra-structure, le langage, le rôle créateur de vérités, c'est à dire d'identités, de mesures et de logiques, on devient pyrrhonien, pour qui toute chose est « indifférente, immesurable, indécidable ». Le dialogue moi-réalité n'existe pas ; il fait partie du tétralogue : moi - modèle - langage - réalité (je sais, qu'il n'y a pas de nombre deux dans dialogue, et, par exemple, dans la plupart des dialogues platoniciens figurent plus de deux interlocuteurs).
balance,doute,grèce,langue,raison,représentation,soi,vérité

mot
La philosophie anglo-saxonne, grâce à la distinction entre to be et being, évita la pollution, qui sévit en grec, en allemand, en français, à partir de ce verbe parasite et trop facilement substantivé, être. Imaginez le flot de thèses nouvelles, si Hamlet avait marmonné : être ou néant ? Ceux qui consacrent leurs meilleurs doutes non pas aux fins, mais aux commencements, feraient gémir leurs mots : naître ou ne pas naître.
angleterre,commencement,être,france,grèce,philosophie

mot
La vue (theoria), en grec, aboutit à théâtre, théorème ou théorie, en se prenant pour moyen, but ou contrainte et exprimant le jeu, la puissance ou le regard.
contrainte,force,grèce,jeu,regard,système

mot
Seuls les polyglottes peuvent donner un sens profond au silence : les expressions d'un même sentiment, dans des langues différentes, n'offrant ni intersection ni noyau communs, on se réfugie dans ce vide silencieux, ce réceptacle du vrai soi (serait-ce la khôra platonicienne, cet espace réservé à l'accueil des idées ? ), du soi indicible et intouchable, débarrassé et des mots et des choses : « L'esprit vide d'objets est le but du sage » - Upanishad - je dirais qu'il en est la contrainte.
concept,contrainte,esprit,grèce,idée,inconnu,langue,silence,soi,vide

mot
Sans parler de hauteur, le mot est aussi plus vaste que l'idée, puisqu'il doit, ou peut, ou veut, exprimer, en plus, le rythme qui précède, accompagne et survit à l'idée (eidos), pour se figer en une icône picturale (eikon) ou en une idole (eidolon) musicale.
grèce,hauteur,idée,musique

mot
Hölderlin et Heidegger ont tort d'opposer le pathos sacré de la quête grecque à la sobriété junonienne du don de représentation - ce sont deux dons incomparables, l'un artistique et l'autre intellectuel, l'un langagier et l'autre conceptuel. Nietzsche trouve une opposition plus juste entre deux types d'art, entre deux genres de pathos : Apollon et Dionysos (ou Raphaël et Michel-Ange).
art,grèce,idée,langue,représentation,sacré,sentiment

mot
Le mot, c'est le noble logos, bien en chair (Descartes et Port-Royal, par exemple, le plaçaient, carrément, du côté de la matière) ; l'idée, ce n'est que la chimère platonicienne.
doute,grèce,idée,matière,noblesse,réalité

mot
Ni le mot-signe ni le mot-image ne peut s'incarner en chose, à moins qu'un Esprit pénétrant en conçoive un Verbe, qui ne nous renverrait qu'à la Chose divine, au Créateur, dont le nom prononçable est Poésie, écriture intemporelle, et que les hommes abaissent jusqu'à la prose historique, aux saintes écritures (et même, d'après Heidegger, jusqu'au bavardage : Logos - Prosa - Gerede).
antiquité,dieu,grèce,histoire,hommes,modernité,poésie,style

mot
Le mot est dans le faire ; il n'est presque pour rien dans le connaître (sauf pour le menu fretin de professeurs de philosophie) ; il est un arbre (de quête ou de communication) et non pas le sol. Mais le connaître grec correspond à notre faire ; c'est ainsi qu'il faut comprendre Platon : « Celui qui connaît les noms, connaît les choses ». Celui qui crée dans le mot, poète ou philosophe, sait que, une fois la plume en main, il ne sait plus rien et, à la fin, n'en saura pas davantage.
action,création,grèce,savoir

mot
Les jugements abstraits, formulés dans une langue étrangère, créent l'illusion de profondeur et de poids ; d'où le prestige, si souvent immérité, des Grecs anciens. Les Latins, qui ne font que reproduire la sagesse grecque, n'ont pas son aura, car le latin est plus translucide pour nos yeux de modernes.
antiquité,balance,grèce,hauteur,langue,reconnaissance

mot
Que Platon confonde souvent la représentation (concepts) avec les quêtes du représenté (idées) se voit dans l'usage indifférencié, qu'il fait de eidos (aspect ou forme) et idea (regard ou fond). Les concepts existent dans le modèle, et les idées - dans le langage ; mais ni les uns ni les autres - dans la réalité. Mais est-ce que la phusis grecque est notre réalité ? Pour Heidegger, elle fut l'être, et l'idée - son interprétation, ce qui est plein de bon sens.
être,grèce,idée,interprétation,langue,réalité,regard,représentation,style

mot
Marc-Aurèle, Nietzsche, Valéry, Heidegger, S.Weil, par leur goût philologique, me donnaient l'envie de devenir Grec ; mon échec est peut-être le plus grand regret linguistique de ma vie.
auteur,école,goût,grèce

mot
Rapprochements coupables : saint - sain, holy - whole, heilig - Heil, comme si le premier souci du divin fut de garder intact, de préserver l'intégrité, de se faire prendre pour un holisme. Mais il est certain que, avant le verbe hylique, une grammaire holique fut créée.
allemagne,angleterre,france,grèce,philosophie,sacré

mot
Dommage que le mot sceptique ait fini par s'attacher à l'un des courants les plus sots de la philosophie ; étymologiquement, il aurait dû désigner ceux qui disposent de leur propre regard, contrairement à ceux qui nagent dans la doxa.
école,grèce,philosophie,regard

mot
Heidegger est le plus grand mystificateur du XX-ème siècle ; c'est en philologue qu'il s'amuse avec ses jeux étymologiques, morphologiques ou phonétiques, que ses admirateurs ou adversaires prennent au sérieux, pour échafauder des vocabulaires absurdes et creux. Par exemple, dévoilement ou oubli, provenant de aléthéia grec, où la vérité serait une sortie de l'oubli, ou Gegend, Gegenüber, Gegenstand - contrée, vis-à-vis, objet, sur lesquels discutaillent tant de scrutateurs français. C'est à profusion qu'il sema ses charades et boutades ; à comparer avec les tirades anti-philologiques de Sartre.
absurde,allemagne,concept,grèce,langue,philosophie,vérité

mot
L'idiot, aujourd'hui, est celui qui ni ne sait ni juge ni palpite ; l'idiot de Nicolas de Cuse ne sait mais juge, l'Idiot de Dostoïevsky ne sait mais palpite ; les deux derniers idiots n'existent plus : personne n'est plus différent des autres ; au lieu des idiomes, ces mots à soi, ces mots des racines, tous emploient la langue grégaire, la langue surfacique, la langue de bois.
grèce,hommes,intelligence,mouton,raison,soi

mot
On avance par un regard, attiré par le but ou guidé par les contraintes ; pourtant, en grec, le but, skopos, fait penser à la guidance, et la contrainte, systoli, à l'attirance.
contrainte,grèce,regard

mot
L'artiste est un porteur successif : du photophore (visant des lumières finales) et du sémaphore (maîtrisant des signes intermédiaires), il aboutit à la métaphore (chantre des images initiatiques) ; il marche donc à reculons, en contrapuntiste.
art,commencement,grèce,métaphore,temps

mot
Le terme de maxime est préférable à celui d'aphorisme ; celui-ci, remontant à la notion de frontière, nous place en compagnie d'horizon ou d'horizontalité, tandis qu'une maxime nous renvoie à la supériorité, à la perfection, à la verticalité. « La maxime est la plus arrogante des formes de langage » - Barthes.
grèce,hauteur,maxime

mot
D'étranges trajectoires suivirent, dans l'Antiquité et au Moyen-Âge, les termes – philosophe, astrologue, mathématicien, géomètre. On appelait le philosophe – géomètre, l'astrologue – mathématicien, le mathématicien – philosophe et le géomètre – astrologue ! « Homère fut un astrologue » - Héraclite !
antiquité,grèce,moyen âge,philosophie,science

mot
Une magnifique trifurcation du mot grec dialegesthai, l'art de la parole, aboutissant aux trois concepts, qui perdirent tout rapport entre eux - dialogue, dialecte, dialectique, et qui se retrouvent, miraculeusement, dans la littérature, car une bonne écriture résulte du respect des contraintes formelles universelles (un dialogue), de la maîtrise des moyens langagiers individualisés (un dialecte), de la noblesse du but intellectuel abstrait (une dialectique).
art,contrainte,grèce,idée,maîtrise,noblesse,universel

mot
Trois facultés si nettement distinctes : la représentation, l'interrogation, l'interprétation – les fonctions synthétique, langagière, analytique ; pourtant, les Anciens employaient le même mot, pour désigner tout cet ensemble – la dialectique.
antiquité,grèce,interprétation,langue,représentation

mot
On peut entrevoir la place du regard, d'après l'étymologie grecque de ce mot - théa, à l'origine de théorie et de théâtre, - la représentation, conceptuelle ou spectaculaire, étant présente dans les deux et animée par des ombres, venant des scénarios ou des scènes. Chez les Latins, on retrouve le regard jusque dans l'intuition (intueri).
grèce,idée,jeu,ombre,regard,représentation,système

mot
La caresse s'associe avec la nudité - verbale, sentimentale ou anatomique ; Platon, qui ne préconise que deux genres d'entraînement, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, - la musique et la gymnastique, est peut-être le premier à avoir compris qu'au Commencement était la Caresse (gymnos - nudité).
caresse,commencement,femme,grèce,musique,sentiment

mot
Ma vision-compréhension est, en grande partie, un emprunt au patrimoine commun des hommes, mais mon regard, c'est ma vision-création, qui commence par un détachement, par volonté ou par révélation, du monde connu, nommé. Nommer ne fait pas partie des prérogatives du regard (mais référencer, relier des noms avec de bons connecteurs - oui) ; le regard, c'est une projection du verbe sur un modèle du monde. Théorie voulait dire, jadis, - regard. Le regard est réduction de toute observation en introspection.
création,école,grèce,hommes,langue,regard,représentation,soi,système

mot
Trois pseudo-concepts, trois parasites, nous viennent d'un modeste mot aristotélicien d'ousia (nous renvoyant aux espèces ou aux instances, dans la réalité), traduit substance par Boèce, essence - par St-Augustin et être - par Heidegger. Mais c'est le dernier qui est sans doute le plus près de l'original, puisque les substances et les essences appartiennent surtout à la représentation, tandis que, même fantomatique, l'être a partie liée avec la réalité.
être,grèce,idée,réalité,représentation

mot
L'un des antonymes d'algorithme, ce mode d'existence des robots, est l'exercice, c'est à dire des contraintes, l'essence d'un ascète.
contrainte,grèce,robot

mot
La trajectoire du logos - de l'unification des arbres (rassembleur solidaire) à l'entendement d'un seul (le Verbe salutaire) ; elle est, en elle-même, un arbre, vaste et complet. La trajectoire de l'être, de Parménide à Heidegger, - une platitude continue, avec des dérivées mortes, des rhizomes rampants.
arbre,consolation,être,fraternité,grèce,platitude,raison

mot
Aucune critique, aucune logique chez Kant et Hegel, dans leurs raisons pures ou leur Science ; leur Critique se rapproche de la crise, situation-limite, et leur Logique vient tout droit du Logos.
grèce,philosophie,raison,science

mot
Toute pensée est un dialogue, mais parmi tous les dialogues le plus utile, pour la justesse et la justification de la pensée, est celui avec d'autres langues. Le grec aida les Allemands à cultiver l'abstrait ; le latin apprit aux Médiévaux le laconisme ; l'allemand rendit plus poétique la pensée des Français et des Russes. L'Américain, aujourd'hui, favorise l'horizontalité, la platitude, la prose, qui sont la mort de la pensée.
allemagne,amérique,france,grèce,idée,maxime,mort,moyen âge,platitude,poésie,…

mot
Réalité, modèle, langage - trois espèces aux fécondations croisées imprévisibles. L'une des plus stupéfiantes est l'aventure entre ontos (chose du modèle) et logos (mot du langage) engendrant onto-logie (être de la réalité).
être,grèce,langue,réalité,représentation

mot
Apollon, le raisonnable, devrait rendre majestueuses nos victoires, et Dionysos, l'insensé, – noyer dans l'ivresse nos défaites, mais l'étymologie s'y oppose : le mot de triomphe, pré-hellénique, vient de fête dionysiaque : le mot de calamité proviendrait de l'arabe et signifierait – logos  !
asie,défaite,grèce

mot
Joli jeu de mots de P.Desproges : encyclopédie de Cyclopède, qui nous rappelle, que culture et enfantillage ne sont pas si loin que ça l'un de l'autre.
culture,enfance,grèce,ironie

mot
La joie et l'optimisme sont dans le changement, prometteur d'espérances ; mais le retour du même est source des désespoirs, il est la nost-algie – la douleur du retour.
enthousiasme,espérance,grèce,retour,souffrance

mot
Une illustration de la disparition progressive de toute ivresse dans les affaires des hommes – quoi de plus sobre qu'un symposium ; pourtant le mot, en grec, voulait dire beuverie générale, ce qui est d'ailleurs le titre d'un ouvrage platonicien, qu'on traduit pudiquement par Banquet.
folie,grèce,hommes

mot
La compréhension des thèses d'un auteur se détermine par le choix de leurs négations (ou antonymes). Prenez, par exemple, Nietzsche, le contraire de danser ou vibrer - maîtriser, de l'Éternel Retour - le gain en maîtrise, du surhomme - le maître de soi. N'oublions pas, que les sept péchés capitaux ne sont pas des négations des sept vertus. Et qu'en grec, la vérité (aléthéia ou amen) serait opposée à l'oubli ou au commencement, et exister (ek-sister) - à rester en soi-même.
commencement,danse,éternité,être,grandeur,grèce,maîtrise,négation,retour,soi,…

mot
Opposé à l’Être atemporel, le Devenir, pour le Français, est un parcours, tandis que pour l’Allemand, surtout pour un philologue allemand, il n’est que commencement, naissance. Comme en grec, où le verbe devenir veut dire naître, apparenté à genesis.
allemagne,commencement,france,grèce,temps

mot
Avec la mort de Dieu, être enthousiaste (possédé par Dieu) devint incongru ; tout le monde serait aujourd’hui d’accord avec Voltaire, pour qui l’enthousiasme fut « l’émotion d’entrailles », « tremblements de la Pythie possédée », l’inspirateur de la Saint-Barthélémy.
dieu,enthousiasme,grèce,mort

mot
Ironie viendrait d'interroger, mais c'est plutôt s'arroger le droit régalien d'élever une interrogation problématique à la dignité d'aporie mystique. Cette élévation fait de l'ironie une espèce d'ignorance, docte ou étoilée.
gloire,grèce,ironie,mystère,paradoxe,question,savoir

mot
Écrire en profondeur, c’est donner du poids aux idées ; écrire en hauteur, c’est munir d’ailes les mots. Avec le mot domine la forme, avec l’idée compte le fond ; pourtant, idée voulait dire forme.
grèce,hauteur,idée,langue,style

mot
Aujourd’hui, lorsque quelqu’un se plaint de la divulgation de ses données privées, je sais qu’il ne s’agit ni de ses amourettes ni de ses traîtrises, mais de quelques chiffres ; il mérite d’être traité d’idiot, ce qui, jadis, voulait dire – personne privée.
amour,grèce,intelligence,ironie,modernité

mot
La psychologie, aujourd'hui, c’est le règne de la banalité, mais elle aurait pu être reine des sciences, puisqu’elle est, morphologiquement, fusion de l’âme (psyché) et de l’esprit (logos).
âme,esprit,grèce,langue,platitude,science

mot
L’étymologie du mot vérité aide beaucoup à comprendre les mentalités nationales : le Grec la tire de l’oubli (a-léthéia), l’Allemand la met sous la garde (Wache), l’Anglais la confie à la foi (faith), le Russe la reconnaît dans la justice (праведник). Seuls les Latins la tirent de la logique.
allemagne,angleterre,grèce,hommes,ironie,justice,mémoire,russie,science,vérité

mot
Ce qui s’apprend ou ce qui se comprend – deux significations de mathemata grec. Mais elles correspondent, exactement, aux deux types principaux d’intelligence, celle, non-justifiable, qui résulte de l’apprentissage, et celle, justifiable, se matérialisant dans le raisonnement explicite. Une raison de plus, pour voir en mathématique une véritable ontologie de l’esprit.
esprit,grèce,intelligence,langue,philosophie

mot
Quand je vois à quelle mécanique insipidité sont voués le cosmos (remontant au feu) et le nature (apparenté à l'eau), je regrette la cosmétique (émanant dans l'air poétique) et la mondanité. (s'exerçant sur la terre prosaïque).
éléments,grèce,nature,noblesse,poésie,robot,style

mot
Le vocable mot est masculin en français, neutre – en allemand et en russe, féminin – en italien et en espagnol. Il est féminin aussi en grec, et l’on comprend alors pourquoi, pour les Grecs anciens, le mot était une hétaïre (les pensées, elles, deviennent, toutes, de simples catins) et devait s’adonner à la prostitution sacrée. Se soumettre aux caprices des dieux ivres. Ne pas former de famille en s'acoquinant avec un seul concept.
allemagne,concept,dieu,espagne,france,grèce,idée,italie,russie,sacré,…

mot
On aurait dû avoir trois mots différents à la place du verbe exister, appliqué à la réalité, au modèle et au discours. Dans la réalité, comme nous le savons depuis Descartes, n'existent que des combinaisons d'atomes, res extensa (instances des classes physiques, chimiques et biologiques), et des manifestations de l'esprit, res cogitans (sujets qui créent, représentent et interprètent). La phusis et le logos, un couple, où le genre en dit long sur le rôle du géniteur respectif, et dont les définitions ne vont pas au-delà de : « What is mind ? No matter. What is matter ? Never mind. ». Dans le modèle existent des objets ; dans le discours existent des références d'objets renvoyant, par substitutions, aux objets du modèle.
arbre,concept,création,dieu,être,grèce,interprétation,réalité,représentation

mot
Méta voulant dire, en grec, aussi bien après qu’au milieu, l’aphoriste pourrait s’appeler hypo-crite (commenceur, décideur, précédant le jugement des autres), et son lecteur – méta-crite (s’occupant à reconstituer la lumière des parcours et des finalités à partir de l’étincelle de l’incitateur).
chemin,commencement,création,grèce,ironie,langue,maxime,ombre

mot
Le beau terme d’élan, auquel s’attachent tant de mes déclamations emphatiques (et que chercha, en vain, de ranimer Bergson), subira dans les oreilles de mes contemporains, en synchronie, la même profanation que, en diachronie, il vécut, en s’écroulant dans hormones et appétits.
auteur,élan,grèce,modernité
 

noblesse
Le spectre de l'impulsion initiale, c'est ce qui distingue un homme intéressant. « Tout s'achève avec mon commencement » - T.S.Eliot - « In my beginning is my end » (ne pas croire les Chrétiens, naïfs ou hypocrites : my end is my beginning). En grec, commencer signifierait commander - volonté de puissance (pour Nietzsche, vouloir, c'est obéir au commencement, plutôt que commander la fin) ! « L'unique joie au monde, c'est de commencer » - Pavese - « ricominciare è l'unica gioia al mondo ». Ensuite, le poète, qui doit être Prince, conserve cette impulsion (« nous ne sommes pas responsables de ce qui naît en nous, mais de ce qui dure »** - Valéry), le philosophe la contrecarre par un angle de vue paradoxal, le pragmatique la rattache à la réalité. La pulsion, l'expulsion, la propulsion.
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noblesse
Toute l'Antiquité est un tribut au troupeau. Même la lanterne de Diogène n'éclaire pas le bon côté de l'épiderme (deux expériences à tenter : obscurcir la lanterne ou ne faire attention qu'à ses ombres agoraphobes) ; elle se moque de l'homme platonicien inexistant, au lieu de dénoncer l'existence, même au fond des tonneaux, des hommes agoraphores. Le culte de la barbe au détriment de l'enfance. La préférence de la pierre à l'arbre, du grenier à la cave. La mort comme événement et non pas état d'âme. Aucune intuition de la prière. Ce qu'il y a de vraiment profond, dans nos âmes d'Européens, nous le devons davantage au Christ qu'à Périclès. Comment s'appelle Athènes sans Jérusalem ? - ou Rome sans Athènes ? - les USA.
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noblesse
Les plus beaux et complets symboles du culte des premiers pas vers l’irréel : le regard d'Orphée sur Eurydice, à l'orée de la vie, ou celui de la femme de Loth, « renonçant à la vie pour un seul regard » - Akhmatova - « отдавшую жизнь за единственный взгляд », en se retournant vers l’origine de ses élans. À comparer la barque sans événement d'Orphée ou le sel de la Terre que devint Loth, avec les jeux préprogrammés pour le navire, chargé de marchandises, d'Odysseus.
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noblesse
L'intensité est cette force unifiante, qui fait vénérer, dans l'arbre, avec l'égale ouverture, - les rameaux, les fleurs, les fruits, les racines et les cimes, ainsi que toutes ses saisons ; l'utilitarisme est le nom de l'un des adversaires de l'intensité : « Ne sois pas tenté par la science des Grecs ; elle donne des fleurs, mais point de fruits » - le Talmud.
amour,arbre,grèce,intensité,ouvert,utilité

noblesse
Jusqu'à Balzac, le rêve intemporel constituait le fond et le ton de la littérature. Le présent gluant, le souci du palpable et de l'actuel, a fini par repousser toute atmosphère vaporeuse ; désormais, même dans les récentes biographies des sages grecs ou des empereurs romains on sent la pestilence de notre actualité.
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noblesse
Depuis que les Grecs donnèrent la palme à la paix d’âme champêtre, narrée par Hésiode, au détriment du combat céleste trépidant, chanté par Homère, leurs philosophes se mirent à prôner l’impassibilité historique et à condamner les passions poétiques.
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proximité
La géométrie euclidienne, la philosophie socratique et la foi johannique se reconnaissant la même origine dans le Logos pythagoricien - le Nombre. Qui a ses superstitions, par exemple les sept jours de la Création, les sept Sages, les sept notes, les sept couleurs de Newton : « Dieu créa tout à partir du nombre » - « Numero Deus omnia condidit ».
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En fait de théologie, le catholicisme sent le droit romain et l'orthodoxie - le sophisme grec ; c'est pourquoi l'orthodoxie m'est plus sympathique. Ce ne fut peut-être pas un hasard, que Bacchus se réduisît au flacon et Dionysos - à l'ivresse sans orphisme, qu'Hermès finît par s'associer au plus noble des métiers, la traduction de messages, l'herméneutique, tandis qu'Hermès - au plus vil, le commerce, le (argent) médiateur (medius currens). Hermétique, plutôt que mercantile. L'uni-vers latin - le di-vers rabaissé ; le cosmos grec - l'ornement rehaussé.
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La chance unique du christianisme - la fusion entre un Dieu juif et un Dieu grec, entre un étant, qui chante et résonne, et un être, qui alimente et raisonne, entre celui qui hésite, dans la douleur du bien, et celui qui crée, dans la certitude du beau. C'est Dionysos qui souffla au Christ sa plus belle leçon : « L'œuvre essentielle du Christianisme, c'est d'avoir révélé que la vie la plus misérable peut, par la hauteur de son intensité, acquérir une estimable richesse »*** - Nietzsche - « Wenn das Christentum etwas Wesentliches getan hat, es war die Entdeckung, daß das elendeste Leben reich und unschätzbar werden kann durch eine Temperatur-Erhöhung ».
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Sur la surface néo-testamentaire affleurent les noms de Sinaï, de Rome ou de Jérusalem, venus des profondeurs de l'Histoire ; mais un bon regard y perçoit beaucoup plus nettement la hauteur conceptuelle et naturelle d'Athènes ou de l'Himalaya.
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À ma triade d'athée et d'amateur : créateur - outil - œuvre, correspond la trinité biblique : Dieu - lumière - illuminé, ou le savant triptyque grec : logos - être - étant. C'est pourquoi je me sens concerné, lorsqu'ils parlent de chute de l'être ou de vacillement de lumière, bien que je préfère parler de montée vers le créateur, maître des ombres.
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Les seules hérésies, aujourd'hui, touchent au rituel et laissent se pétrifier le sacramentel. La vie en gagne, l'esprit y perd. Les convictions inventent des bûchers, le doute - des sacrements. Au-dessus des deux se trouve le regard ; lui, il lit des mystères (ce beau nom poétique grec, soumis à la prose latine, fut traduit par sacrement).
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Être croyant, c'est reconnaître et vénérer la miraculeuse harmonie du monde ; la hauteur est l'autel, invisible et même inexistant, vers lequel se tourne mon regard, c'est à dire mes prières. « Seul le firmament est dieu ; Zeus ? - il n'existe même pas » - Socrate. Le disciple de la Grèce fut, en même temps, un disciple du ciel.
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La règle évangélique de la joue gauche fut, d'après Tolstoï, la seule à ne pas avoir de parallèles vétérotestamentaires. Isaïe : « J'ai tendu les joues à ceux qui m'arrachaient la barbe » - y apporte un démenti. Les Latins, à deux reprises, firent la nique aux Hébreux et Grecs - les athlètes aux prophètes et les Papes aux popes - en se rasant la barbe ; l'ajout tondu évitant la joue tendue.
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proximité
Tant de tributs à la beauté, à l’intelligence, à l’art, chez les dieux grecs ; et l’indifférence des ploucs évangéliques pour ces signes divins des humains évolués. En revanche, chez les chrétiens, - une première reconnaissance du Bien en tant que le mystère le plus divin. Une humble faiblesse, opposée à la force orgueilleuse.
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ortega y gasset j.
La desesperación : el romano, el griego, el judío vive en la ansiedad de no reconocerle un sentido total a la vida.

Le Grec, le Romain, le Juif vécurent en cette forme radicale de la vie, qu'est le désespoir.
proximité
Tandis que le christianisme moderne serait de l'averroïsme aristotélisé, sans états d'âme.
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russie
Le césar romain fut roi, prêtre et dieu, le basileus byzantin - roi et prêtre, le secrétaire général moscove - seulement prêtre. Le seul lieu de culte s'étant fixé au marché, dans la Rome moderne, sans dieu ni maître ni héros, personne n'a plus envie de lever la tête - cette société ne peut être qu'horizontale, où tout échange n'est que fourrager.
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russie
Des archéologues, poètes ou critiques d'art allemands sillonnent la Grèce, la France ou l'Italie et imitent la pureté, la grandeur ou la beauté, vues, comprises et digérées ; des rêveurs russes imitent les mirages des autres, sans leurs soifs, sans leurs transports, sans leurs cartes ; voilà pourquoi la culture russe est plus originale. Parce que plus inventée.
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russie
La conscience nationale russe reproduit les pérégrinations et fluctuations phéniciennes entre trois continents ; on ravit de belles princesses pour subir des invasions, on envoie des éléphants pour affronter des légions. Les Américains font de même avec l'héritage romain, en le personnifiant dans l'image dominante de manager. Les Allemands furent les plus imaginatifs, en réinventant tant de nouvelles Hellades germanisées par pléiades de poètes et de philosophes.
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russie
Veut-on vivre dans l'entente avec le monde ou dans le défi - le type de civilisation dépend de la réponse. « L'homme harmonieux - les Grecs homériques, les Chinois, les chrétiens gothiques. L'homme héroïque - les Romains, les Germains et Latins. L'homme ascétique - les Hindous, les Grecs néo-platoniciens. L'homme messianique - les premiers chrétiens, la plupart des Slaves. L'harmonie avec le monde, la domination du monde, la fuite devant le monde, la sacralisation du monde » - W.Schubart - « Der harmonische Mensch - die homerischen Griechen, die Chinesen, die Christen der Gothik. Der heroische Mensch - das antike Rom, Romanen und Germanen. Der asketische Mensch - die Inder und neuplatonische Griechen. Der messianische Mensch - die ersten Christen und die meisten Slaven. Welt-Einklang, Welt-Herrschaft, Welt-Flucht, Welt-Heiligung ». Peut-on sacraliser par l'harmonie, par la puissance ou par la fuite ? Oui, quand je suis un Ouvert, et ma musique, mon génie ou mon regard proviennent de ma profondeur divine et sont tournés vers ma hauteur humaine.
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russie
Le Russe n'est pas un homme prométhéen ; il est apocalyptique, johannique, sentant au fond de lui-même une harmonie, ce qui le rend très tolérant pour ses propres méfaits et sa paresse. Remarquez que le péché capital de paresse infâme est traduit en russe par la romantique mélancolie (уныние), deux interprétations extrêmes de l'acédie grecque (Thomas d'Aquin ou Loyola) - du je-m'en-foutisme.
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russie
Le béton et les crottes des chèvres recouvrent le marbre de l'antique Grèce. J'ai peur, que le Russe du XXI-ème siècle verra la culture russe des deux siècles précédents avec les mêmes yeux que le Grec d'aujourd'hui - les temples d'Athènes, d'Olympie ou de Delphes. Quant aux chances d'un renouveau religieux, si Malraux s'y trompa une seule fois, Spengler a, hélas, tort doublement : « Dans l'avenir, la vraie aristocratie et la vraie prêtrise se formeront à la russe » - « In Zukunft werden sich echter Adel und Priestertum russischen Stils herausbilden ».
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russie
Qu'est-ce que je compte trouver, sur le lieu de mon dernier séjour ? - un sommeil (cimetière - de koiman - dormir) ? un repos (Friedhof - Frieden - la paix) ? un trou (graveyard - grave - creuser) ? une décharge (кладбище - класть - déposer) ? - les Russes sont les plus réalistes.
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russie
La grâce apporte la beauté (les Grâces - Kharites), l'honneur (die Gnade) ou la bonté (благодать).
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russie
Le Français est plus ondoyant et ouvert, face à l'ambigüité (de amphi - arrondi), que l'Allemand (Zwei-deutigkeit) ou le Russe (дву-смысленность), aux oppositions désignées trop nettement par une fausse dualité.
allemagne,doute,grèce,mot,négation,ouvert

russie
En grec (graphein) et en russe (писать), le même mot désigne écrire et peindre ; en toutes langues, on écrit la musique ; autour du logos, s'assemblent et l'art et la foi et la raison, ce qu'aurait dû être l'objet d'une grapho-logie.
art,esprit,grèce,mot,musique,religion

russie
Ce qui fait de nous de bons rebelles, c'est le regard ; l'ouïe, partout, conduit à la soumission : obéir - ob-ouïr, gehorchen - hören, слушаться - слушать (et le grec hupakouo veut dire les deux).
allemagne,grèce,mot,ouïe,regard,révolte

russie
Tout particularisme n'est qu'incapacité d'accéder à un langage plus vaste. La vraie opposition, dans le débat intellectuel, n'est pas entre l'universel et le particulier, mais entre l'universel palpitant et l'universel mécanique. Le Grec et le Français penchent pour la mécanique, et l'harmonie finale est au rendez-vous. L'Allemand et le Russe tendent vers la palpitation, et de terribles déchirures aboutissent au gauchissement de leurs édifices. Pour que la maison commune soit agréable à vivre, il ne faut ni monter au plafond, ni taper de la tête contre les murs, ni s'extasier devant des ruines laraires : en communauté, il faut garder la paix moutonnière ou robotique.
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russie
La civilisation occidentale cherche l'équilibre biunivoque entre les choses et les places : pour un vide elle trouve la chose, et pour une chose elle invente sa place. Les Grecs antiques, à l'instigation de Platon, furent obsédés par des places, sans trop se soucier des choses ; et les Russes adorent des choses sans place, des choses, des hommes ou des idées - déracinés !
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solitude
Socrate et Jésus m'étaient fort sympathiques, jusqu'au jour, où j'aperçus, que leurs soliloques ou dialogues n'étaient qu'échos de places publiques. Mais Prométhée et Job devaient trop leur héroïsme à la flamme ou au fumier, où il me fallait du froid et du flair. Le moulin à vent m'obstruait la vue de l'île déserte du rêve, île en tant que terre promise de Don Quichotte. Et je leur préférai Hamlet et Faust, se contentant de fantômes pour bâtir de beaux dialogues, sous forme de soliloques décousus. Et s'ils sont si forts en philosophie, c'est que peut-être ils fréquentèrent la même Université allemande que Luther et Stavroguine.
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solitude
La vue d'aucun pays ne fait plus battre plus fort mon cœur : Ici, enfin, je suis chez moi ! Il n'y a que l'arbre solitaire, le Delphes béotien ou le Paestum sybarite, bref, de nobles ruines, qui pourraient accueillir mes nostalgies.
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solitude
On devine trop de lumières d'Athènes et de Rome, de Moscou et de Paris, - à l'origine de vos ombres ; les meilleures auraient dû naître à la seule lumière couchante de l'île de Pâques agonisante, où le seul regard survécu fut celui, fier et méprisant, des mystérieuses statues tournées vers l'oreille du Dieu-soleil, devenu sourd aux râles et aux chants.
grèce,mot,ombre,regard,russie,vie

solitude
Sol-ipsisme, ce mot, à la superbe morphologie, sans la mutilation par des rats de bibliothèques, aurait pu signifier : se connaître dans la solitude - une ambition impossible, mais belle.
absurde,grèce,mot,soi

solitude
En multitude, on calcule le droit universel ; en solitude, on rêve du devoir personnel. Les Grecs furent plus solitaires que les Romains.
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souffrance
On voit le monde livré au Déluge, on lui sacrifie de malheureuses colombes et on s'accroche à Apollon ; tandis que c'est Asclépios, Aphrodite ou Athéna qui attendent la fin de mes convulsions, et je leur sacrifierai, en fonction de ma conscience, un coq (Socrate), une chèvre (les Juifs) ou une vache (les Hindous).
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souffrance
Toute affliction, aujourd'hui, prit une vilaine tournure géométrique ; la mesure et l'algorithme guérirent les humains de la démesure (cette faute des fautes des Grecs – la hybris dionysiaque) et des rythmes de leur enfance, qui ne leur sautent plus à la gorge.
balance,enfance,grèce,intensité,musique,robot

souffrance
C'est le dieu du lucre, Hermès, qui fut chargé par Zeus de rédiger les lois, et l'on y lit : « C'est une loi : souffrir pour comprendre » - Eschyle. C'est clair qu'Athéna, Arès et même Apollon y laissèrent leur griffe ; les hors-la-loi, les prométhéens, ceux qui savent, que plus de savoir signifie plus de douleurs (et son inverse : « Quod nocet docet » - proverbe latin - « L'aiguillon - meilleure leçon »), ne sont protégés que par Aphrodite.
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souffrance
Les nostalgies des lieux sont le plus souvent des nostalgies du temps ; le temps prend si facilement le masque de l'espace. La nostalgie de l'enfance, du retour (nostos, en grec, voulant dire retour). Des incantations des horizons et firmaments, qui ne s'adressent qu'à notre destinée toujours absente, la mort.
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souffrance
Les malaises qui nous guettent, à toute étape vitale spatio-temporelle, sont si pénibles qu'il faut chercher des remèdes de cheval, pour nous étourdir. Les plus désirables s'appellent consolations philosophiques, ces caresses de l'esprit, administrées à un corps ou une âme malades. C'est le mot grec pharmakon qui le rend le mieux : à la fois poison, sorcellerie et charme, neutraliser l'angoisse, valoriser le rêve, embraser le regard.
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souffrance
La Bible sanguinaire, la tragédie grecque et la tragédie shakespearienne comportent trop de cruautés ou de perfidies, ce sont des vaudevilles. La vraie tragédie, la tragédie optimiste, est celle de Tchékhov, où il n'y a ni bourreaux ni victimes, et la convulsion nostalgique est vécue par un amour, une jeunesse, un talent, un rêve, une grâce, soumis à la loi, terrible et fastidieuse, de la pesanteur et de la raison.
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souffrance
Les auteurs tragiques grecs et latins s’adressaient aux héros tourmentés ou aux dieux capricieux (trop de grandes malchances), Shakespeare – à lui-même (trop de grandes malveillances), les Espagnols et les Français – aux courtisans (trop de grandes minauderies), Tchékhov – au seul personnage vraiment tragique, par la hauteur de sa souffrance, - à l’homme sensible, blessé, solitaire, inspirant une pitié ou une compassion.
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bacon f.
A hope is good breakfast but bad supper.

L'espoir est bon au petit-déjeuner, mais mauvais au dîner.
souffrance
Quand le cycle vital est dicté par la sève diurne. Avec le détour prolongé par le rêve nocturne, les précédences s'inversent. Un chant du cygne accompagne mieux un bel espoir qu'un chant du coq, car un chant de Walkyrie lui succède. Le cygne est grec et hindou, le coq - germanique et latin…
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vérité
Les hellénistes ramènent la recherche de la vérité (aléthéia) à la lutte contre l'oubli (léthé) de l'être, contre la désoccultation ; cette lutte ressemble à l'intensité du devenir, dans le retour éternel au-dessus de l'être (l'intensité du devenir comme éternité - die Ewigkeit der Werdenfülle - Heidegger) ; le résultat étant le processus lui-même, l'entretien du désir, l'interprétation des interprétations, l'éternel retour faisant à la vérité du devenir la promesse d'être vérité tout court.
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vérité
Le sain souci de nier, avant d'affirmer, semble être une obsession grecque : le non-être mettant en valeur l'être de Parménide, la vérité (aléthéia) émergeant de l'oubli (Léthé) de Platon, la liberté s'opposant à la raison d'Aristote.
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vérité
L'univers de Nietzsche se moque du réel, il est habité de fantômes : Dieu, la Grèce, le nihilisme, la puissance, la vérité, la philosophie y sont des fantômes – (ré)inventés à chaque retour de l'intense devenir. Tant d'apparentes contradictions, tandis qu'il s'y agit chaque fois de changements de langage.
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vérité
Pour Heidegger, la Vérité, l'Être, l'Ouvert sont des synonymes ; leur source commune grecque veut opposer le voilement au dévoilement, tandis que dans leur acception moderne il n'y a rien d'apophatique. En plus, notre philosophe ne comprend pas grand-chose à la vérité logique, à l'être morphologique, à l'ouvert mathématique. Une bouillie conceptuelle, mais quelle créativité !
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vérité
La vérité est une réponse (l'interprétation logique) à une requête, et le sens – une conclusion (l'interprétation empirique) de cette réponse. Les pauvres en outillages langagier, logique ou intellectuel parlent de dévoilement comme d'un synonyme de vérité et de sens – mauvais usage de l'étymologie du mot grec aléthéia.
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vérité
La vérité part non pas de la non-vérité (les Grecs, Hegel, Heidegger), mais de l’ignorance ; elle ne s’en arrache pas, elle s’y substitue, paisiblement, monotonement (comme dirait un logicien).
grèce,négation,philosophie,savoir,science

nietzsche f.
Es ist ein Grundglaube aller Aristokraten, daß das gemeine Volk lügnerisch ist. « Wir Wahrhaftigen » - so nannten sich im alten Griechenland die Adeligen.

Tout aristocrate tient fermement pour menteurs toute la plèbe. « Nous, les véridiques », c'est ainsi qu'en Grèce ancienne, se nommaient les nobles.
vérité
Tout le contraire de ce qu'on vit aujourd'hui, où seul le noble ose l'inventé, ce rêve mensonger et vital. « Tout ce qu'on invente est vrai » - Flaubert. D'ailleurs, ton message doit sa beauté surtout au fait, qu'il est entièrement inventé (erdacht).
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Thèmes : Grèce …