| mot | | | Une de ces choses que nous cachent la grammaire et l'usage banal : le mot n'est pas un reflet de la vie, il est une vie à part, aussi proche de l'essentiel, peut-être, que le regard. Comme de theoria on aboutit au regard, de logos on se condense dans le mot. Non sans déchirement, puisqu'il y a toujours « un conflit entre le regard, cette métaphore centrale de la vérité philosophique, et la langue »* - H.Arendt - « die Unverträglichkeit zwischen der Anschauung - der Leitmetapher der philosophischen Wahrheit - und der Sprache ». | | | | |
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| mot | | | Le rapport entre l'idée et le mot est celui entre eidos et eikon, entre représentation et expression, entre idole et icône, entre langage parlé et langage parlant. Platon, en donnant sa préférence à eidos au détriment d'eikon, nous voue aux idoles. Mais Heidegger, n'accordant de manifestation à son fantomatique être qu'en tant qu'un devenir-mot (« Wortwerden des Seins » ou « Offenbarung des Seins durch das Wort » - « révélation de l'être à travers le mot »), charge le mot d'un faix ou d'un fait impossibles ; à moins que ce fantôme ne soit qu'une ivresse qu'on provoque rien qu'en manipulant des étiquettes. | | | | |
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| mot | | | La référence : une réponse langagière au désir, à la focalisation, à l'intention de désigner un objet ou une relation ; d'autres l'appellent intentionnalité ; sa diversité verbale est générée par des grammaires de réécriture (Chomsky). La signification : un renvoi pragmatique, hors du langage, à partir d'un fait conceptuel, établi par l'interprétation d'un discours, renvoi vers les objets réels - c'est ce que d'autres appellent - dialectique ; l'intuition et l'arbitraire en sont les seuls justificatifs. Wittgenstein nage, au milieu de ses binômes, et s'y noie, faute de trinité salutaire : langue, représentation, réalité. | | | | |
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| mot | | | Citation ou cinétique ont la même étymologie, comme émouvoir et mouvoir. Les citations de ce livre ne sont que des excitations ; ce n'est pas à elles de déterminer la direction du regard, qui est toujours à et de moi-même. | | | | |
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| mot | | | Ne méritent d'être écrits que les mots, qui viennent chez moi à la place de quelque chose d'autre, plus vital, plus ample, plus entier, plus involontaire et qui aurait pu aussi bien être rendu par des mélodies, des couleurs ou d'imperceptibles mouvements d'âme. Et ce trop plein sans paroles, moi, en attente de mots, je suis tenté de l'appeler - vide mélodieux et salutaire. C'est ce que crée Mozart. Logopoeïa et phanopoeïa doivent être subordonnées à mélopoeïa. | | | | |
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| mot | | | Des destinées imprévisibles et divergentes du mot organon/orgue/ergon, réservé jadis au travail ou à la musique, et qui donna organisme, organisation, organique, pour s'adresser, respectivement, au mouton, au robot, au philosophe. | | | | |
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| mot | | | L'ambivalence du mot hôte, en français, est parmi les mieux réussies : être maître ou intrus, au choix. Il semblerait que xénos offrit la même liberté. | | | | |
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| mot | | | Les plus belles pensées ne seraient que des regards (Er-eignis - Er-äugnis - Nietzsche) et non pas des événements (qui, étrangement, nous dévoient vers le de-venir ou vers l'être - со-бытие - le co-être, ou vers leur fusion dans le soi, qui serait un événement d'appropriation : Er-eignis der Er-eignung - Heidegger - un joli jeu de mots, en allemand, et un impossible charabia en français). « Le regard, c'est une flèche visuelle décochée vers l'infini »*** - Ortega y Gasset - « Mirar es disparar la flecha visual al infinito » - c'est l'absence des choses qui fait de l'infini une vraie cible. Dieu même, au moins le Dieu des Grecs, hésite entre le regard (theoro - je vois) et l'action (theo - je cours). | | | | |
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| mot | | | Fonder sa vie sur la reproduction de moments uniques ou sur la production de choses pratiques ? - non, sur la traduction de messages cryptiques ! La félicité et l'action comme messages à traduire, d'une langue toujours étrangère. Ne pas être aussi mauvais traducteur que ces Latins, qui traduisirent par réalité l'energeia grecque. Les gouffres les plus infranchissables, entre l'Orient et l'Occident européens, sont creusés par ces traductions : « Le déracinement de la pensée occidentale commence avec cette traduction » - Heidegger - « Die Bodenlosigkeit des abendländischen Denkens beginnt mit diesem Übersetzen ». La prose latine défigura la poésie grecque. | | | | |
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| mot | | | Glissades orthographiques, utiles pour la science de l'ironie : âme - âne, Seele - Esel, nóos (intellect) - ónos (âne). | | | | |
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| mot | | | La langue et la représentation du monde : la langue influe sur l'organisation du modèle conceptuel (qui est le seul à représenter le monde !). Aux hiérarchies de nature linguistique d'une langue peuvent correspondre des hiérarchies psychiques d'une autre. Ce qui se réduit au structurel ici peut n'être que descriptif ou déductif la-bas. On peut avoir un nœud unique dans un modèle à la place d'un beau branchage dans un autre. Mais tous les arbres possèdent les mêmes cryptotypes, de la racine aux fleurs. | | | | |
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| mot | | | Logos signifierait chose chez les Grecs, acte chez les Hébreux, entendement chez Tolstoï, intelligence chez les Musulmans. Comment échapper à la manie des hommes de ne pas nous laisser un seul mot, qui ne serait voué qu'au rêve ! Res vaga refusant de devenir res publica. L'étendard de rêve devenant standard de vie… | | | | |
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| mot | | | Dans le mot, ni l'on ne se dénude ni l'on ne se dissimule, dans le mot on crée, on crée une requête, nécessairement ironique (ironie voulant dire interrogation), et dans laquelle je dois briller soit par ma présence soit par mon absence. Au cours de l'interprétation de cette requête se produisent des rencontres inattendues des objets (Protokollsätze) qui, hors de mon discours, pouvaient s'ignorer. Parmi les subjugués par le mot, on trouve surtout poètes ou tyrans, ces amateurs des régions inexplorées, vers lesquelles les mots bâtissent des ponts. | | | | |
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| mot | | | Dans l'esprit s'entrechoquent des images, dans l'intellect - des représentations (idoles), dans la langue - des signes. Chez tout le monde - trois voies vers Dieu ; chez les créateurs - trois voix à partir de Dieu. Le mot, au sens noble, est un habile et haut réseau de signes, s'inspirant des images ou représentations profondes ou s'y adressant. | | | | |
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| mot | | | Le mot idole est à réhabiliter ; son contraire le plus en vue est l'idée ; je préfère l'objet de prières au projet grégaire, que devient, tôt ou tard, toute idée. Et puisque on prie le mieux, face à l'inexistant, on n'a même pas besoin de justifier les auréoles qu'on est peut-être le seul à voir. | | | | |
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| mot | | | L'idée platonicienne (eïdos) nous renvoie à ce que les choses ont de visible ; à ce qui est lisible nous renvoie le mot (logos). Le Logos bicéphale aristotélicien correspond très exactement à ce qu'est une maxime : l'union de la forme et de la formule ! | | | | |
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| mot | | | Les notions minéralogiques de matière, de logique ou de patrie remontent, étrangement, à la Sainte Famille : Mère, Logos et père. | | | | |
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| mot | | | Les mots sans frontières nettes auraient dus être réservés à la poésie et interdits aux graphomanes ; tel le logos, permettant aux bavards grecs de nous enquiquiner avec la fichue équivalence de l'être, du penser et du dire. | | | | |
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| mot | | | L'étude des passions s'appellerait patho-logie, celle de l'amour - philo-logie, celle de la proximité - topo-logie et celle de l'art - techno-logie. La technique, la mathématique, les lettres, la santé venant au secours d'un Logos défaillant. | | | | |
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| mot | | | Mes litanies de la hauteur devraient peut-être s'appeler acméistes (acmé - apogée) ou météoro-logiques (météoron - hauteur). Pasternak parlait de « la hauteur résistant à la vicissitude de la rue ». Et son contraire s'appellerait - acrophobie, phobie de la hauteur. | | | | |
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| mot | | | On traduit, mécaniquement, Aufklärung par siècle des Lumières. Mais la Aufklärung (courant humaniste, populaire et chaud) gît en ruines, au milieu des machines, tandis que les Lumières (règne de la raison, froide et élitiste) triomphent à tout bout de champ, dans les têtes de loups. L'Allemand y hérite de la tragédie grecque, et le Français - du droit romain. | | | | |
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| mot | | | Les bio-graphies ne brillent, de nos jours, ni par la qualité de leur écriture, ni par la palpitation de la vie ; pourtant, elles auraient dû être de la zoo-logie, de l'être vivant. | | | | |
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| mot | | | Prôner l'an-archie des choses, pas de prééminences, et la pan-archie des rêves, que des éminences. Vivre de l'éternel retour (ressasser) de l'autre verbe palindrome français - rêver ! | | | | |
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| mot | | | La substitution victimale nous fait entrevoir en toute trag-édie un bouc providentiel et dérisoire. | | | | |
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| mot | | | L'étrange chute du sacré dans la hiér-archie. | | | | |
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| mot | | | La position couchée est une méthode, comme une route l'est pour les autres, mais elle en est une méta-route (hodos - route en grec). | | | | |
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| mot | | | Le Logos est bien un Verbe des langues latines et non pas un mot (Word, Wort, Слово) des langues germaniques et slaves. Le verbe détermine l'essence grammaticale, la rection articulée, tandis que le mot n'en est qu'un membre désarticulé. Dieu inventa une grammaire de la création ; l'homme en produit des prières, des chants ou des modes d'emploi. | | | | |
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| mot | | | Rien d'étonnant dans la vision de la poésie comme d'une charrue (Mandelstam) : la poïésis voulant dire labeur, labourage de sillons (versus - vers). La vie étant la terre (le premier humus) retournée par l'homme (le humus second). On retrouve de beaux parallèles avec l'être et la pensée : « La pensée trace des sillons dans le champ de l'être » - Heidegger - « Das Denken zieht Furchen in den Acker des Seins ». Toutefois, l'être et la pensée ne sont que déchéances de la vie et de la poésie. | | | | |
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| mot | | | Notre soi le meilleur n'a pas de mots ni de langage fidèle de gestes. La vraie littérature naît de la sensation d'une traduction, d'une mimesis de ce fond innommable, indicible et ineffable dans la même langue. Sinon on plonge dans une langue étrangère. La meilleure traduction est celle dont l’original est illisible. | | | | |
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| mot | | | L'Esprit Saint procède-t-il du Père et du Fils ou par le Fils (filioque) ? Une question de transitivité verbale, à l'origine du schisme Rome-Constantinople ! Une malencontreuse substantivation du pronom négatif - sans Lui fut fait le Rien - provoqua le malheur Cathare ! | | | | |
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| mot | | | Phénomène, un mot étrange, dont les significations chez Platon, Sextus Empiricus, Kant, Hegel ou Husserl sont complètement différentes. Il faudrait le rapprocher de fantaisie, d'imagination et donc de représentation. Tout connaître par la représentation ou, bien au contraire, par la (ré)interprétation – deux démarches également défendables. | | | | |
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| mot | | | Une sympathie pour le ciel ne suffit pas, pour créer un vrai pathos, cette tension ayant besoin d'une apathie, égale en intensité, pour la terre ; ce qui m'empêchera de chuter, avec le ciel, dont je porte les symptômes (tomber ensemble). | | | | |
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| mot | | | Pour faire avaler leur charabia cacographique, les philosophes évoquent la science, les théories, le langage, tandis que je soupçonne l'essentiel de ces choses indigestes être dû aux mauvaises traductions du grec en latin. Que l'aphasie pyrrhonienne nous manque, pour nous moquer du mot être flexible à volonté ! | | | | |
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| mot | | | Tout avis commun, la doxa, peut gagner en intérêt moyennant une bonne traduction en para-doxe. | | | | |
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| mot | | | Seule la Naturphilosophie garde encore une trace de l'origine du mot nature. En russe, при-рода, nous rappelle, qu'il s'agit de ce qui accompagne toute naissance. Tandis que la phusis grecque parle déjà de croissance. | | | | |
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| mot | | | Même en matières théoriques la vue cède à l'ouïe et aux choses vues, au culte des déjà-vu et encore-entendu. Pourtant, théorie signifierait je vois Dieu. | | | | |
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| mot | | | Les sym-boles naissaient par la résignation : en brisant un sceau en deux, sur terre, pour les réunir au ciel. Le diable unit sur terre, pour nous cacher le ciel : sumbolon - diabolon. | | | | |
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| mot | | | Exemple d'un éternel retour : la vérité de Dieu se muant subrepticement en dévoilement de l'être (aléthéia - éclaircie - vérité). Pitoyable est le dévoilement qui se voile ; on devrait ne cacher que les contraintes et non pas l'être. | | | | |
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| mot | | | Le langage n'est qu'une machine au service du désir : celui d'accéder (souci, focalisation, soupçon, intentionnalité) aux choses (les pragmata visées par des pathèmata) et celui de les évaluer (substitutions, hypothèses, modalités, valeurs de vérité). | | | | |
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| mot | | | Précautions à prendre avec l'ondoyance syncrétique : on n'y sait jamais, avec qui on veut s'entendre, - avec les crétins chrétiens ou avec les Crétois menteurs. | | | | |
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| mot | | | En grec, la mystique de l'Un se greffe, le plus naturellement du monde, sur la branche poétique, à la métaphysique de l'Être, le verbe être (estin) y provenant du nombre un (l'article indéfini s'en mêlant majestueusement, cela débouche sur le bronze fêlé canonique du : « Ce qui n'est pas un être n'est pas non plus un être » - Leibniz ; les Allemands devinrent facilement friands de ce calembour, car une innocente substitution de lettres fait de Eins - Sein ; le nom du Dieu hyperboréen, Odin, signifie l'Un, en russe - один). À comparer avec la mystique du nombre cinq, grâce à son voisinage phonétique : penta - panta. | | | | |
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| mot | | | L'intuition gréco-latine, tout en ignorant le nombre zéro, nous a composé quelques hosannas lyriques au néant. Semblablement, l'imagerie allemande du devenir doit beaucoup à l'emploi auxiliaire de ce verbe. Dieu est dans l'opération et non pas dans les opérandes, et donc son devenir est son être - et le retour éternel de Nietzsche est le devenir, avec la même ambition. | | | | |
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| mot | | | Tout philosophe devrait s'interdire l'usage ontologique du verbe être (que le Stagirite ne daigna même pas mettre à côté des trois monstres : avoir, agir, pâtir, et que Lulle négligea dans ses neuvaines ; l'ontologie occidentale existe « à cause de la forme du langage indo-européen »* - Valéry). Inexistant en chinois et en japonais, fantomatique en russe, amputé de sa fonction copulative en arabe (wjd), ambivalent en espagnol et italien (l'essentiel ser-essere et l'accidentel estar-stare), envahissant en grec et allemand, il est un moyen immédiat de dépistage de la logorrhée. | | | | |
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| mot | | | La fonction cognitive du langage comprend et l'expressive et la communicative (W.Humboldt) : du silence (l'absence de sujet) on peut passer au monologue ou au dialogue, en introduisant le moi ou le toi, la métaphore ou les contraintes. Une tâche particulièrement facile en russe, où ego (его) veut dire lui. | | | | |
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| mot | | | La haute création, la poïesis, sera toujours de la traduction, de la mimesis. Le jardinage divin du mot vivant sera au-dessus de l'artisanat (démiurgie), de la tekhné, de l'idée mécanique. La fidélité chevaleresque au mot vulnérable ou la maîtrise intéressée de l'idée : « Ton chevalier, ton artisan jaloux, te portent leur prière, ma douce langue ! » - Nabokov - « Так молится ремесленник ревнивый и рыцарь твой, родная речь ! » - et que ta prière ne se confonde jamais avec le sermon. | | | | |
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| mot | | | Arc, en grec, bios, est homonyme de vie ; l'art est possible grâce à sa bonne tension ; les cibles atteintes quittent la vie et rejoignent les archives ! « L'arc : son nom, vie, ce qu'il fait, mort » - Héraclite. On peine à admirer la corde tendue, sans avoir constaté une mort qu'elle ait infligée ; Dieu, serait-Il, Lui-même, à ses heures sombres, un archer et un poète ? - « À la mort d'un homme, un chapitre est retranscrit en un meilleur langage »** - J.Donne - « When one man dies, one chapter is translated into a better language ». | | | | |
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| mot | | | Du minimum au maximum : la maxime, qui se fixe au firmament, part d'aphorisme (apo-horizon), qui s'arrache à l'horizon, et passe par apo-phthegme, redresseur des mots, pour devenir une forme de l'éternité (die Formen der Ewigkeit - Nietzsche). | | | | |
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| mot | | | La littérature moderne, si grégaire, banale et servile, devrait s'appeler : choré-graphie. D'autant plus que plus rien n'y danse ; elle n'est faite que pour marcher. | | | | |
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| mot | | | Quelle perte pour le vocabulaire des têtes défiant les forums, le mot catégorie, avec ses acceptions ternes et sans relief, tandis qu'il aurait pu signifier - contre-agora ! | | | | |
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| mot | | | Nos organes des sens sont si miraculeusement bien adaptés pour saisir la réalité, que, chez les Grecs, les mots penser, déceler, savoir, percevoir, connaître sont de parfaits synonymes. Les pédants, qu'ils soient philologues ou philosophes, ne le comprennent pas et érigent d'infinies arguties autour des nuances, inexistantes chez les Anciens. | | | | |
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| mot | | | Quelle belle science aurait pu être l'astro-nomie, si l'on se souvenait, que nomos signifiait non seulement loi, mais aussi chant ! Et l'on apprendrait non seulement à regarder une physio-nomie, mais aussi à l'entendre. L'éco-nomie, cette morne gestion domestique, nous éloigna du chant, et la loi fit de nous - des robots. | | | | |
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| mot | | | Pour les Grecs et pour Heidegger, une affirmation devient vraie, lorsqu'elle se débarrasse de voiles, qui la cachaient, d'où le dévoilement (aléthéia - Unverborgenheit) ; l'un des contraires populaires de caché (renfermé), c'est l'ouvert, d'où la perplexité d'un mathématicien, qui découvre l'Ouvert heideggérien, se détournant des limites et convergeant facilement aussi bien vers l'apophatique vérité que vers l'arrogant Être (partant de offen – ouvert et tombant sur Offenbarung – révélation ou dévoilement). Cet Ouvert promet une sortie des ténèbres vers la lumière, tandis que celui de Rilke, au contraire, nous conduit d'une lumière facile au bord de la nuit et du rêve. Le mot dé-claration aurait pu signifier un mouvement, opposé à aléthéia : priver une chose de sa clarté. | | | | |
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| mot | | | L'Ouvert, en allemand (das Offene), signifiait jadis (par exemple, pour Hölderlin) - une libre nature, une hauteur montagnarde ; avec Rilke, le mot prit un sens mystique de l'appel des sources ; Heidegger lui donna une tournure topologique, avec le désir des frontières infinies ; enfin, Celan : « L'Ouvert est un domaine sans frontières, où l'homme se libère de lui-même » - « Das Offene ist der grenzenlose Bereich menschlicher Selbstbefreiung » - confond ce qui est sans frontières (l'infini) avec ce qui n'inclut pas ses propres frontières (l'ouvert mathématique ou lyrique que retinrent les commentateurs français). Chez Heidegger, la confusion avec le verbe ouvrir fait de l'Ouvert une espèce d'aléthéia - des mises en lumière de ce qui aurait été dissimulé. | | | | |
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| mot | | | Tout écrit intime est secret, c'est à dire apocryphe ; en proclamer l'authenticité ou la canonicité, c'est ériger une idole étrangère, se réduire au statut de mouton (agneau) ou de robot (berger). | | | | |
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| mot | | | L'obscurité non-poétique, dans les traductions des Anciens, est, en général, de nature non-philosophique, elle est indéniablement due aux mauvais traducteurs. J'aimerais pouvoir juger de l'énormité des traîtrises de traducteurs, dans la chaîne : le grec d'Aristote, l'arabe d'Averroès, l'anglais et le latin de M.Scot, l'allemand de Frédéric II. | | | | |
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| mot | | | Quand on refuse au modèle et à sa supra-structure, le langage, le rôle créateur de vérités, c'est à dire d'identités, de mesures et de logiques, on devient pyrrhonien, pour qui toute chose est « indifférente, immesurable, indécidable ». Le dialogue moi-réalité n'existe pas ; il fait partie du tétralogue : moi - modèle - langage - réalité (je sais, qu'il n'y a pas de nombre deux dans dialogue, et, par exemple, dans la plupart des dialogues platoniciens figurent plus de deux interlocuteurs). | | | | |
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| mot | | | La philosophie anglo-saxonne, grâce à la distinction entre to be et being, évita la pollution, qui sévit en grec, en allemand, en français, à partir de ce verbe parasite et trop facilement substantivé, être. Imaginez le flot de thèses nouvelles, si Hamlet avait marmonné : être ou néant ? Ceux qui consacrent leurs meilleurs doutes non pas aux fins, mais aux commencements, feraient gémir leurs mots : naître ou ne pas naître. | | | | |
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| mot | | | La vue (theoria), en grec, aboutit à théâtre, théorème ou théorie, en se prenant pour moyen, but ou contrainte et exprimant le jeu, la puissance ou le regard. | | | | |
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| mot | | | Seuls les polyglottes peuvent donner un sens profond au silence : les expressions d'un même sentiment, dans des langues différentes, n'offrant ni intersection ni noyau communs, on se réfugie dans ce vide silencieux, ce réceptacle du vrai soi (serait-ce la khôra platonicienne, cet espace réservé à l'accueil des idées ? ), du soi indicible et intouchable, débarrassé et des mots et des choses : « L'esprit vide d'objets est le but du sage » - Upanishad - je dirais qu'il en est la contrainte. | | | | |
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| mot | | | Sans parler de hauteur, le mot est aussi plus vaste que l'idée, puisqu'il doit, ou peut, ou veut, exprimer, en plus, le rythme qui précède, accompagne et survit à l'idée (eidos), pour se figer en une icône picturale (eikon) ou en une idole (eidolon) musicale. | | | | |
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| mot | | | Hölderlin et Heidegger ont tort d'opposer le pathos sacré de la quête grecque à la sobriété junonienne du don de représentation - ce sont deux dons incomparables, l'un artistique et l'autre intellectuel, l'un langagier et l'autre conceptuel. Nietzsche trouve une opposition plus juste entre deux types d'art, entre deux genres de pathos : Apollon et Dionysos (ou Raphaël et Michel-Ange). | | | | |
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| mot | | | Le mot, c'est le noble logos, bien en chair (Descartes et Port-Royal, par exemple, le plaçaient, carrément, du côté de la matière) ; l'idée, ce n'est que la chimère platonicienne. | | | | |
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| mot | | | Ni le mot-signe ni le mot-image ne peut s'incarner en chose, à moins qu'un Esprit pénétrant en conçoive un Verbe, qui ne nous renverrait qu'à la Chose divine, au Créateur, dont le nom prononçable est Poésie, écriture intemporelle, et que les hommes abaissent jusqu'à la prose historique, aux saintes écritures (et même, d'après Heidegger, jusqu'au bavardage : Logos - Prosa - Gerede). | | | | |
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| mot | | | Le mot est dans le faire ; il n'est presque pour rien dans le connaître (sauf pour le menu fretin de professeurs de philosophie) ; il est un arbre (de quête ou de communication) et non pas le sol. Mais le connaître grec correspond à notre faire ; c'est ainsi qu'il faut comprendre Platon : « Celui qui connaît les noms, connaît les choses ». Celui qui crée dans le mot, poète ou philosophe, sait que, une fois la plume en main, il ne sait plus rien et, à la fin, n'en saura pas davantage. | | | | |
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| mot | | | Les jugements abstraits, formulés dans une langue étrangère, créent l'illusion de profondeur et de poids ; d'où le prestige, si souvent immérité, des Grecs anciens. Les Latins, qui ne font que reproduire la sagesse grecque, n'ont pas son aura, car le latin est plus translucide pour nos yeux de modernes. | | | | |
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| mot | | | Que Platon confonde souvent la représentation (concepts) avec les quêtes du représenté (idées) se voit dans l'usage indifférencié, qu'il fait de eidos (aspect ou forme) et idea (regard ou fond). Les concepts existent dans le modèle, et les idées - dans le langage ; mais ni les uns ni les autres - dans la réalité. Mais est-ce que la phusis grecque est notre réalité ? Pour Heidegger, elle fut l'être, et l'idée - son interprétation, ce qui est plein de bon sens. | | | | |
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| mot | | | Marc-Aurèle, Nietzsche, Valéry, Heidegger, S.Weil, par leur goût philologique, me donnaient l'envie de devenir Grec ; mon échec est peut-être le plus grand regret linguistique de ma vie. | | | | |
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| mot | | | Rapprochements coupables : saint - sain, holy - whole, heilig - Heil, comme si le premier souci du divin fut de garder intact, de préserver l'intégrité, de se faire prendre pour un holisme. Mais il est certain que, avant le verbe hylique, une grammaire holique fut créée. | | | | |
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| mot | | | Dommage que le mot sceptique ait fini par s'attacher à l'un des courants les plus sots de la philosophie ; étymologiquement, il aurait dû désigner ceux qui disposent de leur propre regard, contrairement à ceux qui nagent dans la doxa. | | | | |
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| mot | | | Heidegger est le plus grand mystificateur du XX-ème siècle ; c'est en philologue qu'il s'amuse avec ses jeux étymologiques, morphologiques ou phonétiques, que ses admirateurs ou adversaires prennent au sérieux, pour échafauder des vocabulaires absurdes et creux. Par exemple, dévoilement ou oubli, provenant de aléthéia grec, où la vérité serait une sortie de l'oubli, ou Gegend, Gegenüber, Gegenstand - contrée, vis-à-vis, objet, sur lesquels discutaillent tant de scrutateurs français. C'est à profusion qu'il sema ses charades et boutades ; à comparer avec les tirades anti-philologiques de Sartre. | | | | |
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| mot | | | L'idiot, aujourd'hui, est celui qui ni ne sait ni juge ni palpite ; l'idiot de Nicolas de Cuse ne sait mais juge, l'Idiot de Dostoïevsky ne sait mais palpite ; les deux derniers idiots n'existent plus : personne n'est plus différent des autres ; au lieu des idiomes, ces mots à soi, ces mots des racines, tous emploient la langue grégaire, la langue surfacique, la langue de bois. | | | | |
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| mot | | | On avance par un regard, attiré par le but ou guidé par les contraintes ; pourtant, en grec, le but, skopos, fait penser à la guidance, et la contrainte, systoli, à l'attirance. | | | | |
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| mot | | | L'artiste est un porteur successif : du photophore (visant des lumières finales) et du sémaphore (maîtrisant des signes intermédiaires), il aboutit à la métaphore (chantre des images initiatiques) ; il marche donc à reculons, en contrapuntiste. | | | | |
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| mot | | | Le terme de maxime est préférable à celui d'aphorisme ; celui-ci, remontant à la notion de frontière, nous place en compagnie d'horizon ou d'horizontalité, tandis qu'une maxime nous renvoie à la supériorité, à la perfection, à la verticalité. « La maxime est la plus arrogante des formes de langage » - Barthes. | | | | |
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| mot | | | D'étranges trajectoires suivirent, dans l'Antiquité et au Moyen-Âge, les termes – philosophe, astrologue, mathématicien, géomètre. On appelait le philosophe – géomètre, l'astrologue – mathématicien, le mathématicien – philosophe et le géomètre – astrologue ! « Homère fut un astrologue » - Héraclite ! | | | | |
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| mot | | | Une magnifique trifurcation du mot grec dialegesthai, l'art de la parole, aboutissant aux trois concepts, qui perdirent tout rapport entre eux - dialogue, dialecte, dialectique, et qui se retrouvent, miraculeusement, dans la littérature, car une bonne écriture résulte du respect des contraintes formelles universelles (un dialogue), de la maîtrise des moyens langagiers individualisés (un dialecte), de la noblesse du but intellectuel abstrait (une dialectique). | | | | |
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| mot | | | Trois facultés si nettement distinctes : la représentation, l'interrogation, l'interprétation – les fonctions synthétique, langagière, analytique ; pourtant, les Anciens employaient le même mot, pour désigner tout cet ensemble – la dialectique. | | | | |
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| mot | | | On peut entrevoir la place du regard, d'après l'étymologie grecque de ce mot - théa, à l'origine de théorie et de théâtre, - la représentation, conceptuelle ou spectaculaire, étant présente dans les deux et animée par des ombres, venant des scénarios ou des scènes. Chez les Latins, on retrouve le regard jusque dans l'intuition (intueri). | | | | |
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| mot | | | La caresse s'associe avec la nudité - verbale, sentimentale ou anatomique ; Platon, qui ne préconise que deux genres d'entraînement, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, - la musique et la gymnastique, est peut-être le premier à avoir compris qu'au Commencement était la Caresse (gymnos - nudité). | | | | |
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| mot | | | Ma vision-compréhension est, en grande partie, un emprunt au patrimoine commun des hommes, mais mon regard, c'est ma vision-création, qui commence par un détachement, par volonté ou par révélation, du monde connu, nommé. Nommer ne fait pas partie des prérogatives du regard (mais référencer, relier des noms avec de bons connecteurs - oui) ; le regard, c'est une projection du verbe sur un modèle du monde. Théorie voulait dire, jadis, - regard. Le regard est réduction de toute observation en introspection. | | | | |
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| mot | | | Trois pseudo-concepts, trois parasites, nous viennent d'un modeste mot aristotélicien d'ousia (nous renvoyant aux espèces ou aux instances, dans la réalité), traduit substance par Boèce, essence - par St-Augustin et être - par Heidegger. Mais c'est le dernier qui est sans doute le plus près de l'original, puisque les substances et les essences appartiennent surtout à la représentation, tandis que, même fantomatique, l'être a partie liée avec la réalité. | | | | |
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| mot | | | L'un des antonymes d'algorithme, ce mode d'existence des robots, est l'exercice, c'est à dire des contraintes, l'essence d'un ascète. | | | | |
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| mot | | | La trajectoire du logos - de l'unification des arbres (rassembleur solidaire) à l'entendement d'un seul (le Verbe salutaire) ; elle est, en elle-même, un arbre, vaste et complet. La trajectoire de l'être, de Parménide à Heidegger, - une platitude continue, avec des dérivées mortes, des rhizomes rampants. | | | | |
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| mot | | | Aucune critique, aucune logique chez Kant et Hegel, dans leurs raisons pures ou leur Science ; leur Critique se rapproche de la crise, situation-limite, et leur Logique vient tout droit du Logos. | | | | |
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| mot | | | Toute pensée est un dialogue, mais parmi tous les dialogues le plus utile, pour la justesse et la justification de la pensée, est celui avec d'autres langues. Le grec aida les Allemands à cultiver l'abstrait ; le latin apprit aux Médiévaux le laconisme ; l'allemand rendit plus poétique la pensée des Français et des Russes. L'Américain, aujourd'hui, favorise l'horizontalité, la platitude, la prose, qui sont la mort de la pensée. | | | | |
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| mot | | | Réalité, modèle, langage - trois espèces aux fécondations croisées imprévisibles. L'une des plus stupéfiantes est l'aventure entre ontos (chose du modèle) et logos (mot du langage) engendrant onto-logie (être de la réalité). | | | | |
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| mot | | | Apollon, le raisonnable, devrait rendre majestueuses nos victoires, et Dionysos, l'insensé, – noyer dans l'ivresse nos défaites, mais l'étymologie s'y oppose : le mot de triomphe, pré-hellénique, vient de fête dionysiaque : le mot de calamité proviendrait de l'arabe et signifierait – logos ! | | | | |
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| mot | | | Joli jeu de mots de P.Desproges : encyclopédie de Cyclopède, qui nous rappelle, que culture et enfantillage ne sont pas si loin que ça l'un de l'autre. | | | | |
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| mot | | | La joie et l'optimisme sont dans le changement, prometteur d'espérances ; mais le retour du même est source des désespoirs, il est la nost-algie – la douleur du retour. | | | | |
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| mot | | | Une illustration de la disparition progressive de toute ivresse dans les affaires des hommes – quoi de plus sobre qu'un symposium ; pourtant le mot, en grec, voulait dire beuverie générale, ce qui est d'ailleurs le titre d'un ouvrage platonicien, qu'on traduit pudiquement par Banquet. | | | | |
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| mot | | | La compréhension des thèses d'un auteur se détermine par le choix de leurs négations (ou antonymes). Prenez, par exemple, Nietzsche, le contraire de danser ou vibrer - maîtriser, de l'Éternel Retour - le gain en maîtrise, du surhomme - le maître de soi. N'oublions pas, que les sept péchés capitaux ne sont pas des négations des sept vertus. Et qu'en grec, la vérité (aléthéia ou amen) serait opposée à l'oubli ou au commencement, et exister (ek-sister) - à rester en soi-même. | | | | |
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| mot | | | Opposé à l’Être atemporel, le Devenir, pour le Français, est un parcours, tandis que pour l’Allemand, surtout pour un philologue allemand, il n’est que commencement, naissance. Comme en grec, où le verbe devenir veut dire naître, apparenté à genesis. | | | | |
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| mot | | | Avec la mort de Dieu, être enthousiaste (possédé par Dieu) devint incongru ; tout le monde serait aujourd’hui d’accord avec Voltaire, pour qui l’enthousiasme fut « l’émotion d’entrailles », « tremblements de la Pythie possédée », l’inspirateur de la Saint-Barthélémy. | | | | |
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| mot | | | Ironie viendrait d'interroger, mais c'est plutôt s'arroger le droit régalien d'élever une interrogation problématique à la dignité d'aporie mystique. Cette élévation fait de l'ironie une espèce d'ignorance, docte ou étoilée. | | | | |
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| mot | | | Écrire en profondeur, c’est donner du poids aux idées ; écrire en hauteur, c’est munir d’ailes les mots. Avec le mot domine la forme, avec l’idée compte le fond ; pourtant, idée voulait dire forme. | | | | |
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| mot | | | Aujourd’hui, lorsque quelqu’un se plaint de la divulgation de ses données privées, je sais qu’il ne s’agit ni de ses amourettes ni de ses traîtrises, mais de quelques chiffres ; il mérite d’être traité d’idiot, ce qui, jadis, voulait dire – personne privée. | | | | |
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| mot | | | La psychologie, aujourd'hui, c’est le règne de la banalité, mais elle aurait pu être reine des sciences, puisqu’elle est, morphologiquement, fusion de l’âme (psyché) et de l’esprit (logos). | | | | |
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| mot | | | L’étymologie du mot vérité aide beaucoup à comprendre les mentalités nationales : le Grec la tire de l’oubli (a-léthéia), l’Allemand la met sous la garde (Wache), l’Anglais la confie à la foi (faith), le Russe la reconnaît dans la justice (праведник). Seuls les Latins la tirent de la logique. | | | | |
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| mot | | | Ce qui s’apprend ou ce qui se comprend – deux significations de mathemata grec. Mais elles correspondent, exactement, aux deux types principaux d’intelligence, celle, non-justifiable, qui résulte de l’apprentissage, et celle, justifiable, se matérialisant dans le raisonnement explicite. Une raison de plus, pour voir en mathématique une véritable ontologie de l’esprit. | | | | |
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| mot | | | Quand je vois à quelle mécanique insipidité sont voués le cosmos (remontant au feu) et le nature (apparenté à l'eau), je regrette la cosmétique (émanant dans l'air poétique) et la mondanité. (s'exerçant sur la terre prosaïque). | | | | |
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| mot | | | Le vocable mot est masculin en français, neutre – en allemand et en russe, féminin – en italien et en espagnol. Il est féminin aussi en grec, et l’on comprend alors pourquoi, pour les Grecs anciens, le mot était une hétaïre (les pensées, elles, deviennent, toutes, de simples catins) et devait s’adonner à la prostitution sacrée. Se soumettre aux caprices des dieux ivres. Ne pas former de famille en s'acoquinant avec un seul concept. | | | | |
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| mot | | | On aurait dû avoir trois mots différents à la place du verbe exister, appliqué à la réalité, au modèle et au discours. Dans la réalité, comme nous le savons depuis Descartes, n'existent que des combinaisons d'atomes, res extensa (instances des classes physiques, chimiques et biologiques), et des manifestations de l'esprit, res cogitans (sujets qui créent, représentent et interprètent). La phusis et le logos, un couple, où le genre en dit long sur le rôle du géniteur respectif, et dont les définitions ne vont pas au-delà de : « What is mind ? No matter. What is matter ? Never mind. ». Dans le modèle existent des objets ; dans le discours existent des références d'objets renvoyant, par substitutions, aux objets du modèle. | | | | |
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| mot | | | Méta voulant dire, en grec, aussi bien après qu’au milieu, l’aphoriste pourrait s’appeler hypo-crite (commenceur, décideur, précédant le jugement des autres), et son lecteur – méta-crite (s’occupant à reconstituer la lumière des parcours et des finalités à partir de l’étincelle de l’incitateur). | | | | |
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| mot | | | Le beau terme d’élan, auquel s’attachent tant de mes déclamations emphatiques (et que chercha, en vain, de ranimer Bergson), subira dans les oreilles de mes contemporains, en synchronie, la même profanation que, en diachronie, il vécut, en s’écroulant dans hormones et appétits. | | | | |
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