action
Les philosophes se divisent en trois familles, en fonction du milieu, dont ils se nourrissent : le langage - pour raisonner, le modèle - pour représenter, la réalité - pour s'entendre avec la vie. Ce qui les distingue, c'est le contenu de l'acte : pour les premiers, il est référence verbale, pour les deuxièmes - accès à l'objet référencé, pour les troisièmes - attachement de sens à l'objet. « Il faut une sémiotique à trois termes : signifiant, signifié, référent » - Ricœur - ce qui correspond au triangle sémiotique aristotélicien - les mots, les concepts, les choses.
cœur,concept,idée,interprétation,langue,philosophie,réalité,représentation

action
Acte (élément d'algorithme), action (déclenchement d'algorithme), activité (algorithme) – que peut-on opposer à ces attributs de la platitude ? - des attributs du rythme : périodes (ampleur), force (profondeur), tempérament (hauteur).
concept,force,hauteur,musique,platitude

action
Nég-liger veut dire ne pas lire, et ne pas négliger le Verbe signifie - Le lire, et non pas agir. Être davantage attiré par les sons de Ses cordes que par la précision de Ses flèches. Cette puissance sans actes ne fut jamais appréciée que par des stylites : « Où trouvera-t-on jamais dans le monde une faculté qui se renferme dans la seule puissance sans exercer acte ? » - Leibniz – dans la philosophie moderne, il ne reste plus de place aux relations unaires ; on n'imagine plus ni l'esprit ni l'âme seuls, sans médiation de leurs cibles.
âme,concept,esprit,flèche,force,modernité,solitude

action
Ni fusion concrète (par l'intelligence) ni communication abstraite (par un langage) ne sont possibles entre le soi connu et le soi inconnu ; une coopération secrète, une dualité irréductible existent entre l'action et le sujet, le présent visible et le commencement invisible. L'homme est en permanence dans ce choix : être orienté-sujet ou orienté-action, comme la conception d'un programme informatique ; elle est soit orientée-objets soit orientée-prédicats.
commencement,concept,inconnu,intelligence,langue,soi

action
Les plus belles pensées sont immobiles, elles s'identifient à l'être intemporel ; les pensées mobiles servent à justifier le devenir de l'action. « Il faut des mobiles de l'activité, qui échappent aux pensées, donc aux relations : des idoles » - S.Weil. La pensée figée prend irrémédiablement l'allure d'idole, car elle abandonne les relations au profit des objets.
concept,être,idée,immobilité,représentation

action
On a beau n'être que virtuel, nos actes n'en émettent pas moins des messages - des attributs sans identité. Avec les seuls attributs, créer une identité, tel est l'objectif de nos productions artistiques : « Des chats sans ricanement, j'en ai vu plein ; mais le ricanement sans chat ! » - L.Carroll - « I've often seen a cat without a grin ; but a grin without a cat ! ».
art,concept,création,discursif,poésie,soi

action
L'action s'ensuit d'une inertie intéressée, et la passion – d'un élan désintéressé. Pour ce sot de Spinoza : « Les actions de l'Esprit naissent des seules idées adéquates, mais les passions dépendent des seules idées inadéquates » - « Mentis actiones ex solis ideis adæquatis oriuntur, passiones autem a solis inadæquatis pendent ». Ce sont les idées qui naissent de l'esprit ou des passions et non pas l'inverse. La passion est un attribut d'un esprit se muant en âme (mais Spinoza ne connaît que mens et ignore anima). Et l'adéquation n'a rien d'absolu, mais repose sur la rigueur des représentations et interprétations, où le libre arbitre, et non pas la fichue autonomie, est roi. Un bel esprit se réveille dans les impasses, inquiétantes et initiatiques, et non pas dans de doucettes certitudes intermédiaires.
âme,commencement,concept,continuité,élan,erreur,esprit,idée,interprétation,liberté,…

action
La noblesse d'une activité est question de qualité de ses contraintes. C'est pourquoi la musique, avec ses règles harmoniques, mélodiques, rythmiques, est l'art le plus noble. La mathématique a ses axiomes et sa logique ; la poésie – ses règles de versification. La philosophie aurait dû oublier la vérité et les connaissances, l'existence et l'essence, les idées et même les choses, pour se concentrer sur les souffrances et les langages de l'homme et lui apporter de la consolation et de l'enthousiasme, bref, être plutôt rhétorique que didactique.
art,concept,consolation,contrainte,enthousiasme,être,hommes,idée,langue,musique,…

action
Le parcours d'un homme d'action suit, chronologiquement ou abstraitement : l'esprit, ensuite - le cœur, et enfin - l'âme ; l'esthétique, l'éthique, la mystique ; c'est ainsi que, partant des choses, on traverse les valeurs, pour se retrouver dans le soi inconnu, qu'on appellera intensité, tenseur-vecteur ou hauteur. Les choses, ce sont des objets, des théories, des idéologies ; les valeurs - le bien, le beau, le juste, le libre ; la hauteur (mon terme à moi) - l'essor, le rythme, la noblesse.
auteur,axe,beauté,bien,concept,élan,hauteur,justice,liberté,musique,…

action
Tout réveil de la conscience commence par nos sens, dont les signaux sont captés, tout d’abord, par l’âme et non pas par l’esprit, avec ses pensées ou ses actes (du mouton cartésien au robot hégélien). Schelling résume cette funeste bassesse mécanique : « Le seul concept immédiat est celui de l’activité » - « Das Handeln ist der einzige unmittelbare Begriff ».
âme,bassesse,concept,conscience,esprit,idée,mouton,robot

action
Le résumé intellectuel de tout acte se réduit aux abstractions, celles-ci s’appuyant sur des postulats-axiomes, ces derniers, pour se rapprocher d’une bonne philosophie, s’inspirant des merveilles divines – le Vrai, le Bien, le Beau – ou de la merveille de tout vivant, la liberté. Mais le bavardage académique tourne autour de l’Être (un fantôme, vivotant entre la réalité et la représentation) et des connaissances (des effets des raisonnements au-dessus de la représentation, celle-ci étant recouverte d’une couche langagière). Les doigts d’une main suffisent, pour énumérer tous les bons philosophes, ensevelis par des hordes d’ignares.
beauté,bien,concept,dieu,école,être,langue,liberté,mystère,philosophie,…

baudelaire ch.
À quoi bon exécuter des projets, puisque le projet est en lui-même une jouissance suffisante.
action
Pour exécuter un beau projet, il suffit, qu'un sujet nécessaire sache jouir des objets superflus. Le pire des projets est quand le sujet est suffisant et les objets nécessaires.
bonheur,concept,nécessité

heidegger m.
Meta-hodos ist der Weg, auf dem wir einer Sache nachgehen : die Methode.

Méta-hodos est le chemin, par lequel nous suivons un objet - la méthode.
action
Pour les Grecs, « le chemin n'est jamais un procédé » (« der Weg ist kein Verfahren »). Heureux temps, où la contemplation de chemins valait mieux que leur construction. « Tout chemin s'achève, à moins que s'y oppose la paresse » - Cervantès - « No hay camino que no si acabe si no se le opone la pereza ». Rester haut est une tâche plus noble qu'aller loin. La paresse des horizons est récompensée souvent par l'élan des firmaments.
antiquité,chemin,concept,création,élan,grèce,hauteur,ironie,regard
 

amour
Dans X aime Y, la source et le charme est dans le Y, la forme et l'intensité – dans le X, mais le fond et la hauteur – dans le aime. Ressentir l'amour pour de bon, c'est voir et admirer la relation, privée des objets liés ; et la hauteur n'est habitée que par ce qui est sans objet.
concept,hauteur,intensité,style

amour
Ce qu'on voit dans un humain, ce sont ses attributs secondaires ; son essence est transparente, et c'est l'amour qui la met à nu. Deviner, inventer, recréer - tout le contraire de constater. Se fondre des yeux plutôt que se croiser de têtes.
concept,création,négation,raison,regard

amour
Il y avait des objets d'expérience et des objets d'imagination, que maîtrisaient nos bras ou nos esprits. Et il y avait l'amour, qui venait surprendre nos âmes et rendait nos existences et nos rêves purement artificiels et hautement heureux. Aujourd'hui, même l'amour est un objet d'expérience, dans cette chaîne de (re)production naturelle, que devint la vie. Les cerveaux et les cœurs sont au plus bas, au service des griffes.
âme,artificiel,bonheur,cœur,concept,création,esprit,goût,modernité,nature,…

amour
On n'aime que ce qu'on ignore ; on ignore le réel, on en connaît la représentation ; on aime donc la personne réelle et non pas ses qualités représentées, quoiqu'en dise Pascal. Les qualités sont contingentes, elles sont dans le quoi aléatoire et dans les comment et pourquoi nécessaires. Mais la personne est dans la liberté, sans pourquoi. Comme dans la poésie, l'accès à l'objet, aimé ou admiré, se fait par des qualités, ces références furtives.
abduction,concept,élite,interprétation,liberté,nécessité,réalité,représentation

amour
En matière des voluptés, tous sont interpellés par les mêmes pulsions. C'est la nature d'accès à l'objet du désir qui nous divise en poètes ou en automates. Le poète est ennemi du plus court chemin ; il cherche des voies et des regards obliques ; il est maître de la caresse, qu'il applique avec la même élégance aux mots, aux idées et aux corps. Saoulé par le sang et l'encre secrets, il ne voit pas le temps et l'ancre concrets.
caresse,chemin,concept,éléments,idée,mot,poésie,robot

amour
Le cœur et l'ancre forment la croix camarguaise – les trois vertus théologales réunies (comme dans les seuls prénoms féminins proprement russes - Вера, Надежда, Любовь). La croix et l'encre sont pour nous, et nous ne partagerions avec le Christ que le cœur, puisque Lui, d'après Thomas d'Aquin, Il n'eut ni foi ni espérance, mais le seul amour. L'éventail évangélique y ajoute Verbe et Vérité, la grisaille spinoziste - Nature, Substance, Attributs. Les plus rusés se contentent de synonymes aussi inexistants que Dieu lui-même, par exemple - Être.
christianisme,cœur,concept,espérance,être,nature,religion,russie

amour
L’arsenal des concepts, des idées, des vérités n’évolue presque plus ; celui des sentiments vit l’éternel recommencement. « L'esprit s'épuise, mais le langage du cœur est intarissable » - G.Staël.
cœur,commencement,concept,esprit,éternité,idée,langue,sentiment,vérité

stendhal
L'amour, cette passion si visionnaire, exige dans son langage une exactitude mathématique.
amour
L'amour est dans les opérations, il se désintéresse des objets qu'il manipule. Il est obsédé par des preuves, ne confond jamais conjonctions d'avec disjonctions, pratique des implications, où l'absurde est fort et la négation faible.
absurde,concept,doute,négation,raison,réalité
 

art
Quand, dans le devenir créatif, dominent l'art et l'intensité, le temps disparaît des attributs de la création, et le regard de créateur remplace les yeux d'homme ; c'est un retour éternel, retour sur soi, retour du même soi, après une brève traversée du temps.
concept,création,éternité,hommes,intensité,regard,retour,soi,temps

art
À ne voir que des objets concrets de ce bas monde, on se donne pour but de les élever à la hauteur des généralités ; je ne vois que des abstractions, et je m'impose la contrainte de ne pas les abaisser par trop de concrétude.
auteur,concept,contrainte,hauteur,nature

art
L'harmonie et le rythme maîtrisés, l'écrivain-goujat n'accorde qu'une attention secondaire au choix des objets et liens du discours - l'insensibilité à la hauteur. J'évite tout objet, que je ne parvienne pas à faire danser ou chanter.
auteur,bassesse,beauté,concept,danse,hauteur,maîtrise,musique,ordre,platitude

art
Un chemin d'accès devient métaphore, par la substitution aux mots - des objets de la représentation. Une opération que certains identifient avec la philosophie : « La philosophie est effacement du signifiant et désir de l'être dans son éclat » - Derrida - la métaphore serait l'éclat de l'être ! D'autres accès ne seraient que des axiomes. Je finirais par me reconnaître phénoménologue (Dieu m'en garde !) : « Pensée phénoménologique ? Quand une idée n'arrive pas à se séparer des voies qui y mènent » - Levinas.
arbre,auteur,chemin,concept,idée,métaphore,philosophie,représentation

art
L'art consiste en ceci : dans mes vouloir, devoir, pouvoir - qui présupposent toujours une dualité - virtualiser leur objet, ne parler qu'au nom du valoir, devenir monologue de l'arbre (même Valéry n'en préconise que le Dialogue !), d'un arbre à variables, ouvert au dialogue, futur et virtuel, avec un arbre interprétatif.
arbre,concept,ouvert,solitude,valoir

art
L'implacable chronologie verticale de l'évanescence finale nous est donnée par Goya : « la mort de l'Objet, la mort de l'Auteur, la mort de l'Œuvre et la perte du regard, la mort des Valeurs » - « la muerte del Objeto, la muerte de la autoría, la muerte de la obra y la pérdida de la mirada, la muerte de los valores ». Sur quelle longévité parier ? - de la main, qui traçait, ou de ce qui avait été tracé ?
concept,hauteur,mort,soi

art
Une œuvre : le choix de l'objet (choses et relations), le choix du projet (angle de vue), le choix du sujet (style). Ambition suprême : que personne ne puisse te surclasser sur l'une de ces trois facettes, sans être obligé à changer les deux autres.
concept,réalité,regard,représentation,style

art
Le bruit, dans la littérature, ce sont des objets trop criards ; on le réduit en leur préférant des relations entre innommables ; la poésie est une dissolution musicale de représentations ; avec la seule intensité on atteint le stade suprême, en découvrant, que « l'intensité est silencieuse » - R.Char.
concept,inconnu,intensité,mot,poésie,représentation,silence

art
Non seulement il est impossible de trancher si la beauté des choses naît en elles-mêmes ou dans notre regard, mais toute exclusive y débouche sur une tragédie : « Un être bien malheureux serait celui qui aurait le sens interne du beau et qui ne reconnaîtrait jamais le beau dans les objets » - Diderot, et le bonheur de celui qui est privé de son propre regard ne peut être que bien court et manquant de hauteur.
absurde,beauté,concept,hauteur,regard,tragédie,voix

art
Le ressort de la poésie et de la musique : le plaisir y naît non pas de l'excès des concepts problématiques, mais de la trajectoire mystérieuse de leurs accès ; la résignation de ne pas aller jusqu'au bout, de s'arrêter en chemin et de vivre le vertige d'un lien, qui fait oublier les objets liés.
chemin,concept,idée,musique,mystère,poésie,sentiment

art
Le langage du réel et un langage d'art renvoient aux objets incommensurables ; on ne copie jamais un objet réel, on ne peut copier que d'autres objets artificiels ; ces reproductions privent l'objet copié de statut d'objet d'art ; les métaphores meurent comme meurent les mots. Dans l'art, comme dans la science, on construit des chemins d'accès (artificiels) aux objets réels ; ces chemins sont l'origine des métaphores ; le regard, c'est un chemin d'accès au réel sans intermédiaires.
artificiel,chemin,concept,langue,métaphore,mot,réalité,regard,science

art
La poésie moderne, de plus en plus, est réduite aux relations entre mots et déclarée intransitive ; quand, en plus, elle est désespérément anti-réflexive et foncièrement symétrique, elle aura beau parler et marcher, elle ne nous fera ni chanter ni danser.
concept,danse,esprit,mot,poésie

art
Dans la peinture, le dessin porte la perspective du tableau et la couleur en détermine la hauteur. Le défi consisterait à intervertir leurs rôles ; dans le domaine scriptural, ce serait demander au nom de Dieu d'en porter le Verbe et à Son Esprit - d'en exprimer l'Objet.
audace,concept,dieu,hauteur,mot,style

art
Dans les écrits savants modernes, les auteurs ne se rendent pas compte, que n'importe quel de leurs collègues aurait pu écrire leurs chinoiseries et que le choix de leurs concepts et de relations entre eux n'est que le hasard des traditions académiques. Prenez, par exemple, ceci : « La division est la structure fondamentale de l'univers tragique » - Barthes - une excellente ineptie cartésienne, pour qu'on s'amuse au jeu de substitutions ! Dans le désordre, substituez à division - multiplication, soustraction, addition, à structure - descriptif, comportement, à fondamentale - auxiliaire, superflue, à univers - recoin, cuisine, à tragique - comique, épique - tout est aussi valable et sot ! De Gargantua à Phèdre, tout y passe.
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art
Qu'on montre, ou seulement évoque, un objet, on ne fait qu'en dessiner un chemin d'accès, dicté par l'habitude ou bien par la créativité. Reconnaissance ou surprise, assurance ou émotion, empreinte ou métaphore. Toute évocation ne garantit pas le second terme de l'alternative. « Il y a deux façons d'exprimer les choses ; l'une est de les montrer brutalement, l'autre de les évoquer avec art » - Matisse - la brutalité, c'est la routine.
chemin,concept,création,métaphore,sentiment

art
La poésie est toute de relations imprévues, comme la philosophie est toute de choses impensées. « La poésie est la rencontre de deux mots, que personne n'aurait pu imaginer ensemble et qui forment ainsi une espèce de mystère » - Lorca - « La poesía es la unión de dos palabras que uno nunca supuso que pudieran juntarse, y que forman algo así como un misterio ». Et c'est de leur rencontre, sans problèmes ni solutions, qu'il faut attendre les plus beaux mystères. Tu le disais si bien : « Toutes les choses ont leur mystère, et la poésie, c'est le mystère de toutes les choses » - « Todas las cosas tienen su misterio, y la poesía es el misterio que tienen todas las cosas ».
concept,inconnu,mot,mystère,philosophie,poésie,réalité

art
La maxime est un concentré des trois genres : de l'épique, avec l'ampleur des objets, du dramatique, avec l'intensité de ses actions, du poétique, avec le vertige de ses premières émotions. Chacun peut la développer dans le sens de ses propres goûts ou connaissances. Maîtriser, à la fois, tous ces axes, c'est être philosophe. « Les pensées brèves ont l'avantage de faire penser le lecteur par lui-même » - Tolstoï - « Короткие мысли тем хороши, что они заставляют читателя самого думать ».
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art
Toute la philosophie se réduit à quelques aphorismes, puisqu’elle, comme la poésie, manipule des images et nullement des concepts. Tout le reste n’est que logorrhée. « Développer une phrase-image, c’est arrêter l’élan d’une imagination »** - Bachelard.
concept,discursif,maxime,philosophie,poésie

art
Il y a trois sortes de poésie, ayant trois sources totalement différentes, trois lois complètement disjointes, trois langages incompatibles, et pourtant divinement solidaires : ma poésie intérieure, où s'accordent l'appel du bon et l'émotion du beau ; la poésie du monde, où se devine un majestueux Créateur ; et, enfin, la poésie qui sort de ma plume, de mes notes ou de mon pinceau - de ma création, qui achève cet anneau mystérieux. Il doit y avoir un méta-langage, un méta-opérateur, qui sacre cette relation ternaire, que la raison refuse et l'âme salue.
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art
Le seul art noble est l'art romantique, où l'émotion s'équilibre avec l'ironie dans une peinture d'un état d'âme. « L'art est, avant tout, un état d'âme »*** - Chagall - « Искусство - это прежде всего состояние души ». À la peinture, les abstraits opposent la divination. L'appel des formalistes - ne pas nommer l'objet, mais seulement le suggérer, est irrecevable. Quand on évite le bon objet, on tombe, fatalement, sur un autre. Et puisque toute relation et tout qualificatif peuvent et doivent se muer en objets à part, chercher des rapports et couleurs au détriment des objets est également sans objet.
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art
L'ordre croissant d'importance, dans le travail de plume : les circonstances (lieux et dates), les contraintes (choses et relations à exclure), le talent (fulgurances et abattements). Aujourd'hui, seul le premier aspect survit ; les livres nagent dans une platitude, dont ne débordent que quelques fadaises. Partout - des dates (pas d'appels de l'éternité), les lieux sont publics (ni l'âme ni le cœur), les objets n'ont qu'une pesanteur (pas de grâce), les points de vue sont claniques (ni regards ni états d'âme personnels).
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art
Tout trope est la découverte d’un chemin d’accès délicat et insoupçonné aux objets, même aux objets sans importance. Ce chemin suit des relations rares ou nouvelles. « Trouver le lien invisible entre objets, voilà le génie » - Nabokov - « Genius is finding the invisible link between things ». L’Intelligence Artificielle finira, un jour, par nous éblouir par des métaphores inouïes.
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art
C'est en fonction de la place de la forme et du contenu que l'histoire de l'écriture peut être divisée en trois étapes - la moutonnière, la poétique, la robotique : la domination du contenu (des choses, du quoi), le culte de la forme (des relations, du comment), la règle de production de la forme à partir du contenu (du pourquoi, de la causalité comme forme banale d'un fond, qui se réduit aux lois naturelles ou aux conventions humaines). Tout écrit d'art naissait jadis d'une réflexion abductive, aujourd'hui il veut être déductif, et la machine l'y surclassera.
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art
Ils partent des objets, que la conscience délimita déjà, et l’intellect conceptualisa et verbalisa ; je pars de ces perceptions pré-conscientes que j’appelle états d’âme ; c’est pourquoi l’essentiel de mon énergie porte sur les commencements : partir de l’âme, porté par l’esprit.
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art
Les métaphores échouent à cause des rapprochements conceptuels trop vagues ; les pensées échouent du manque d’imagination verbale. « L’écrivain doit avoir la précision du poète et l’imagination du savant »** - Nabokov - « A writer should have the precision of a poet and the imagination of a scientist ».
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art
Je ne suis pas moi-même, en exhibant des choses, leurs places, leurs liens, leurs poids ; je ne me reconnaît que dans l’élan vers ce qui existe bien avant les mots ou les pensées. « On n’arrive à peindre poétiquement que les élans »** - Mandelstam - « Единственное, что поддаётся поэтическому изображению, - порывы ».
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art
L’âme forme le regard, enveloppant des choses ; les yeux de l’esprit le développent en relations. C’est presque la même chose que de dire : « L’esprit est l’œil de l’âme » - Vauvenargues.
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art
Toute grande culture a ses propres repères de profondeur : l’allemande – dans l’intensité et les concepts ; la française - dans l’intelligence et le style ; la russe – dans l’humilité et la tragédie. Tous ces repères s’ancrent dans la réalité ; tandis que la hauteur ne s’évalue que par la part et la qualité du rêve. Le Russe semble y être le plus compétent.
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art
Aucun rapport entre la science et la philosophie, puisque les meilleurs scientifiques sont nuls en philosophie, et les meilleurs philosophes sont nuls en sciences. Le seul, qui pourrait garder un équilibre métaphorique entre ces branches de la spiritualité, c’est l’artiste, surtout le poète, puisque partout il cherchera de la musique – verbale, conceptuelle, éthique ou mystique. D’ailleurs, au lieu du Logos indéfinissable, on aurait dû parler de la musique, qui a un sens dans toute sphère de la conscience.
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art
Le lecteur moderne est si habitué à ne reconnaître dans un écrit que des objets familiers, qu’il sera certainement perdu et perplexe devant mes notes, notes dans les deux sens du terme, puisque c’est la musique, portée par l’image et la pensée, qui en devrait ressortir, avant tout objet. Et même les objets, qui y sont dépeints, n’ont pas encore de noms – mon langage est si souvent adamique.
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art
La musique : l’accès émouvant aux objets invisibles. La littérature devrait viser le même effet : rendre grandiose l’accès aux états d’âme, en transformant les objets en relations, et les relations – en objets ; ces transformations sont des caresses verbales.
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art
Le plus souvent, mes maximes naissent du pressentiment d’une relation, dont on ignore encore les objets liés, comme les vers émergent des rencontres aléatoires de quelques assonances ou rimes. Donc, dans les deux cas, le premier jet est dans le connu, tandis que l’art est dans la distribution des inconnues dans l’arbre à bâtir.
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art
1966, 1970, 1988 – les dates de la mort du dernier poète en Russie, en Allemagne, en France. J’ai beau m’extasier devant la merveille de la sauterelle, je ne peux en conclure, en absence de poètes, que « the poetry of Earth is never dead » - J.Keats. Les poètes traduisaient les concepts en rêves ; nos contemporains réduisirent tout rêve – en concept. Ce n’est plus aux mânes ou momies de la défunte qu’on rend hommage, mais à ses images de synthèse.
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art
Tant de galimatias – philosophiques, picturaux, musicaux (la liste reflète la chronologie des agonies) – se présentent comme l’avènement de la sensibilité pure. Dans un langage plus réaliste, je parlerais du hasard des relations entre concepts, du hasard des couleurs ou des formes, du hasard du croisement des tons, des rythmes. Bref, la disparition de la mélodie – spirituelle, pittoresque, émotive. À force de moduler à outrance les reliefs de notre âme, on aboutit à une platitude idéologique, formelle, impersonnelle.
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art
L’art ne s’adresse qu’à ceux qui ont une âme ; il consiste à peindre des rencontres uniques, jamais produites par le passé, entre des concepts, grâce à un nouvel angle de vues sur eux. La vue de cette rencontre, ce trope, le contraire du hasard, provoque une émotion dans les âmes, qui disposent de facettes autres que la réfléchissante ou la calculante (ce fut le cas malheureux d'Aristote). La métaphore est un triomphe du talent sur le hasard.
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art
Les armes du style : l’étendue des écarts langagiers subtiles, la profondeur des métaphores conceptuelles, la hauteur des chemins d’accès aux objets de rêve.
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art
Si la source de tes réflexions n’est que problématique ou pragmatique, la tonalité mystique peut s’avérer n’être que platitude ou profanation – un sobre développement y aurait suffi. Mais si cette source est mystique, tu dois renoncer au développement et songer à l’enveloppement de tes réflexions par des caresses, verbales ou conceptuelles, se limitant aux préliminaires.
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art
En approfondissant ton regard sur n’importe quel objet – que ce soit un cristal, un papillon, un rugbyman – tu finiras par tomber sur des mystères grandioses, incitant ta vénération de la Création ; mais l’écrivain, dans son choix d’objets, doit poser des contraintes sévères et remonter aux genres les plus abstraits, où disparaîtraient les atomes, les yeux, les cervelles et ne resteraient que les états d’âme enchantée.
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art
L’écriture : l’objet initial – un état d’âme, réel, non langagier, non conceptualisé, ensuite – son reflet, de vagues concepts avec de vagues relations, leurs places vagues dans une représentation naissante, des mots trop précis, trop limités, trop galvaudés, la nécessité de métaphores, qui finissent par peindre un état d’âme aux frontières trop nettes et imprévues, et c’est le chemin d’accès de ce dernier état avec l’état d’âme initial qui déterminera la qualité de ton écriture.
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art
Les genres discursif ou aphoristique, l’horizontalité ou la verticalité, le glissement superficiel sur les mots ou la pénétration, profonde ou haute, des idées. Chez les discoureurs, tout comme chez les laconiques, des images, des concepts et des idées sont aussi présents, mais restent surfaciques. Quant aux mots, l’aphoriste en maîtrise la musique et l’intensité avec plus de vigueur et d’audace, mais il évite les paysages communs, pour peindre son propre climat. Le discoureur méprise des idées nées ; l’aphoriste engendre des idées naissantes. La jouissance des oreilles ou la perplexité de l’esprit. La reconnaissance ou l’étonnement.
audace,climat,commencement,concept,discursif,esprit,étonnement,force,goût,hauteur,…

art
L’un des concepts, peut-être le plus protéiforme et mystérieux, est celui de caresse, qui rapproche l’art, l’érotisme et la noblesse – la fusion dans l’indirect, dans le lointain, dans l’extatique, l’élan de l’immobilité.
caresse,concept,élan,immobilité,mystère,noblesse,proximité
 

bien
On est face à un vrai arbre et non pas à une structure conceptuelle, botanique ou généalogique, quand on est capable de faire, mentalement ou sentimentalement, le parcours complet entre ses racines et sa cime, ses fleurs et son ombre. « Même l'arbre en fleurs ment, dès l'instant, où l'on le regarde fleurir, sans percevoir l'ombre du Mal » - Adorno - « Noch der Baum, der blüht, lügt in dem Augenblick, in welchem man sein Blühen ohne den Schatten des Entsetzens wahrnimmt ». L'oubli d'un attribut ou d'une saison de l'arbre est source du Mal, et l'ombre est soumise à cette loi aussi bien que les fleurs. La pose la plus favorable pour une vision unificatrice de l'arbre s'appelle, hélas, - immobilité ; et cet angle de vue unificateur s'appelle hauteur ; l'arbre artificiel ainsi unifié étant dédié à la perfection de la réalité. La connexité entre fleur et fruit, racine et sève, cime et ombre, c'est cela, l'arbre.
arbre,artificiel,climat,concept,hauteur,idée,immobilité,mal,ombre,réalité,…

bien
Dieu-intelligence se reflète dans notre esprit, Dieu-beauté est perçu par notre âme, mais Dieu-bonté ne se démontre jamais et ne quitte jamais notre cœur, d'où cette tentation : « Le philosophe met sa vision du Bien à la place de Dieu » - Chestov - « Философ своё понятие о добре ставит на место Бога ».
âme,beauté,cœur,concept,dieu,esprit,intelligence

bien
Nous avons trois principes innés : l'appel du Bien, le goût du Beau, la capacité du Vrai ; de l'imperfection de leur application naissent leurs perversions : le Mal, le Robot, la Bêtise. Curieusement, tous dénoncent la première et la troisième, comme conséquences d'une prédisposition innée, mais ne remarquent pas la véritable mutation humaine, qui découle de la deuxième perversion, la robotisation de nos désirs et de nos actes.
action,beauté,concept,goût,hommes,intelligence,mal,robot,vérité

bien
L'utilité n'est pas un attribut booléen, comme pensent tous les philosophes, mais une relation binaire entre l'objet-acteur et l'objet-but. Le libre arbitre créant des buts à volonté, il est possible de déclarer utile n'importe quelle perfidie ou tricherie. Et ils déclarent, que l'utilité est la vertu même ! Avec la puissance, ils arrivent à la même absurdité.
absurde,concept,force,liberté,mensonge,philosophie,représentation,utilité

bien
Aristote ne connaît pas la différence entre un arbre et un graphe ; la notion d’implexe ne lui vient pas à l’esprit, sinon il ne parlerait pas de l’impossibilité d’associer au concept du Bien, plusieurs ancêtres – substance (intelligence), qualité (vertu), quantité (équilibre), relation (utilité).
arbre,concept,être,intelligence,utilité

plotin
Le Bien est contraire au mal, comme la forme est contraire à la privation.
bien
Le mal est absence de la honte, ce fond humain, dont l'ironie est la forme. Le Bien est la seule valeur humaine sans contraire. Le mal est un attribut automatique de toute action. Être privé du Bien veut dire être sourd à une voix divine, qui se blottit dans ton cœur, sans savoir se traduire en actes.
axe,cœur,concept,honte,ironie,mal,négation,style

leibniz w.
En Dieu, la puissance va à l'être, la sagesse au vrai, la volonté au Bien.
bien
Chez l'homme, en revanche, l'être, la vérité et le Bien sont sans attributs. Ce qui réclamerait, chez lui, et la puissance et la sagesse et la volonté, c'est le beau. C'est pourquoi la théodicée la plus convaincante, ce n'est ni la tienne ni celle de Gödel, mais celle de Berdiaev : la beauté incompréhensible de la création humaine.
beauté,concept,création,dieu,esprit,être,force,inconnu,intensité,philosophie,…
 

cité
La seule liberté, non-innée et dont on est conscient, est la liberté politique. La liberté d’action nous est commune avec des amibes ; la liberté d’artiste est dans son talent. La plus noble des libertés, la liberté éthique, est mise dans notre cœur et ne doit rien à l’expérience ; la conscience du Bien est la liberté éthique même. Spinoza, comme toujours, embrouille les choses : « Si les hommes naissaient libres, ils n’auraient aucune notion du bien et du mal » - « Si homines liberi nascentur, nullum boni et mali formarent conceptum ».
art,bien,cœur,concept,conscience,liberté,mal,noblesse

cité
L’histoire des révolutionnaires de la cause commune suit l’idée qui les excite ; l’enthousiasme, fatalement, faiblit, et le désenchantement les rend mélancoliques et solitaires. Les idées, contrairement à Dieu, ne sont pas mortes, elles changent de foyers de leurs élans. Jadis, elles portaient sur des fantômes (Platon), ensuite elles visèrent les objets (Aristote), l’homme introspectif (Kant), l’homme de la production (K.Marx). Seul Sisyphe pouvait trouver de la noblesse dans ce dernier emploi de notre perspicacité ou de nos rêves ; les autres descendaient dans le passé, pour ressusciter, nostalgiquement, les anciennes idoles, mais qui ne s’avéraient être que des momies. Toute idée dégénère en algorithme.
concept,dieu,élan,ennui,enthousiasme,force,histoire,hommes,idée,lutte,…

péguy ch.
Ce qui ne devait servir qu'à l'échange a complètement envahi la valeur à échanger. L'instrument est devenu la matière et l'objet et le monde.
cité
Le culte de l'outil, du méta-objet, n'est beau que s'il peut être envisagé d'un autre méta-niveau (méta-métamorphose), sinon il est d'une épouvantable platitude. L'outil, c'est la valeur d'usage, comme l'œuvre est une valeur d'échange, mais toutes les deux sont dominées par la valeur-signe (Baudrillard) - la métaphore.
argent,axe,beauté,concept,création,matière,métaphore,platitude,réalité,vie
 

doute
La précision est primordiale, quand la requête est de forme : Que vaut (pourquoi, comment, quand, où) X ? Mais l'intelligence, c'est la spécification de X : modèles (substances), qualificatifs, négation, quantification, liens entre objets, tournures verbales. La présence d'inconnues, dictée par une intuition ou une foi, peut être plus féconde qu'une mécanique précision en résolution.
arbre,concept,intelligence,interprétation,langue,négation,question,religion,représentation,universel,…

doute
Le doute en soi n'est pas meilleur que la certitude. C'est son sujet, ou mieux, les rapports nouveaux entre ses objets, qui le parent d'ombres et de reflets. Dans la certitude, c'est le projet-passion qui peut l'illuminer.
amour,beauté,concept,ombre,représentation

doute
Les représentations conceptuelles ne sont jamais homomorphes ; une infinité de structures et d'opérations de la réalité échappera toujours à nos modèles humains. Mais puisque les seuls modèles parfaits sont des modèles mathématiques, le réel, c'est à dire la perfection même, serait une réalisation de la mathématique, celle-ci étant ainsi l'ontologie même. Au commencement et de la représentation et de l'objet est le Nombre, la seule raison de leur concordance.
commencement,concept,idée,inconnu,raison,réalité,représentation,savoir,science

doute
L'ignorabimus correspond à la partie de l'ignoramus, à ces choses, qui n'admettent pas de représentation : ni par objet ni par relation ni par prédicat. Et Kant et Gödel nous apportent des preuves interprétatives de leur existence.
concept,interprétation,philosophie,représentation,savoir

doute
Le non-poète s'intéresse à deux choses : aux miroirs et aux objets. Aux objets les plus pesants et aux miroirs à reflets fidèles. Tandis que le poète guette surtout les objets invisibles et se crée des outils à réflexion musicale de fantômes. Pour nous inonder d'une musique, qui n'est nullement reflet du bruit du monde.
concept,création,danse,inconnu,musique,platitude,représentation

doute
Dans la connaissance de l'objet réel, on ne s'appuie que sur sa représentation, c'est à dire une substance avec ses attributions quantifiées, et l'on oublie son image analogique, qui est une véritable source de la représentation et une donnée immédiate de l'objet, appelée, par des bavards, - être.
concept,être,réalité,représentation,savoir,temps

doute
Entre la perception d'un objet et la mise en mémoire transitoire de son image - aucun traitement conceptuel peut ne se produire ; mais que mémorise-t-on, au juste ? - grande énigme de la mémoire ; à chaque sens correspondrait un type de stockage, mais sans représentation conceptuelle ! Un vrac cru et sans substance.
concept,être,idée,mémoire,réalité,représentation,temps

doute
Les commencements valent par la qualité des définitions (des objets) et des déterminations (des relations), ce qui ressemble à la formulation de théorèmes. Sans bonnes contraintes, l'amorce est vouée au hasard ou à la routine. Les contraintes sont des déterminations négatives, écartant le secondaire et difforme, pour se focaliser sur l'essentiel et l'élégant.
commencement,concept,contrainte,élite,être,jeu,style

doute
Le primitif s'enorgueillit des objets visibles qu'il veut posséder ; le naïf se flatte des objets vus qu'il doit maîtriser ; l'intuitif s'enivre des objets invisibles qu'il peut chanter. Regarder, voir, rendre audible l'invisible.
concept,danse,inconnu,maîtrise,musique,regard,simplicité,valoir

doute
J'entends la musique de mon soi inconnu, c'est à dire son élan, son intensité et sa mélodie ; ce langage défie tout verbalisme, toute représentation ; pourtant, il s'agit de le traduire par mon soi connu, maître du verbe et du concept.
beauté,concept,création,élan,idée,inconnu,intensité,langue,maîtrise,musique,…

doute
Aucun philosophe ne s'éleva jamais au-dessus de l'intuition discursive. La rigueur, c'est l'art de spécifier des objets, de créer des axiomes non-contradictoires sur les relations entre les objets, de maîtriser les rapports entre le langage et la logique formelle, de formuler des requêtes ou des hypothèses, d'enchaîner des déductions. Cet art resta inaccessible à tous les philosophes, qui ne sont, par définition, que des sophistes. Leur seule issue honorable aurait dû être l'alliance avec la poésie, mais pour cette reconversion l'intelligence ne suffit pas, il faut du talent.
concept,création,esprit,intelligence,langue,philosophie,poésie,question,science

doute
Au bout de son chemin, l'homme découvre des contraintes, plus éloquentes que les buts, et des regards, plus enthousiasmants que les choses vues. Bien que sa substance se réduise aux relations, le sujet qui regarde rend secondaire l'objet regardé. « L'homme cherche à oublier où le chemin conduit » - Héraclite – pour s'identifier avec son premier pas, accomplis sous le signe des contraintes, créées par lui-même.
concept,contrainte,enthousiasme,être,hommes,mémoire,regard

doute
Des origines d'obscurité d'un écrit : le manque de maîtrise de l'objet ou de la langue, le jargon et la normativité d'un clan, la fidélité à l'obscurité de l'objet même, l'usage de métaphores. Les deux premières – à bannir, les deux dernières – à cultiver.
concept,école,langue,maîtrise,métaphore,sacrifice

doute
On peut émettre quelques conjectures raisonnables sur le mécanisme de mémorisation de syllabes, de mots, de références d'objets ou de relations, mais le mystère de la mémorisation des sons et des mélodies me paraît être entier. Comment se reconstitue une mélodie, à partir du dernier son (le son du présent), tandis que les sons précédents (les sons du passé) ne retentissent plus et sont en mémoire ?
auteur,concept,mémoire,mot,musique,mystère,temps

doute
L'intentionnalité est la construction de l'arbre linguo-conceptuel d'accès à l'objet visé : un simple nœud-nom, dans le cas le plus flagrant, une forêt-réseau logico-sémantique, dans le cas le plus embrouillé.
arbre,concept,idée,réalité,simplicité

doute
Il ne s'agit pas de chercher un concurrent, plus immédiat, du cogito, mais d'établir une hiérarchie des acceptions du verbe penser et d'en trouver la plus proche de notre certitude d'exister. Penser s'étend de la perception à la conception, en passant par désir, sollicitation, excitation, à l'origine desquels se profilent des objets ou relations, qu'il s'agit, en fin de compte, de référencer verbalement, mais ce n'est que le dernier chaînon. Le fameux doute n'est que la recherche tâtonnante de ces références finales et non pas initiales.
action,commencement,concept,élite,langue

doute
L’intellect transforme les empreintes analogues de nos sens - en données analogues de notre mémoire. Les premières ne se trompent jamais ; les secondes se trompent toujours. Pourtant, toutes nos connaissances proviennent des secondes, et les premières ne servent qu’à valider les jugements des secondes. Le robot, lui aussi, aura ses sens, mais toutes les données seront déjà, pour lui, des connaissances conceptuelles, en sautant les stades analogue et numérique.
concept,erreur,intelligence,mémoire,réalité,robot,savoir,vérité

doute
Les phénoménologues (et les existentialistes) pensent que l’essence de l’amour, de la vérité et du goût pour le Beau ne se forme qu’au contact avec un visage charmant, un paysage ou un puzzle logique. C’est le contraire qui est plus plausible : l’existence de ces manifestations n’est possible que grâce à une essence innée. « C’est la Nature elle-même qui imprime dans l’âme les vérités intellectuelles, qui, bien que stimulées par les objets, n’en sont pas guidées » - Chomsky - « Intellectual truths are imprinted on the soul by the dictates of Nature itself and, though stimulated by objects, are not conveyed by them ». Mais que deviendrait l’œil en absence de lumière ?
amour,beauté,concept,être,intelligence,nature,philosophie,réalité,science,vérité

doute
Sans posséder un seul concept rigoureux, la philosophie académique, comme d’ailleurs toute autre, ne peut formuler aucune conception du monde ; celle-ci résulte de la réflexion et contemplation naïves de ce que la cosmogonie, la biologie ou la poésie exhibent de la matière minérale, animale ou viscérale. Mais la philosophie peut rehausser le regard sur le monde, ce que pratiquent les Allemands et les Russes, avec leurs Anschauung/воззрение – regard.
allemagne,concept,école,maîtrise,nature,philosophie,poésie,regard,russie,science

doute
Ce n’est pas le taux de choses abstraites, d’objets sans corps, qui distingue un discours philosophique. Tout homme de la rue en fait autant usage. Le philosophe déniche surtout des objets, qui n’ont pas encore de noms, ou bien il flaire ceux qui n’existent même pas. C’est le travail d’une vraie imagination.
absurde,concept,philosophie

doute
Ce qui est le plus important pour toi – Dieu, l’amour, le rêve, la création, le Bien, la noblesse – n’existe pas, puisque exister, c’est d’avoir un nom univoque. Or, ces mots ne couvrent qu’une partie infinitésimale de ce que tu éprouves à leur évocation. Presque toutes les autres choses sont déjà pleinement nommées et donc existent ou vivotent.
amour,bien,concept,création,dieu,être,mot,représentation,rêve

doute
En mathématique, on approfondit la connaissance en inventant (en généralisant) de nouvelles espèces d’objets, de relations ou de valeurs. L’arrêt de cet approfondissement, surtout dans d’autres sciences, s’appelle résignation ou clarté ; la clarté est ennemi du progrès de la connaissance.
acquiescement,concept,ombre,savoir,science

doute
J’exagère un peu moins que Valéry, pour désigner notre soi mystérieux ; pour Valéry, il est inconnaissable et pour moi - seulement inconnu. On ne connaît qu’à travers des représentations ; les relations en sont l’un des paradigmes. Or, des relations du soi inconnu avec le soi connu peuvent être définies en tant qu’influences, échos ou inspirations, ce qui met le premier dans le domaine du connaissable, bien qu’arbitraire.
auteur,concept,inconnu,jeu,mystère,représentation,savoir,soi

doute
Tous nos doutes et certitudes sont marqués par probabilités, datations, durées. En bâtissant nos représentations (dans l’espace), nous nous appuyons surtout sur nos certitudes ; en élaborant nos interprétations (dans le temps), nous comptons sur l’imagination de nos doutes. Une synthèse des concepts ou une analyse des images.
concept,intelligence,interprétation,représentation,temps

doute
Je cherche des rencontres des concepts qui ne se connaissaient guère ; de leurs rapprochements hasardeux, naissent des caresses verbales, des métaphores ; l’un des fruits illégitimes et aléatoires de ces ébats s’appellera pensée, qui ne fut nullement invitée à cette fête imprévisible.
auteur,caresse,concept,idée,inconnu,jeu,langue,métaphore

doute
La représentation de connaissances nouvelles réside en assertions à inscrire dans la représentation déjà existante ; la non-contradiction en est la seule contrainte. L’interprétation de connaissances existantes consiste à formuler une requête et à tenter de la démontrer ; la grammaire (logique, syntaxe, sémantique, substitutions) y est le guide. L’Être surgit de la première activité (concepts et relations) ; le Néant est un fait collatéral de la seconde (absence d’objets vérifiant certaines conditions). Aucun parallélisme, aucune identité, aucune comparaison ne sont possibles entre ces deux vagues notions. Qu’est-ce qu’un bonbon ? ou Combien de bonbons dans ce vase vide ? - il est insensé de chercher quelque chose de comparable entre ces deux formules.
concept,idée,interprétation,langue,question,représentation,savoir,science

doute
Ce que tu ressens, et même ce que tu penses, n’admet aucune reproduction univoque en mots ; la cachotterie ou la franchise ne jouent qu’un rôle mineur dans la qualité ou l’authenticité de tes portraits verbaux. N’y comptent que l’intelligence conceptuelle et le talent langagier.
concept,esprit,idée,intelligence,langue,mot,sentiment

doute
Si le doute sur le sens d’une notion philosophique ne provoque aucune réflexion fructueuse, il faut jeter cette notion au rebut ou, au moins, en ricaner. Les victimes potentielles : l’être, les connaissances, la vérité. Par ailleurs, qui en doute ? Le doute y serait aussi ridicule que l’usage de ces avortons dans les proclamations de foi.
concept,être,idée,philosophie,savoir,vérité

doute
On pratique trois sortes de philosophie : celle qui croit avoir résolu un problème et veut exhiber ses solutions ; celle qui reste insensible aux mystères du monde et leur substitue ses problèmes ; celle, enfin, qui s’adresse au Créateur des mystères indicibles et cherche à en composer des conceptuels. Trois sortes de regard – pratique, mécanique, extatique.
concept,création,dieu,élan,inconnu,intelligence,mystère,nature,philosophie,regard,…

doute
Un mathématicien, qui découvre des écrits philosophiques, n’y trouve que du verbiage et du délire ; et un non-mathématicien – que des concepts et des convictions. Le premier finit par n’en apprécier que l’expressivité poétique, et le second – que la didactique.
concept,philosophie,poésie,science

doute
La liberté biologique est un miracle de tout vivant ; la liberté politique est un immense problème de société ; la liberté intellectuelle est une solution réservée aux solitaires ; la liberté des philosophes est une totale fumisterie : ni Montesquieu, ni Hegel, ni Berdiaev, ni Sartre ne formulèrent absolument rien d’intéressant la-dessus – que d’insipides logorrhées autour d’un creux indéfinissable.
absurde,cité,concept,liberté,mystère,philosophie,solitude,vie

doute
Le sens des notions philosophiques d’outil, d’agent, de matière, de ressource varie, en fonction des représentations réalisées, ce qui prive la causalité d’universalité, lui refuse le statut de concept et la réduit à celui de vague notion. Contrairement aux concepts d’espèce-genre, de composition, de succession, de rapports spatiaux etc. Et Spinoza est, comme presque toujours, bien bête : « Le vrai savoir est le savoir par causes » - « Vere scire est scire per causas ».
concept,intelligence,philosophie,représentation,savoir,temps,universel

doute
Dans notre cerveau, certaines notions cognitives sont innées : spatio-temporelles, logiques, ensemblistes, numériques, algébriques, mais on n’y trouve aucune trace de nos connaissances grammaticales. La grammaire se forme par l’usage, partant des méthodes de référence d’objets et de relations entre ceux-ci. D’infinies subtilités phonétiques et gestuelles précèdent la naissance de ces méthodes.
concept,langue,représentation,savoir,science,temps

doute
Ce n’est pas l’usage excessif de tropes qui justifie l’attachement de la philosophie à l’arbre poétique, mais la part, négligeable, de la rigueur, la confiance, inconsciente et béate, en clarté des mots et peu d’intérêt pour la définition de concepts.
arbre,concept,métaphore,mot,philosophie,poésie

doute
Les définitions ne s’attachent pas aux choses réelles mais aux objets représentatifs. Ainsi même le soi inconnu, immatériel, indéfinissable se modélise en tant qu’objet bien défini.
concept,inconnu,matière,réalité,représentation,soi

doute
La réalité, ce sont des ombres, projetées soit par la lumière divine mystérieuse soit par la lumière des représentations humaines rigoureuses. Le langage, s’adressant directement à la réalité, est plein d’ombres que dissipe ou embellit la lumière du sens, donné à partir de la représentation. Un individu est d’autant plus intelligent que ses structures langagières conçues (la grammaire individuelle) sont plus près des représentations conceptuelles.
beauté,concept,dieu,hommes,intelligence,langue,mystère,ombre,réalité,représentation,…

doute
Science des faits, science des mots, science des concepts – c’est dans ces trois domaines que se résument toutes les sciences, sauf la mathématique, dans laquelle ils se fusionnent.
concept,mot,science

horace
Brevis esse laboro, obscurus fio.

Je m'efforce d'être bref et je deviens obscur.
doute
Aller en longueur ne demande pas d'efforts, mais produit une fausse clarté. Dans des tirades, les maillons s'effacent et les objets enchaînés vivent comme dans un agenda. Dans la brièveté des mots, les liaisons effacent les objets liés.
concept,mot,représentation

levinas e.
Le visage est le mystère de toute clarté, le secret de toute ouverture.
doute
Cette clarté foudroyante est invisible, et ce paisible mystère nous crève les yeux. Le seul objet, où l'on n'ait aucune envie de lui substituer une abstraction ou de le revivre en rêve. Le regard n'y sert à rien ; seuls les yeux en touchent le fond ; l'aveugle ne peut pas être un Ouvert. La tragédie de la création : on est visage, mais on n'a que des mots.
concept,création,mot,mystère,ombre,ouvert,regard,rêve,tragédie
 

hommes
Tout prototype de structure, tout archétype d'objet aboutit, chez l'homme moderne, à un stéréotype de comportement. L'homme comme machina ex Dei.
action,arbre,concept,mystère,représentation,robot

hommes
Les hommes ne s'attardent qu'aux choses sans lumière ; une raison de plus de me consacrer aux ombres sans choses. « Les objets ne sont que prétexte à la lumière »** - Baudrillard.
auteur,concept,ombre,réalité

hommes
Ils libèrent leur âme des tyrans, de Dieu, des censeurs, pour se retrouver avec leur seule cervelle, sans liberté, sans hauteur, sans originalité. L'âme, dépourvue de tous ses attributs, devint atavique.
âme,cité,concept,dieu,hauteur,liberté,modernité,raison,voix

hommes
Deux erreurs des hommes : celle du mouton - vouloir faire partie d'une forêt ou même être soi-même une forêt, ou celle du robot - ne se prendre que pour une branche d'arbre. « La sottise, c'est qu'une branche se prenne pour un arbre entier » - Boehme - « Was Thorheit ists, daß der Zweig will ein eigener Baum seyn » - l'homme, qui ne retrouve pas en soi tous les attributs de l'arbre, est voué à ne rester qu'une souche.
arbre,concept,intelligence,mouton,robot

hommes
La merveille, c'est l'homme ; la liberté n'est qu'un de ses attributs essentiels, mais qui ne mérite pas les hymnes, que lui chantent Berdiaev ou Sartre. La création en est un autre attribut, plutôt accidentel qu'essentiel, mais qui s'oppose plus nettement que la liberté à l'évolution ou à l'inertie mécaniques. La liberté la plus créative, comme la plus libre création, sont dues à la noblesse des contraintes ; la volonté et le talent les fructifiant.
concept,continuité,contrainte,création,liberté,noblesse,robot

hommes
Aujourd'hui, on voit les hommes qui poussent leurs racines dans les dernières profondeurs, les hommes qui bâtissent des troncs indestructibles, les hommes qui garnissent des branches bien touffues, les hommes qui charment l'œil avec leurs fleurs bien écloses, les hommes qui comblent avec leurs fruits généreux - on ne voit plus d'arbres ! Mais le pire des hommes est celui qui sent la forêt, sans posséder les attributs de l'arbre.
arbre,concept,hauteur,mouton,temps

hommes
L'homme est, avant tout, homme-sujet, bardé d'attributs, dont la virtualité n'a rien à envier à n'importe quelle réalité, et qui, pour en atteindre les sommets ou les mettre en marche, n'a pas besoin de croiser, tout le temps, l'homme-objet, le sparring partner, le frère ou l'adversaire. Mais c'est l'homme-projet, c'est à dire l'homme-algorithme, l'homme-robot, qui les devance tous les deux : « L'homme est d'abord un projet » - Sartre.
concept,lutte,réalité,robot

hommes
La robotisation des hommes n'est pas dans la préférence du conceptuel, au détriment du métaphorique. Les vrais concepts sont d'origine extra-langagière. Le robot n'emploie que des métaphores figées, consensuelles, à travers lesquelles l'accès aux objets est immédiat, mécanique, sans aucun accompagnement musical, sans aucune danse de mots enchanteurs, sans aucune inconnue sur l'arbre du savoir.
arbre,concept,danse,idée,langue,métaphore,mot,musique,robot,savoir

hommes
L’homme, à partir d’un lien syntaxique imposé (sa naissance, résumant son essence, avec des organes innés du Bien, du Beau, du Vrai), devient créateur de liens sémantiques, répartis entre le vouloir, le pouvoir, le devoir, le savoir. Cette création s’appelle existence. L’existence, en accord avec l’essence, forme les seuls deux sujets, dignes d’une spéculation philosophique, – le besoin de consolation (ou le goût de la caresse, les deux - opposés à la possession) et la richesse (opposée à l’algorithme) du langage.
beauté,bien,caresse,concept,consolation,création,être,langue,maîtrise,philosophie,…

hommes
Il n’y a pas de catégories objectives qui classeraient les hommes selon leurs capacités intellectuelles ; chacun les réinvente, et un créateur peut imaginer plus de classes de solitaires qu’un conformiste – de classes moutonnières. Et Pasternak : « L’appartenance à un type d’hommes est la fin de l’homme » - « Принадлежность к типу есть конец человека » - ne le comprend pas.
concept,création,esprit,mouton,solitude

hommes
Les hommes exceptionnels forment des genres, caractérisés par un type de regard particulier sur des objets souvent imaginaires ; les hommes ordinaires appartiennent, entièrement, à l’espèce et ne disposent que des yeux, qui ne parcourent que des objets communs. La matière des premiers est vierge et originelle ; celle des seconds – partagée et secondaire. « Les faits trop attestés ont cessé d’être malléables »* - J.Joubert.
concept,création,élite,mouton,regard

hommes
Quand l’Intelligence Artificielle, implémentée dans un ordinateur et reproduisant une démarche conceptuelle, expose une pensée, on devrait admirer la profondeur de ce cheminement humain et la virtuosité du concepteur, au lieu de redouter une concurrence ou de déprécier sa propre pensée, dont la valeur réside, principalement, dans la hauteur divine plutôt que dans la profondeur saturnine.
artificiel,chemin,concept,dieu,grâce,hauteur,idée,intelligence,robot
 

chœur intelligence
ACTION : Le sage comprend, qu'opposer l'action à la parole n'a pas plus de sens que de reprocher au bois de chauffage de ne pas avoir tous les attributs de l'arbre. La dimension économique de l'action réduisit la facette éthique à un point presque imperceptible. L'intelligence de l'action est dans la traduction du politique dans le mécanique.
arbre,axe,bien,concept,esprit,mot,robot

intelligence
Pour illustrer le sens de sa Aufhebung, Hegel prend l'exemple d'un bouton, devenant fleur et finissant en fruit. Cette opération est un cas particulier de la substitution : le même objet (instance ou substance première), changeant de modèle d'attache (modèle ou substance seconde). Le passage instantané d'un être à un autre, comme celui du néant à l'être, sont, pour Hegel, des commencements impossibles (Unmöglichkeit des Anfangs) ; il aurait dû s'appuyer sur un arbre et non pas sur un être équivalant un néant.
absurde,arbre,commencement,concept,être,représentation

intelligence
Les connaissances aprioriques sont surtout des méta-connaissances : les (pré-)notions de modèle et instance (les substances aristotéliciennes), leur structure hiérarchique ; les relations entre substances ; les propriétés des objets et relations. Le plus curieux, c'est que ces trois domaines couvrent assez précisément les trois branches mathématiques – la théorie des ensembles, l'analyse fonctionnelle, l'algèbre.
concept,être,idée,savoir,science

intelligence
L'idée n'est pas une donnée, qui désigne, mais une requête, qui interroge ; elle est davantage dans le modèle que dans le langage ; l'essence du mot n'existe pas, n'existe que sa fonction désignatrice ; ce n'est pas aux symboles qu'elle renvoie, mais aux objets du modèle.
concept,être,idée,langue,question,représentation

intelligence
La dernière étape du raffinement conceptuel d'une représentation, pour la rapprocher au plus près de la réalité, s'appelle objet ou relation mathématiques. Et puisque la philosophie est une projection de nos réflexions sur la réalité, son ontologie doit se réduire à la mathématique. « La mathématique est pour la philosophie est ce que la musique est pour la poésie » - F.Schlegel - « Die Mathematik verhält sich zur Philosophie, wie die Musik zur Poesie ».
concept,être,idée,musique,philosophie,poésie,réalité,représentation,science

intelligence
Un objet se présente comme une matière empirique, qui, par un hasard, le compose, et une manière artistique, qui, par un regard, le décompose. On change d'objet, avec tout changement de matière ; changer de manière, sans changer d'objet, est une tâche de créateur. Un contenu et une forme. « La forme est une détermination d'un contenu » - Aristote.
art,concept,création,matière,regard,style

intelligence
L'homme se mesure à la réalité par deux moyens : en monologue-représentation (objets, relations, qualificatifs) ou en dialogue-interprétation (langage, images, allégories). D'où deux types d'intelligence : analytique et synthétique, la réflexion tâtonnante et le réflexe câblé, chacun avec une part préalable d'intuition et d'imagination, qui sont de l'intelligence mystérieuse, opposée à l'algorithmique.
concept,esprit,interprétation,langue,mystère,réalité,représentation,robot,style

intelligence
Ignorer la représentation, le langage et l'interprétation (et ne s'occuper que de descriptions), telle semble être la démarche phénoménologique. Pourtant, ses trois éléments de base – les réductions, l'intuition catégoriale et la formation de chemins d'accès aux objets, en relèvent : les réductions ne sont que des explicitations d'objets, de catégories et de sujets – tâches interprétatives ; les représentations validées (entre autres, celles de catégories-classes) se câblent et sont visées par nos intuitions ; la fonction dynamique du langage consiste, justement, à former des chemins d'accès à travers les catégories, les mécanismes logiques, les valeurs d'attributs ou de liens.
chemin,concept,discursif,interprétation,langue,représentation

intelligence
Le terme d'existence s'applique aussi bien à la réalité qu'à la représentation, tandis que celui d'essence n'est pensable que dans les représentations. Il est pratiquement impossible de trouver deux humains, ayant des représentations identiques d'une même réalité ; l'usage des mêmes noms ne peut pas cacher la différence fondamentale des objets modélisés et, partant, de leurs essences. N'est donc possible aucune prétention des essences d'être des structures universelles ; Platon est trop obnubilé par le monde fantomatique des idées, et Husserl - par celui de la réalité.
absurde,concept,être,idée,mot,philosophie,réalité,représentation,science,universel

intelligence
La représentation poïétique ou l'interprétation hylique, deux activités gouvernées par l'intelligence. Représenter, c'est modeler un squelette, le munir de chair et lui apprendre à agir. Interpréter, c'est l'art de mener un dialogue : reconnaître le type d'interpellation, y déceler des connotations des objets ou des rapports, accéder aux connaissances pertinentes, recevoir des substitutions des inconnues et savoir s'arrêter pour tendre de nouveau l'oreille. Le seul domaine, où l'homme ne sera jamais dépassé par la machine, est le poids qu'on accorde aux inconnues choisies.
action,arbre,balance,concept,esprit,interprétation,ouïe,question,réalité,représentation,…

intelligence
Trois modes de pénétration d'un objet, qu'il soit métaphysique, paysager ou scientifique : par l'étendue de mon savoir, par la profondeur de mon interprétation, par la hauteur de mon regard. Avec le dernier, aucun objet n'oppose aucune résistance ni opacité ; seule ma lame ou mes ombres déterminent le degré de pénétration. Les deux premiers sont banals, même si les nigauds s'imaginent en détenir l'exclusivité.
concept,esprit,hauteur,maîtrise,ombre,platitude,regard,savoir,science

intelligence
Ce n'est pas dans l'objet lui-même que naît une belle énigme, mais dans une question intéressante au sujet de l'objet. Néanmoins, si l'incompris réside dans la question, l'incompréhensible a pour demeure l'objet même.
concept,inconnu,mystère,question,réalité

intelligence
Une bonne négation sémantique peut sauver du ridicule même le plus minable des concepts. Prenez être et parcourez cette échelle de ses négations : non-être (niais), néant (plat), temps (attributif, non conceptuel) et, enfin, devenir (processus de modification de l’être).
concept,être,négation

intelligence
« Les philosophes et les poètes d'origine possèdent la Maison, mais restent des errants sans atelier ni maison »** - R.Char - ruines, le nom que prend la Maison ainsi possédée et qui cesse d'être habitable. Ce qui réside légalement dans le langage porte un nom beaucoup moins ectoplasmique - la vérité cadavérique, réceptacle du désoubli de l'Être. Les ruines, cette vénérable demeure, hantée par le rêve et la caresse, où l'on héberge les invariants de tout mouvement (Goethe, n'y voyant aucune tour debout, ne reconnut pas les ruines discrètes). L'être n'habite que la réalité, il est la chose, qui est source des objets de la représentation et cible des mots du langage.
concept,être,exil,immobilité,langue,philosophie,poésie,réalité,représentation,rêve,…

intelligence
Penser, c'est savoir représenter (mémoriser) les triades objet – attribut – valeur et les interpréter (tirer des conséquences). Visiblement, beaucoup d'animaux pensent (ce que leur déniait Descartes) et donc - sont.
concept,être,interprétation,représentation

intelligence
Le fondement d'un nouveau regard philosophique ne peut être ni logique (Spinoza et sa mathématique), ni dialectique (Hegel et sa synthèse), ni métrique (Nietzsche et sa transvaluation), ni psychanalytique (Freud et sa perversion), mais presque exclusivement métaphorique (Derrida voit en philosophie  : « une théorie de la métaphore »*** !). C'est pourquoi toute création, en philosophie, n'est que d'ordre poétique. Et le sujet en relève au même degré que l'objet : « L'homme est une métaphore de lui-même »** - Paz - « El hombre es una metáfora de sí mismo ».
balance,commencement,concept,création,filtre,métaphore,philosophie,poésie,raison,réalité,…

intelligence
La chose : dans la réalité – chose en soi ; dans la représentation – concept surgissant de la réalité ; dans le langage – notion, munie de sons, d’images et d’intensités, notion surgissant de la représentation et renvoyant à la réalité. Les seuls domaines, qui échappent à cette triade, sont : la mathématique se passant de réalité et la musique se passant de représentation et de langage.
concept,intensité,langue,musique,réalité,représentation,science

intelligence
Si, à gauche et à droite de l'opérateur indo-européen être, se trouvent deux références respectives d'objets, et si la proposition associée s'évalue à vrai, on arrive, par unification d'arbres, à cette misérable identité, qui donnait tant de mal et faisait plisser tant de fronts, à commencer par celui de Wittgenstein (« l'identité est le diable en personne, et la négation - l'enfer » - « die Identität ist der Teufel selbst und die Verneinung die Hölle »). C'est la portée des quantificateurs existentiels qui pose problème, mais c'est une tâche de représentation et non pas de logique. L'ahurissement des philosophes, face à l'existence ou à l'identité, à commencer par Wittgenstein lui-même, s'explique par leur incapacité de distinguer entre trois domaines, où ces notions ont un sens : la réalité, la représentation, la logique.
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intelligence
Trois choses à ne pas confondre : la représentation (structures, attributions, règles), la compréhension (degré de perfection, dialogue), la réalité (entéléchie, mystère, ontologie).
concept,être,interprétation,mystère,réalité,représentation

intelligence
Le cycle de vie d'une substance : la dénomination (langue), la déclaration (technique), l'insertion (événement), l'héritage (structures), l'habillement (essence - symptômes - accidents - attributs - liens - rôles - propriétés), la résolution de problèmes (logique).
concept,discursif,être,langue,mystère,réalité

intelligence
Les symboles (ou les signes) sont des représentations minimales, des équivalents de noms, c'est à dire de références directes, d'accès immédiat aux faits par un méta-attribut de dénomination. Mais les connaissances s'attachent non pas aux symboles, mais au nom interne unique, qui, souvent, reste cryptique ou imprononçable tel le nom de Jahwé.
concept,inconnu,langue,représentation

intelligence
Dans un système fermé, les structures sont irréductibles à la logique et vice versa. Mais dès qu'on s'ouvre à un nouveau langage, on peut distribuer toute logique en nombre de structures et aplatir toute structure en pures relations logiques, c'est cela, les ruptures épistémiques entre le gnoséo-morphique et le gnoséo-logique.
concept,continuité,école,langue,raison,système

intelligence
Le concept central, dans notre machine extra-langagière, est l'identité (l'Un, la durée, avec ses débordements phénoménologiques : se manifester, communiquer, ou épistémologiques : savoir, penser, ou ontologiques : être, exister). Aucune langue ne le couvre - on ne peut philosopher que grâce aux lacunes du verbe être. Curieusement, le français, avec même - tandis qu'on a same et self, derselbe et selbst, тот же et сам - ne distingue pas l'identité des objets aux références différentes (mêmeté) de l'identité avec l'acteur d'un scénario (ipséité).
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intelligence
Pour énoncer quelque chose de sensé sur un objet réel, deux choses sont nécessaires : sa place (dans un modèle) et son nom (dans un discours), ce qui inévitablement crée trois contextes irréductibles : la réalité, le modèle et le discours. Le monde n'est la représentation ET la volonté (Maine de Biran, Novalis ou Schopenhauer) que pour ceux qui maîtrisent ET la représentation conceptuelle ET la volonté psycho-linguistique. La science et l'art sont des flagrants déséquilibres de cette triade.
art,concept,idée,intensité,maîtrise,mot,ordre,réalité,représentation,science

intelligence
L'essence a trois interprétations différentes : dans la réalité - matière ou vie ; dans le modèle - points d'attache et connaissances utilisables ; dans le discours - accès aux connaissances et aux objets (Bemächtigung der Dinge - Nietzsche). Mais entre ces trois sujets en nous - le physique, le mathématique et le poétique - il y a un mystérieux accord. La mécanique quantique et la théorie des nombres exhibent une troublante ressemblance de leurs modèles, nés des soucis totalement disjoints.
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intelligence
Il existe toujours un méta-niveau conceptuel (l'Idée des idées platonicienne), vu duquel toute substance peut être réduite à un attribut. Le descriptif résumant et même se substituant au déductif.
concept,discursif,être,idée

intelligence
Étonnant parallèle entre les termes d'Aristote : première ou seconde substance, substrats comme substances attribuées, essence et accidents, et les notions, que manipule aujourd'hui tout informaticien : instanciation et parenté, instance et modèle, attribution par défaut et attribution événementielle. Aristote et Kant sont les pères de l'informatique avancée avant la lettre.
concept,être,représentation

intelligence
L'informatique maîtrise les notions d'objet, de relation, d'attribut, de contrainte, épuisant entièrement la métaphysique aristotélicienne des substances, des essences, des existences, des accidents ; l'informatique dispose d'outils de représentation sujet-objet et de logiques souples, qui n'ont rien à envier à la philosophie transcendantale kantienne. En philosophie, il est temps d'enterrer la plate métaphysique et la logorrhée transcendantale ou phénoménologique, pour se consacrer à la hauteur des consolations de l'homme et à la profondeur de ses langages. Oublier les coutures des preuves, se pencher sur les coupures des épreuves.
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intelligence
Le philosophe est celui qui revient toujours, en dernière instance, à la réalité. Le scientifique peut l'oublier, plongé dans ses modèles. L'artiste en reconstruit une autre, au moyen des langages. Mais le philosophe parvient toujours à glisser de nouvelles variables dans tout modèle, pour le rapprocher de la réalité, et à imaginer de nouveaux objets de substitution dans un discours d'artiste.
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intelligence
Tout peut être réduit au statut d'attribut (d'un méta-objet), même l'existence, même la substance, même la relation. Et donc être déduit ! - n'en déplaise à Anselme, Descartes ou Kant. Ou aux bavards : « Exister, c'est être là, simplement ; on ne peut jamais déduire les existants » - Sartre. C'est sur le évidemment que trébuchent le plus souvent les bons mathématiciens ; les mauvais raisonneurs trébuchent sur le simplement.
concept,discursif,être,raison,simplicité

intelligence
À côté de l'inépuisable métaphore d'unification d'arbres (pressentie par Valéry à travers les concepts d'implexe, variable, substitution et outillée par des linguistes et cogniticiens sous forme de graphes acycliques), la logorrhée, antique, médiévale ou moderne, sur L'un et multiple, le même et autre, est dérisoire. Les banales relations mathématiques d'équivalence et d'ordre sont déjà plus intéressantes.
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intelligence
L'Être est le Devenir modélisé. La catégorie d'existence ne s'applique qu'au modèle et donc elle se constate, se démontre ou se déduit. L'existence est bien un attribut (n'en déplaise à Kant ou Gilson !), mais attribut non pas de l'objet lui-même, mais de son méta-objet (modèle d'attache).
concept,discursif,être,interprétation,représentation

intelligence
On référence un objet surtout par ses attributs-liens. Quand ceux-ci sont syntaxiques, on y accède par substance ; quand ils sont sémantiques - par essence. Ce qui relève de la représentation et de l'interprétation, donc - des solutions et des problèmes. Mais même dans les hautes sphères mystérieuses, les méthodes d'accès dénotent les initiés : « La plus haute sagesse consiste à savoir comment on accède à l'inaccessible »** - Nicolas de Cuse - « Summa sapientia est, ut scias quomodo attingitur inattingibiliter ».
concept,discursif,être,inconnu,interprétation,langue,mystère,représentation

intelligence
L'énergie du cerveau est orientée-objets, celle de l'âme - orientée-relations, celle de l'esprit - orientée-méta-entités ; de la prééminence de l'une de ces orientations sortent savants, artistes ou philosophes. De leur équilibre naissent des chantres, désorientés ou ironiques, de l'immobilité.
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intelligence
Spinoza et Leibniz confondent, tout le temps, la représentation avec l'expression, en voyant dans les attributs (ou la monade finie) expression de la substance (de la monade infinie) et non pas représentation ; l'expression n'est qu'un mode d'accès langagier au déjà représenté.
concept,être,inconnu,langue,philosophie,représentation,style

intelligence
L’Intelligence Artificielle surclasse déjà la philosophie en hénologie (les méta-concepts), en ontologie (les concepts), mais n’apporte rien en axiologie (la dialectique esthétique des valeurs). Le savant sera évincé par la machine, seul l’artiste lui survivra.
art,artificiel,axe,beauté,concept,être,philosophie,robot,savoir,temps

intelligence
L'être, c'est la relation primordiale entre attacher (substances, points d'ancrage), décrire (essence, attributs) et évaluer (existence, valeurs).
axe,balance,concept,discursif,être

intelligence
La différence principale entre le monde réel et le monde de la représentation n'est pas l'absence de modèles indubitables, dans la réalité, mais la présence, dans la représentation, d'objets, qui ne sont pas, l'altérité. Plus cette partie est insigne, plus on est poète, créateur de mensonges délibérés et féconds, d'autres ne mentant que par plats calculs ou par inadvertance.
concept,création,être,mensonge,platitude,poésie,raison,réalité,représentation

intelligence
L'idéalisme statique, servile et mythique : chaque objet sensible a un correspondant intelligible ; l'idéalisme dynamique, libre et créatif : on ne connaît l'objet sensible que par son modèle intelligible, que chacun bâtit en fonction de son expérience, de son intelligence, de ses goûts.
concept,esprit,goût,idée,liberté,réalité,représentation,style

intelligence
Il est possible de déconstruire la totalité des concepts du modèle courant et de rebâtir un modèle entièrement nouveau, mais équivalent à l'ancien, - la plus simple et la plus radicale objection à l'idéalisme platonicien, le côté rhapsodique de la distribution catégoriale, la pluralité des réseaux de repérage. Sans parler d'attribution, où les platoniciens se ridiculisent, en pensant, que chaque objet a un nombre fixe de propriétés.
concept,création,idée,liberté,nécessité,représentation,simplicité

intelligence
L'origine des concepts (objets ou relations) d'une représentation est triple : des espèces-constantes de la réalité, la langue, le libre arbitre. Trois clans, qui n'en reconnaissent qu'une seule, sont, respectivement : les platoniciens, les philosophes analytiques, les poètes. Avec leurs dominantes – la science, le bavardage, la musique. Vue sous cette angle, la philosophie ne peut être que de la poésie.
concept,idée,langue,liberté,musique,philosophie,poésie,réalité,représentation,science

intelligence
Les seuls attributs du réel sont quelques constantes physiques, chimiques et biologiques, fixées par le Créateur au niveau atomique ou moléculaire ; parler d'augmentation du nombre d'attributs, comme le font Descartes et Spinoza, pour approcher de l'absolu, n'a aucun sens ; les attributs non élémentaires naissent et existent exclusivement dans la représentation.
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intelligence
Les particules élémentaires seraient toutes identiques, et donc les substances matérielles seraient totalement définies par les constantes, ces attributs primordiaux, tandis que dans la représentation nous faisons l'inverse – nous définissons une substance, que nous munissons ensuite d'attributs, plus ou moins arbitraires. Donc, soit la détermination divine, absolue et purement quantitative, soit le libre arbitre humain, relatif, qualitatif et multiforme. Et puisque la seconde partie est la seule qui puisse intéresser un philosophe, il faut refuser tout caractère nécessaire à cette panoplie ; même l'essence peut se représenter de multiples façons.
concept,dieu,élite,être,liberté,matière,nécessité,philosophie,représentation

intelligence
L'espace, le temps, le langage - à ces trois attributs de notre existence correspondent, très précisément, les trois branches de la mathématique : la géométrie, l'analyse, l'algèbre. Le parallèle est si profond, que je serais tenté de l'attribuer au Très Haut.
concept,dieu,être,hauteur,langue,science,temps

intelligence
Toute activité intellectuelle se réduit à la chronologie que suivent son sujet, son objet et son projet. La mathématique : la définition-objet, l'hypothèse-projet, la démonstration-sujet ; la philosophie : le développement-projet, le vocabulaire-objet, l'école-sujet ; la poésie : le style-objet, le sentiment-projet, la noblesse-sujet. Avec leurs contraintes respectives pré-déterminantes : la logique, l'érudition, le talent.
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intelligence
Kant a tort d'opposer les déterminations qualitatives de la philosophie aux déterminations quantitatives de la mathématique ; la mathématique procède par l'abstraction maximale de l'objet et par la rigueur la plus élégante de la relation ; si, incidemment, au bout de ce regard apparaît le nombre viril, et non pas l'idée sans corps, c'est que, peut-être, Pythagore fut meilleur philosophe que Platon.
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intelligence
Autant les relations spatio-temporelles s'imposent par la réalité même, autant la causalité n'est dictée que par les besoins de la représentation, et elle n'est donc pas apriorique. Une bonne logique ne fonctionne que dans un univers clos, sans événements, tandis que la causalité implique des événements, qui modifient l'univers et désarment la logique non-événementielle (la seule rigoureuse). Goethe le devine, subtilement : « Tout événement ouvre une théorie » - « Jede Tatsache ist schon Theorie ».
concept,philosophie,réalité,représentation,science

intelligence
De l'origine de la place imméritée de la causalité. Valéry exagère : « La conception de 'cause' est la perdition de toute bonne représentation ». Le noyau dur de la représentation se charge de l'être, la représentation du devenir (ou de l'agir) se greffant la-dessus (la jointure entre ces deux facettes, c'est la modélisation de l'advenue de l'être à l'existence, suivant les lois physiques, chimiques, organiques). Dans le modèle du devenir apparaissent les sujets, les projets, les objets, impliqués dans les changements d'états et associés aux fonctions de : conception, commandement, exécution, outil, matière, et chacun de ces éléments, par un libre arbitre du modeleur, peut être déclaré cause. Cause sans fonction n'a pas de sens, mais c'est ce que font les adeptes du caractère universel de la causalité.
concept,être,représentation,universel

intelligence
Tout objet perçu par la conscience - à partir des sens, de l'imagination ou de la réflexion - devient une substance pré-réflexive, suspendue provisoirement, et candidate à être attachée aux modèles, qui existent déjà dans la conscience ou s'y reconstituent en fonction des sollicitations ; elle y sera donc dissoute, et le soi tirera la langue aux phénoménologues obtus.
concept,philosophie,réalité,représentation,soi

intelligence
Tout honnête homme doit reconnaître, que les notions antiques d'être, de vrai, de l'Un, de savoir n'apportèrent rien d'intéressant au discours philosophique, et que le Chinois, avec son intérêt pour le rythme, pour les relations nettes entre entités vagues, fut un philosophe plus profond que le Grec. Toutefois, l'éternel détour des choses est plus radical, mais moins subtil et poétique que l'éternel retour des relations.
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intelligence
La modélisation conceptuelle est un projet, dont le sujet est l'Être immémorial et l'objet - l'Un mémorisé ; vu sous cet angle, on ne parle plus d'oubli, et Heidegger se réconcilie avec Platon.
concept,être,idée,mémoire,philosophie,représentation

intelligence
Comme le signe d'égalité, '=', en mathématique, le verbe indo-européen être est employé pour désigner des relations différentes, dont les principales sont l'identité (y compris l’instanciation comme cas particulier) et la copule (impliquant des valeurs d'attribut). Dans le cas de l'identité, le domaine d'évaluation comprend toutes les substances représentées (au sens aristotélicien), ce qui résout complètement le problème d'existence.
concept,être,langue,philosophie,représentation

intelligence
L'exemple le plus stupéfiant d'une perception absolue – le visage. Avant même qu'apparaissent des attributs – expression des yeux, forme de la bouche, degré d'assurance – on le connaît ! Son insondable nudité, se passant de tout habillage.
concept,mystère,savoir,voix

intelligence
Sur la voie de la pensée, le premier jalon est presque toujours un intérêt soit pour un objet soit pour une relation (et des associations d'images ne viennent qu'après la fixation de l'intensité du désir). Plus on est intelligent, plus souvent la relation se présente avant l'objet, l'opérateur avant l'opérande.
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intelligence
Pour un objet, l'essence est sa définition, et l'existence - sa manifestation ; par bêtise ou paresse, on peut ne pas disposer de définitions et voir en manifestations la seule source de nos conceptions ; mais, avec la sagesse, on commence à mépriser l'existence-effet et à se consacrer à l'essence-cause des choses, qui n'existent pas.
concept,esprit,être,réalité

intelligence
La rétine est là, avant que la première lumière ne pénètre notre œil ; le goût est là, avant que la première friandise n'effleure notre palais ; de même, la relation avec l'Autre est là, avant que la première fraternité ou la première animosité ne naissent ; l'intentionnalité est une fumisterie ; avant tout jugement, le juge est déjà en nous ; l'étant hérite tout de l'être, sauf les accidents. « Le visage a un sens, non pas par ses relations, mais à partir de lui-même »* - Levinas.
concept,esprit,être,fraternité,philosophie,voix

intelligence
Dans toutes nos représentations abstraites, même dans les plus immatérielles, comme les objets mathématiques, les expériences de nos sens sont omniprésentes. Donc, leur fichue réduction phénoménologique et l'existence d'un moi transcendantal sont des fumisteries gratuites, nées dans les cerveaux des bavards, enivrés de verbiages.
concept,esprit,langue,philosophie,religion,représentation,science,soi

intelligence
Le mathématicien sait que les triangles n'existent pas dans la réalité, mais qu'ils sont des objets de ses représentations (Parménide, Platon ou Heidegger les auraient vus jusque dans l'être fantomatique), des créations de leur libre arbitre, qui, miraculeusement, ne sont jamais désavouées par la réalité. Mais l'homme de la rue, tel Voltaire, pense le contraire : « Il y a des carrés, mais il n'y a point d'être général, qui s'appelle ainsi ». Des objets mathématiques tapissent tout le fond de l'être.
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intelligence
De quel type de pensée nous rapproche le congédiement des passions, c'est à dire de la subjectivité ? - de la pensée de robot, de celle du regard absent, le regard se révélant, lorsque tout objet se présente flanqué du sujet.
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intelligence
Dans la réalité il y a une lumière (l'esprit) et des objets (la matière) ; la représentation crée des ombres des objets ; les requêtes du réel se tournent requêtes de la représentation, et leur interprétation produit de la lumière, interne au modèle ; le croisement de la lumière du réel et de la lumière interprétée génère le sens.
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intelligence
Une définition (détermination) n'est pas un traçage de frontières (Grenzziehung de Hegel), mais une règle, qui détermine si un objet relève ou pas (negatio de Spinoza) du concept. La notion de frontière n'apparaît qu'avec une topologie et une continuité (facultatives), qui distingueront, en passant, entre l'Ouvert et le Clos.
concept,frontière,idée,ouvert,science

intelligence
D'une proposition démontrée on peut dégager sa signification dans la représentation associée (par unification d'arbres) et son sens dans la réalité représentée (par confrontation entre objets modélisés et leur être réel, immanent, inarticulé) ; la première tâche est triviale, la seconde - délicate et non-formalisable.
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intelligence
Les sujets, ce sont des objets, auxquels sont associées des bases de connaissances, c'est à dire des représentations munies d'interprètes. Ainsi, on peut interpréter des requêtes : Qui croit (suppose, espère, souhaite, oublia, ignore, dissimule) que P ?
concept,interprétation,représentation,soi

intelligence
Le travail de l'intelligence - créer un espace de clarté : voir des objets mieux cernés, pratiquer un langage plus élaboré de leur manipulation, interpréter leurs répercutions avec plus de rigueur. Le vrai maître des lieux doit y introduire un cycle crépusculaire et ne pas compter sur l'éclairage de la rue.
concept,doute,interprétation,langue,maîtrise,ombre,retour

intelligence
Sur dix catégories aristotéliciennes - substance, quantité, qualité, relation, lieu, temps, position, possession, action, passion - on devrait ne garder que trois : substance, relation, action, les autres ne le méritent pas. On devrait y ajouter, en revanche, - règle, événement, fait, attribut (symptôme ou accident), contrainte (support de modalité, pré-règle). Quantité et qualité relèvent des insignifiantes nuances des propriétés d'attribut. Lieu, temps, position sont des attributs particuliers. Possession est une relation particulière, et passion - une substance ou une action particulière.
concept,contrainte,esprit,être,philosophie,représentation

intelligence
Kant traite les catégories aristotéliciennes de rhapsodies et propose sa propre Table, où apparaissent, en plus, modalité, négation, causalité, mais qui se réduisent, pourtant, aux règles et relations. Tous les deux pensent qu'ils creusent l'être, tandis qu'ils ne font qu'effleurer le travail préliminaire de toute représentation. À ce stade, l'intelligence consiste à se débarrasser des traces de la langue ; celle-ci ne doit apparaître que par-dessus une représentation achevée.
concept,contrainte,esprit,être,langue,philosophie,représentation

intelligence
Le monde, l'homme, la perception humaine du monde - trois merveilles d'un même acabit. Qu'on parte de l'homme (Protagoras, Kant, Nietzsche), du monde (Spinoza, Marx, Heidegger), de la relation entre eux (Aristote, Husserl, Sartre) - on peut aboutir au même réseau conceptuel. Ce qui différencie ces visions, ce n'est pas tant le problème des représentations et des interprétations, que la part et la qualité de l'extase, tragique ou jubilatoire, devant le mystère. L'intelligence, la noblesse, le talent - telle est l'échelle ascendante des bons esprits.
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intelligence
Le beau, le goûteux, le caressant n'existent pas sur la rétine, la langue ou la peau ; derrière l'empreinte, le cerveau reconstitue non seulement l'objet stimulant, mais la nature même de l'empreinte et perçoit l'état du stimulé, et l'esprit en résume le sens et en propage des conséquences : « la sensation comme état de conscience et comme conscience d'un état » - Merleau-Ponty.
beauté,caresse,concept,esprit,goût,raison

intelligence
Quand, pour une substance, les valeurs de certains de ses attributs sont ou deviennent fixes et invariables, on inclura ces attributs dans son essence, sinon ils restent accidents. Mais l'origine de cette fixité peut être ontologique ou accidentelle. Aristote ne semble pas avoir remarqué ce caractère mouvant des accidents.
balance,commencement,concept,être,représentation

intelligence
Tout le galimatias spinoziste autour des substances absolues et immuables est mis à nu par cet aveu, désarmant et ridiculisant : « La substance ou - ce qui est le même - ses attributs avec leurs valeurs » - « Substantias sive quod idem est earum attributa earumque affectiones », puisque les attributs (comme la plupart des substances) sont de libres constructions de nos modélisations arbitraires et non pas un contenu authentique du réel (sauf peut-être un nombre très réduit de constantes universelles). Quand on ne peut pas s'élever aux effets de soi, on s'étend en causes de soi. Causa sui est la réalité, qui dicte et valide nos représentations ; c'est ce que Heidegger nomme être. L'appeler Dieu est prendre une création pour un créateur.
authenticité,concept,création,dieu,être,matière,réalité,représentation,universel

intelligence
Descartes ne voit aucun attribut commun entre nos substances corporelle et spirituelle. Comment veut-il séparer les attributs, attachés à notre vue, à notre ouïe et même à notre toucher ? Tout y est corps et tout y est âme.
âme,caresse,concept,être,matière,ouïe,regard,représentation

intelligence
La vraie intelligence, ce ne sont pas les connaissances, mais les manières de réveil et méthodes d'accès aux connaissances (non pas les idées, mais les efforts vers les idées). Chez le naïf, ce sont les sens qui convainquent de l'existence des objets ; chez l'intelligent - la raison. Ce qui est encore plus flagrant, c'est que le naïf cherche la bonne règle dans un ensemble trop vaste, tandis que l'intelligent sait surtout réduire l'ensemble de conflit.
concept,être,filtre,idée,raison,savoir,simplicité

intelligence
L'esprit est bien résumé par cette triade antique ou médiévale – l'intellect, la volonté, la mémoire, puisqu'elle correspond à l'interprétation de requêtes de la représentation.
antiquité,concept,interprétation,langue,moyen âge,question,représentation

intelligence
Ce n'est pas le nombre d'espèces ou de genres, qu'un homme distingue, qui en fait un génie, mais la qualité des relations métaphoriques qu'il est capable d'y introduire. L'arithmétique des yeux ou l'algèbre du regard.
concept,élite,esprit,métaphore,regard,voix

intelligence
Ramener au langage tout ce qui est mental est l'indigence de la philosophie anglo-saxonne. « Toute conscience est affaire de langage » - Rorty - « All conscience is a matter of language ». Leur misérable tournant linguistique ne comprend pas, que ni les intentions, ni les références d'objets, ni l'interprétation de requêtes, ni la substitution de termes, ni le dialogue menant au sens ne font partie du langage.
concept,interprétation,langue,philosophie,question,réalité

intelligence
Le philosophe prend acte des réponses des scientifiques et des poètes, mais reformule leurs questions, trop étroites, avec les premiers, et trop vagues, avec les seconds ; la profondeur des objets interrogés et la hauteur du regard interrogeant indiquent si la question est philosophique ; et l'ouverture des réponses esquissées en déterminera le degré d'intelligence.
balance,concept,hauteur,ouvert,philosophie,poésie,question,science

intelligence
Le matérialisme et l'idéalisme, pour nos yeux, sont comme l'esprit et l'âme - pour notre regard : là où l'objet n'est que trop visible, le matérialisme et l'esprit suffisent ; pour l'invisible nous réservons le meilleur de nous.
âme,concept,esprit,idée,inconnu,matière,philosophie,regard

intelligence
L'erreur des phénoménologues : confondre les relations d'instanciation et d'appartenance. Une relation instanciée, tout en ayant droit aux accidents propres, garde la même essence que la relation abstraite elle-même, tandis qu'un élément acquiert, normalement, une nature différente de l'ensemble. L'objet, qui détient le savoir de la relation, s'appellera sujet.
concept,être,philosophie,représentation,soi

intelligence
Représenter, c'est modéliser soit des objets matériels, soit des abstractions (relations, attributs, quantités, qualités). Mais la technique représentative y est la même. Pour refléter cette unité et souligner l'inépuisable, inatteignable et merveilleuse richesse des objets, on évoque la vague notion d'être, englobant les deux sphères du représenté. L'être au-delà de la représentation, c'est l'invisible du visible.
concept,être,inconnu,matière,réalité,représentation

intelligence
Les faits sont des attributs des objets virtuels et non pas des phénomènes réels. Tout fait résulte de liens, syntaxiques ou sémantiques, dont est dépourvu le monde et qui constituent l'ossature du modèle conceptuel du monde. Les choses, elles, remplissent tout ce qui est inorganisé, et en particulier la réalité. On vient à l'existence topique par une substance (un fait imputable à un lien syntaxique instancié) ; Maître Eckhart refuse, à tort, l'être aux liens : « L'amour, contrairement à la connaissance, unit dans l'action, non dans l'être » - « Im Gegensatz zum Wissen, vereint die Liebe im Wirken, nicht im Sein ».
action,amour,concept,être,idée,réalité,représentation,savoir,vie

intelligence
La métaphysique, c'est de la méta-représentation qui définit ce que sont une catégorie, une classe, une relation, un scénario, un attribut, une valeur. Elle est, curieusement, réflexive : ses règles s'appliquent à elle-même.
concept,philosophie,représentation

intelligence
En philosophie, le soi apparaît avec Montaigne et culmine avec Nietzsche. Dans les écrits des impersonnels, le soi et les autres ont les mêmes attributs ; la même profondeur ou la même platitude leur étant réservée. Mais la peinture de soi est la preuve de la hauteur : « Sur soi on écrit à la hauteur, à laquelle on est » - Wittgenstein - « Über sich schreibt man, so hoch man ist ».
concept,hauteur,philosophie,platitude,soi

intelligence
La philosophie de l'être ou du devenir : l'ontologie orientée-objets ou la phénoménologie orientée-opération – ce clivage est bien illustré par l'Intelligence Artificielle (ou l'épistémologie appliquée), opposée à l'informatique traditionnelle, l'apparition de méta-outils, identiques pour toute substance, les paradigmes de théâtre et de scénario évinçant celui d'opération, tout sujet disposant de son propre modèle de l'univers, la coexistence de modèles incompatibles, la transcendance contrôlant l'immanence.
artificiel,concept,être,philosophie,science

intelligence
Quels objets manipulent-ils ? Au-dessus de quelle représentation ? Les scientifiques – les concepts, rigoureuse ; les philosophes académiques – les mots, intuitive ; les poètes – les métaphores, intuitive ; les philosophes-poètes – les métaphores, rigoureuse.
concept,école,idée,métaphore,mot,philosophie,poésie,science

intelligence
La causalité ne faisait pas partie des connaissances aprioriques ; chacun la modélisait d'après les bornes de son intellect et du savoir du siècle ; mais dans ses supports - matières, outils, opérations, acteurs - le consensus, dû à la science et à la robotisation des acteurs, est proche, où, au lieu d'être une relation sémantique complexe, la causalité relèvera de la banale syntaxe.
concept,matière,représentation,robot,savoir,soi

intelligence
Dans une représentation, toute entité relève, d'une manière non-exclusive, de ces trois méta-concepts – objet, attribut, valeur. Mais l'entité peut être traitée en tant qu'objet dans une requête, en tant qu'attribut – dans une autre, en tant que valeur – dans une troisième. Et c'est le libre arbitre du concepteur qui distribue ces rôles tangibles et presque jamais nécessaires ; la réalité les ignore.
concept,liberté,nécessité,question,réalité,représentation,universel

intelligence
Qu'est-ce qu'un objet ? - son nom, ses classes, ses relations, ses attributs. Mais ce sont des caractéristiques de la représentation et non pas de la réalité (que Platon et Spinoza m'excusent…), et elles sont les seuls points de repère permettant de référencer les objets. Dans la réalité, ainsi, il n'y a ni objets ni vérités, puisque celles-ci résultent des propositions portant sur les objets. La réalité réapparaît dans les significations qu'on tire de la proposition interprétée, mais elles naissent d'un processus non-formalisable, intuitif, non-langagier – l'intelligence pragmatique, le dernier chaînon de l'analyse syntaxico-sémantique.
concept,interprétation,langue,question,réalité,représentation,vérité

intelligence
Le monde ontologique inspire la représentation (la finalité statique), le monde phénoménologique justifie l’interprétation (les moyens dynamiques), le monde axiologique forme les contraintes : les objets ou relations à privilégier ou à exclure, la hauteur minimale des regards ou des mots.
axe,balance,concept,contrainte,hauteur,interprétation,mot,philosophie,regard,représentation

intelligence
La causalité est une relation banale et pragmatique, elle renvoie à l'origine d'un objet (ou d'un état) ; non seulement ce qui contribue à ce résultat peut être un commanditaire, un acteur, un matériau, un outil, un fait, mais la sémantique de ces types de cause change radicalement d'un domaine à l'autre. La causalité n'a pas sa place parmi les relations aprioriques.
commencement,concept,matière

intelligence
Dans les passages cognitifs : chose – concept (engagé) – mot – proposition – vérité – concepts (dégagés) – sens, toutes les étapes intérieures ne sont que transitoires, pourtant toute la rigueur s'y trouve, contrairement au premier (libre arbitre de la représentation) et le dernier (liberté de l'interprétation), et c'est bien dans ces deux-là que réside la plus subtile de nos intelligences.
concept,interprétation,liberté,mot,question,représentation,savoir,vérité

intelligence
Les étapes de la vision de la chose dans une représentation : on l'attache à des concepts-classes (structures syntaxiques), aux attributs (aspect descriptif), à des concepts-relations (structures sémantiques), à des concepts-fonctions (structures pragmatiques), à des scénarios comportementaux (aspect déductif). Plus loin on va, plus profond on est.
concept,discursif,hauteur,représentation

intelligence
Trois perceptions du temps : l'immensité de la nuit du passé à interpréter, la fugacité du présent à exprimer, l'éternité crépusculaire de l'avenir à représenter – la même perplexité et incompréhension dans ces trois regards différents sur ce mystère. Facile dans le concret, énigmatique dans l'abstrait.
concept,éternité,interprétation,mystère,regard,représentation,temps

intelligence
Il n'y a aucune différence notable entre les démarches subjective ou objective ; on déploie le même savoir et la même personnalité, en exhibant les états de son âme qu'en pérorant sur l'esprit absolu. La véritable différence oppose ceux qui suivent l'inertie du troupeau à ceux qui partent de leurs propres commencements de solitaires ; le talent peut sauver les premiers, les seconds comptent sur leur génie (au sens humble, comme le génie pontifical ou informatique). Tout ce que l'esprit universel peut concevoir est déjà préconçu dans l'âme individuelle.
âme,commencement,concept,continuité,esprit,mouton,savoir,solitude,voix

intelligence
L'imagination : plus que la faculté de créer des formes, elle est le don de découvrir de l'informe intéressant, c'est à dire ce qui n'a encore trouvé ni nom ni poids ni liaisons, mais nous tracasse.
concept,création,idée,style

intelligence
Le pré-filtrage des notions de la philosophie académique se fait facilement par le simple rappel de leurs antonymes : l'Un/multiple – une banalité à bannir ; être/devenir – si l'on veut compléter la représentation atemporelle, apersonnelle, en introduisant le temps ou la création, le couple serait intéressant, mais chez les non-poètes ne reste que l'être, source des logorrhées insipides ; absolu/relatif – aucun philosophe ne définit bien le premier terme, couvert d'infinies logorrhées, à bannir ; savoir/ignorance – une banale pré-condition d'un discours sensé, mais n'apportant rien à la forme, c'est à dire à la bonne philosophie, à négliger ; Dieu/la vie – l'intérêt pour l'Horloger ou l'Architecte est légitime ; infini/fini - aucun philosophe (sauf peut-être Leibniz) ne comprend ce que peut être l'infini, ce sujet devrait être réservé aux mathématiciens et interdit aux philosophes (non-mathématiciens) ; vrai/non-démontrable - aucun philosophe n'y voit la place du langage, ils réduisent tout aux psychologismes gnoséologiques, le sujet devrait être réservé aux cogniticiens et interdit aux philosophes ; liberté/nécessité – de la mécanique à l'éthique, le nombre de juges est trop important, on devrait ne garder que le dernier critère, impliquant des sacrifices, sujet rare chez les titulaires.
bien,concept,dieu,école,être,inconnu,langue,liberté,matière,philosophie,…

intelligence
L'Intelligence Artificielle : 1. bâtir une représentation (structures conceptuelles rigoureuses) d'un domaine réel (physique ou abstrait), 2. s'appuyer sur une logique formelle, pour interroger ou exploiter cette représentation, 3. au cours d'un dialogue (de préférence, en langage naturel), savoir répondre aux questions - Qui, Quoi, Où, Quand, Pourquoi, Comment – à la manière humaine.
artificiel,concept,hommes,interprétation,langue,question,réalité,représentation,science

intelligence
Une idée, c'est l'évocation des choses par leurs images. Mais pour Platon, elle n'est qu'image ; pour Aristote, elle n'est que chose ; et pour Descartes, elle est image de la chose (« les images des choses sont les seules à qui convient le nom d'idée » - « rerum imagines, quibus solis conventi ideae nomen ») - les ondes, les capteurs, les empreintes. Je réserverais ce nom aux cas, où les choses sont profondes et les images – hautes, ce qui munirait ces images des choses – de la noblesse ou de la musique.
concept,hauteur,idée,matière,musique,noblesse,réalité,représentation

intelligence
Le vrai savoir ne peut provenir que d'une représentation, et il s'appuie sur la pensée de l'être, avant d'engendrer celle du devenir ; penser, c'est traverser la représentation en ces étapes : sujet, sensations, objets, relations, mémoire, désir, références conceptuelles, et ensuite verbales, d'objets et de relations, phrases grammaticales, leur interprétation, sens de la vérité établie. Vu sous cet angle, ni Aristote ni St-Augustin ni Descartes ni Kant ni Husserl ne savent ce qu'est penser. Lever les yeux au ciel et froncer les sourcils, c'est le seul sens plausible qu'ils donnent à cette activité non-élémentaire.
concept,être,idée,interprétation,langue,mémoire,question,représentation,savoir,vérité

intelligence
Pour réhabiliter le terme de système, il faut lui refuser tout rapport avec la suite dans les idées, la cohérence, la netteté des finalités, et le réduire à la circonscription des commencements. Sous cet angle, Kant consacre une trinité vitale – le vrai, le beau, le bon –, et Kierkegaard sacre une trinité intellectuelle – l'éthique, l'esthétique, la mystique. Et l'on peut oublier leurs déductions bancales et leurs conclusions banales.
beauté,bien,commencement,concept,idée,mystère,platitude,sacré,système,vérité

intelligence
Le beau concept poético-mathématique d'Ouvert est très ambigu : ce qui, au sens de l'élan, est ouvert est souvent fermé, au sens de l'être. Par exemple, je suis ouvert en verticalité, au sens de l'élan (je ne maîtrise pas, j'ignore la limite qui m'attire), mais j'y suis fermé, au sens de l'être (rien ni personne ne peut posséder ce qui me limite, j'en suis propriétaire inconscient).
concept,doute,élan,être,hauteur,maîtrise,ouvert,poésie,science

intelligence
Descartes, Spinoza, Hegel, Husserl : tout est réduit aux langages des problèmes et aux métaphores de leurs solutions. Le langage y est misérable, et les métaphores y sont inexpressives. Une tentative d'un cogito supérieur : il y a deux mystères indubitables – le moi (un corps et un esprit) et le monde (des corps et des esprits), et il y a un troisième – ma faculté de représenter et d'interpréter les deux premiers. La résignation de ne pas s'abaisser au niveau des problèmes distingue un philosophe. C'est pourquoi le cogito phénoménologique (pré-conceptuel, pré-logique, pré-langagier, visant l'accès aux objets et donc – relationnel et pas seulement subjectif) est tout de même supérieur au cogito cartésien.
acquiescement,concept,esprit,idée,interprétation,langue,métaphore,mystère,philosophie,représentation

intelligence
Tout philosophe, ayant abordé les concepts de bon, de beau, de vrai, produit, nécessairement, un système, ce qui, en soi, ne présente aucun exploit rare. Ce n’est ni la rigueur ni le savoir ni l’ampleur qui en constituent le mérite, mais la capacité de chaque idée, dans les cercles idéels, de servir de commencement, de point de départ d’une partition musicale. Certains appellent cette capacité – l’éternel retour du même (système).
beauté,bien,commencement,concept,éternité,idée,musique,retour,savoir,système,…

intelligence
Que les substances soient minéralogiques, métaphysiques ou sociales, leur modélisation fera appel aux mêmes concepts et s’appuiera sur la même logique ; la cognitique, plus que la mathématique, assure les mêmes mécanismes ontologiques. Descartes le comprenait mieux qu’Aristote.
concept,être,science

intelligence
L’immense majorité des genres et des espèces que nous manipulons (à part quelques constantes dans la matière) proviennent des représentations arbitraires, dictées, le plus souvent, par une langue, et ils ne peuvent donc prétendre à aucune universalité. Les seuls universaux divins, ce sont l’aiguillon du Bien, l’illumination du Beau, l’étincelle du Vrai.
beauté,bien,concept,dieu,langue,matière,représentation,universel,vérité

intelligence
La science et l’art se présentent comme une technique et un message ; la mathématique et la musique disposent d’un arsenal fermé, compact, entier, tandis que toutes les autres sphères offrent tant de lacunes, de manques, d’inachèvements. C’est ce qui explique la sidérante insensibilité des mathématiciens et des musiciens pour la noblesse et le style de leurs justifications du vrai ou du beau ; tous les objets, toutes les relations, se valent pour eux. Tandis que les autres sont touchés par la vénération ou le mépris, par l’humilité et le discernement, par l’élucubration ou le dogme, ce qui les rend plus exigeants et plus sensibles au style. Absorbés par la musique intérieure, les géomètres et les aèdes n’accèdent pas à la musique verbale.
acquiescement,amour,art,beauté,bien,concept,esprit,langue,musique,noblesse,…

intelligence
D’après leur fond et leurs origines, les connaissances sont soit syntaxiques soit sémantiques. Les réseaux, ou leurs structures d’accueil, sont, en partie, communes, mais les premières résultent des intuitions innées (aprioriques) et des réflexions abstraites, tandis que les secondes s’acquièrent par l’expérience, par la découverte de nouveaux scénarios, personnalisant des acteurs, formalisant des actions et introduisant des causalités.
action,concept,esprit,représentation,savoir

intelligence
Pour constater l’existence des autres, j’ai besoin d’une représentation  ; pour ma propre existence, une interprétation, pré-conceptuelle et pré-langagière, suffit. Et c’est l’origine même du cogito.
concept,être,interprétation,langue,représentation

intelligence
Nous manipulons deux sortes de représentations : des conceptuelles et des pragmatiques. Les premières comprennent des modèles (concepts, classes, relations abstraites) et des instances (éléments, relations entre éléments) ; ces représentations engendrent le langage, qui se projette sur elles. Les secondes tendent à être isomorphes à la réalité et ne contiennent que des instances (projections des objets pseudo-réels) ; ces représentations servent à donner un sens aux propositions, vraies ou fausses, interprétées dans le contexte des premières représentations. On oublie trop souvent, que non seulement la réalité ne contient pas de modèles, elle ne contient pas d’instances non plus.
concept,interprétation,langue,réalité,représentation,vérité

intelligence
Dans la métaphore, la représentation domine l’interprétation et le beau y précède le vrai ; dans le symbole, c’est l’inverse. La voix du talent et l’écoute du Bien auréolent la poésie et la science - de fantaisie et de conscience.
beauté,bien,concept,conscience,interprétation,métaphore,poésie,représentation,science,vérité,…

intelligence
Le poète se penche sur l’intelligible, pour en créer du sensible ; le philosophe aurait dû s’occuper du sensible, pour produire de l’intelligible. Mais le philosophe académique se complaît dans l’insensible, pour en fabriquer de l’illisible.
concept,création,école,inconnu,philosophie,poésie

intelligence
Toutes les activités (intellectuelles, pragmatiques ou sentimentales) se réduisent soit à la représentation soit à l’interprétation. La volonté les accompagne, toutes les deux, dictée, respectivement, par la connaissance, l’intelligence, la curiosité ou par l’intérêt, le goût, le style. Nietzsche appelle cette volonté (de puissance) – réinterprétation (ou retour éternel). Il veut donner à ce devenir (propre de l’interprétation) l’intensité de l’être (propre de la représentation). Plus économe en concepts, Nietzsche est plus complet en éléments dynamiques et créateurs que A.Schopenhauer.
concept,création,éternité,être,force,goût,intensité,interprétation,représentation,retour,…

intelligence
Dans une représentation, l’existence résulte de l’une des deux opérations : la définition (d’un nouveau concept) et l’instanciation (d’un concept existant) ; les deux se réduisent à un attachement – à un méta-concept ou à un concept – et à une attribution (structurelle, descriptive, comportementale), qui est aussi une forme d’attachement. Toute connaissance est de l’attachement, comme toute liberté est du détachement.
concept,être,liberté,représentation,savoir

intelligence
Nos sens constatent l’existence des choses réelles, notre esprit définit les conditions de l’existence des choses représentées. L’esprit cherche à en dégager l’essence, qui est un méta-concept, réservé à la représentation. Dans la représentation, l’existence suppose une vérification réussie par l’essence conceptualisée. Dans la réalité, seule l’existence des instances (premières substances) a un sens ; dans la représentation, existent les deux substances, la seconde (des classes) et la première (des éléments). Tout le charabia philosophique autour de ce thème est dû à l’indistinction entre le réel et le représenté.
concept,esprit,être,philosophie,réalité,représentation

intelligence
Et l’esprit et l’âme ont le même besoin d’imagination, fournissant, respectivement, des idées ou des mélodies, des concepts ou des spectres. L’âme imaginative, en compagnie des concepts, les travestira facilement en spectres ; en sens inverse, l’esprit imaginatif, ne se fera pas duper par les spectres, qu’il apprivoisera avec des concepts.
âme,concept,esprit,idée,musique,mystère

intelligence
L’essence appartient à la représentation (structures arbitraires : catégories, classes, relations) comme l’existence – à l’interprétation (logiques universelles). Dans les deux cas, il est possible d’ériger, par-dessus, un système, mais on a plus de chances de prouver son originalité en représentation qu’en interprétation.
concept,être,interprétation,jeu,représentation,science,système,universel,voix

intelligence
La réalité divine est dans les objets de l’espace-temps ; reflétée par l’homme, elle devient une double réalité humaine : l’être - cette pure abstraction (mais ne déviant en rien de la réalité divine), et le devenir - une fatalité mécanique ou une création libre. « Le devenir est aussi mécanique que l’être » - Chestov - « Динамика так же механистична, как и статика ». Pour échapper à la mécanique, le style, d’après Nietzsche, doit munir le devenir créateur – de l’intensité de l’être.
concept,création,dieu,être,hommes,intensité,liberté,réalité,robot,style,…

intelligence
Dans l’espace spirituel, comme dans un espace métrique, on peut désigner un élément par une valeur fini ou par un processus infini convergeant. « La pensée et le langage contiennent un mouvement vers la limite, vers le mystère » - Berdiaev - « В мысли и в языке присутствует движение к пределу к тайне ».
concept,esprit,idée,inconnu,langue,mystère

intelligence
La pensée – évocation, par un sujet, de relations d’objets dans un langage de mots ou de gestes. Elle peut être émise, perçue, interprétée, munie de sens – par un sujet. La réalité en est le départ et l’arrivée, mais seule la représentation la rend opératoire.
concept,idée,interprétation,langue,mot,réalité,représentation

intelligence
Mes premières perceptions proviennent soit de la matière première (corps sans âme, sensations) soit de l’esprit premier (âmes sans corps, musique) ; dans la conceptualisation, il faut ajouter de la musique à celles-là et du corps – à celles-ci.
âme,concept,esprit,matière,musique

intelligence
Le discours (requête, idée, pensée articulées) a deux composants successifs : l'expression (parcours de chemins d'accès langagiers aux objets et relations d'une représentation) et le sens (le réseau conceptuel, post-langagier, construit à partir de cette représentation). La hauteur du parcours et la profondeur du réseau résument les parts du beau et du vrai, de l'art et de l'intelligence.
art,beauté,concept,hauteur,idée,langue,représentation,science,vérité

intelligence
Trois sortes de connaissances acquises : spécifier l'objet à mesurer, donner l'unité de mesure, définir la procédure de mesurage.
balance,concept,représentation,savoir

intelligence
L'informatique et l'Intelligence Artificielle : une application informatique, ce sont des procédures et des données, et son exploitation consiste à lancer des procédures ; une application d'IA, ce sont des connaissances associées aux concepts (sujets et objets), et son exploitation est un dialogue entre la machine et l'homme, où la machine interprète les questions dans cet ordre : de quel type de question s'agit-il ? de quel type d'interprète aurais-je besoin ? quels sujets y sont impliqués ? comment accéder aux objets de la requête logique associée ? quel sens donner aux substitutions trouvées dans des représentations sollicitées ?
artificiel,concept,idée,interprétation,langue,question,représentation,robot

intelligence
La philosophie est possible, légitime et utile, car la consolation par le prêtre se profane par son ésotérisme, les théories du linguiste n'éclairent en rien le miracle du langage, les abstractions du scientifique ne s'élèvent pas jusqu'au miracle de la matière. Le philosophe est serviteur du miraculeux naturel et poétique.
concept,consolation,hauteur,langue,matière,mystère,philosophie,poésie,science

intelligence
Dans le modèle - donc, dans le savoir - tout n'est que relation ; dans la réalité - donc, dans l'être - se trouve ce qui dicte le choix de types et de valeurs des relations. Perception, intellection, conception - le cheminement vers la relation, l'inverse de celui du sens.
axe,balance,chemin,concept,création,esprit,être,idée,négation,réalité,…

intelligence
Le terme d’objet aurait dû être réservé à la représentation (et être exclu de la réalité), où cet objet s’inscrit dans des structures syntaxiques et sémantiques, possède des attributs et propriétés, son cycle de vie étant gouverné par des règles et par son essence. Mais cet objet doit correspondre à un conglomérat d’atomes ou à une image (existante ou pas) dans la réalité humaine (das Dasein), et ce qu’on pourrait nommer chose en soi. Sans cette notion, il serait difficile de rendre compte du fait, qu’aucun objet ne puisse être équivalent (adéquat) à la chose. Mais on ne connaît la chose que représentée en objet.
concept,être,réalité,représentation

intelligence
Dans la réflexion de Valéry, on trouve toutes les étapes de manifestation de la conscience (qu'il appelle états mentaux) : l'excitation, le désir, la volonté, le langage, la représentation, les formules logiques, les substitutions, la vérité, le sens – une admirable profondeur ! À comparer avec la vaste platitude des consciences cartésienne, hégélienne, husserlienne, où brillent par leur absence et le langage et la représentation et l'interprétation, où règnent le bavardage ou la banalité.
concept,interprétation,langue,platitude,représentation,science,vérité

intelligence
Tout indice de mon état, de mes attitudes, de mes sentiments relève du penser. Mes gestes, mon visage, mes yeux livrent, tout le temps, ce genre d’indices – la pensée sans les mots est donc possible. Mais aucune pensée ne peut se passer d’une représentation conceptuelle (commune à tout langage qui s’y greffe) et d’une interprétation (soit de propositions langagières soit d’expressions corporelles). Toute civilisation forme des interprètes de nos joies, peines, jugements, intentions, exprimés par notre mimique.
concept,culture,idée,interprétation,langue,mot,représentation

intelligence
Dans toute représentation respectable, il y a de la place pour une profondeur du réel et une hauteur du rêve ; les beaux tropes, comme les grandes théories, naissent dans des représentations et non pas dans le langage. Ceux qui nagent dans les concepts et ne voient que les mots ou les choses sont condamnés au verbiage ; toute la philosophie académique y est.
concept,école,hauteur,langue,métaphore,mot,philosophie,réalité,représentation,rêve,…

intelligence
Les classifications catégorielles (reflétant l’être) sont la syntaxe cognitive, les classifications énergétiques (en vue de la puissance, de l’acte, du devenir) en sont la sémantique : poïesis – praxis, le savoir – le vouloir.
action,concept,être,force,savoir,valoir

intelligence
En mathématique, les définitions sont assez rigoureuses, pour les libérer de la nécessité d’une négation (omnis determinatio negatio est). Mais le fatras philosophique rend cette négation indispensable. C’est ainsi que la représentation éclaire la réalité, le devenir – l’être, l’essence – l’existence, le mot – le concept ou la chose.
concept,être,langue,mot,nécessité,négation,philosophie,réalité,représentation,science

intelligence
Dans tous les domaines scientifiques ou artistiques, on structure leurs objets par les mêmes paradigmes cognitifs (employés par l’Intelligence Artificielle) et nullement linguistiques. Les structures langagières n’ont rien à voir avec les structures conceptuelles ; les structuralistes qui partent de celles-là, sans se rendre compte de la primauté de celles-ci, sont des charlatans.
art,artificiel,concept,erreur,langue,représentation,savoir,science

intelligence
Le sens du je pense : je spécifie (référence, signale, indique, montre, nomme) mes chemins d’accès aux objets. Le sens du je suis : je suis un objet (ma matière), auquel s’attache un sujet (mon esprit).
chemin,concept,esprit,être,matière,savoir

intelligence
Aucune notion philosophique n’atteint le stade de concept ; elles sont, toutes, des platitudes du commun, des fantômes du bavard, des métaphores du poète.
concept,métaphore,philosophie,platitude,poésie,représentation

intelligence
En épistémologie, il y a deux courants – le scientifique et le philosophique. Le second sert à nourrir des bavardages infinis autour des descriptions et des notions ; le premier se focalise sur les concepts. Tout scientifique dispose de bases de connaissances, organisées autour des concepts ; un concept est défini par les structures, dans lesquelles il s’inscrit, par des liens, des attributs, des propriétés, des valeurs, des règles déductives ou comportementales. Connaître une chose, c’est la représenter en tant que concept.
concept,discursif,philosophie,représentation,savoir,science

intelligence
L’être se rapporte à la réalité, l’essence – à la représentation, l’existence – aux deux. En modélisant l’être, dans l’essence, on déclare (la possibilité) des relations abstraites entre objets abstraits (même en absence de tout objet concret) ; dans l’existence (ontique ou ontologique), ces relations s’établissent entre objets concrets. Ces banalités cognitives suffisent, pour rendre toute phénoménologie – inepte. L’essence précède l’existence.
concept,être,philosophie,réalité,représentation

intelligence
L’apport principal à l’Intelligence Artificielle provient de la philosophie et non pas de la logique, de l’informatique ou de la neuroscience. À son tour, l’IA apporta, ou rendit, à la philosophie l’importance de la représentation conceptuelle dans le savoir et dans le langage, que les logiciens, y compris Russell et G.Frege, oublièrent ou réduisirent aux humeurs, images fugitives, sensations.
artificiel,concept,langue,philosophie,représentation,savoir,science

intelligence
Pour les scientifiques, un concept est un ensemble d’opérations, ce qui en exclut la psychologie. Métaphoriquement parlant, il y a des opérations syntaxiques (création, affectation d’attributs, établissement de liens) et des opérations sémantiques (scénarios, avec des scènes, acteurs, rôles, ressources, outils, produits). Il manquent à ce tableau des aspects logiques et linguistiques, pour que le domaine correspondant puisse être traité par l’Intelligence Artificielle.
artificiel,concept,langue,métaphore,représentation,science

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Pour tous les philosophes, la représentation, ce sont des impacts difformes, projetés par le monde sur notre conscience passive, et ce qui ne mérite que le nom de sensations. La seule représentation, impliquant l’homme créateur, son intelligence et sa compréhension du langage est la représentation conceptuelle, la forme arbitraire et individuelle d’un fond nécessaire universel. Et le savoir et le langage et la communication ne sont possibles que grâce à la représentation.
concept,création,école,langue,nature,nécessité,philosophie,représentation,savoir,style,…

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Le penseur complet doit apprécier la représentation des concepts, voir la place du langage, comprendre la nature de l’interprète des propositions, oser la définition du sens de celles-ci. Je ne connais qu’un seul homme, ayant réussi cette gageure, c’est Valéry, qui n’est, pourtant, ni philosophe ni linguiste ni logicien ni cogniticien – une intuition diabolique !
concept,interprétation,langue,philosophie,représentation,science,vérité

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Toute science part des principes, forge des concepts, formule des hypothèses et en prouve la véracité. En philosophie académique, qui prétend être une science, il n’y a ni principes ni concepts ni vérités, et ses misérables hypothèses ne sont que des galimatias purement langagiers.
commencement,concept,école,langue,philosophie,science,vérité

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La forme, céleste, intellectuelle, de Platon, fécondée par le fond, terrestre, conceptuel, d'Aristote, enfanta du Logos, relation spirituelle, intermédiaire entre terre et ciel, esprit et matière, structure stoïcienne et chrétienne.
antiquité,christianisme,concept,esprit,idée,matière,philosophie,représentation,style

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Avec ces deux images, l’Idée et le Bien, Platon trace bien les contours exhaustifs d’une vraie philosophie non-bavarde. Dans son style parabolique, l’Idée n’est qu’une référence au langage créateur, et le Bien n’est qu’une consolation d’un homme désespéré.
bien,concept,consolation,création,espérance,hommes,langue,philosophie,style

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Il est naïf de chercher ton originalité par les pensées ; celles-ci sont, depuis longtemps, répertoriées, toutes, dans le thésaurus mondial exhaustif. Mais même tes états d’âme sont certainement partagés par des autres ; toute exclusivité y est aussi impossible. À cette démocratie du fond, tu ne peux opposer que l’aristocratie de la forme, c’est-à-dire l’art de te servir des pensées pour peindre des états d’âme ; le style original est dans les relations et non pas dans les objets.
âme,concept,création,idée,mouton,noblesse,style,voix

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Le nombre, le mouvement, les lois logiques sont les seuls concepts objectifs, mais assez éloignés de la réalité. C’est la-dessus que la mathématique bâtit son édifice du nécessaire, auquel obéit, mystérieusement, la réalité.
concept,mystère,nécessité,proximité,réalité,science

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Il y a toujours des tableaux dans n’importe quelle proposition de concepts ; il y a toujours des concepts dans n’importe quelle exposition de tableaux – leçons d’humilité et d’orgueil.
acquiescement,art,concept,danse

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La notion de néant n'a d'intérêt que lorsqu'une requête infructueuse d'existence peut, sous d'autres conditions, aboutir à l'existence d'objets. Et ces nouvelles conditions de néantisation peuvent être dues à : un autre instant dans le temps, une adaptation du modèle (face à la réalité), une modification du langage (face au modèle). Le Néant général, qui ne serait pas lié à une requête donnée, est un concept creux et vide - l'idée même de néant est un néant d'idées.
concept,esprit,être,idée,langue,question,réalité,représentation,temps,vide

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Connaître une chose (matérielle ou spirituelle), c’est d’en avoir bâti un modèle, une représentation. La raison qui ignore les raisons du cœur ou de l’esprit est paresseuse, indifférente ou bête.
cœur,concept,esprit,matière,raison,représentation,savoir

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Le nombre est le seul concept objectif, c’est-à-dire pouvant se passer de représentations qui sont toujours subjectives. La seule pensée non-subjective est la pensée mathématique. Tous les autres concepts, qu’ils s’appellent extases ou connaissances, se réduisent aux nombres, à travers des représentations.
concept,idée,représentation,savoir,science,sentiment

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Comme dans toutes les sciences, la mathématique démarre par la représentation d’objets (classes) et de liens entre objets (dont des transformations). La réalité souffle au mathématicien le nombre naturel et l’addition comme points de départ de ses réflexions. Les étapes suivantes : on traite les opérations comme des objets, en en répertoriant des propriétés et en créant des opérations nouvelles ; on constate que celles-ci génèrent des objets différents des objets-sources ; la possession de mêmes propriétés engendre des classes d’opérations, applicables aux objets autres que les nombres ; on finit par manipuler, avec les mêmes rigueur et élégance, des objets n’admettant aucun parallèle avec la réalité. Des réseaux abstraits se substituent aux objets palpables, comme, semble-t-il, c’est le cas dans la physique quantique - les structures finissent par dominer les quantités.
commencement,concept,réalité,représentation,science,système

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Aristote et Kant eurent beau avertir les philosophes, que sans une bonne représentation tout discours ne peut être que du verbiage – Spinoza et Hegel tombèrent dans ce piège. Et tout effort interprétatif, sans une base conceptuelle, dégénère en bêtises irresponsables ; et c’est dans ce deuxième piège, qu’ils dégringolèrent.
concept,défaite,erreur,interprétation,maîtrise,philosophie,représentation

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Le galimatias de Hegel reprend celui de Parménide ou de Plotin. La proximité, phonétique et lexicale, entre l’Un et l’Être, en grec, ou entre Sein et Eins, en allemand, est la seule source évidente de leurs logorrhées. Ils ont, tous, profané les notions platoniciennes de Bien et d’Idée, ouvertes aux interprétations innombrables.
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La démarche mathématique est tout simple : inventer de nouvelles propriétés (dictées par la logique ou le bon sens), propriétés des objets ou des relations entre objets (ce qui peut aboutir à la naissance de nouveaux objets ou relations) ; ensuite, on en prospecte des conséquences, en avançant et en prouvant des hypothèses. C’est l’élégance de ces propriétés et de ces démonstrations qui distingue les meilleurs mathématiciens.
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Dans la réalité, il y a la matière (les choses, res extensa) et les esprits (res cogitans, la vie) ; dans la représentation, il n’y a que l’esprit, ou l’imagination : les objets et les relations ; dans le langage, il n’y a que des références de ce dernier esprit.
concept,esprit,langue,matière,réalité,représentation

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En physique, on finit par chasser tout infini ; la vitesse de la lumière et la température de la matière en sont les victimes les plus célèbres, qui rendirent inaccessible et incompréhensible la belle image du Big-Bang. Et sans l’infini – pas d’origine, pas de commencement transcendant – le mur de M.Planck est infranchissable pour la raison. La mathématique reste la seule science à bien s’entendre avec un infini docile, mais ses commencements sont, contrairement à la physique, triviaux. L’art, qui est la maîtrise des commencements passionnants, est donc plus près de la physique que de la mathématique.
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La perception du réel débouche sur la conception de l’idéel (sauf en mathématique, où l’idéel précède le réel) ; les concepts se trouvent déjà du côté de la représentation, qui est le fond de tout savoir ; la représentation et la connaissance se trouvent, donc, dans le même camp. Mais tous les philosophes confondent la représentation avec la perception et la séparent du savoir.
concept,idée,réalité,représentation,savoir,science

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Il fallut attendre la maturité de la cognitique, de l’Intelligence Artificielle, de la linguistique, pour qu’on cesse de voir dans la représentation un ramassis d’apparences et de sensations, et d’en faire une épistémologie appliquée rigoureuse, un support de tout langage, complétant la grammaire de celui-ci.
artificiel,concept,langue,philosophie,représentation,science

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Le concept de vache n’est nullement moins abstrait que celui d’une algèbre de Lie. Et peu importe que la vision, le toucher et l’usage précédèrent le premier, et que le second soit un cas particulier d’une algèbre sur un corps, cas invisible, intouchable, inutilisable en dehors de la mathématique.
concept,inconnu,regard,représentation,science

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L’arbitraire intervient nécessairement dans toute représentation suffisamment riche ; les catégories philosophiques font partie des représentations et portent donc une dose d’arbitraire. Impossible de trouver deux représentations (deux sujets), ayant exactement les mêmes jeux de catégories. Aucune absolutisation n’en est donc possible. Ni Aristote ni Kant n’en ont l’exclusivité.
concept,jeu,philosophie,représentation,universel

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La cécité et la misère de la philosophie académique se révèlent dans ces deux exemples : elle ne voit de mystère ni dans la matière ni dans l’esprit ; elle n’entoure de mystères que ce qui est banal, trivial, plat – le non-être, le néant, le rien, l’ensemble vide (le seul apport philosophique au thème d’existence aurait dû être l’objet et la thérapeutique de la consolation). Et, comble d’imposture, cette philosophie le fait dans le culte d’un savoir, qu’elle ne possède jamais (comme le vouloir et le pouvoir – non plus). Arythmie des mots, anémie des concepts.
concept,consolation,école,esprit,être,mot,mystère,philosophie,platitude,savoir,…

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Dans son travail de synthèse, l’homme dispose de son libre arbitre, pour préparer les futurs accès aux objets représentés ; dans l’analyse, l’homme-interprète est esclave de la logique et d’une représentation, héritée ou bâclée ad hoc. Mais, dans les deux cas, l’accès reste une notion-clé. Et Cioran, bien que par hasard, dit une chose admirable : « Je ne pense que par accès »*** !
concept,interprétation,liberté,représentation,science

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Je ne connais pas d'autre symbole, qui serait également propre à cerner les images ou à expliciter les concepts, que l'arbre. Il est immobilité et mouvement, loi et liberté, nombre et tableau. L'art de l'arbre est le climat de l'âme, comme la vie de la montagne est le paysage de l'esprit.
âme,arbre,balance,climat,concept,esprit,immobilité,justice,liberté

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L’objet (dont le sujet est un cas particulier) et la relation (unaire, binaire etc.) entre objets, avec leurs attributs et propriétés, sont les seuls concepts d’une représentation, cet unique support de tout savoir, et tous les deux sont impensables sans liens avec d’autres objets et relations. Donc, le fantomatique savoir absolu, opposé au savoir relatif, et avec son impossible indépendance, est impossible. L’Être, étant indéfinissable dans la réalité (où règne la chose en soi), ne peut loger, provisoirement, que dans la représentation, où il sera toujours relatif.
absurde,concept,être,réalité,représentation,savoir

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Toute sensation du corps est spontanée et commune, elle est là pour être comprise, abstraitement, par l’esprit et sublimée, sentimentalement, par l’âme ; plus de profondeur ou plus de hauteur. On ne doit pas mettre le matériau au-dessus de l’œuvre, comme le fait Hume : « La plus animée des idées ne vaut pas la sensation la plus terne » - « The most lively thought is still inferior to the dullest sensation ».
âme,concept,esprit,hauteur,idée,matière

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Les plus rigoureuses théories scientifiques ne peuvent s’appuyer que sur les apparences, car les matières minérale, végétale ou animale contiennent d’infinis mystères qu’il s’agit d’élucider, sans l’espoir d’en toucher le fond. Les dénonciations des apparences comme sources d’erreurs ne peuvent être que sottises. Les seuls objets se passant d’apparences sont des objets mathématiques.
concept,erreur,matière,mystère,science,système

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Deux verbes parasites – être et exister – excitent la curiosité stérile des apprentis-philosophes et leur font formuler des requêtes absurdes des objets fantomatiques. Je me suis suffisamment expliqué sur être, prenons exister. En oubliant la polysémie et l’usage métaphorique, en oubliant la réalité et le langage comme domaines d’existence à part la représentation, que signifie dans celle-ci la phrase blanc existe ? Wittgenstein se serait lancé dans ses innombrables Sprachspiele (jeux de langage), qui n’apporteraient rien de constructif. L'objet blanc est - 1. une classe (blancheur), dont des sous-classes seraient blanc foncé, blanc clair etc. 2. un élément de la classe couleur, 3. une valeur de l’attribut couleur, 4. un attribut, dont des valeurs seraient blanc foncé, blanc clair etc.
auteur,concept,être,langue,philosophie,platitude,question,réalité,représentation

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Étant donné un domaine représenté, penser veut dire y insérer des objets n’ayant pas encore de nom (les concepts nouveaux) et les munir de relations nouvelles (de métaphores). On voit qu’on peut s’y passer de langue.
concept,métaphore,représentation

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Toute représentation (conceptuelle) relève d’un sujet (une personne, une communauté consensuelle) ; cette dépendance est reflétée par la volonté schopenhauerienne. Mais à sa dyade manquent deux éléments – une méta-logique (assurant que la représentation, pour le même sujet, est non-contradictoire) et un langage (se plaquant sur la représentation). Quant au contenu d’une représentation, Schopenhauer, comme, avant lui, Aristote et Kant, reste dans le flou de la vague causalité, qui est une relation protéiforme et banale, sans rien d’universel. Quelles connaissances représente-t-on ? - les structurelles (classes/éléments, réseaux sémantiques, scènes d’acteurs), les descriptives (attributs, propriétés de concepts, dont des aspects langagiers, lexicaux et syntaxiques), les comportementales (règles déductives et événementielles, scénarios). C’est la démarche de l’IA.
artificiel,concept,langue,négation,représentation,savoir,science,universel

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Les contraintes sont des méta-principes qui réduisent le champ de mes intérêts. Dans ce champ, soit je développe une forêt de principes, soit j’y plante des arbres, des principes solitaires – la fin ou le commencement, la forteresse finale ou la caresse initiale, le discours ou le chant. Aristote est dans la forêt, et Platon – dans l’arbre ; développeur ou enveloppeur, raisonneur ou poète.
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Il n’y a rien d’absolu dans les Idées platoniciennes. Même l’espace/temps, la matière, la vie, dans les représentations, portent, nécessairement, des traces des expériences individuelles. Aristote fut plus platonicien que Platon, en absolutisant ses catégories, où le libre arbitre est flagrant. La fichue préexistence des Idées n’est qu’une figure rhétorique qui ne s’appuie sur rien. En revanche, la préexistence des concepts (dans la représentation), pour ancrer le langage, leur échappa à tous les deux.
concept,idée,jeu,langue,liberté,matière,représentation,sacré,temps,vie

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On croit voir l’espace, puisque la mémoire retient surtout les objets (et beaucoup moins les relations entre les objets) ; mais avec chaque seconde successive, l’objet perçu n’est plus le même. Il serait donc plus juste de dire que nous voyons le temps !
concept,être,mémoire,regard,temps

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Un discours, pour prétendre au grade d’un parfait galimatias, doit posséder plusieurs caractéristiques : l’idée centrale banale ou bête, l’indistinction permanente entre le mot et le concept, des relations aléatoires, impossibles, apoétiques entre concepts, des références bancales à vérité, connaissances, liberté, réalité, la manie de dénoncer et de combler des lacunes chez les autres, l’insensibilité aux rêves, qu’on profane par illusions, apparences, incertitudes, riens.
concept,doute,idée,inconnu,liberté,mot,platitude,poésie,réalité,rêve,…

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Dans ta vie il y a deux activités principales (et peut-être même uniques) – la représentation-conception et l’interprétation-création. Cette dichotomie est la seule à rendre le terme d’être utilisable, puisque son contraire, le devenir, te renvoie à la création. L’être est dans la conception, et le devenir – dans la création.
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Le rien existe en tant qu’un ensemble vide ; le quelque chose existe en tant qu’une variable de la formule logique, à laquelle se réduit tout discours. L’existence logico-mathématique ou l’existence logico-langagière. Démocrite le pressentait.
concept,être,interprétation,science

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Le Royaume des Idées (ou des Formes, modèles, concepts) platoniciennes, n’est qu’une représentation qu’un informaticien appellerait Base de Connaissances, qui est toujours subjective, intermédiaire entre la réalité et le langage et donc liée au temps.
concept,idée,langue,réalité,représentation,système,temps

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Jamais personne ne confondit la chose perçue avec la chose en soi ; la seule remarque à retenir de l’image de la Caverne platonicienne est que l’homme-maître (et non pas un prisonnier) peut intensifier ou rediriger la flamme, projetant des ombres de plus en plus congruentes avec la chose en soi inaccessible.
concept,être,inconnu,ombre,soi

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Tout le chaos des philosophes autour du concept de connaissances est dû au fait qu’ils l’attachent à la réalité, tandis qu’il appartient entièrement à la représentation. On ne connaît pas la réalité, on en a des impacts des sens ou des intuitions non-langagières.
concept,langue,philosophie,réalité,représentation,savoir

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Le poète synthétique Platon place ses mots (Idées particulières) dans sa représentation (en haut) ; le philosophe analytique Aristote les applique directement à la réalité (en bas) universelle. D’où le malentendu entre l’élève et le maître. L’erreur de tous les deux est de croire en universel et de négliger le particulier. En plus, dans le mot particulier, ils confondent ces deux concepts différents : la relation classe/élément et l’appartenance de représentations aux auteurs différents.
concept,erreur,idée,mot,philosophie,poésie,réalité,représentation,universel

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Un fait, c’est la triade – objet, attribut, valeur. Un événement – une modification de faits. Or, dans la réalité il n’y a ni objets, ni attributs, ni valeurs ; ce sont des concepts de la représentation. Tous les phénomènes sont des noumènes.
concept,philosophie,réalité,représentation

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Toutes les idées, aussi bien mesquines que sublimes, ont besoin de points d’attache verbaux, au sens vague ou protéiforme, que l’auteur fixerait en les attachant à ses représentations. C’est l’une des justifications de l’appel à ces avortons de notions comme être-exister-substance, métaphysique-transcendance-immanence, savoir-soi-conscience etc., une autre justification étant leur usage métaphorique et non pseudo-théorique.
concept,être,idée,métaphore,mot,philosophie,représentation,savoir,soi,système

intelligence
Ce ne sont pas des sensations qui constituent le présent ; celui-ci se forme déjà par la mémoire. Le temps est le contact permanent entre maintenant et ici, d’un côté, et jadis et ailleurs, de l’autre.
concept,mémoire,temps

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J’apprécie l’intuition de Valéry pour juger du savoir, du langage, de l’intelligence ; mais quand je lis, que pour lui « la mathématique est la science de l’arbitraire », je vois qu’il n’y comprend rien. Il y a des lois implicites, en mathématique, qui encouragent l’élégance et le laconisme des preuves d’une nouvelle assertion. Il est rare qu’on améliore la première version de preuve, mais c’est toujours au profit de ces deux critères qui excluent, presque complètement, l’arbitraire. Même la création de nouveaux objets, en mathématique, bannit l’arbitraire ; c’est pourquoi la mathématique est la vraie ontologie pour tout cerveau rationnel. L’arbitraire des représentations est propre à toutes les sciences, sauf la mathématique.
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L’opération langagière de donation de sens et l’opération mathématique de démonstration d’une assertion se ressemblent ; appliqué à ces deux domaines, le terme métaphorique d’arbre correspondrait aux structures infiniment plus complexes (avec des relations logiques, ensemblistes, combinatoires etc.). La formule abstraite commune, pour la formulation d’un problème, serait : A1 = A2, où l’opérateur ‘=’ s’appellerait unification (généralisation de l’égalité et de l’identité) et A1, A2 seraient références des objets et des relations (références qu’on appellerait, par convention, - arbres). La représentation (base de faits ou de connaissances) servirait de support factuel de l’unification. C’est trivial, mais didactiquement utile.
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Notre perception du monde se fonde sur trois domaines – la réalité (choses et esprits), la représentation (concepts et structures), le langage (grammaire et rhétorique). Une intelligence de penseur et un talent de poète sont nécessaires, pour en dresser un tableau convaincant, ou plutôt séduisant. Pour réaliser cette tâche, la compréhension de la place du langage est la condition sine qua non, puisque la seule communication universelle est le langage. Aucun philosophe n’y est parvenu. N’y brille que le grand Valéry, avec ses notions géniales d’arbre (graphe, réseau), auquel se réduit tout discours, de substitution (des concepts et tropes – aux mots), d’élimination de l’aspect purement verbal (pour accéder à la signification et au sens).
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Le fond d’une écriture, c’est son but. Quant à la forme, elle se présente sous deux aspects : son commencement langagier et le chemin d’accès au but, chemin, à la fois conceptuel et métaphorique, extra-langagier. Quelles que soient les arguties des porteurs de lumières, les buts ne peuvent être que collectifs. Les projeteurs d’ombres se concentrent sur la forme, qui fait naître beaucoup plus d’idées originales que le but.
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Penser a trois domaines d’application et de définition : représenter, interroger, interpréter – la création conceptuelle, l’imagination langagière, la démonstration logique.
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Toute représentation, qu’elle soit savante ou rudimentaire, est composée de concepts ; ils sont soumis à la logique chez le scientifique ; ils ne sont que des matériaux de verbiage chez les discursifs – romanciers (madeleines ou boîtes d’allumettes) ou philosophes académiques (vérités ou connaissances) ; chez le plouc, ils sont indiscernables des mots. Le poète leur assigne le rôle d’un fond auxiliaire (un mythe que chacun reconstitue à sa guise), pour mieux ressortir une forme verbale – la pesanteur au service de la grâce.
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La science est la profondeur des représentations, la hauteur des hypothèses, bâties ci-dessus, et l’étendue des liaisons logiques entre ses objets. L’Histoire a beau échafauder des représentations imposantes, formuler des hypothèses grandioses – elle est incapable, par définition, à élaborer des suites logiques crédibles entre ses événements, un amas de hasards imprévisibles. À part la curiosité, elle ne peut réveiller aucune prémonition des faits à venir.
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La pensée est la suite de quatre étapes : un état d’âme (inspiré par notre soi inconnu), un discours (culture langagière de notre soi connu), des substitutions de mots par concepts (intelligence et connaissances de notre soi connu), un sens (réseaux de concepts – à communiquer).
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Pour toute catégorie philosophique, il est toujours possible de remonter – ou de les inventer – aux espèces plus générales (c’est le phénomène implexe valéryen). Il n’y a donc pas de catégories premières comme il y a des nombres premiers en arithmétique.
concept,création,esprit,philosophie,science

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Puisque la réalité figure dans toute définition de représentations ou de langages, il faut en donner l’esquisse d’une (pseudo-)définition.
1. Cette définition est formulée par un Terrien du XXI-me siècle ; il l’appuie sur son bagage intellectuel, constitué par les phénomènes externes perçus et les noumènes internes conçus.
2. Ce Terrien se trouve sur la planète Terre, faisant partie du système Solaire, l’un des cent milliards de systèmes de la galaxie Voie Lactée, celle-ci figurant parmi les cent milliards d’autres galaxies.
3. Ces agglomérats de matière sont constitués à partir des mêmes éléments, énumérés par la table de Mendeleev ; les particules élémentaires communes existent depuis des millions d'années, mais à l'origine de l'Univers la matière fut organisée autrement.
4. La vie dans l'Univers, fort probablement, n'existe que sur notre planète dans les domaines végétal, animal et humain. La liberté se manifeste dans les deux derniers (en dehors de notre planète règne la nécessité minérale), et l'esprit (attaché mystérieusement au corps et possédant la conscience et la créativité) est propre à l'homme.
5. En résumé, l'Univers, qui est un autre nom de la réalité, est constitué de la matière et des esprits – une banalité proclamée depuis l'Antiquité.
6. La matière est soumise au mouvement ; les étapes successives s'associent au Temps irréversible qui traverse l'Espace contenant la matière. Les esprits étant incorporés dans la matière vivante, ils accompagnent leurs corps dans leur dissolution et s'éteignent.
7. Il est certain qu'un jour toutes les étoiles s'éteindront, les esprits disparaîtront et une matière en décomposition remplira la nuit totale d'un Univers mort.
8. En retournant sur notre planète, nous y voyons quatre mondes : le minéral, le végétal, l'animal, l'humain. La minéralogie, la botanique, la zoologie s'occupent des trois premiers. Le domaine humain se décompose en quatre mondes : le social, le technique, le scientifique, l'artistique ; c'est la seule réalité dont s'occupe la philosophie.
9. À part la réalité, notre existence ne connaît qu'un seul autre objet de réflexion – le rêve. Ce domaine n'est pas éphémère à cause de deux sources d'étonnement, d'admiration et d'enthousiasme : le fait indéniable que le Créateur (de l'Univers ou de la vie ?) ait mis en nous trois sens merveilleux – le Vrai, le Bien, le Beau, et le besoin de créativité que tout homme évolué éprouve.
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La vision intuitive de la réalité est largement consensuelle ; tout homme veut ramener cette vision aux connaissances individuelles, dont les entités élémentaires s’appelleraient concepts.
1. L’organisation (structurelle, descriptive, comportementale) de ces concepts constitue une représentation.
2. Un concept (dans une représentation) est un reflet incomplet des choses en soi (en réalité).
3. Cette démarche, intuitive aussi bien chez les concierges que chez les scientifiques, devint opératoire chez les cogniticiens (fondateurs de l’Intelligence Artificielle) : on y imite le comportement humain à travers la représentation et l’interprétation des connaissances.
4. Aucun philosophe n’accéda à ce sens de la représentation. Les tableaux catégoriels d’Aristote et de Kant amorçaient une bonne direction, mais leurs adeptes y virent une objectivité tandis qu’une subjectivité évidente est à leur origine.
5. Un malentendu, déplorable mais partagé par presque tous les philosophes, voit dans le langage le traducteur des connaissances, tandis que la couche langagière ne fais que se superposer à la couche représentationnelle, la seule porteuse du savoir.
6. Deux activités - l’acquisition des connaissances (complétant la représentation) et leur interprétation (par l’intermédiaire du langage) – mettent en évidence le rôle capital de la logique : elle assure la cohérence de la représentation et elle fait partie intégrante de toute langue naturelle.
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Aucun philosophe n’est capable de définir ce qu’est le savoir ; pourtant de vagues et volumineux traités académiques débordent d’évocations irresponsables à son sujet.
1. Il y a trois types de connaissances – les pragmatiques (des faits dogmatiques, proclamés vrais, sans preuve), les mathématiques (des faits abstraits, hors la réalité et prouvés à partir d’un système axiomatique non-contradictoire), les scientifiques (des faits concrets, confirmés par l’expérience réelle).
2. Puisque dans l’acceptation de faits rigoureux la réalité est le domaine de confirmation définitive, dans ce qui suit on n’évoquera plus ni les connaissances pragmatiques ni les connaissances mathématiques. Les premières relèvent d’un dogmatisme irresponsable, fondé sur la croyance ; les secondes partent d’un stricte sophisme, s’appuyant sur l’intuition du nombre.
3. Toutes les sciences se fondent sur des représentations conceptuelles. Mais il serait exagéré de dire que la connaissance est la représentation (Valéry). Toute représentation est finie, tandis que les connaissances, déductibles à partir des représentations, sont infinies. C’est pourquoi il serait plus précis de parler, comme en Intelligence Artificielle, de Bases de Connaissances.
4. Il est impossible d’énumérer toutes les connaissances découlant de la Base, mais elles résultent de deux mécanismes : le langage, dans lequel on formule des hypothèses, et le démonstrateur logique, convertissant les phrases langagières en formules logiques.
5. Donc, le fournisseur de connaissances est le raisonnement hypothético-déductif, s’appuyant sur la véracité/fausseté prouvée des hypothèses.
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Ni les philosophes ni les linguistes ne sont capables de désigner précisément la place du langage dans nos discours.
1. Les linguistes n’ont qu’une vision interne du langage, se limitant à en formaliser la grammaire (la phonétique, l’alphabet, la morphologie, le lexique, la syntaxe).
2. Les philosophes voient dans le langage l’émetteur et le récepteur des connaissances. Or ces fonctions relèvent de la représentation.
3. L’usage forme les concepts ; pour les besoins de communication, on attache aux concepts (des tournures) des mots.
4. Le sens d’un discours se réduit aux réseaux de concepts ; les sens des mots résultent de l’examen des concepts auxquels ces mots s’attachent. Le sens du mot n’existe pas.
5. Toute phrase peut être convertie en formule logique, et la logique (du premier ordre) fait partie de toutes les langues (y compris des langues indo-européennes). Le sens d’une phrase résulte des substitutions des mots de la formule logique par des concepts.
6. La logique, à l’intérieur d’une langue, est enrichie par des idiomes et des tropes, dont la modélisation peut faire partie de la représentation sous-jacente. Même le style peut être pris en compte par la représentation.
7. L’ambigüité ou la polysémie des mots est un phénomène modélisable dans des représentations rigoureuses.
8. Dans l’interprétation d’un discours, le cadre social ou psychologique du locuteur peut livrer certaines contraintes, réduisant le domaine du conflit.
concept,contrainte,europe,interprétation,langue,représentation,savoir,science,style

intelligence
Dans la philosophie académique, la palme du bavardage irresponsable appartient, sans doute, à la notion de vérité.
1. Seuls les cogniticiens (avec des connaissances suffisantes en logique et en linguistique) ont le droit d’en donner des définitions.
2. Chez les professeurs de philosophie, le seul cas d’un usage tolérable remonte à la notion antique d’adaequatio. Il s’agit d’un rapport satisfaisant entre l’état de notre représentation et la réalité modélisée. Le terme adéquat serait – satisfaction, bien que sa valeur diffère énormément chez un concierge ou chez un scientifique. En aucun cas, cette satisfaction ne peut être formalisée.
3. Pour aborder le sens de la vérité, la première interrogation à soulever est – vérité de quoi ? La vérité n’est pas un objet (à découvrir, à fabriquer, à dissimuler), mais une propriété d’une affirmation (ou d’une assertion, d’une hypothèse, d’un discours).
4. En dehors d’un langage (ou, dans les cas les plus rigoureux, – d’une logique), parler de vérité n’a aucun sens (sauf avec un glissement sémantique vers l’éthique ou la poésie).
5. La vérité surgit, suite au travail de preuve, appliqué à un discours par un interprète (démonstrateur). L’entité élémentaire d’un discours langagier est la phrase.
6. Pour traiter une phrase, l’interprète doit avoir accès : à la représentation du domaine réel, dans lequel il est plongé ; au vocabulaire langagier associé à la représentation ; à la grammaire de la langue naturelle utilisée.
7. Grâce à ces connaissances, l’interprète, par un jeu de substitutions de mots et de tournures de mots par des concepts, convertit la phrase en une formule logique, ne contenant que des concepts de la représentation. Tout homme effectue ce travail, même sans savoir le formuler dans les termes ci-dessus.
8. Cette formule logique contient : des références d’objets et de relations entre objets (y compris par des variables) ; des qualificatifs d’objets ; des négations (syntaxiques ou sémantiques).
9. L’interprète, successivement, accède aux objets de représentation référencés. Tout échec (tenant compte d'éventuelles négations non-respectées) provoque l’arrêt immédiat de la démonstration, signifiant que la phrase en question est définitivement fausse.
10. Aucun sens ne peut être attaché à la phrase fausse. La raison de sa fausseté est dans l’échec d’accès aux objets référencés (ou l’accès réussi mais nié par une négation).
11. Le succès d’accès aux objets de la phrase peut être multiple (plusieurs solutions possibles). À chaque succès particulier correspond un réseau des objets liés – c’est le sens de la phrase vraie.
arbre,bien,concept,école,interprétation,langue,maîtrise,mot,négation,philosophie,…

intelligence
En mathématique on retrouve les notions, réelles mais vagues, d’espace-temps métamorphosées en concepts rigoureux : les espaces de dimension arbitraire (jusqu’à l’infini) et l’ordre et la grandeur unidimensionnels (ou bidimensionnels, si l’on ajoute l’imaginaire au réel).
concept,création,ordre,réalité,science

intelligence
Penser est banal, exprimer sa pensée est mécanique ! Préparer un terrain langagier ou conceptuel, dont surgirait une pensée – un arbre ignorant mon labourage et mes semailles !
arbre,auteur,concept,idée,langue,robot

intelligence
Deux sortes de concepts sont manipulées par les créateurs : l’immobile (l’Être) et le mobile (le Devenir), ce qui trace une vague frontière entre deux clans – les platoniciens (Heidegger) ou les héraclitéens (Nietzsche), la géométrie ou la musique. « La mathématique assiste l’âme dans sa conversion du Devenir vers l’authentique Être » - Platon. Les plus belles idées s’exprimant mieux par le Devenir (le style), Héraclite se réconcilie avec Platon.
âme,concept,création,être,frontière,idée,immobilité,musique,science,style

intelligence
La pensée, ce n’est pas un discours langagier ; elle fait partie du sens de celui-ci ; le sens étant un réseau de concepts non-langagiers, résultant du succès (véracité) d’une interprétation du discours ; la pensée en est un sous-réseau autonome.
concept,idée,interprétation,langue,vérité

intelligence
La pensée s’ancre dans la représentation ; l’élément central de la représentation, c’est le concept de classe (ensemble) : « Tout avancement de la pensée est de former des classes qui permettront de poser des problèmes véritables »*** - Valéry. Tout philosophe de l’esprit (et il y en a des hordes) devrait s’en inspirer, pour oublier les mots et revenir aux classes !
concept,esprit,idée,mot,philosophie,représentation

intelligence
En mathématique, contrairement aux autres sciences, on ne modélise pas les choses en soi, en créant des objets d’étude ; ceux-ci y sont identiques à celles-là. La mathématique est une rationalité objective, mais il se trouve que les rationalités subjectives, aussi bien dans la matière que dans les esprits, s’y plient, ce qui fait de la mathématique une véritable ontologie de l’Univers. C’est dans l’irrationnel – l’art ou l’émotion, l’âme ou le cœur – que l’homme se dégage de la nécessité et proclame sa liberté.
âme,art,cœur,concept,esprit,être,hommes,liberté,matière,nécessité,…

intelligence
Les admirables réponses de ChatGPT et DeepSeek reposent sur une démarche bassement mécanique, qu’il est impossible d’associer à une vraie intelligence. Cette démarche consiste à : 1. accéder, sur l’Internet, aux archives électroniques de textes technico-scientifiques, dans toutes les langues principales, et les parcourir 2. s’appuyer sur un modèle méta-linguistique (qui ne dépend pas d’une langue particulière), permettant de fixer des relations de proximité entre entités langagières (mots ou syntagmes) 3. classifier la relation de proximité en différentes structures pseudo-sémantiques et les mémoriser 4. appliquer le même modèle méta-linguistique à l’interprétation de requêtes, y reconnaître les mêmes types de proximité que ceux qui avaient été pré-mémorisés, en constituer un réseau 5. appliquer un modèle de génération de phrases en langue naturelle, en confrontant le réseau de la requête au réseau neuronal pré-mémorisé. C’est la domination du quoi sur les qui, pourquoi, comment, où, quand. Des calculs bruts, sans aucun raisonnement formel. Mais aucun système d’intelligence artificielle ne peut, pour le moment, rivaliser avec eux en qualité des résultats et en nombre de domaines modélisés. Ces résultats sont satisfaisants dans plus de 90% de questions posées.
abduction,concept,interprétation,langue,mémoire,mot,proximité,question,robot,savoir,…

intelligence
Comment se construit la parole humaine ? Pourquoi la compréhension mutuelle est si prodigieusement facile ? L’essentiel d’un discours renvoie à l’habitude, à la mémoire, à l’expérience. Ce ne sont pas des références conceptuelles (comme c’est le cas en IA symbolique), mais la statistique qui guide la génération et l’interprétation du flux langagier. Seule l’intelligence humaine, ce don divin si inégalement distribué, peut reprendre un discours, pour en apporter des justifications. Un paradoxe – l’IA neuronale, conçue d’une manière si primitive et mécanique, est, en fin de compte, parfaitement humaine ! Et si l’intelligence la plus haute commençait, justement, aux points de brisure des données statistiques ? Et l’IA symbolique est tout-à-fait inhumaine. Comme le sont, par leur origine, nos sens du Beau et du Vrai !
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intelligence
On a beau admirer la profonde épistémologie des systèmes d’une vraie Intelligence Artificielle : le graphe de la relation espèce/genre, le réseau sémantique, la fusion de bases des connaissances, la logique (y compris la négation), la communication en langue naturelle, la gestion de la synonymie, l’attention aux tropes, métonymies, le noyau cognitif universel, indépendant des langues particulières, le concept de workflow, la différenciation entre assertions, hypothèses, suggestions. Ce ne sont que d’élégants outils, pour que les humains constituent leurs propres bases de connaissances ! Quant aux résultats, les misérables réseaux neuronaux, qui ne manipulent que les entités lexicales et une seule relation entre elles, la proximité, ils surclassent, aujourd’hui, tout ce que ces outils d’IA offrent, potentiellement. La croyance statistique de masses écrase le savoir scientifique de race.
concept,hommes,interprétation,langue,mot,mouton,négation,noblesse,proximité,représentation,…

intelligence
La qualité d’un discours intellectuel est dans le chemin d’accès aux objets, celle d’un discours poétique – dans le chemin d’accès aux relations, dans l’intensité d’images naissantes.
chemin,concept,intensité,poésie

intelligence
Les connaissances, constituant une représentation, sont de trois genres : structurelles (syntaxiques, sémantiques ou pragmatiques), descriptives (attributs et propriétés), comportementales (règles déductives et événementielles). Les deux derniers s’attachent au premier. Les relations, formant les structures, peuvent être unaires, binaires ou n-aires : 1. l’objet O existe, 2. il existe la relation R entre les objets O1 et O2, 3. les objets O1, O2,…,On, en tant qu’acteurs (agents), constituent la scène Sci, pour le scénario Sco. La future IA aura ce format. Les big data, réseaux de neurones et les modèles du langage ne s’appuient que sur la statistique et la vague notion de proximité constatée, sans le raisonnement abductif (les qui, quoi, pourquoi, comment, où, quand), contenu dans la future IA.
abduction,concept,langue,proximité,représentation,science,temps

intelligence
Ce qui se formule à partir de concepts, abstraits ou spatio-temporels, n’est pas de la pensée, mais de la routine. La pensée naît au milieu de choses vagues : sensations, conscience, désir, opposition, empathie, honte, enthousiasme, angoisse, ni conceptualisées ni verbalisées. Une espèce de mélodie, de puissance naissante, de timbre, de hauteur se fie aux mots approximatifs qui forment une réalité avec de vagues rapports avec tes états d’âme initiaux. Dans cette réalité artificielle percent des idées ; une fois reliées, elles résultent en pensées.
âme,angoisse,commencement,concept,conscience,enthousiasme,hauteur,honte,idée,mot,…

intelligence
Kant créa une grande confusion entre jugements analytiques et synthétiques. L’existence de classes, de liens entre elles, de leurs attributs et de propriétés de ces abstractions, cette existence même fait partie des connaissances synthétiques. Elles résument ce que l’auteur de ces représentations fixe. Le corps a un volume, un poids, il exerce une influence sur des corps voisins, il a des coordonnées spatiales et il évolue dans le temps - jugements synthétiques. Mais ce qu’une sous-classe hérite de ses sur-classes est déjà analytique : un mammifère est mortel car tout être vivant l’est. Les jugements analytiques s’appliquent surtout aux éléments de ces classes. Jean pèse X kg, il est marié à Marie, hier il était à Paris - ces propositions peuvent être vraies ou fausses.
concept,idée,représentation,savoir,temps,vérité

intelligence
Le nombre et ses relations, ainsi que leurs propriétés, furent généralisés en tant de concepts abstraits et gardant le même degré d’harmonie, d’élégance et d’émerveillement que tout artiste devrait s’imprégner de ce seul savoir universel, même n’allant pas plus loin que l’arithmétique ou la géométrie.
art,beauté,concept,création,idée,mystère,savoir,science,style,universel

thomas d'aquin
Intellectus cognoscit quod quid est non solum definitiones, sed etiam enuntiabilia.

L'intellect forme des objets de deux sortes : définitions et énonciations.
intelligence
Des idoles magiques et des formules logiques, un monde arbitraire et ses implacables requêtes hors toute langue. L'indépendance mutuelle rend souverains et le géniteur d'un nom enraciné et le locuteur d'un verbe désincarné. Et tout le reste est littérature, appel au mot.
commencement,concept,création,esprit,langue,nihilisme,question,raison

spinoza b.
Ordo et connectio idearum idem est ac ordo et connectio rerum.

L'ordre et la connexion des idées sont les mêmes que l'ordre et la connexion des choses.
intelligence
L'une de ces inepties dont grouille le spinozisme ! Ici – une assimilation, aussi absurde que la désassimilation entre le corps et l'âme. Dans la réalité, il n'y a que des choses ; dans la représentation, il y a des objets et des relations ; dans le langage, ce porte-parole des idées, les connexions sont de nature langagière ou représentative – rien à avoir avec les choses réelles. Et le corps, qui jouit ou souffre, peut déterminer l'âme à penser, et l'âme, qui évalue ou s'élève, peut déterminer le corps à bouger – contrairement à ce qu'édicte ce charlatan du Nord.
absurde,âme,concept,idée,ordre,réalité,représentation,souffrance

kant e.
Zum Erlebnisse : erstlich der Begriff, dadurch ein Gegenstand gedacht wird, und zweitens die Anschauung, dadurch er gegeben wird.

La connaissance suppose : d'abord le concept, pour lequel l'objet est pensé, et ensuite le regard, par lequel il est donné.
intelligence
Ce regard est une espèce de mémoire du réel, qui justifie le concept et valide l'idée. Penser introduit le mot et l'image, qui peuvent soit précéder soit suivre le regard. Penser, c'est peindre le connaître. Connaître, c'est éduquer le penser.
concept,continuité,création,idée,langue,mémoire,raison,savoir

kant e.
Alles Denken ist nichts anderes als ein Vorstellen durch Merkmale.

Penser, ce n'est jamais que représenter par signes.
intelligence
Ce qui exclut le désir, l'image d'un objet, la recherche de sa référence langagière, la constitution d'une formule logique, son interprétation, la recherche du sens des substitutions - cette pensée est du niveau d'une programmation informatique.
arbre,concept,élan,interprétation,langue,question,raison,représentation,robot,style

schopenhauer a.
Daß die niedrigste aller Tätigkeiten die arithmetische ist, wird dadurch belegt, daß sie die einzige ist, die auch durch eine Maschine ausgeführt werden kann. Danach bemesse man den mathematischen Tiefsinn.

Que la plus basse des facultés est l'arithmétique, se confirme par le fait qu'elle soit la seule à être reproduite par la machine. Voilà la prétendue profondeur de la pensée mathématique.
intelligence
Aucune matière, de versification à théologie, n'échappe plus à la machine, comme jadis à la plume. Il s'agit d'avoir une bonne hauteur de plume et de ne pas être terrorisé par la profondeur des porte-plumes. La mathématique a l'avantage de ne manipuler que des objets-fantômes, avec des outils divins.
bassesse,concept,hauteur,matière,raison,robot,science

nietzsche f.
Es gibt keine Fakten - nur Interpretationen.

Il n'y a pas de faits, rien que des interprétations.
intelligence
Pour toi, les faits seraient une espèce de vérités absolues. Mais les faits font partie d’une représentation et non pas de la réalité. On interprète les discours ; le discours ne contient que des références d’objets ; tout objet se réduit aux faits – interpréter sans faits, c’est représenter sans objets – absurde ! Ce qui vaut pour l’homme vaut, également, pour la machine intelligente, qui est impuissante sans les faits. De mieux en mieux câblés, les résultats de l'herméneutique deviennent des faits de plus.
absurde,concept,interprétation,réalité,robot,vérité

bergson h.
L'intelligence, c'est l'art de créer des objets artificiels, surtout des outils pour fabriquer des outils.
intelligence
C'est encore un moyen rêvé de rester dans l'inutile fécond. « L'intellect saisit facilement les méthodes et outils, mais il est aveugle, face aux buts et valeurs »* - Einstein - « Der Intellekt hat ein scharfes Auge für Methoden und Werkzeuge, aber er ist blind gegen Ziele und Werte ».
artificiel,axe,balance,concept,contrainte,création,esprit,représentation,utilité

valéry p.
L'esprit est absurde par ce qu'il cherche, et grand par ce qu'il trouve.
intelligence
Il cherche l'idée et ne trouve que le langage. L'idée n'est qu'un projet, les mots sont des objets naissant des contraintes et ne devant pas grand-chose à l'idée.
absurde,concept,contrainte,esprit,grandeur,idée,langue

wittgenstein l.
Die Philosophie läßt alles, wie es ist.

La philosophie laisse toute chose comme elle est.
intelligence
Fouiller les attributs des choses est, en effet, le souci des sciences. Mais en manipuler des points d'attache, en les ramenant à l'homme, est une tâche philosophique. Tout attouchement est un événement avec onde de choc. Les structures et la logique se complètent merveilleusement : objectivité logique et structures anthropologiques.
action,concept,hommes,philosophie,proximité,raison,science

pasternak b.
Предметы приходят как лирические неизвестные, как лирические задачи к субъекту творчества. Существуют не предметы, а задачи. Предметы же есть лишь выполненные задачи.

Le sujet créateur perçoit les objets comme des inconnues ou problèmes lyriques. Pour lui, ce ne sont pas les objets qui existent, mais bien les problèmes. Les objets ne sont que des problèmes résolus.
intelligence
Le lyrisme est peut-être ce qui, le mieux, apporte au problème un scintillement du mystère, et à la solution - un chatoiement du problème.
arbre,concept,création,mystère,ombre,poésie,réalité,romantisme

deleuze g.
La différence ne peut être qu'entre deux sortes d'idées : celle des termes et celle des relations.
intelligence
D'après ce docte critère d'intelligence la machine a déjà largement dépassé ces hommes, fascinés par le robot. C'est hors toute géométrie projective que se situe la vraie différence : entre le haut discret et le bas continu.
concept,continuité,hauteur,hommes,idée,représentation,robot
 

ironie
L'objection principale contre l'abstraction totale, dans le métier du mot (Mallarmé) : l'ironie n'a plus de sens, si l'on ne fait qu'évoquer des objets au lieu d'y toucher. Et sans l'ironie, point de littérature.
concept,mot,réalité

ironie
Le regard, ce serait cet outil de mesure qui perturbe le phénomène et obstrue l'objet ; l'observateur devient la seule réalité, digne qu'on n'en fouille pas les causes.
balance,commencement,concept,création,réalité,regard,soi

ironie
La solution de l'être est dans un projet, son problème - dans un objet, son mystère - dans un sujet : du plus facile au plus ardu. Mais on ne trouve le meilleur que s'étant perdu : « se vouer au mystère, c'est se mettre sur le chemin de l'errance » - Heidegger - «  die Entschlossenheit zum Geheimnis ist unterwegs in die Irre », ou ayant renoncé aux objets : « ce mysticisme sans objet, qui est en moi » - Valéry - il voulait dire est le moi.
chemin,concept,être,mystère,soi

ironie
Il doit exister une énigmatique relation de cause à effet entre l'exotisme du lieu géographique et la tonalité de l'écriture, qui s'y éploie : quand je compare mon environnement avec celui de Byron, Leopardi et Nietzsche, je trouve d'amusants parallèles.
art,auteur,concept,hommes,temps

ironie
Chose, objet, substance, essence, existence, étant, être, l'Un, Dieu - quand je réussis à les traiter, tous, comme des objets, je peux proclamer la mort de Dieu comme l'aboutissement de l'éternel retour du Même, étalé en mille facettes : « Dans l'infini - l'éternel retour du même ; au ciel, le multiple devient l'Un, le système » - Goethe - « Wenn im Unendlichen dasselbe sich wiederholend ewig fließt, das tausendfältige Gewölbe sich kräftig ineinander schließt ». Semper alternum des commencements extérieurs n'est possible que grâce à semper idem des naissances intérieures.
commencement,concept,dieu,éternité,être,inconnu,mort,représentation,retour,système

ironie
Les citations de ce livre sont un tribut à l'intentionnalité et, en même temps, sa réfutation : tant de mes métaphores gagnent (en clarté) à être encadrées par un arbre structurel (des substances ou relations) et par un arbre logique (des fraternités, négations ou antonymes) ; mais l'unification avec d'autres arbres aurait tout autant gardé l'essence du mien.
arbre,auteur,concept,fraternité,maxime,métaphore,négation,représentation,voix

ironie
L'informaticien, modélisant le monde en langages orientés-objets, ricanerait en apprenant, que « en philosophie, la désobjectivation et la désorientation étaient tenues de s'énoncer dans la métaphore poétique » - Badiou. Les philosophes ignoreraient, que la métaphore naquît de la confrontation entre la représentation (où l'objet est incontournable) et la langue (qui cherche à accéder à ces objets).
concept,langue,métaphore,philosophie,poésie,représentation

ironie
Les idéalistes et les matérialistes s'anathématisent mutuellement, mais quand un observateur impartial compare leurs summums respectifs - la relation Père-Fils, en partant du sujet transcendantal, ou la relation Être-Étant, en partant de l'objet immanent, - il est face au même degré d'aberration que dans le mystère du sexe des anges ou du clinamen de Lucrèce.
concept,idée,matière,mystère,philosophie,religion

ironie
Quand j'ai compris, que moi, comme tous les autres, j'emprunte tous mes sujets, mes objets et même mes projets - aux autres, et que je ne peux rendre ma nature la plus immédiate et la plus mystérieuse que par des artifices, dont moi-même, je suis le premier à être surpris, j'accepte, sourire ironique aux lèvres, d'être traité d'artificiel et d'emprunté.
artificiel,auteur,concept,mystère,nature,soi,voix

ironie
La relation sagesse-folie manque de symétrie : si le Socrate fou est bien Diogène, le Diogène assagi devint directeur commercial ou sous-préfet.
angoisse,concept,folie,philosophie,platitude

ironie
Le mathématicien maîtrise l’infini, le poète – la pureté, le savant – la pensée. Mais a-t-on jamais vu un seul philosophe, capable de définir ces trois concepts ? Pourtant, l’un des plus obtus d’eux, Hegel, proclame, parmi tant d’autres, cette ânerie, totalement creuse : l’infini est la pensée pure ! Et dire, que la pensée est la pureté infinie, n’est guère plus glorieux.
ange,concept,école,idée,inconnu,poésie,science

ironie
La fouille aléatoire des concepts approximatifs est à l’origine des tristes catégories aristotéliciennes ou kantiennes. Mais il y a des penseurs qui s’en servent comme d’un étalon de sagesse : « L’usage que Flaubert a fait de certains pronoms a renouvelé presque autant notre vision des choses que Kant, avec ses Catégories » - Proust.
concept,intelligence,jeu,langue

ironie
L’origine de l’ennui dans l’écriture : on n’aborde que des choses, qui sont déjà munies d’une étiquette verbale.
art,concept,ennui,langue

ironie
Une grande naïveté des vitalistes – imaginer qu’on puisse penser à même les sens, en évitant les concepts. Le taux de concepts est le même chez le fou et chez le sage ; la différence n’est que dans la qualité de ceux-là.
concept,idée,vie

ironie
Tout ce qui mérite notre attention dans la vague notion de causalité est contenu dans le simple paradigme de workflow de l’Intelligence Artificielle. Aucune passerelle intéressante vers la philosophie.
concept,intelligence,philosophie,platitude

ironie
Chez les philosophes professionnels, tant de verbiages, ampoulés et creux, au sujet du tout et du rien, tandis que, en logique, les quantificateurs universel et existentiel réduisent ces vagues notions en concepts rigoureux et banals.
concept,être,intelligence,philosophie,science,universel

ironie
Des représentations, plus que des actes, sont les premières manifestations de la conscience de l’homme. Dans ces représentations, l’homme lui-même (ou le Je) est nécessairement représenté en tant que sujet et, en tant qu’objet, il est le seul, dont les essences dans la représentation et dans la réalité sont concomitantes, identiques – l’existence dans la représentation implique l’existence dans la réalité ! Dans la représentation, Je peut être muni de certaines relations unaires (comme penser, bailler, éternuer). Si l’une des propositions je pense, je baille, j’éternue s’avère vraie, alors Je y doit pré-exister. Donc, le bon cogito devrait se formuler ainsi : si j’ai une représentation, le fait que je suis est acquis et ce n’est pas la peine de prouver, au préalable, que je pense, baille, éternue etc. Ce qui, d’ailleurs, est, le plus souvent, faux, au moins en ce qui concerne le penser.
action,concept,conscience,être,hommes,idée,nécessité,réalité,représentation,vérité

ironie
Dans les exercices philosophiques, le délire est affaire d’ivresse ; et il est préférable au sérieux, conceptuel ou verbal. C’est pourquoi Hegel et Nietzsche (un fou logorrhéique et un fou poétique), de la philosophie allemande, sont plus entraînants que Bergson et Sartre (un bavard et un creux), de la philosophie française.
allemagne,concept,ennui,folie,france,mot,philosophie,poésie
 

chœur mot
VÉRITÉ : On place la vérité tantôt dans les mots tantôt dans la réalité. Le mot fournit la requête ; la réalité est remplacée par un modèle ; et la vérité naît de l'effort de l'interprète, qui remplace des références de la requête par des objets du modèle et évalue la formule ainsi obtenue. C'est ainsi que se forme le sens : conception du mot, attouchement des choses, extraction de la vérité…
concept,interprétation,langue,réalité,représentation

mot
La référence : une réponse langagière au désir, à la focalisation, à l'intention de désigner un objet ou une relation ; d'autres l'appellent intentionnalité ; sa diversité verbale est générée par des grammaires de réécriture (Chomsky). La signification : un renvoi pragmatique, hors du langage, à partir d'un fait conceptuel, établi par l'interprétation d'un discours, renvoi vers les objets réels - c'est ce que d'autres appellent - dialectique ; l'intuition et l'arbitraire en sont les seuls justificatifs. Wittgenstein nage, au milieu de ses binômes, et s'y noie, faute de trinité salutaire : langue, représentation, réalité.
concept,consolation,élan,grèce,idée,interprétation,langue,question,réalité,représentation,…

mot
Heidegger ne voit pas, que l'appel des choses et des relations retentit avant que ne soit prononcé le premier mot : « Aucune conscience ne précède la langue » - « Der Sprache geht kein Bewußtsein voraus ». Et que St-Augustin est brillant, avec la plus exacte des images : « Les mots ne font que nous avertir, pour que nous cherchions les choses »** - « Hactenus verba valuerunt, quibus ut plurimum tribuam, admonent tantum, ut quaeramus res » !
concept,langue,représentation

mot
La totalité du langage se réduit aux formules logiques et aux références d'objets et relations (de l'un et du multiple ; la grammaire universelle engendrant une langue interne). Pas de quoi fouetter un chat. Mais, tel un musicien, je l'interprète, face à mon univers silencieux, et mon âme, en chef d'orchestre ou en casserole attachée à mon corps, fait entendre une mélodie ou un grincement, un soupir ou un bâillement. « En langage poétique, le signe acquiert une valeur à part, créant une espèce d'accompagnement du signifié » - R.Jakobson - « In poetic language, the sign takes on an autonomous value and creates a sort of accompaniment to the signified », et comme dans un opéra, la musique libre l'emporte souvent sur le livret imposé. « Même l'interprétation et l'emploi des mots suppose une création libre » - Chomsky - « Even the interpretation and use of words involves a process of free creation ».
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mot
Ces balivernes : le Sujet n'existerait pas en dehors de l'intentionnalité, il n'existeraient que des Objets déséquilibrés par le Verbe. La conscience est faite surtout d'intensité, musicale et picturale, et la musique et l'image peuvent se passer d'objets.
concept,conscience,intensité,musique,ordre,représentation

mot
Dans ma représentation se trouve un concept, auquel s’attache l’étiquette française – la vache (mais j’en ai d’autres étiquettes nationales, attachées au même concept). Si j’oublie le nom français de ce bovidé, le concept reste intact – à faire réfléchir ces mauvais philosophes, qui pensent que c’est le langage qui représente la réalité.
concept,france,mémoire,philosophie,réalité,représentation

mot
Ceux qui calculent les fréquences des voyelles, la place des pronoms ou la longueur des périodes n'ont rien à voir avec mon intérêt pour le langage. La vraie passion du langage commence par la reconnaissance de la merveille de son absurdité, de l'immensité, qui le sépare de la réalité, de l'émoi, qui se fie à lui, et de l'émoi, qui y naît. C'est l'existence, incontournable, mais presque translucide, de modèles, entre le langage et la réalité, qui est la vraie relation, qui lie le mot à l'être, et que ne voit pas Protagoras : « Le langage est séparé de toute relation à l'être ». Les sophistes abusent de la liberté du langage, qui s'adapte au libre arbitre du modèle ; mais les idéalistes font pire : le modèle serait préétabli, asservi et adopté par la réalité.
absurde,auteur,concept,être,fanatisme,idée,interprétation,langue,liberté,mystère,…

mot
Formé sous l'influence des langues indo-européennes, le regard philosophique européen sur la structure du langage - sujet, verbe, objet - est sans intérêt. Tout langage doit offrir trois types de références : d'objet, d'attribut et de lien entre objets. Les catégories - syntaxique du sujet, lexicale du verbe, sémantique de l'objet - sont purement linguistiques, sans rapport avec le modèle conceptuel. La langue fournit le noyau (verbes, quantificateurs ou connecteurs) de l'axe syntagmatique, l'axe paradigmatique étant alimenté par le modèle.
axe,concept,europe,idée,langue,philosophie,regard,représentation

mot
Quatre merveilleuses machines, qui donnent naissance à la compréhension du discours : la syntaxique (intentions, types de coordination, ellipses, synecdoques), la logique (négation, quantification, évaluation, connexion), la sémantique (typologies de liens, métonymies, qualification, accès aux objets), la pragmatique (métaphores, goût, conjoncture). La merveille est dans leur coopération, en parallèle, et dans leur contact permanent avec le modèle conceptuel, qui les valide et prépare l'émergence du sens. « Pour atteindre le sens entier du discours il faut atteindre le sens du modèle de la réalité »** - Searle - « Any complete account of speech requires an account of how the mind relates to reality ».
art,concept,goût,idée,interprétation,langue,métaphore,négation,raison,réalité,…

mot
« Au commencement était le Verbe » - on peut en ricaner sur trois niveaux : en syntaxe - les substantifs n'ont qu'à bien se tenir (on est avec les logiciens) ; en sémantique - les relations précèdent les sujets/objets (on est avec les structuralistes) ; et en pragmatique - il n'y a rien à chercher avant le mot, tout peut être réduit au mot (on est contre Platon). Heureux qui est ab-origène du pays du Verbe !
commencement,concept,ironie,langue,raison,utilité

mot
Dans le mot, ni l'on ne se dénude ni l'on ne se dissimule, dans le mot on crée, on crée une requête, nécessairement ironique (ironie voulant dire interrogation), et dans laquelle je dois briller soit par ma présence soit par mon absence. Au cours de l'interprétation de cette requête se produisent des rencontres inattendues des objets (Protokollsätze) qui, hors de mon discours, pouvaient s'ignorer. Parmi les subjugués par le mot, on trouve surtout poètes ou tyrans, ces amateurs des régions inexplorées, vers lesquelles les mots bâtissent des ponts.
auteur,concept,création,grèce,interprétation,ironie,liberté,poésie,question,soi

mot
Dans l’écriture, le concept est pro-nomos ; dans la lecture, le nom est pro-logos. Nomen omen.
commencement,concept,métaphore

mot
Le cheminement de l'interprétation moderne d'un mot : une lettre (un son), un mot, une référence (de lien ou de modèle), un réseau, une relation de ce réseau avec un autre, l'intention, la preuve de la relation, les substitutions dans la preuve, le sens des substitutions, l'action s'inspirant du sens. On retire les deux dernières étapes - on est dans le langage intellectuel (antique) ; on en retire les deux premiers - on est dans le langage angélique (médiéval).
action,ange,arbre,chemin,concept,esprit,interprétation,langue,moyen âge,raison,…

mot
La représentation, elle aussi, dispose de son propre langage, mais qui a, vis-à-vis de la langue naturelle, à peu près le même statut qu'un langage de programmation, surtout lorsque celui-ci est fondé sur la logique et est orienté-objets. Les requêtes, formulées dans ce langage artificiel, seraient l'équivalent des idées platoniciennes, indépendantes des mots et classées par type de fonction, de prédicat, d'événement, de substance.
artificiel,concept,être,idée,langue,représentation,science

mot
Dans l'esprit se déroulent des métaphores de l'illumination, indexées de désir, sans noms ni verbes, ne relevant d'aucune langue et pointant sur des objets, liens, variables (nomena nescio), valeurs de vérité. La langue le transforme en références (d'objets et de liens) et en formules logiques. Elle y introduit le temps, joue avec des qualificatifs, la négation, l'ellipse, bref avec ce qui n'apporte presque rien à la pensée.
commencement,concept,élan,esprit,filtre,langue,métaphore,négation,ombre,raison,…

mot
De l'inconvénient du renversement trop mécanique des tendances hostiles : je cherche à retourner, à la lettre, le mauvais slogan du parti pris des choses, ad rem, et j'obtiens - mer-da… Et objet, lui-même, sème le doute avec T'ai-je beau
concept,doute,ironie,réalité,robot

mot
L'étymologie populaire fait remonter matière à un tronc d'arbre - une raison de plus pour se méfier du matérialisme, puisque, parmi les grands attributs de l'arbre sacré, le tronc ne peut rivaliser ni avec la solution des fruits, ni avec le problème des racines, ni avec le mystère des fleurs, des cimes et des ombres.
arbre,concept,matière,ombre,sacré

mot
Toute métaphore traverse le langage, le modèle et la réalité. Elle s'appellera mot, lorsque l'essentiel de ce parcours est langagier et débouchant sur un état d'âme réel. Elle s'appellera idée, lorsqu'elle s'attarde au milieu des objets-concepts du modèle.
concept,idée,langue,métaphore,réalité,représentation

mot
Une langue se réduit à un vocabulaire et à une grammaire (l'écriture, la phonétique, la morphologie étant de nature presque mécanique). Le vocabulaire comprend deux types de références : celles des constructions logiques et celles des objets et des relations. La grammaire est une projection de la logique orientée-objets sur une représentation.
concept,langue,représentation,science

mot
Dans l'émergence d'un nouveau concept, les mots ne sont presque pour rien. Le concept doit sa détermination à la place dans un arbre (graphe) conceptuel, à ses liens sémantiques avec d'autres concepts, à ses attributs, aux rôles qu'il pourrait jouer dans des scénarios impliquant d'autres concepts. Magnifique prémonition de Valéry : « Au lieu de concept, on peut former une Scène »*, réalisée en Intelligence Artificielle ! Les mots ne servent que de mode d'accès plus ou moins paraphrastique aux objets. Dire que les concepts proviennent du langage et non pas de la science (Benjamin) est une pitoyable ânerie !
arbre,artificiel,commencement,concept,idée,jeu,intelligence,langue,représentation,science

mot
Heidegger chercha le fond commun de tous les emplois du verbe être, de l'ontologique au copulatif, et prétendit l'avoir trouvé en l'existence. Or ce fond est complètement vide. Qu'on en juge, en faisant des intersections soi-même : 0. Socrate est avant toute représentation, 1. le méta-concept (classe ou relation) est, 2. l'homme est, 3. Socrate est une méta-instance, 4. Socrate est, 5. l'homme est un mammifère, 6. Socrate est un homme, 7. la calvitie est à Socrate, 8. Xanthippe est à Socrate, 9. la toge est à Socrate, 10. l'idée est à Socrate, 11. le chien est un ami de l'homme, 12. Socrate est mon ami, 13. l'homme est mortel, 14. Socrate est mortel, 15. l'homme est bête, 16. Socrate est intelligent, 17. la taille de Socrate est de 4 coudées, 18. la proie de l'aigle est un ami de l'homme, 19. Socrate est un nom propre etc. Tous les verbes ont autant de droits à supposer une existence d'objets que cet avorton d'être. Référencer la relation genre/espèce, classe/instance, l'attribution, la possession, l'appartenance, l'évaluation d'attributs, l'unification d'objets - c'est un abus de suremploi.
arbre,concept,être,idée,représentation,vide

mot
Dans l'écrit, je veux rester tonique ; je dois franchir plusieurs tests de qualité, avant d'exhiber mes sentences ; la tonicité peut et doit provenir des objets évoqués, des mots choisis, des idées émergentes, de mon tempérament – une seule de ces sources désavoue mes mots, et je peux être certain de leur défectuosité.
auteur,concept,élan,élite,idée,matière

mot
Les chemins d'accès à l'objet sont très loin du réel, de l'être et même de la représentation ; ils sont un phénomène stylistique, mettant à l'épreuve nos goûts et nos interprètes mentaux, ils reflètent le regard du sujet. Dire que « l'accès à l'objet fait partie de l'être de l'objet » (Levinas), c'est reconnaître la misère de la vision phénoménologique du langage, vision ignorant le regard.
arbre,chemin,concept,être,goût,interprétation,langue,philosophie,réalité,regard,…

mot
Le mot est défini par la triade – ses relations avec la réalité, la représentation et la langue ; un métèque peut maîtriser parfaitement les deux premières facettes, mais tant de nuances purement langagières lui échapperont à jamais ; tant de ses idées aériennes dégringoleront à cause de la lourdeur de ses mots désarticulés.
auteur,concept,idée,langue,maîtrise,réalité,représentation

mot
La vivacité d'un discours est fonction d'audace des hypothèses et de pittoresque des chemins d'accès aux objets ; le calme n'y a pas beaucoup de place, il sied plutôt à la représentation qu'à la donation de sens. « Aux turbulences des hypothèses nous préférons une calme énumération de faits du langage » - Wittgenstein - « Statt der turbulenten Mutmaßungen wollen wir ruhige Erwägungen der sprachlichen Tatsachen » - comme si les faits du langage étaient libres de la formulation d'hypothèses turbulentes !
audace,chemin,concept,discursif,langue,représentation,sentiment

mot
L'unité sémantique première n'est ni le mot ni la proposition (Frege et Wittgenstein), mais la référence d'objet, de valeur ou de relation, qu'il s'agit d'unifier avec la représentation.
arbre,concept,langue,représentation

mot
Les hommes pensent, que les objets sont définis par des mots, tandis que c'est le contraire qui est vrai, aussi bien en poésie qu'en mathématique : les mots se définissent par les, ou mieux - s'attachent aux - objets.
concept,hommes,négation,poésie,réalité,science

mot
Le sens d'un mot (à part les mots grammaticaux) est une chose banale : c'est une étiquette attachée à un objet ou à une relation du modèle. Rien à ajouter, tout cratylisme est niais. En revanche, le sens d'une requête est une chose bien délicate : l'analyse syntaxique, la génération d'un arbre sémantique dans le modèle (d'une réponse à la requête), la confrontation pragmatique de cet arbre avec la réalité modélisée, débouchant sur le savoir ou sur l'action.
action,arbre,concept,goût,question,réalité,représentation,savoir,utilité

mot
Il n'existe aucun passage direct du signifiant (langage) au signifié (réalité) ; entre les deux il y a toujours au moins trois étapes, extra-langagières et extra-réelles : l'accès aux objets (langage-modèle), la démonstration de la véracité de la requête (interprète-modèle), la recherche du sens (modèle-réalité).
concept,interprétation,langue,représentation,vérité

mot
Le verbe être dans l'intelligence artificielle (ou épistémologie appliquée) : il peut être syntaxique - par dérivation ou instanciation, sémantique - par attribution ou liaison, pragmatique - par rection verbale associée aux liens. L'être ontologique s'ensuit d'un attachement syntaxique réussi. Tout cela est parfaitement opératoire, à comparer avec le délire verbal sur ce sujet chez les penseurs, qui en torturent les modes, temps et aspects.
artificiel,concept,être,folie,intelligence,langue,représentation

mot
Être et exister – deux verbes perfides, aux innombrables acceptions. Même dans le cas le plus simple, celui des rapports entre l'essence et l'existence, des ambivalences pullulent : être en tant qu'avoir réussi à passer à l'existence ou être ceci ou cela (des accidents), exister en tant qu'instance (objet) ou exister en tant que manifestation (action) ? En combinant ces acceptions (quatre combinaisons), on peut arriver soit à l'équivalence soit à la précédence de l'un des protagonistes – essence ou existence – sur l'autre. Le problème est du pur verbalisme.
action,concept,être,philosophie,représentation,simplicité

mot
Trois domaines, dans lesquels se définit l'existence : dans la réalité, l'essence, ce sont des contraintes que vérifient les objets, – déjà existants ! - et l'existence, ce sont les pourquoi et comment, accompagnant les vicissitudes des objets ; dans la représentation, l'essence, ce sont des contraintes que doivent vérifier les candidats à l'existence, et l'existence, c'est le constat de la réussite des candidatures ; dans le langage, l'existence, c'est la présence dans un vocabulaire, accompagnée d'une définition de son essence.
concept,contrainte,être,langue,réalité,représentation

mot
Il n'y a que deux types de véritable négation : non X (où X est référence de valeur, d'objet ou de relation) et il est faux que X (où X est une proposition) ; ce qui se traduit par : être différent de X et il est impossible de prouver que X. Le français est plein de fausses négations (qu'on appelle syntaxiques - restrictives ou qualificatives) : ne … que, ne … point, ne … guère, ne pas + inf., nullement, aucunement. Et lorsque le temps s'en mêle, ça donne des curiosités comme : « Les Russes ne seront jamais vraiment policés, parce qu'ils l'ont été trop tôt » - Rousseau.
absurde,concept,france,négation,russie,temps

mot
Où peuvent se trouver - si elles existent ! - ces fichues idées platoniciennes ? Dans la réalité ? Dans le modèle ? - Non, presque exclusivement (sauf quelques constantes eidétiques - en physique, en chimie, en biologie) - dans le langage ! C'est à dire dans un outil de critique et non pas de topique. Ni représentation, ni interprétation, mais requête. « Le passage de la vie dans le langage constitue les Idées »** - Deleuze. Les universaux, en revanche, ne sont ni dans la réalité (universalia ante res - le réalisme platonicien), ni dans le langage (le nominalisme médiéval), mais bien dans le modèle (universalia in rebus - les impressions de l'âme aristotéliciennes). Quand on comprend, que non seulement les relations, mais aussi les propriétés et les attributs peuvent être représentés en tant que classes, toute discussion sur le lieu de leur existence devient superflue.
âme,concept,création,être,idée,interprétation,langue,moyen âge,représentation,universel,…

mot
Aucune relation transitive n'existe dans la triade langage - modèle - réalité (interprétation - sens, ou valeurs - significations). Valéry confond transitif et transitoire.
balance,concept,interprétation,langue,réalité,représentation

mot
Le mot de la langue (sauf les marqueurs logiques) n'a pas de sens lui appartenant en propre ; il est attaché à plusieurs concepts ayant chacun un sens, et le contexte de la phrase permet de réduire l'espace de recherche des concepts plausibles ; derrière le mot, dans la phrase, ce qu'il faut chercher ce n'est pas la chose, mais le chemin d'accès aux choses ou relations, chemin, qui s'y inscrit syntaxiquement ; le mot traduit une volonté subjective du locuteur et non pas une représentation objective. Tous ces points sont compris de travers par Wittgenstein.
concept,idée,interprétation,langue,représentation,valoir

mot
Leur sujet, sub-iectum, est jeté en-dessous, plongé en profondeur des objets ; le mien - s'immobilise et plane en hauteur débarrassée d'objets.
concept,hauteur,immobilité,réalité

mot
En matière des premiers gestes divins, l'opposition la plus fréquente est entre ceux qui penchent pour le verbe ou pour le nom, donc pour la relation ou pour l'objet. La relation semblerait être au commencement, l'algèbre l'y emporte sur l'analyse. Tout algébriste ou linguiste t'y suivrait, seul le poète sait convertir toute relation en chose pour ne réserver la primauté qu'à la hauteur du verbe-relation ou du nom-chose. Scruter les choses est stérile ; c'est le regard sur leurs relations syntaxiques - l'instanciation-appartenance (substance première, ou le suppôt) ou la dérivation-inclusion (substance seconde, ou le modèle) - qui les vivifie.
art,commencement,concept,être,hauteur,langue,poésie,regard,vie

mot
Ni les objets ni les mots n'ont d'âme. Pour qu'on découvre une âme dans un discours, il faut que les mots peignent un beau chemin d'accès, dont le parcours, jusqu'aux objets, fasse naître une musique hors la langue.
âme,beauté,chemin,concept,langue,musique

mot
Le summum de l'intelligence artificielle sera atteint, lorsque sera créé un modèle du monde, dans un langage logique universel comprenant un noyau déductif et abductif, avec l'ensemble de ses relations syntaxico - sémantico - pragmatiques, et dont les langues vivantes seraient interfaces.
abduction,artificiel,concept,intelligence,langue,représentation,temps

mot
Les mots forment un chemin ; son parcours, l'accès aux objets, l'image d'un réseau, qui est idée, - sont affaire du voyageur, de l'interprète, du lecteur. Les mots d'auteur sont souvenirs des aventures des choses.
arbre,chemin,concept,idée,interprétation,langue,mémoire

mot
Seuls les polyglottes peuvent donner un sens profond au silence : les expressions d'un même sentiment, dans des langues différentes, n'offrant ni intersection ni noyau communs, on se réfugie dans ce vide silencieux, ce réceptacle du vrai soi (serait-ce la khôra platonicienne, cet espace réservé à l'accueil des idées ? ), du soi indicible et intouchable, débarrassé et des mots et des choses : « L'esprit vide d'objets est le but du sage » - Upanishad - je dirais qu'il en est la contrainte.
concept,contrainte,esprit,grèce,idée,inconnu,langue,silence,soi,vide

mot
Une langue, c'est une forme qui se plaque sur un contenu ; sa forme, c'est sa grammaire (syntaxe et morphologie) et son vocabulaire auxiliaire (lexique logique et utilitaire) ; le contenu (strictement parlant, - hors de la langue), c'est le modèle (objets et relations) auquel elle est superposée. Sans le modèle - pas de signification de mots, et même pas de mots.
concept,langue,représentation,style

mot
Dans toutes les langues, la compréhension d'une phrase doit aboutir à l'accès aux objets ; le processus de cet accès s'appelle interprétation (s'appuyant sur une grammaire) ; dans les langues indo-européennes, la priorité chronologique, après les connecteurs logiques et la négation syntaxique, est donnée aux verbes, mais il doit exister des langues, où c'est le nom ou la préposition, qui jouent ce rôle, ce qui serait, respectivement, plus pragmatique ou plus abstrait.
concept,europe,interprétation,langue,négation

mot
Les mots exprimant la modalité (par laquelle un sujet formule sa vision des objets – hypothèses, intentions, mémoire, connaissances), sans avoir un sens sémantique propre, ont un méta-sens, sous forme de mondes hypothétiques, éventuellement incompatibles avec les mondes avérés ou validés.
concept,langue,mémoire,représentation,savoir,style

mot
Dans les langues indo-européennes, l'analyse d'une proposition suit les étapes suivantes : 1. type d'énoncé (ordre ou requête, ruptures événementielles ou monotonie), 2. arbre de connecteurs logiques, 3. verbes (liens sémantiques, arités, rections, locutions, négations), 4. références d'objets (liens, négations, qualificatifs) - ce qui aboutit à un arbre non-langagier, une formule logique, commune à toutes les langues. Le reste n'est que la démonstration, l'unification avec la représentation conceptuelle de l'interlocuteur, livrant la signification et préparant la donation du sens.
arbre,concept,europe,idée,interprétation,langue,négation,représentation

mot
Face à un modèle du monde, la fonction première de la langue, comme d'une interface graphique en informatique, est la fonction instrumentale ; mais la langue, comme le graphisme, dispose de ses propres ressources d'expressivité, et quand elle y place son message principal, elle devient art et rend secondaires et le savoir et l'intelligence ; l'essentiel n'y sera plus l'accès aux objets, mais l'harmonie du parcours.
art,chemin,concept,esprit,intelligence,langue,représentation,savoir,style

mot
Le nombre de liens, dont est conscient un animal, est très limité : la parenté, la nourriture, le jeu, la proie, le prédateur ; ce qui freine le développement de langages. L’homme est créé en tant qu’inventeur de liens, ce qui conduit à l’enrichissement du lexique et de la syntaxe, tandis que, chez l’animal, cet enrichissement s’arrête à la phonétique et à la gesticulation.
concept,hommes,jeu,langue,savoir

mot
Le mot poétique se détache des choses et tend à devenir pure relation (non pas une couleur, mais une transition d'une gamme - Mallarmé) ; la poésie est algèbre des frissons, dont la philosophie est analyse.
concept,philosophie,poésie,représentation,sentiment

mot
Le langage est la demeure de notre esprit. Entre ses murs se trouvent de bons miroirs, une excellente acoustique, d'infaillibles climatiseurs ; j'y introduis une image, une mélodie, un climat - je retrouve des échos et saisons imprévisibles. Dans le langage on se rencontre, on se retrouve. Mais ma texture intérieure doit être en harmonie avec mon architecture extérieure ; les meilleurs styles sont - château en Espagne, tour d'ivoire, ruines. Ruines et musique, uniques ou multiples, opposées à maison et voix : « L'univocité de l'être signifie, que l'être est Voix » - Badiou - comme, sans doute, il est Vers, puisqu'il est universel. Pour d'autres, il n'est que Silence, traduisible en musique par l'esprit devenu âme. « Le langage est séparé de toute relation à l'Être » - Gorgias.
âme,château,climat,concept,esprit,être,exil,inconnu,langue,musique,…

mot
Autour de la relation mot - chose, il y a toujours un nuage d'indéterminations, mais le propre du mot poétique est, que ces écarts produisent une mélodie, faite de sons et de sens. Quand ces pulsations n’ont qu’une faible amplitude, la prose surgit. La musique poétique s’inscrit dans la verticalité ; les tableaux prosaïques s’étendent dans l’horizontalité.
concept,hauteur,musique,poésie

mot
Tout discours, qu'il soit littéraire ou technique, se réduit à deux tâches : comment référencer les objets et comment référencer les relations ; c'est la hauteur élégante ou la profondeur rigoureuse du nommage qui relèvent de la véritable création. « Où réside la magie, celle du nommage sans création ? - dans un mot juste, qui appelle la splendeur de la vie, et elle advient »*** - Kafka - « Das Wesen der Zauberei, die nicht schafft, sondern ruft : ruft man die Herrlichkeit des Lebens mit dem richtigen Wort, dann kommt sie ».
art,concept,création,hauteur,langue,vie

mot
Trois sortes d'absurdité d'une phrase : syntaxique, sémantique, pragmatique - la phrase est agrammaticale (n'est pas une proposition) ; dans le contexte d'un scénario sont référencés des acteurs relevant des classes impossibles pour la scène (et aucun trope n'y palliant) ; des (valeurs d')attributs, incompatibles avec l'essence, sont invoqué(e)s (généralisation d'oxymores).
absurde,concept,être,interprétation,langue,représentation

mot
Le discours, ou la pensée, se forme en deux étapes, la pré-langagière et la langagière. La première : désirer, se focaliser, se tendre – et comme résultat : voir les objets et les relations. La seconde : référencer les objets et les relations, formuler la proposition et comme résultat : montrer l'arbre conceptuel. L'échelle expressive du référencer va du nommer au chanter. L'échelle intellectuelle du formuler comprend les structures et les logiques, une simulation temporelle des tableaux spatiaux.
arbre,concept,danse,idée,langue,science,style,temps

mot
Apprendre une langue, c'est maîtriser le passage du langage mental (universel) au langage verbal (particulier) - la création d'un arbre de signes à partir d'un réseau de concepts. Dans l'interprétation de discours, le parcours est inverse : l'unification des arbres requêteur (formule logique) et analyseur (émergeant d'une représentation), débouchant sur une signification - un réseau d'objets.
arbre,concept,idée,interprétation,langue,représentation,universel

mot
Je ne vois ni des universaux linguistiques, ni des dispositions linguistiques innées (innate capacities), dont parle Chomsky ; je ne vois que des universaux mentaux (structures, objets, relations) ou logiques (connecteurs, quantificateurs, négation, déterminants) ; eux seuls expliquent l'apprentissage fulgurant de langues, par des mômes (le mental évoluant parallèlement au langagier), et dont sont incapables les adultes (dont le mental est déjà soudé au langagier).
concept,langue,négation,temps,universel

mot
Deux sortes de métaphores : de relation ou d'objet ; dans la première, la relation référencée n'existe pas entre les objets référencés, et c'est par un critère de proximité, propre aux objets, qu'il faut chercher des relations existantes ; dans la seconde, les objets référencés n'existent pas pour la relation référencée, et c'est par un critère de proximité, propre à la relation, qu'il faut chercher des objets existants. Le type de critère de proximité déterminera, s'il s'agit d'une métaphore littéraire ou conceptuelle, d'une poïesis ou d'un logos.
art,concept,idée,interprétation,métaphore,poésie,proximité,représentation

mot
Le signe n'a pas deux (comme disent les structuralistes), mais trois faces : morphème dans la langue, référence d'objet-relation dans le modèle, référent d'espace-temps dans la réalité.
concept,langue,réalité,représentation,style

mot
Heidegger est le plus grand mystificateur du XX-ème siècle ; c'est en philologue qu'il s'amuse avec ses jeux étymologiques, morphologiques ou phonétiques, que ses admirateurs ou adversaires prennent au sérieux, pour échafauder des vocabulaires absurdes et creux. Par exemple, dévoilement ou oubli, provenant de aléthéia grec, où la vérité serait une sortie de l'oubli, ou Gegend, Gegenüber, Gegenstand - contrée, vis-à-vis, objet, sur lesquels discutaillent tant de scrutateurs français. C'est à profusion qu'il sema ses charades et boutades ; à comparer avec les tirades anti-philologiques de Sartre.
absurde,allemagne,concept,grèce,langue,philosophie,vérité

mot
La représentation répond à la question qu'est-ce qu'un tel objet ?Le langage (aussi bien le naturel que l'artificiel) offre des moyens de répondre à la question comment peut-on référencer un tel objet ? C'est ainsi que naissent les métaphores ou les formules logiques.
artificiel,concept,langue,métaphore,question,représentation

mot
L'inextricable confusion des acceptions du mot vide : le vide physique des Chinois (ne pas s'encombrer), le vide psychique des bouddhistes (ne pas s'attacher), le vide (pseudo-)mathématique des ontologues (la passerelle entre l'être et l'étant). Toutes ces mesquineries ne valent rien à côté d'un vide sacré, censé ne recevoir qu'une voix divine (la musique, au-dessus du Verbe et de la Relation). C'est dans le vide que se croisent trois voies mystiques de Plotin – la purgative, l'illuminative, l'unitive.
arbre,asie,chine,concept,être,mystère,sacré,science,vide

mot
Encore du sur-emploi - le mot idée. Trois emplois incompatibles : en représentation - fixer un aspect structurel, descriptif ou comportemental du modèle ; en langage - formuler et interpréter des requêtes ; en réalité - donner un sens aux résultats du modèle. Trois tâches disjointes : refléter le réel, examiner le modèle, confronter le modèle à la réalité. Trois types d'appui : la perception, les objets et relations, le vrai et le faux du modèle.
concept,discursif,idée,interprétation,langue,réalité,représentation,vérité

mot
Aux cieux – un nombre incalculable d'appels, que les images d'artiste reflètent en mots et en mélodies, élancés vers le haut. Sur la terre – une poignée d'objets et d'actions, sur lesquels n'importe quel imbécile peut formuler des idées terre-à-terre, consensuelles, basses. Les idées appartiennent à la tribu, à la conscience collective. Les mots caressent et font rêver, les idées tiennent en éveil nos muscles et nos griffes. Les mots parlent envols ou chutes, les idées nous attachent à la plate stabilité.
art,concept,défaite,hauteur,hommes,idée,intelligence,mouton,musique,platitude,…

mot
Chaque langue a son magnétisme particulier, dû à la civilisation nationale et non pas à la langue elle-même : dans des langues différentes, la référence des mêmes objets et liaisons provoque des ondes esthétiques différentes, ce qui disqualifie toute traduction mot-à-mot. Le plaisir de la forme peut s'émanciper du contenu, ce que n'admet pas Bakhtine : « Hors d'une référence au contenu, la forme ne peut être signifiante au plan esthétique » - « Вне референций на содержание, форма не может быть значимой в эстетическом плане ».
concept,culture,langue,représentation,style

mot
L'esprit, c'est l'invocation d'objets et de relations, c'est à dire de concepts pré-langagiers ; les mots y sont des contraintes du même ordre que la rime ou le syllabisme - pour la poésie ; mais les belles contraintes sont à l'origine d'une belle liberté : « Toute parole est déracinement. L'esprit est libre dans la lettre et il est enchaîné dans la racine » - Levinas - un arbre, pour être à moi, doit-il pousser dans un exil, du désert ou de la montagne, de la solitude ou de la hauteur ?
arbre,concept,contrainte,esprit,hauteur,idée,langue,liberté,poésie

mot
La langue et la pensée. Leurs rapports avec le réel et le modèle sont assez proches, mais leurs structures sont fondamentalement différentes : la pensée suit la représentation, c'est à dire des objets et des relations, tandis que la langue s'occupe surtout des chemins d'accès à ces entités, et ces chemins peuvent être très différents dans des langues différentes, les pensées reflétées étant identiques. C'est ainsi que naît un véritable style littéraire - de la subtilité des accès.
concept,idée,langue,réalité,représentation,style

mot
Dans toutes les langues, un énoncé est un arbre, une formule logique, dont les nœuds sont des références d'objets ou de relations ; toutes les langues doivent incorporer la logique, et ce sont les moyens d'y insérer : des quantificateurs, des connecteurs, des déterminants, des négations et d'en fixer des priorités - qui les distinguent.
arbre,concept,langue,négation,universel

mot
À la base de toutes les langues se trouve une grande banalité … ignorée de tous les linguistes : les mots (sons ou morphèmes) ne servent qu'à référencer les objets et les relations. À partir de là - l'histoire forme les grammaires, et les enfants l'apprennent avec une facilité prodigieuse, parce que la référence d'objet ou de relation est un méta-concept inné, a priori, et ce rapport est la seule méta-grammaire universelle que l'apprentissage universel instrumentalise. Les linguistes suivent le chemin inverse ; ce qui est sensé pour une machine est erroné pour l'homme. Des universaux linguistiques (Chomsky) n'existent pas.
concept,enfance,histoire,hommes,idée,langue,représentation,universel

mot
La philosophie du langage, si galvaudée outre-Atlantique, n'a aucun thème valable ; n'est possible que la poésie du langage, l'étude des déviations tropiques ; le langage a deux faces, l'interne (morphologie, syntaxe, logique, grammaire) et l'externe (associations avec des objets et relations du modèle représentatif) - je n'y vois aucune place pour un regard philosophique. Quant au sens, il se forme déjà au-delà du langage, avec des valeurs de vérité et de substitutions ; et il ne peut pas sortir du psychologisme.
concept,hommes,langue,philosophie,poésie,représentation,vérité

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La pensée est spatiale (une structure, réseau ou arbre), et l'énoncé (élocution ou écriture) est temporel. Pourtant, il faut savoir passer de l'un à l'autre ; c'est l'objet d'une méta-grammaire, traduisant des structures (communes pour tous les hommes) en suites de références (dont l'ordre dépend de la grammaire d'une langue particulière et du style d'un homme particulier) et vice versa ; ces méta-grammaires permettent de classifier toutes les langues du monde. Un jour, on inventera une langue artificielle spatiale, un espéranto conceptuel, où l'on ne lira plus de gauche à droite, ni de haut en bas, mais où l'on se mettra tout de suite à interpréter les idées, en choisissant soi-même le début et le parcours de sa recherche.
arbre,artificiel,commencement,concept,hommes,idée,interprétation,langue,temps

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La langue, ce sont des matériaux de construction, plus les normes de leur résistance ; le discours personnel, c'est l'œuvre d'un architecte, bâtie sur ses représentations, face aux exigences de la réalité ; la langue ne peut avoir de relations algébriques qu'avec des représentations, et donc toute idée d'un isomorphisme quelconque entre la langue et la réalité (Wittgenstein) est une pure absurdité. Et lorsque la langue suit de trop près la représentation, disparaît toute créativité de l'ange et s'installe le mal de la bête : « Le mal radical - la chute du langage dans la représentation »** - Derrida.
absurde,concept,langue,mal,matière,réalité,représentation

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La fonction principale du langage dans la philosophie n'est ni l'herméneutique (Heidegger) ni l'analytique (Wittgenstein), mais la poétique - la qualité du chemin mental, qui mène de la référence à l'objet, de l'étiquette à la structure, de l'immédiat à la métaphore, de l'intemporel au mouvement, du factuel à l'émotionnel, du neutre à l'intense.
concept,élite,intensité,interprétation,langue,métaphore,philosophie,poésie,sentiment,temps

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Les philosophes titulaires, chez qui on n'a jamais vu de bons linguistes, de bons logiciens ou de bons mathématiciens, introduisirent un chaos dans l'interprétation des notions limpides de ceux-ci : verbe, sujet, objet - chez les premiers ; vérité, négation, prédicat - chez les deuxièmes ; infini, vide, ouvert - chez les troisièmes.
concept,école,inconnu,langue,négation,ouvert,philosophie,science,vérité,vide

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Le sage est celui qui pose des équations avec le plus grand nombre d'inconnues et avec les plus vastes domaines de leurs valeurs. Pour le sot, le mot est une constante, pour le sage - une vaste variable. Poétiser, c'est imaginer des relations impossibles entre variables imaginaires. Penser, c'est indiquer des classes de solutions.
absurde,arbre,concept,esprit,maîtrise,philosophie,poésie,rêve

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Tout discours est la (re)consitution d'accès aux objets et aux relations ; les mots y sont des nœuds ou des arêtes, formant un réseau ou un arbre : les premiers donnent à cet arbre de l'épaisseur, et les secondes - de la hauteur, la profondeur étant déterminée par l'intelligence pré-langagière de la représentation ou par l'intelligence extra-langagière de l'interprétation.
arbre,chemin,concept,hauteur,intelligence,interprétation,langue,représentation

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Dans une représentation, les substances auraient pu s'appeler s1, s2, …, s857, …, et les relations - r1, r2, …, r964, …, sans qu'aucune trace d'une langue vivante n'y intervienne. La langue enveloppe une représentation déjà prête ; dans le cas d'une langue indo-européenne, les noms s'associent avec les substances, les verbes - avec les relations, les adjectifs et adverbes - avec les valeurs. La grammaire interne achève ce travail, pour permettre de formuler des requêtes logiques du monde modélisé. Dans l'exploration du monde, les propositions sont donc la fin et non pas le début.
commencement,concept,idée,langue,nature,question,représentation

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On peut juger du sérieux des métaphysiciens, en citant cette perle de leur père : « Il y a identité entre : un homme, homme existant, homme ». Le premier : une variable, s'unifiant avec des instances de l'homme. Le deuxième : ou bien le terme existant est méta-langagier et il s'y agit de la simple existence en tant qu'instance ; ou bien existant est un attribut temporel et il s'agit des instances existantes au moment de la requête : ou bien existant est un attribut booléen et il s'agit des instances, dont cet attribut vaut vrai. Le troisième : une étiquette langagière, collée à la classe correspondante. On est très loin d'une identité.
concept,langue,philosophie,représentation,simplicité,vérité

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La phrase conçue ou la phrase perçue – l'expression ou la compréhension. La traduction de désirs en références et l'enchaînement linéaire de celles-ci ; ou la réduction de références aux objets, l'unification de l'arbre supposé du locuteur avec l'arbre explicite de l'entendeur, le sens étant résumé dans l'arbre unifié. Deux processus très différents, deux types de pensée, en émission ou en réception.
arbre,concept,idée,représentation

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Dans le regard sur les composants de l'homme ou de l'ordinateur - sur l'âme et le corps, res cogitans ou res extensa, le logiciel et le matériel, il y a des parallélismes frappants, mais des divergences ne sont pas moins frappantes, et elles concernent et la représentation de connaissances et l'interprétation de requêtes. Chez l'homme, rien de comparable avec la primauté informatique de la représentation ; tout y est réduit à des (ré)interprétations fulgurantes. Mais dans l'exécution, le contraste est encore plus saisissant : l'équivalent du langage-machine, chez l'homme, semble être un langage de tropes, d'un niveau infiniment supérieur aux langages en logique ou orientés-objets ; les hiérarchies y sont inversées ! L'homme fut poète-né, avant de sombrer dans l'imitation de la machine !
âme,concept,hommes,interprétation,langue,métaphore,poésie,représentation,robot

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Dans les meilleurs arbres ne parlent que les fleurs, porteuses du sens, prêtant leur langage aux racines, ramages et sèves, qui ne sont que des sens. Mais la musique de l'arbre a besoin de tous ses attributs. Les mots ne poussent qu'avec les fleurs : « Les racines parlent et les paroles veulent pousser » - Jabès.
arbre,concept,langue,musique,réalité

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Si l'âme est dédiée aux ombres, le cœur, lui, est source de lumières. Mais sa lumière passe par quatre prismes radicaux avant de laisser son empreinte langagière : la volonté l'assagit, la raison interroge la volonté, les objets extorquent leurs références, la langue modèle les références. Comment s'étonner, que la bouche ne s'accorde jamais avec le cœur ? « Je hais comme les portes des Enfers celui dont le cœur n'est pas d'accord avec la bouche » - Homère.
âme,cœur,concept,haine,intensité,ombre,question,raison,réalité,représentation

mot
Tous les mots que j'écris sont aux autres, mais je ne les colle pas sur les mêmes objets ; toutes les relations que j'invoque sont connues des autres, mais elles ne lient pas les mêmes objets ; et même mes silences ne couvrent pas la même réalité. « Chaque mot se présente, pour moi en tant que locuteur, sous trois aspects : mot neutre, mot d'autrui, mot à moi » - Bakhtine - « Всякое слово существует для говорящего в трёх аспектах : как нейтральное, как чужое и, наконец, как моё ». Le mot doit se référer à la réalité objective (premier aspect), mais, surtout, il est lieu de rencontre dialogique de nos modèles (deux derniers aspects), où se jouent la compréhension et l'expression.
auteur,concept,réalité,représentation,silence,style

mot
Les éléments du langage qui préexistent, avant toute représentation : les noms d'objets uniques et consensuels dans les sciences, les connecteurs, la négation, les quantificateurs, l'interprète syntaxique transformant l'arbre temporel de la phrase en arbre spatial logique, les relations d'appartenance, d'inclusion, de composition, les relations spatio-temporelles, causales, la modalité, les variables pour désigner des objets ou relations elliptiques, le mécanisme rhétorique de tropes, le sujet concepteur ou percepteur. Et tout ceci - quelle que soit la famille linguistique.
arbre,concept,interprétation,langue,métaphore,négation,représentation,science,temps

mot
Les objets, qu'ils soient petits ou grands, s'égalisent dans cette infâme horizontalité, due à la même logorrhée, qui les dilue. « Peu de paroles suffisent au sage, même pour un vaste objet » - Pindare. Le mot laconique du sage fait deviner le sujet parlant, quel que soit son objet ; le mot, toujours trop long, du sot exhibe et l'objet et le projet, au sujet muet. C'est de la bêtise ou de la … science sans conscience : « Dans la pensée scientifique, la médiation de l'objet par le sujet prend toujours la forme du projet » - Bachelard.
concept,conscience,discursif,esprit,philosophie,science,soi,voix

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Le mécanisme central de tout langage, qu'il soit naturel, conceptuel, musical ou pictural, est le chemin d'accès aux objets et relations. Qu'on le dise ou qu'on le montre, le principe reste le même ; la monstration sera là, dans les deux cas ; mais plus la métaphore l'emporte sur la routine, plus le message relèvera de l'art plutôt que du mode d'emploi, de la musique plutôt que du bruit.
art,concept,idée,langue,métaphore,musique

mot
Pour les conceptualistes, les noms s'attachent toujours aux objets de la représentation (et jamais – aux choses réelles) ; on n'interroge jamais la réalité, mais ses représentations – d'où des innombrables erreurs des réalistes, de Mill à Husserl, faisant une différence entre jugements et propositions. Les nominalistes, qui renvoient aux relations entre les noms eux-mêmes, font pire.
concept,langue,réalité,représentation

mot
Un grand paradoxe, dont, à ma connaissance, ne s'aperçut que Valéry : la composante la plus expressive du discours n'est pas de nature langagière ! Les métaphores ne naissent ni dans la langue ni dans les choses mêmes, mais dans le modèle sous-jacent, où l'inévidence ou la subtilité du chemin vers les objets référencés créent des images ou des sensations ; exactement les mêmes signifiants, au-dessus d'un autre modèle ou dans une autre langue, auraient pu ne produire aucun effet tropique. La langue n'offre que des ressources phonétiques, lexicales, morphologiques, syntaxiques, qui, en tant qu'outils, ne suffisent, en général, qu'aux dilettantes.
concept,langue,métaphore,représentation

mot
À part les constantes morphologiques, les métaphores et les syllogismes, tout discours comprend deux types de référence : des objets et des relations. C'est la piètre qualité de l'élément principal qui pousse les bavards à s'étendre à l'infini : le romancier sent l'indigence intellectuelle de ses objets et compte atteindre une somme respectable, en multipliant le nombre de termes ; le philosophe sent l'indigence logique de ses relations et espère atteindre les derniers chaînons des causalités, en s'accrochant aux abstractions de plus en plus bancales.
art,concept,élite,intelligence,philosophie,représentation,science

mot
La poésie n'est jamais dans les choses ou dans les mots. Elle est rarement dans les relations entre les choses et presque toujours – dans le vertige de l'accès aux choses et aux relations. C'est pourquoi, pour tout poème, une traduction mot-à-mot ou chose-à-chose, dans une langue étrangère, débouche, fatalement, sur une grisaille prosaïque, puisque les plus belles ressources poétiques d'une langue se trouvent dans les méandres d'accès, tout littéralisme en poésie en signant l'acte de décès. Le brillant ne passe pas par le littéralisme.
beauté,concept,langue,poésie,sentiment

mot
Le regard philosophique sur la langue commence par un constat pré-langagier : avant qu'une phrase ne soit formée, tout homme focalise son attention, et en particulier ces désirs modaux, sur les objets de ses représentations. Seulement, ensuite intervient la grammaire. Et représenter veut dire tracer les frontières : « La grammaire n'est que la partie universelle de l'art de séparer et d'unir » - F.Schlegel - « Die Grammatik ist nur der philosophische Teil der universellen Scheidungs- und Verbindungskunst ».
concept,frontière,langue,philosophie,représentation,universel

mot
Production de discours : intentions - formule logique - objets et relations - remplissage de la formule avec des références langagières d'objets et relations. Interprétation de discours : formule logique - accès, à partir des références, aux objets et relations. Ce qui rend la compréhension possible, c'est la proximité des modèles du locuteur et de l'interprète, modèles, qui contiennent les objets et relations.
concept,hommes,interprétation,proximité

mot
Dans la représentation, les images ne sont que des attributs d'objets, comme, d'ailleurs, les noms. C'est l'objet lui-même (faisant partie d'un réseau spatial) qui est la première cible du désir, débouchant sur la pensée (prenant la forme d'un réseau temporel). La première grammaire de la pensée ne serait donc ni iconique ni onomastique ni pragmatique, mais thymique.
arbre,concept,élan,idée,langue,représentation,temps

mot
Les beaux termes de mot et d'idée furent profanés par Adam et Platon ; nommer un objet est banal et créer un concept est trivial ; le mot est une idée, qui est profonde grâce au modèle et haute grâce au langage.
concept,création,hauteur,idée,représentation

mot
Au stade pré-langagier, dans la pensée se cristallisent les sujets et les objets (leurs chemins d'accès), les modalités (devoir, vouloir, pouvoir), la logique (les connecteurs, les quantificateurs, la négation) ; l'enveloppe langagière se forme comme résultat de deux mouvements opposés : de la pensée encore inarticulée et de la langue déjà accueillante. « L'essence du langage : une pensée reçue du dehors » - Levinas – ce dehors concerne la langue et non pas le sujet, les phénoménologues et les philosophes analytiques obtus ne le comprendront jamais.
concept,idée,langue,négation,philosophie,valoir

mot
Tout spécialiste en Intelligence Artificielle sait, qu'au-dessus d'une représentation il n'y a pas un seul, mais bien deux langages : langage d'une pure logique, proche des langages de programmation (prédicats déduisant des classes d'objets, des liens sémantiques, des valeurs d'attributs), et langage (pseudo-)naturel (tournures de phrases, associées aux relations). Tout n'est que rigueur dans le premier ; le second admet des tropes, des styles, des ambigüités. Mais toute grammaire naturelle s'inspire de la grammaire artificielle, pure, universelle et logique (structures profonde et surfacique de Chomsky).
artificiel,concept,intelligence,langue,métaphore,représentation,science,universel

mot
Une proposition est une structure spatiale ; son interprétation aurait dû pouvoir commencer par n'importe quel nœud. Mais une structure temporelle, interne à la proposition, - des constructions elliptiques, des références contextuelles – obligent à tenir compte de la relation de succession entre les mots.
concept,interprétation,langue,temps

mot
L'expressivité ascendante du discours : des faits aux actes, des noms aux verbes, des objets aux liaisons. Le verbe, c'est l'action métaphorique du poète et le simple constat du prosateur. Le nom, c'est la liberté du poète et la servilité du prosateur.
action,art,concept,langue,liberté,métaphore,platitude,poésie,simplicité

mot
Platon et Aristote placent les idées soit dans le réel ici-bas soit dans le représenté la-haut, tandis que leur place est dans le langagier intermédiaire. « Les idées sont à titre de modèles, des paradigmes, dans l'éternité de la Nature » - Platon. Dans notre condition humaine, nous devons nous contenter des ombres, à l'intérieur de notre Caverne, ombres appelées mots. Toutefois, c'est d'abord dans le monde fermé des représentations que le mot nous renvoie, avant de se décanter dans le monde ouvert des idées. Les objets eux-mêmes restent en dehors de la Caverne, pour mieux orienter notre lumière ou pour intensifier nos ombres.
concept,éternité,idée,intensité,langue,nature,ombre,ouvert,réalité,représentation,…

mot
Unités sémantiques : ce ne sont ni les mots ni les phrases ni les discours, mais les références d'objets et de relations (donc, nous renvoyant à la représentation sous-jacente), regroupées en formules logiques (donc, dans le langage lui-même, puisque la logique fait partie du langage).
concept,langue,représentation,science

mot
Je fus injuste, en méprisant l'idée au profit du mot. Le terme d'idée couvre une vaste gamme allant de pensée à mode d'emploi. Je penchais trop du côté du second choix, où tout le sens est dans la maîtrise des objets impliqués, tandis que la pensée est ce qui garde sa valeur même en absence des objets qu'elle évoque.
auteur,concept,idée,maîtrise,matière

mot
Intuitivement, il est clair qu'on ne peut explorer ou exprimer la réalité qu'à travers des structures et des logiques. Mais quand les philosophes (surtout analytiques) sont assez aveugles, pour ne pas voir la place de la représentation dans une épistémologie, il ne leur reste, comme matériau, que la langue. D'où ces aberrations invraisemblables : « L'essence s'exprime dans la grammaire » - Wittgenstein - «  Das Wesen ist in der Grammatik ausgesprochen ». Cette misérable grammaire, qui n'est qu'un habillage structurel au-dessus d'une logique et qui n'entre en aucun contact avec l'essence des choses (que seul effleure le lexique) ! Le sens (et l’essence) d’une phrase résulte des substituions des mots par des concepts de la représentation.
concept,être,langue,philosophie,réalité,représentation,savoir,science

mot
Référencer un objet (par un nom, une variable), un lien (par une tournure ternaire), un chemin d'accès (par une phrase, une formule logique) – trois niveaux linguistiques hiérarchiques, à l'origine d'un vocabulaire, d'une syntaxe, d'une famille métaphorique.
concept,langue,métaphore,science

mot
Un verbe surchargé d'ambigüités - douter. Vérifier la véracité d'une proposition, hésiter entre deux modèles concurrents, ignorer les attributs d'un objet, mettre en cause l'interprète, changer de langage - autant de contenus irréductibles.
concept,discursif,doute,interprétation,langue,question,représentation,vérité

mot
Socrate, maître de Platon, l'Athénien ayant bu la cigüe, l'ami d'Aristote lui étant moins cher que la vérité – ce sont des références d'objets. Dépendre de, reposer sur, se fier à – ce sont des références de relations. Des combinaisons de ces deux types de référence, munies de connecteurs logiques et syntaxiquement correctes, forment des propositions. Tout y est limpide, à comparer avec des groupes verbaux ou nominaux des linguistes ou avec des combinaisons de représentations et de concepts (Hegel) des philosophes. Les premiers ne voient même pas les représentations, et les seconds placent celles-ci déjà, prématurément, dans le langage. Mais en projetant sur l'indo-européen le mécanisme universel de références : « La proposition (le logos) se forme, en entrelaçant les verbes avec les noms »** - Platon rend bien la fonction première du langage.
concept,idée,langue,philosophie,représentation,science

mot
Chez l'intellectuel, le concept naît avant le mot ; mais, à partir du mot, l'artiste peut être entraîné vers des métaphores, n'ayant rien à voir avec le concept initial. C'est ce qui arriva au retour de Nietzsche : en tant que concept, il devait désigner une cohabitation, une conversion des antonymes éthiques au même statut de matière première artistique, mais de méchantes métaphores entraînèrent Nietzsche jusque dans des sabliers à retourner.
art,bien,concept,langue,métaphore

mot
Le mot peut être vu sous deux angles : linguistique et instrumental. Dans le premier cas, il fait partie d'un vocabulaire, sans aucun autre élément de structuration que la morphologie et la syntaxe. Dans le second cas, il est étiquette d'un concept, faisant partie d'un vaste réseau sémantique. Dans le premier cas, le vocabulaire comprend des unités lexicales, prenant en compte la logique : les déterminants, les connecteurs, la négation, les quantificateurs. Dans le second cas, parmi les mots figurent des variables, des méta-concepts : les classes, les liens syntaxiques, les attributs, les passerelles tropiques ; certains verbes, être, avoir, verbes modaux, reflètent la sémantique du sujet ou des liens pré-câblés. Cette vision, parfaitement bien comprise par St-Augustin, est complètement ignorée par nos contemporains.
concept,idée,langue,métaphore,modernité,négation,représentation

mot
Les mots sont un bien commun, ils sont toujours des reflets, des échos, des traductions. Que je le veuille ou pas, que je sois anachorète ou agoraphile, que je me scrute ou scrute le monde, mes mots renvoient aux choses, et ces choses appartiennent soit au présent soit au passé, aux faits ou aux images. Les faits peuvent chatouiller la curiosité, ils ne peuvent pas servir de tremplin ou de miroir, pour prendre en compte mes élans ou mes états d'âme. Il restent des images, et rien ne les représente mieux que les maximes des hommes du passé, d'où leur présence massive sur ces pages ; par-dessus leurs toiles je peins mes palimpsestes.
âme,auteur,concept,élan,maxime,mouton,solitude,temps

mot
Plus on cerne les attachements subtils du mot aux concepts, mieux il se prête aux interprétations métaphoriques : « Plus on considère un mot de près, plus il vous regarde de loin » - W.Benjamin - « Je näher man ein Wort ansieht, desto ferner blickt es zurück ».
concept,interprétation,langue,métaphore,proximité,représentation

mot
L'affligeante cécité des philosophes du langage, qui voient l'unité sémantique de base dans le mot, la phrase ou le discours. Chez les linguistes, c'est encore plus bête – les groupes verbaux ou nominaux. Seule la philosophie comparée, pratiquée par des polyglottes, désigne les références d'objet ou de relations comme entités, suivant immédiatement les appels infra-langagiers.
concept,langue,philosophie,représentation

mot
Notre conception du monde, c’est-à-dire la représentation, le langage, l’interprétation, se construit dans cette chronologie : A. les connaissances aprioriques se représentent ou s’implémentent ; 1. les relations spatio-temporelles (anthropomorphiques), 2. la hiérarchie (anthropomorphique) des classes, 3. la logique (universelle) ; B. la langue maternelle s’adapte aux représentations et se prête aux interprétations : 1. une grammaire de la langue maternelle se câble dans le cerveau, 2. son lexique s’enrichit et 3. la mémoire fixe se remplit. Mais si les grammaires nouvelles s’intériorisent, comme la première, dans une mémoire magique, les lexiques nouveaux restent hors de nous, sauf quelques cas invraisemblables de polyglottes surdoués, auxquels le Créateur ne pensa guère.
concept,dieu,inconnu,interprétation,langue,mémoire,mystère,représentation,science,temps

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Les langues ne sont certainement pas nées tout d’un coup. La première étape aurait consisté en adoucissement ou clarification phonétique des expressions d’étonnement, de peur, de menace, d’invitation, de sympathie. La deuxième – en références phonétique de sujets et d’objets. La troisième – en liaisons conceptuelles entre les sentiments et les objets, en modalités – valoir, vouloir, pouvoir, devoir. La quatrième – en associations des actions aux tournures rudimentaires, surgies des noms d’objets. La répétition et l’apprentissage conduiraient à la dernière étape – la fixation de la grammaire.
action,angoisse,concept,étonnement,langue,sentiment,valoir

mot
Les paradigmes cognitifs – classes, relations, événements, modalités, hypothèses, scénarios – déterminent et les représentations et les interprétations de toutes les sphères de la réalité. La langue naturelle possède une grammaire générale, indépendante de ces sphères, mais elle s’adapte à chaque sphère par un lexique, des tournures verbales, et l’interprétation de cette version langagière dépend, syntaxiquement, de la grammaire et, sémantiquement, – de la représentation de cette sphère. Ainsi, l’organisation des connaissances d’une sphère ne dépend presque pas du langage, et presque exclusivement – de la représentation. J.Derrida a tort : « Le langage est la structure des structures ».
concept,interprétation,langue,réalité,représentation

mot
Dans la représentation conceptuelle, les objets, les attributs et les liens s’attachent aux concepts naturels. Un trope est un déplacement de points d’attache, rendant l’accès aux objets moins direct, plus expressif, et donc plus subtil et plus personnalisé.
concept,interprétation,langue,métaphore,représentation,style,voix

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Le sort comique du mot absolu, dans la philosophie européenne (ein Kabinettstück für Philosophieprofessoren - Schopenhauer). Pauvre Dieu spinoziste, enseveli sous une double couche d’absurdités – substance absolue. Pauvre savoir absolu Kant, réduit à ce qui est inconditionnel (inexistant dans la représentation, ce seul support de tout savoir), au savoir apriorique, dont la formule 5 + 7 = 12 exprime la quintessence. C’est de la misère, mais avec Hegel ce sera de l’indigence.
concept,être,europe,intelligence,représentation,savoir

mot
Les références (d’objets et de relations) et les implémentations du paradigme logique (la négation, les connecteurs, les quantificateurs) constituent une méta-grammaire (que Chomsky appelle grammaire universelle), à laquelle sont soumises toutes les langues naturelles.
concept,langue,négation,science,universel

mot
La grammaire spécifie les moyens syntaxiques de produire les références légitimes d’objets – c’est tout ! C’est cette notion de référence d’objets qui est commune à toutes les langues et qui est le véritable pivot langagier de la communication, et qui permet une compréhension foudroyante et satisfaisante des discours, même uniques, originaux, jamais produits au passé. Mais cette compréhension est toujours particulière, jamais universelle, ce qui suppose des représentations individuées et dévalue toute la philosophie analytique.
concept,langue,philosophie,représentation,universel

mot
Le sens de tout pas élémentaire dans l’apprentissage d’une langue : c’est par cette structure langagière nouvelle (mot, tournure de phrase) que je pourrais désigner cet objet cognitif. Enrichissement lexical, syntaxique, sémantique.
concept,langue,mémoire

mot
Ce qui est inné, ce n’est pas ma prédisposition génétique de parler ma langue, mais la faculté de parler une langue. Les fonctions dénominative et logique, à la base de toute langue, sont innées !
concept,hommes,langue,science

mot
À chaque verbe modal correspond un axe conceptuel : la fidélité, le sacrifice – au devoir ; la passion, la paix d’âme – au vouloir ; la création, la puissance – au pouvoir ; le commencement, l’inertie – au valoir.
angoisse,axe,commencement,concept,continuité,création,force,sacrifice,valoir

mot
Dans les expressions De l’eau !, Va-t’en !, Au secours !, Magnifique !, (Wasser! Fort! Hilfe! Schön!), L.Wittgenstein ne voit pas de références d’objets. Pourtant, de toute évidence, elles y sont ; il suffit de comprendre, qu’entre le langage et la réalité existent des représentations, et qu’au-dessus de la grammaire existent des interprètes logiques, maîtrisant des références implicites d’objets de la représentation. Les représentations sont individuelles, tandis que les philosophes analytiques sont obsédés par le sens universel des mots et par le caractère absolu de la grammaire.
concept,interprétation,langue,philosophie,réalité,représentation,science,universel

mot
La qualité d’une pensée dépend fortement de la délicatesse des chemins d’accès aux objets qu’une langue permet. Mais la structure représentationnelle influe sur la structure de la pensée (comme sur notre image de la réalité) beaucoup plus que la structure langagière (totalement étrangère à la réalité). Et Chomsky, comme tous les philosophes analytiques, a tort : « La structure linguistique détermine non seulement la pensée, mais la réalité même » - « The structure of language determines not only thought, but reality itself ».
concept,hommes,idée,langue,philosophie,réalité,représentation,science

mot
Tous les philosophes sont persuadés que c’est le langage (et non pas les concepts extra-langagiers) qui représente le monde. « La parole, c'est la représentation et la présentation du réel et de l'irréel » - Heidegger - « Sprechen ist ein Vorstellen und Darstellen des Wirklichen und Unwirklichen ». Mais le langage ne fait que référencer les objets, réels ou irréels, qui sont déjà présents sous une forme mentale et non langagière. Parler, c'est évoquer, indiquer, signaler, viser, attirer, orienter, focaliser, et non - représenter.
concept,langue,philosophie,réalité,représentation

mot
Une proposition en langue naturelle est définie par cinq éléments : l’émetteur-récepteur (sujets de représentation et d’interprétation), la formule logique sous-jacente (connecteurs, négations, quantificateurs), les mots auxiliaires (typologie de phrases, modalités, degrés de certitude), la mémoire du contexte (acteurs, objets courants), les références d’objets (formulées par l’émetteur, interprétées par le récepteur). La proposition est une idée langagière, et le monde des idées est, évidemment, infiniment plus riche que le monde des objets. Pour ce lourdaud de Spinoza, ils sont équivalents.
concept,doute,idée,interprétation,langue,mémoire,négation,représentation,science

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Deux clans occultent la vision objective de la langue – les linguistes et les psychanalystes, réduisant la langue soit à une grammaire, soit à l’inconscient. La correction grammaticale d’une phrase est un sujet si banal, si mécanique, si empreint d’une seule communauté linguistique, qu’elle ne nous renseigne pas du tout sur les vraies fonctions de la langue, fonctions instrumentale, cognitive, épistémologique. Les psychanalystes (J.Lacan ou M.Foucault), c’est pire. Ils s’imaginent que l’inconscient reproduit les structures linguistiques, ce qui est une pure aberration, puisque ces structures sont propres à une langue particulière, tandis que l’inconscient est universel. Pour comprendre ce qu’est la langue, rien ne vaut l’Intelligence Artificielle qui commence par représenter les structures conceptuelles (concepts et relations entre eux), auxquelles s’attacheraient les structures langagières.
artificiel,concept,intelligence,langue,représentation,savoir,science,universel

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L’examen d’un discours a deux objectifs : sa compréhension (dans la représentation) et son application (à la réalité). Dans le discours il y a surtout des références d’objets et de relations (des perspectives de Chomsky) de la représentation, références qu’explicite l’interprétation. L’application à la réalité comprend le résumé du sens, la formulation des actions à envisager, la prise de décision, le passage à l’acte.
action,concept,interprétation,réalité,représentation

mot
L’analyse d’une phrase débouche sur trois résultats : une formule logique (toute langue comprend les mécanismes de prise en compte de la logique formelle), une structure linguistique (générée par la grammaire), une signification (après l’interprétation, dans le contexte d’une représentation conceptuelle). Deux choses à en retirer : les structures linguistiques n’ont pas grand-chose à voir avec la représentation et encore moins avec la réalité ; en dehors de la représentation, la phrase n’a aucun sens. Ni linguistes ni structuralistes ne le comprirent. Ils s’imaginent que l’architecture d’une culture est similaire à celle du langage. Ce sont les structures conceptuelles, et non langagières, qui sont communes à toutes les sphères de connaissances.
concept,culture,interprétation,langue,réalité,représentation,science

mot
L’écriture idéale : ne toucher qu’aux choses qui n’ont pas encore de nom, et que tes mots les fassent découvrir par une caresse du toucher ou de l’ouïe, par l’intelligence ou par la musique. Les mots, mettant en valeur la nudité des concepts, plutôt que leurs habits.
art,caresse,concept,intelligence,langue,musique,ouïe

mot
L’écriture idéale : ne toucher qu’aux choses qui n’ont pas encore de nom, et que tes mots les fassent découvrir par une caresse du toucher ou de l’ouïe, par l’intelligence ou par la musique. Les mots, mettant en valeur la nudité des concepts, plutôt que leurs habits.
concept,hommes,interprétation,langue,question,réalité,représentation

mot
Même au stade pré-langagier, on peut dire, que la pensée est là, si les intentions suivantes sont spécifiées : type d’opération (requête ou ordre), objets et relations visés (même intuitivement), structure logique (connecteurs, négations, quantificateurs). L’appel au langage proprement dit consiste en : spécification des références langagières d’objets et relations, références trouvées dans la représentation ; traduction des éléments logiques en leurs implémentations langagières. Enfin, l’interprétation de la pensée relève de l’interprète langagier, s’appuyant sur la représentation sous-jacente. Et Unamuno a tort : « La langue n’est pas une enveloppe de la pensée, elle est la pensée même » - « La lengua no es la envoltura del pensamiento, es el pensamiento mismo ».
concept,idée,interprétation,langue,question,représentation,science

mot
Wittgenstein ne comprend rien au langage : « La proposition est un reflet de la réalité ; la proposition montre son sens » - « Der Satz ist ein Bild der Wirklichkeit. Der Satz zeigt seinen Sinn ». La proposition est énoncée par un sujet et interprétée par un autre ; ces sujets ont des représentations différentes et donc mettent ou extraient des sens différents de la proposition. La proposition ne montre qu’une structure grammaticale, sans rien de conceptuel ; et le conceptuel est le seul accès au réel.
concept,hommes,interprétation,langue,question,réalité,représentation

mot
Les mots d’un discours renvoient soit aux objets soit aux relations ; quand les objets y sont consensuellement (dans l’usage) associés aux relations, tous les mots y sont rationnels. La poésie, en invoquant des relations irrationnelles, permet d’entr’ouvrir le mystère divin irrationnel.
concept,dieu,hommes,interprétation,langue,mystère,poésie,réalité,représentation

mot
Dans la réflexion sur le langage, il y a trois domaines : une partie syntaxique – la grammaire ; une partie sémantique, comprenant deux thèmes centraux : le sujet (porteur de la représentation, celle-ci servant de contexte pour le discours du sujet) et les référents (les objets, visés par le discours) ; une partie pragmatique – l’interprétation du discours par un second sujet, la communication. La grammaire est un aspect trivial, presque mécanique. La représentation est le chapitre principal, central, décisif. L’interprétation est la partie la plus délicate, puisqu’elle implique la confrontation de deux représentations, en vue de leur unification cogniticienne.
arbre,concept,interprétation,langue,représentation

mot
Dans les représentations conceptuelles, on retrouve de très nets parallèles avec les trois facettes du langage – la syntaxique, la sémantique, la pragmatique. Mais l’usage du langage en permet d’infinis écarts rhétoriques, stylistiques, fantaisistes, que la représentation ne prend pas en compte, et que seule l’interprétation littéraire des propositions, allant au-delà des formules logiques, dégage sous la forme des métaphores. La métaphore n’est possible que grâce aux lacunes des représentations.
art,concept,interprétation,langue,métaphore,représentation,style

mot
Chez tout le monde, la pensée commence par le désir, celui de viser, d’interroger, d’atteindre des objets et leurs relations. Mais sa traduction se réduit aux mots (le cas le plus banal), aux formules (chez les pédants), aux images (chez les bavards), aux états d’âme (le cas le plus rare et le plus noble). C’est surtout net chez les polyglottes : « Je pense en images, mais parfois d’une phrase russe ou anglaise surgit un ressac cérébral »* - Nabokov - « Я думаю образами, и лишь иногда русская или английская фраза вспенится мозговой волной ».
âme,angleterre,concept,élan,idée,langue,noblesse,russie

mot
Chez l’homme, il n’existe pas de compétence linguistique innée. Deux choses sont innées : la volonté (de désigner les relations entre objets et de les évaluer) et la logique (connecteurs, négation, quantificateurs, temporalité). La communauté sociale linguistique ne fait que les projeter sur une grammaire, bâtie au-dessus de cette volonté individuée et de cette logique universelle.
concept,hommes,langue,négation,savoir,science,temps,universel

mot
Le relief du français fait ressortir les concepts avant les relations, l'anglais fait l'inverse, l'allemand et le russe entourent les deux d'une même indétermination. Le nombre de concepts dépassant, de loin, celui de relations, le français se prête mieux aux œuvres de l’esprit, mais en moindre mesure à celles de l’âme.
allemagne,âme,angleterre,concept,esprit,france,idée,interprétation,langue,maxime,…

mot
Le prix (la valeur), griffonné sur une étiquette (affirmé par un mot), mais détachée de sa marchandise (de son concept), n’a aucun sens. Pourtant, c’est ce que font les philosophes, bavards irresponsables, puisque derrière leurs mots aucun concept ne se dessine clairement – le verbalisme.
concept,philosophie,valoir

mot
Invraisemblable parallélisme dans l’éloignement du sens des trois notions, partant d’un même radical, éloignement identique dans trois langues : honneur, honorer, honnête – Ehre, ehren, ehrlich - честь, чествовать, честный.
concept,interprétation,langue,proximité

mot
Le vocable mot est masculin en français, neutre – en allemand et en russe, féminin – en italien et en espagnol. Il est féminin aussi en grec, et l’on comprend alors pourquoi, pour les Grecs anciens, le mot était une hétaïre (les pensées, elles, deviennent, toutes, de simples catins) et devait s’adonner à la prostitution sacrée. Se soumettre aux caprices des dieux ivres. Ne pas former de famille en s'acoquinant avec un seul concept.
allemagne,concept,dieu,espagne,france,grèce,idée,italie,russie,sacré,…

mot
La représentation est un art que maîtrisent surtout les scientifiques et les philosophes ; ceux qui ne se rendent pas compte de la place capitale de cette activité, voient une coupure entre les mots et les choses, tandis que le mot passe toujours par une représentation, avant de s’attaquer aux choses, un passage harmonieux, avec deux étapes d’interprétation.
concept,interprétation,philosophie,représentation,science

mot
Les termes de géométrie ou de psychologie, auraient pu nous renvoyer à l’invention d’unités de mesure ou à l’écoute de l’âme – deux nobles activités. Mais si Spinoza ignore tout de cette lecture, Nietzsche l’accepte et l’applique.
âme,balance,concept,interprétation,noblesse,ouïe,science

mot
La langue n’est qu’un attouchement, une blessure ou une caresse du corps de la pensée qui est la représentation sous-jacente ; elle n’a rien de vivant, tout en réveillant les plus vives des sensations. Pour les ignares : « La langue est le corps de la pensée. C'est dans le mot que nous pensons » - Hegel - « Die Sprache ist der Leib des Denkens. Wir denken im Worte ». La langue n'en est que l'habit ; la royale nudité de la pensée n'en ressort que grandie. Peu importe que le sens, l'esprit de la pensée, soit hors la langue, celle-ci en porte les sens : le désir, la séduction, la promesse. Mais les sens s'éveillent en moi ; les objets et les liens sémantiques entre eux, visés par les sens, sont, la plupart du temps, dans la représentation ; les relations syntaxiques, que j'interroge, relèvent de la logique. Il ne reste au mot qu'envelopper ces élans, ces tentatives d'accès à l'extra-langagier. Dans le mot, nous nous exprimons ; nos pensées naissent et s'impriment hors la langue.
caresse,concept,élan,espérance,esprit,grandeur,idée,langue,raison,représentation,…

mot
Les choses les plus intéressantes n’ont pas encore de nom ; à leur sujet, tu peux dire qu’il faut oublier les noms et se concentrer sur la chose ; au lieu d’une formule, tu aboutiras aux métaphores (qui deviendront un jour aussi des formules). Pour les couples chose – nom bien établis, banals, il est juste de dire : « Fuis la chose, tiens au nom » - St-Bernard - « Fuge rem, tene nomen ».
concept,métaphore

mot
Ma rencontre terminologique amusante avec Valéry : lui, en apprenti-algébriste, il use trop (et en abuse toujours) du terme de groupe ; chez moi, déferle partout le terme de représentation (de connaissances). Et dire que moi, étudiant, je me spécialisais en représentations de groupes (au sens algébrique).
auteur,concept,représentation,science

mot
En verbalisant mes états d’âme, je commence par ne pas trouver de mots ; et non pas à cause d’une misère de vocabulaires, mais de l’inexistence de mots qui auraient déjà fixé les objets à exposer, les objets sans nom consensuel. Et c’est dans la recherche de tournures de mots nouvelles que réside la source la plus féconde de mes trouvailles ; dans ce genre de recherches, une perte verbale débouche sur une découverte musicale.
âme,auteur,concept,musique

mot
Ce n’est pas aux mots que s’opposent, d’une manière intéressante, les choses, mais aux relations. Les médiocres déballent des choses, les sages partent des relations, laissant beaucoup d’inconnues fertiles dans les références des choses. Les relations créent un arbre, les objets ne forment que des tas, des ensembles, des ramassis.
arbre,concept,inconnu

mot
L’analyse de toute phrase correcte en langue naturelle aboutit à une formule logique. Dans les phrases suffisamment complexes on trouve presque toujours des variables implicites, aux valeurs indéterminées et donc, au départ, vagues. Aucun logicien, sans parler de linguistes, n’est capable de traiter rigoureusement la négation (syntaxique et sémantique), puisque même dans les cas simples la pré-existence d’une représentation conceptuelle est indispensable, ce qui échappe à ces scientifiques. Pourtant, l’un des plus célèbres affirme : « En logique, il ne peut pas y avoir quelque chose de vague » - Wittgenstein - « Eine Vagheit in der Logik kann es nicht geben ».
concept,langue,négation,représentation,science,vérité

mot
Si l’on ne disposait pas d’une représentation conceptuelle de la réalité, les mots n’auraient aucun sens et ne serviraient qu’à nommer les objets et les relations réels ; avec une représentation sous-jacente, le sens des mots serait celui du concept associé (acteurs, structures, propriétés, logiques).
concept,langue,réalité,représentation,science

mot
L’usage du mot admet trois sources de ses acceptions ; statistiquement courante, étymologique, innovante. La première est banale, la deuxième – stérile, la troisième – douteuse. C’est pourquoi les relations entre les mots sont beaucoup plus fécondes que les jeux avec des mots séparés – la métaphore s’oppose à l’inertie, à la pédanterie, à l’exotisme.
commencement,concept,continuité,métaphore

mot
La représentation produit des concepts, le langage, visant la réalité, les transforme en modes d’emploi et celui du rêve les traduit en mythes.
concept,création,langue,réalité,représentation,rêve,robot

mot
Celui qui est incapable de définir un mot, c’est-à-dire de l’attacher à un concept de la représentation, est incapable de formuler des idées non plus. Il est condamné au bavardage décousu.
concept,idée,représentation

mot
Jamais deux personnes ne partagent le même graphe ontologique, et donc jamais les mêmes mots ne recouvrent chez eux le même sens. C’est ce qui justifie la créativité morphologique et conceptuelle de Heidegger.
concept,création,être,langue

mot
On aurait dû avoir trois mots différents à la place du verbe exister, appliqué à la réalité, au modèle et au discours. Dans la réalité, comme nous le savons depuis Descartes, n'existent que des combinaisons d'atomes, res extensa (instances des classes physiques, chimiques et biologiques), et des manifestations de l'esprit, res cogitans (sujets qui créent, représentent et interprètent). La phusis et le logos, un couple, où le genre en dit long sur le rôle du géniteur respectif, et dont les définitions ne vont pas au-delà de : « What is mind ? No matter. What is matter ? Never mind. ». Dans le modèle existent des objets ; dans le discours existent des références d'objets renvoyant, par substitutions, aux objets du modèle.
arbre,concept,création,dieu,être,grèce,interprétation,réalité,représentation

mot
Toute la bêtise du tournant linguistique consiste dans l’oubli de la place de la représentation : « Les mots de la langue désignent les objets réels » - Wittgenstein - « Die Wörter der Sprache benennen Gegenstände ». Les mots désignent (ou plutôt référencent) les concepts d’une représentation ; l’objet réel est le même pour tous, le concept ne l’est jamais.
concept,erreur,intelligence,langue,réalité,représentation

mot
Ceux qui ne voient que la réalité et le langage et ignorent (ce qui est) la représentation admirent la sentence : tout objet est identique à lui-même. Il est clair que le sens de cette affirmation (comme de toute autre) est formel et non pas réel, mais rien de formel ne peut se passer d’une représentation, dans laquelle l’accès à l’objet (au concept) admet une infinité de références langagières, et le chemin d’accès fait partie du sens. Donc, tout en accédant au même objet formel (et à son ‘original’ réel), le sens qu’on attribuera à cet objet serait différent, pour les accès différents. Strictement parlant, en visant le même objet de la représentation (et de la réalité), mais avec deux chemins d’accès différents, nous obtenons deux objets différents.
chemin,concept,langue,réalité,représentation

mot
Ils réduisent le sens d’un mot à ses usages, donc à l’aspect pragmatique. C’est une approximation trop naïve, car le nombre des usages possibles d’un mot est infini. Le mot n’acquiert un sens que dans un usage donné, c’est-à-dire dans une phrase faisant partie d’un discours ; ce sens est donc une réduction du sens du concept (associé au mot, dans une représentation) au contexte donné.
concept,inconnu,jeu,langue,représentation

mot
Le Logos johannique pourrait se traduire par entendement (Tolstoï), ce qui est déjà au-delà non seulement du Verbe (collé directement à la représentation) mais aussi de la phrase (qui n’est qu’une requête langagière, loin du sens conceptuel). L’entendement est dans l’interprétation, aboutissant au Sens, - trop d’étapes pour prétendre d’être aux origines. « Au Commencement était le Verbe, et à la Fin – la Phrase » - S.Lec. Et puisqu’il n’y avait rien à représenter, au Commencement était, peut-être, l’idée (le dessein divin) de la représentation.
concept,dieu,idée,interprétation,langue,représentation

mot
La représentation imprime des concepts et dessine des structures ; la langue exprime des idées et peint des sentiments. Même si la langue repose sur la représentation, ces deux milieux sont incompatibles, bien que confondus par tous les philosophes.
concept,idée,langue,philosophie,représentation,sentiment,système

mot
Pour définir le sens d’une phrase, il faut se rendre compte de faits suivants : 1. la logique fait partie de toute langue naturelle ; 2. une phrase consiste en références d’objets et de relations d’objets, références faisant appel aux moyens lexicaux et syntaxiques de la logique ; 3. on a toujours un locuteur et un destinataire, chacun avec ses moyens de représentation et d’interprétation ; 4. la phrase se réduit à une formule logique dans la représentation du personnage respectif ; 5. le sens de la phrase, c’est le réseau conceptuel, résultant de l’interprétation de cette formule (le mécanisme central y est la substitution de mots par des concepts) ; 6. donc, le sens (ou plutôt des sens) de la phrase n’est pas dans les mots, mais dans les réseaux ci-dessus.
concept,interprétation,langue,représentation,science

mot
Combien de générations d’élèves (indo-européens) durent conformer leur vision de la langue à cette structure ternaire - primitive, réductrice, anti-cognitive – sujet – verbe – objet ! Tandis que dans toutes les langues règnent les réseaux de relations d’objets d’arité arbitraire, dont la structure ternaire ci-dessus n’est qu’un cas particulier, simplissime et partiel. Le terme de sujet (acteur, concepteur) devrait être réservé à l’auteur (humain) de la représentation sous-jacente extra-langagière.
concept,école,langue,représentation,système

mot
La grammaire et ses mots se projettent sur la représentation et ses concepts, et donc le discours - sur la logique. Chaque phrase se convertit en formule logique, en arbre, dont l’évaluation consistera soit en beauté (des chemins d’accès aux objets - l’art), soit en vérité (de la requête – la science). « Les mots sont les pierres d’achoppement sur la voie de la vérité » - S.Butler - « Words are the stumbling-blocks in the way of truth » - les mots sont les panneaux-indicateurs, conduisant au but – la jouissance ou la vérité.
arbre,art,beauté,concept,erreur,langue,question,représentation,science,vérité

mot
Le mot est gouverné par la grammaire et la musique, et le concept – par la représentation et la logique.
concept,langue,musique,représentation,science

mot
Il n’y a pas de définitions de mots d’une langue ; on ne définit que les concepts de la représentation sous-jacente. Et Wittgenstein, en parlant d’une langue : « Les définitions sont les règles de la traduction d’une langue dans une autre » - « Definitionen sind Regeln der Übersetzung von einer Sprache in eine andere » - ne comprend pas les mécanismes de la traduction. Même les définitions de concepts, dans les langues différentes, sont toujours différentes et ne peuvent pas servir de règles.
concept,langue,représentation

mot
La langue – une grammaire plus un vocabulaire ; tout est clair pour la première, tout est vague pour le second. On ne peut pas réduire celui-ci à un dictionnaire, avec ses définitions ; il devrait être une projection grammaticale sur une représentation (d’objets et de relations) et donc – être toujours personnel (malgré le fait d’être, formellement, un ensemble commun d’étiquettes). Par ailleurs, il n’est pas certain que dans toutes les langues les entrées du vocabulaire puissent s’appeler – mots.
concept,doute,langue,représentation,système,voix

mot
Un mot n’a pas de sens unique, ni même de sens tout court ; il faut chercher son sens dans le contexte (le sujet et son discours), qui finira par nous renvoyer aux concepts (non-langagiers) de la représentation (celle du locuteur ou celle du récepteur). « Un mot est un faisceau, et son sens se projette en directions différentes »** - Mandelstam - « Слово является пучком, и смысл торчит из него в разные стороны ».
concept,langue,représentation

mot
La représentation et l’interprétation sont pour le langage ce que le vocabulaire et la grammaire sont pour la langue. Le langage conduit à la rigueur des vérités et la langue – à l’arbitraire des tropes. Un outil de compréhension logique du monde et un outil d’expression poétique de l’homme.
art,concept,interprétation,langue,métaphore,nature,poésie,représentation,science,vérité

mot
Les linguistes cherchent la source de la sémantique dans de vaseux sens lexicaux du signifiant, tandis que cette source est ailleurs et elle est double : les relations dans la représentation non-langagière (liens sémantiques – spatio-temporelles, causaux, mais aussi liens syntaxiques – références des substances) et le style dans la langue (les tropes).
concept,être,langue,représentation,style

mot
Toutes les sciences se dégagent, de plus en plus, du langage commun et forment leurs langages spécifiques. Dans leur contexte, tout discours peut être réduit par des concepts scientifiques, se substituant aux termes langagiers, à des formules purement logiques. Mais la philosophie, qui n’est qu’un art, se remet entièrement, au langage commun ; il n’existe aucun concept proprement philosophique ; la philosophie est là où aucun consensus n’est possible, elle ne manipule que des notions.
arbre,art,concept,langue,philosophie,science

mot
Pour propager les lumières et guider l’action, la connaissance des concepts suffit ; pour peindre les ombres et embellir le rêve, il faut la maîtrise des mots. Dit autrement, « le langage est l'ombre des actions » - Plutarque.
action,beauté,concept,maîtrise,ombre,rêve,savoir

mot
On n’apprécie un mot que si l’on devine la représentation sous-jacente et se régale du chemin d’accès original aux concepts impliqués. « Ce qui n’existe que moyennant un NOM n’est guère qu’un NOM » - Valéry.
chemin,concept,représentation

mot
La plupart des choses vivent en concubinage bien fixé avec un mot ; ce sont les moins intéressantes ; elles servent de briques des édifices consensuels. Les plus intéressantes sont des choses, veuves ou vierges des mots : esseulées, cherchant des consolations métaphoriques, ou bien jamais embrassées, avides des caresses adamiques.
caresse,commencement,concept,consolation,métaphore,mort,mouton

mot
La lecture d’un écrit, rédigé dans ta langue maternelle, passe par deux filtres : le commun, le mécanique – l’application des habitudes de la tribu ; et le particulier, l’organique – à travers tes goûts, tes expériences, tes attentes. Le premier aide à reconnaître des lourdeurs, des solécismes, des absurdités langagières ; le second produit des plaisirs ou des dégoûts. Le cas le plus embêtant est la lecture de ton propre écrit, dans une langue étrangère, – tu es immédiatement plongé dans le second passage ; les yeux de la tribu te manqueront, ton regard laissera inaperçus tant de pâtés langagiers, qui gâcheront ta peinture conceptuelle – la solitude d’écrivaillon-métèque est une malédiction.
concept,filtre,goût,langue,mouton,robot,solitude,souffrance

mot
On s'intéresse à la chose, ou, pire, à ses noms, cela donne de la prose, de ces creuses nébuleuses d'essence, substance, être, étant, état, présence. On se penche sur les relations entre les choses, cela mène à la poésie, aux constellations solidaires et assonantes avec ton étoile.
concept,étoile,être,fraternité,poésie,réalité

mot
Dans les débats intellectuels, la compétence la plus rare, c’est la compréhension de la place du langage (l’intermédiaire entre la réalité et la représentation). Le seul à l’avoir bien compris, c’est Valéry. N’ayant rien compris à la philosophie, à la logique, à la mathématique, il eut quelques illuminations intuitives, en évoquant la place des définitions, l’unification d’arbres, les substitutions de mots par des concepts, les implexes.
arbre,concept,langue,philosophie,réalité,représentation,science

mot
La première étape de l’interprétation d’un discours consiste à substituer aux mots de la langue – des concepts de la représentation. C’est une tâche conceptuelle et non langagière, contrairement à ce que pense Valéry : « Le langage exige le remplacement des choses par des objets »***.
concept,interprétation,langue,représentation

mot
Dans l’écriture, l’esprit prosaïque, au calme plat, navigue entre choses et concepts ; le talent, c’est-à-dire l’âme poétique, produit la houle des mots.
âme,art,concept,création,esprit,langue,poésie

mot
Pour exposer des idées, on ne peut pas se passer de choses ; heureusement, à côté des choses il existent des mots et, pour chanter des rêves, les mots suffisent.
concept,danse,discursif,idée,rêve

mot
Le défi stylistique est hors de ma portée, tandis que les choix judicieux des auteurs autochtones sont orientés par l’usage maîtrisé. Il me manque l’intuition de l’effet que produit un écart lexical ou syntaxique. Ce que je vise est au-delà des mots, mais l’attention du lecteur naturel s’arrête aux mots ; les liaisons entre concepts sont perçues comme liaisons entre les mots, ce qui banalise le contenu et abaisse la forme. Malédiction de métèque…
art,auteur,concept,défaite,langue,maîtrise,platitude,style

mot
Dans un discours, tout mot comporte une partie langagière et une partie conceptuelle. La philosophie aurait dû s’inspirer des sciences, pour ne pas se contenter d’un pur verbiage détaché et d’introduire aussi de rigoureux ajustages attachés. L’élimination (par substitutions) de l’aspect purement langagier ne devrait pas aboutir au néant conceptuel.
concept,langue,philosophie,science,vide

mot
Seul la poésie peut fonder son message sur le langage ; tous les autres genres intellectuels reposent sur la représentation, bien que la plupart des auteurs croient, naïvement, rester dans le langage.
art,concept,langue,poésie,représentation

mot
Un discours et son interprétation contiennent, respectivement et potentiellement, des valeurs et des significations. La valeur peut se réduire au langage (en poésie, en épanchements passionnels) ; la signification débouche sur le sens (réseaux de concepts).
axe,concept,élan,interprétation,langue,poésie,sentiment

mot
L’interprétation de tout ce qui se formule en langue naturelle finit par un réseau de concepts de la représentation. En particulier, l’univers définitif de la pensée et de la vérité n’est point le langage, mais bien la représentation.
concept,idée,interprétation,langue,représentation,vérité

mot
Deux sortes d’intelligence : l’une fondée sur les concepts (l’intelligence scientifique) et l’autre - sur les notions (l’intelligence intuitive). Dans les deux cas – la place modeste, voire négligeable, du langage, qui disparaît suite aux substitutions par des concepts/notions. Un contraste saisissant avec le verbiage philosophique, où l’on s’embourbe dans les mots, non-transformables en concepts/notions. L’élégance des mots, refusant toute rationalisation, est réservée aux poètes.
arbre,concept,intelligence,langue,philosophie,poésie,raison,représentation,science

mot
Dans un discours, les mêmes mots peuvent ne pas dépasser les limites du langage (des idiomes, des tropes, des banalités sophistiquées) ou bien renvoyer à la représentation leur servant de points d’attache (des concepts, des idées, des hypothèses). Chez les écolâtres, on nage dans un pur verbiage, sans atteindre la pensée, ce seul acte intellectuel.
action,art,concept,école,frontière,idée,intelligence,langue,métaphore,mot,…

mot
Une phrase, syntaxiquement correcte, s’appelle proposition. Une proposition se convertit en formule logique. À part des éléments lexicaux relevant de la logique, une formule logique comprend des références d’objets et de relations entre objets. Ces références sont analysées, procédant par substitutions des mots par des concepts d’une représentation, propre à l’interprète (humain ou artificiel). L’échec de ces substitutions (tenant compte d’éventuelles négations) signifie la fausseté de la proposition dont le sens est - l’impossibilité (contextuelle) de la satisfaire. Le succès de ces substitutions résulte en réseaux d’objets (de la représentation). Ces réseaux sont le véritable sens de la proposition. Le sens n’est donc pas dans le langage mais dans la représentation, donc – il n’est pas universel mais particulier, propre à un sujet. Pour certains sujets, les phrases Dieu existe ou J’ai vu un carré rond peuvent avoir un sens. Remarquez que la réalité ne figure même pas dans ce discours.
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mot
Dans la réalité existent des choses concrètes (matérielles ou spirituelles) ; dans la représentation – des objets abstraits. Tous les philosophes confondent ces deux notions, surtout lorsqu’il s’agit d’existence ou de liberté. La même mésaventure arrive aux notions de sujet, d’événement, d’action, de mouvement.
action,concept,esprit,être,langue,liberté,matière,philosophie,représentation,temps

mot
La pensée non-langagière peut naître soit d’une imagination abstraite créatrice (mue par des concepts), soit d’une expérience avec de l’inconnu (contact avec des objets sans nom qu’accueille la représentation existante). Et l’enveloppe langagière peut même ne pas surgir.
concept,création,inconnu,intelligence,langue,représentation

mot
Tout discours respecte la grammaire de sa langue et tente de référencer le monde ; les choses de deux sortes constituent le monde - la matière et les esprits ; le discours référence donc des choses ; l’ensemble des connaissances préalables du locuteur sur ces choses s’appelle représentation ; les choses, reflétées dans cette représentation, s’appellent objets. Les choses matérielles sont des conglomérats d’atomes dans l’espace et sont traversées par le temps. Les choses spirituelles, soumises au temps, sont de plusieurs sortes : les sujets (propriétaires des représentations) ; les propriétés des autres choses (matérielles ou spirituelles) ; les états dans l’espace et les processus dans le temps ; les mécanismes de traduction grammaticale des concepts logiques (connecteurs, quantificateurs, négations, implications). Ce schéma est propre de toutes les langues naturelles ; ici commence l’interprétation – la synthèse grammaticale, la substitution d’éléments langagiers par concepts, la réduction aux formules logiques, la démonstration, la donation de sens.
concept,esprit,interprétation,langue,matière,nature,réalité,représentation,savoir,science,…

mot
L’arbre syntaxique des grammairiens génératifs est une grosse bêtise ; les structures grammaticales n’apportant pas grand-chose à la compréhension du discours. Prenons la phrase de Chomsky : Colourless green ideas sleep furiously. Il en dégage un arbre avec des groupes nominaux ou verbaux, avec des substantifs, adjectifs et verbes – ce qui n’aurait aucun sens dans les langues non-indo-européennes ! Seul la correction syntaxique compte et non pas une structure langagière. L’analyse cognitive y trouverait une référence d’objet (R1 = X ideas), avec propriétés (X = colourless, green), et une relation unaire de cette référence (R2 = R1 sleep Y), avec propriété (Y = furiously). Ce schéma est valable pour toutes les langues naturelles. Par substitution des mots (ideas, sleep) par concepts (non-langagiers) d’une représentation, on arriverait à un réseau, convertissable en formule logique à démontrer, en substituant les concepts par des objets de la représentation. Ce réseau représenterait un sens de la phrase.
arbre,concept,intelligence,interprétation,langue,représentation,science,vérité

mot
Quelle que soit la langue, l’élément essentiel d’un discours y est le syntagme (référence de choses/objets ou de relations). Ces syntagmes renvoient soit à la réalité (donc aux choses, aux vagues notions, non formalisables en représentation), soit à la représentation (donc aux objets, aux concepts rigoureux). Le meilleur emploi de la première approche appartient au talent artistique, celui de la seconde – au talent scientifique. Sans aucun talent, tout discours est platitude, bavardage ou délire.
art,concept,esprit,langue,platitude,réalité,représentation,science,style

mot
Grâce à une heureuse polysémie, le mot hauteur est employé aussi bien par des musiciens que par des écrivains qui cherchent une certaine musicalité dans leurs discours – la hauteur du son ou la hauteur de vues.
art,concept,hauteur,langue,mot,musique,ouïe,regard

mot
L’entité élémentaire d’une phrase, c’est la référence d’objets, mais on n’y accède qu’après avoir reconstitué l’ossature logique de cette phrase à partir des règles grammaticales, tenant compte des aspects phonétiques, lexicaux, syntaxiques et associées aux concepts logiques extra-langagiers – les connecteurs, les quantificateurs, les négations, les implications. Cette dernière démarche est propre de toutes les langues, ce qui échappe à tous les linguistes et à tous les philosophes, incapables de percevoir les rapports entre la langue (le mot ou un équivalent), la représentation (l’objet) et la réalité (la chose).
concept,langue,négation,philosophie,réalité,représentation,science

mot
Un système de conception (en informatique, dans la science ou en philosophie) relève de l’intelligence (artificielle ou naturelle) s’il dispose de trois volets logiques permettant : l’acquisition de connaissances (création de représentations rigoureuses), l’attachement de structures linguistiques à la représentation, le dialogue en langage naturel (interprétation - passage des éléments du langage aux concepts de la représentation et aux formules logiques, démonstration des formules, dégagement de leur sens, justifications abductives). Par exemple, ChatGPT et DeepSeek ignorent le premier volet, figent le deuxième, cachent tous les mécanismes du troisième.
abduction,concept,intelligence,interprétation,langue,philosophie,représentation,savoir,science

mot
La naissance d’une langue : recherche d’adéquation entre les sons (proférés par nos cordes vocales), d’un côté, et nos intentions et actes, de l’autre ; naissance de représentations, apparition d’objets (et de relations entre eux) se substituant aux choses (matérielles ou spirituelles). La langue est née, lorsque nous finissons par nous adresser aux objets et non plus aux choses.
action,commencement,concept,esprit,langue,ouïe,représentation

mot
Toute la poésie naît des propriétés intrinsèques du langage ; il est donc presque inévitable qu’elle reste sotte, bien que nous charmant par ses assonances et ses ambigüités. L’intelligence est dans la maîtrise des relations que le langage entretient avec l’extérieur, avec des représentations conceptuelles et des expériences vitales.
concept,intelligence,langue,musique,poésie,représentation,vie

mot
Le mot représentation, dans les philosophies platonicienne, aristotélicienne ou kantienne, désigne la maison du savoir, un domaine monumental de nos échanges avec le monde ; mais, malheureusement, ce mot est entaché de traces de physiologie, théâtralité, diplomatie, automorphismes algébriques ou apparences, qui occultent son sens originel et engendrent des monstres telle la philosophie analytique.
concept,intelligence,langue,nature,philosophie,représentation,savoir

mot
Une langue doit disposer de deux grammaires – l’interne (générative ou autre) et l’externe (représentative). D’une phrase, c’est-à-dire d’une suite de sons (peut-être accompagnée de gestes), la première grammaire extrait une suite chronologique d’entités élémentaires (équivalents de nos mots) et en établit la correction. Dans cette suite correcte, la seconde grammaire (une méta-grammaire) reconnaît des références d’objets (noms, relations, qualificatifs, négations, connecteurs et quantificateurs logiques, coordonnées spatio-temporelles). Le sens de la phrase est un concept subjectif, dépendant de représentations que tout individu possède ; ce sens est établi par un interprète universel extra-langagier (une méta-grammaire, un démonstrateur), grâce aux substitutions des références par des objets de la représentation, débouchant à un réseau. Rien d’universel (propre à toutes les langues) dans les grammaires ; tout est universel dans le démonstrateur. La logique est innée, tout le reste est acquis.
concept,langue,représentation,science,universel,voix

mot
Le langage dispose de signes (mots) ; la représentation propose des sens (structures et raisonnements). La poésie est dans le signe, et la philosophie – dans le sens.
concept,langue,philosophie,poésie,représentation,science

mot
Une phrase comprend des constantes explicites (noms d’entités, mécanismes logiques, valeurs d’attributs, qualificatifs, ponctuations) et des inconnues (variables) implicites. Pour arriver à la signification et au sens de la phrase, l’interprète logico-langagier doit en constater la correction syntaxique, noter les inconnues dégagées, former une proposition associée, procéder à l’unification des inconnues par un chaînage-arrière, constater la véracité/fausseté de chaque résultat, exhiber des réseaux obtenus en tant que des sens de la phrase.
concept,inconnu,interprétation,langue,science,vérité

mot
Dans nos langues indo-européennes, à tout verbe correspondent des relations abstraites (unaires, binaires, ternaires etc.), à tout nom commun – des abstractions. Tous, du garagiste à l’algébriste, emploient, dans leurs discours, le même nombre d’abstractions ; seulement, pour le garagiste tout mot renvoie directement à la réalité, tandis que l’algébriste n’y voit qu’un attachement aux concepts d’une représentation. La compréhension du garagiste se réduit aux mots ; celle de l’algébriste – aux concepts. Le premier ne voit que le pouvoir ; le second y ajoute le savoir.
concept,langue,réalité,représentation,savoir,valoir

mot
Le sens d’une idée est dans les structures conceptuelles de la représentation ; la forme – dans les tropes du langage. Les structures langagières n’apportent rien au sens ; les concepts de la représentation n’apportent rien à la beauté du discours.
beauté,concept,idée,langue,représentation,style

mot
Le locuteur, le son et le contexte, qui déterminent le mot, ne résument pas la chose réelle visée ; ils donnent des indices pour interpréter ce mot ; la chose se reflète, le plus fidèlement, dans un modèle extra-langagier, formé dans notre conscience ; ce modèle est notre seul vrai savoir et il peut se passer de mots. Bref, entre le mot (la création intuitive) et la chose (la création divine) s’interpose le modèle (la création consciente). Le mot est dans le Vouloir (d’une interprétation), et la chose – dans le Savoir (d’une représentation).
concept,conscience,création,dieu,interprétation,langue,réalité,représentation,savoir,valoir

mot
On ne peut pas penser en mots, car les mots traduisent l’inertie, tandis que la pensée doit être une lutte, un style rebelle, fondé sur les concepts. La majorité des philosophes, nageant dans le verbiage, ne pensent pas, ils ignorent les relations entre le mot d’usage et le concept de représentation.
concept,continuité,création,idée,langue,lutte,philosophie,représentation,style

mot
En IA, les objets d’une représentation peuvent ne pas dépendre d’une langue naturelle particulière et être utilisables par toutes les langues. Pour interpréter une phrase langagière, on substitue les objets aux parties du discours (mots ou équivalents), et son sens serait donné par un réseau d’objets (dans le cas où la proposition s’évalue à faux, ce réseau traduirait la raison structurelle de l’échec des substitutions). Pour traduire ce réseau, il faudrait des substitutions en sens inverse – passer des objets aux parties du discours ; ce paradigme s’appuierait sur un modèle du langage, si répandus aujourd’hui.
concept,intelligence,interprétation,langue,négation,représentation,vérité

mot
Tout langage, muni de la notion de substitution (équivalence, synonymie, syntagmes), est constitué de formules. En logique, on substitue des concepts à d’autres concepts, pour avancer vers des preuves, vers la vérité. En philosophie académique, on substitue des mots à d’autres mots, pour propager un verbiage, sans but formulable - leurs formules sont nulles.
concept,école,langue,philosophie,science,vérité

mot
La facilité époustouflante, avec laquelle l’homme comprend le discours d’un autre, n’est due ni au câblage de la grammaire ni à la projection des mots sur les concepts, mais à la … statistique. Tel est le constat, décourageant pour les cogniticiens, avec leurs modèles savants, mais traduisant une irréfutable réalité. L’apprentissage, à travers l’usage quotidien, forme la vague notion de proximité entre les mots (syntagmes) ; les réseaux neuronaux (chatbots) suivent exactement la même démarche, et c’est seulement au stade du raisonnement abductif (qui, quoi, pourquoi, comment) qu’interviennent, aussi bien chez l’homme que chez les robots, quelques mécanismes logiques.
concept,hommes,intelligence,langue,proximité,raison,réalité,robot,science

mot
Tout ouvrage philosophique doit faire appel à la chimie des réactions entre les concepts à valences connues et à l’alchimie des rencontres inattendues entre les mots à valeurs imprévisibles.
concept,inconnu,langue,philosophie,poésie,science

mot
L’ivresse, provoquée par leurs mots grandiloquents (toujours contingents), fait tourner la tête des professeurs de philosophie ; leurs esprits excités confondent les mots avec des concepts sobres (mais nécessaires). Pour que vos mots puissent s’aventurer dans la hauteur, il faut vous être entraînés dans la profondeur des concepts.
concept,école,grandeur,hauteur,langue,nécessité,philosophie

mot
On ne trouve aucune analogie à la vie d’une langue : l’érosion par le temps détache les mots de leur premier ancrage, ensevelit des mots surannés ; sur le tronc des anciens il fait pousser de nouvelles branches de sens, de coloris, de hauteur, d’intensité, d’emphase. La langue est demi-morte et demi-vivante, une image d’immortalité. De l’immolation, par l'usage, de métaphores, renaissent, tel Phénix, des représentations ; géniteurs de tournures routinières, elles aussi mortelles.
concept,éternité,hauteur,intensité,langue,métaphore,mort,représentation,temps,vie

mot
Contrairement aux mots vérité ou liberté, où le vague règne, le mot vie, a des antonymes assez nets, pour ne pas se tromper d’acception. Trois d’entre eux, les plus pertinents, correspondraient aux trois angles de vue, pratiqués, respectivement, par un biologiste, un cogniticien, un poète – matière inerte, raison, rêve. Face à matière inerte, la vie est un miracle de la Création. Opposée à raison, la vie exhibe des émotions, des états d’âme, des intuitions, des instincts. Avec rêve, la vie complète la double sphère de notre existence et se réduit aux actions.
action,âme,concept,création,liberté,mystère,négation,poésie,raison,rêve,…

sénèque
Cum rem animus occupavit, verba ambiunt.

Quand l'objet a rempli l'âme, les mots accourent tout seuls.
mot
C'est l'intuition qui amène des objets, c'est l'intelligence qui souffle des mots, mais c'est surtout de la hauteur qu'on aurait besoin, pour que les sons des mots traduisent bien l'âme. Pour pouvoir remplir l'âme, il faut que l'objet soit fait en matière crue. C'est ainsi, qu'il prendra sa forme. La résonance de l'âme comblée produit des mots. Le poète est l'égalité des dons de l'âme et du mot.
âme,art,concept,égalité,esprit,hauteur,intelligence,langue,matière,musique,…

mallarmé s.
Nommer un objet, c'est supprimer trois quarts de la jouissance.
mot
Quand on nomme par le nom. Nommer, ou plutôt suggérer, par une métaphore s'appelle créer ou initier. Le nominalisme, c'est le dernier, la suggestion - le premier ou l'avant-dernier pas.
bonheur,commencement,concept,continuité,création,métaphore,négation

bergson h.
Nous ne voyons pas les choses ; nous lisons des étiquettes collées sur elles.
mot
Voir et lire sont loin d'être la même opération ; la grammaire de la création ne ressemble en rien à celle du discours. Nous lisons des références, dans lesquelles se glissent aussi des étiquettes (non-grammaticales), qui sont bien collées, mais non pas sur les choses, mais sur les concepts (objets ou relations).
concept,idée,réalité,représentation

valéry p.
Le langage articulé permit à l'homme de tout mettre en problème, car il lui suffisait de mettre le signe de question devant des noms d'objets ou de phénomènes.
mot
Et l'intelligence consiste à substituer à ces belles inconnues des objets ou phénomènes, dont l'accès est délicatement suggéré par l'interrogation même. Ce n'est pas le nombre d'inconnues qui fait la richesse et la beauté de l'équation de la vie, de l'arbre, mais l'élégance de leur greffage.
arbre,beauté,concept,esprit,goût,grâce,intelligence,langue,mystère,question,…

valéry p.
La liberté implique le langage, qui crée la possibilité de l'intervalle conscient.
mot
Mon cher Maître, dans la chaîne de l'acte, vous placez mal le langage. La liberté intervient entre le désir et le choix, où se déroulent les et quand, les pourquoi et comment, qui sont des requêtes extra-langagières. Le langage n'est impliqué qu'à partir de l'embarras, pour atteindre un objet ou désigner une relation.
abduction,action,auteur,concept,continuité,élan,langue,liberté,question,représentation

valéry p.
La nécessité de ces objets verbaux, qui sont Idées, Lois, Être, est seulement formelle.
mot
Ce juste verdict priverait de pain tant de nécessiteux professeurs. Une remarque, toutefois : les Lois ne sont pas des objets verbaux, elles gouvernent le modèle pré-langagier.
concept,école,être,idée,ordre,raison,représentation,nécessité

merleau-ponty m.
On peut comparer les relations de l'âme et du corps à celles du concept et du mot.
mot
La double liberté, qui les laisse parfois suivre des voies divergentes, la fonction instrumentale du corps, ses caprices ou caresses, qui sont ses métaphores ; porter l'expression, mais laisser le souci du sens à l'âme - le parallèle est admirable.
âme,caresse,concept,idée,langue,liberté,métaphore
 

noblesse
L'aristocratisme consiste à trouver de l'égale noblesse à tous les attributs de l'arbre. Le déséquilibre le ruine. Par exemple : « La noblesse aurait subsisté si elle s'était plus occupée des branches que des racines » - Napoléon. Il ne faudrait pas qu'elle glisse vers le labourage et néglige l'élagage. Nous sommes tous des arbres, et l'arbre aristocratique se distingue des autres non pas à cause d'une généalogie fixe (des thèmes), mais d'une ontologie variable : elle sait introduire des inconnues (des rhèmes) partout - de la profondeur des racines à la hauteur des cimes, de l'ampleur des branches à la densité des ombres. L'aristocratisme : la vénération et la fierté du soi inconnu, source de tout enthousiasme comme de tout désespoir.
amour,arbre,concept,contrainte,enthousiasme,espérance,grandeur,hauteur,inconnu,ombre

noblesse
Penser que l'essentiel est dans les objets ou jugements sur eux, c'est se condamner à l'accessoire. L'essentiel est dans la position des mains, qui caressent, et surtout dans la hauteur des yeux, qui se confessent.
caresse,concept,être,hauteur,pose,réalité,regard

noblesse
Il n'est donné à personne de disposer de la plénitude de tous les attributs d'un arbre, mais qu'on souffre de déracinement ou de manque de sève, il est loisible de pallier aux nœuds défectueux par un placement judicieux de variables. Car le but d'une vie ou d'une création est une unification avec les arbres interrogateurs, plus vivants, à certains endroits, que le tien. Unification du divers dans l'être, comme dirait un néo-kantien.
arbre,concept,philosophie,vie

noblesse
Le néant fut l'ultime refuge des attributs, qu'on avait tenté d'attacher à Dieu, à l'amour, à l'art. On appela cette tentative désespérée - l'absurde ou l'existentialisme. Sans point d'attache crédible, ces attributs n'ont qu'à se substantiver et à ne se lier qu'avec des conjonctions décharnées.
absurde,amour,art,concept,dieu,espérance,être,exil,langue,philosophie

noblesse
Le désir : un élan, dont l'objet ne peut être désigné que par des métaphores ; si cet objet est palpable, visible ou intelligible, on a affaire aux souhaits, aux besoins, non aux désirs. La métaphore : l'image, qui, pour être lisible, doit être projetée au ciel.
concept,élan,étoile,métaphore

noblesse
L'existence de ce que désigne le pronom à la première personne réduit les verbes essentiels (relationnels) au statut d'étiquettes et met les objets à leur vrai place, celle des humbles compléments. L'existentialisme et la phénoménologie sont de mauvaises grammaires, aux précédences pipées.
concept,être,langue,philosophie

noblesse
Être important est un piteux attribut, accroché au fond et destiné à justifier une prétention à la profondeur ; il s'oppose à la noblesse – devenir important, associée à la forme et que rehaussent les métaphores. La franchise des sots, face à l'invention des délicats. Wilde le voit bien : « En toute matière sans importance, c'est le style et non pas la sincérité qui compte ; en toute matière importante, c'est le style et non pas la sincérité qui compte » - « In all unimportant matters, style, not sincerity, is the essential. In all important matters, style, not sincerity, is the essential ».
authenticité,concept,création,hauteur,style

noblesse
Les ascendances et les descendances généalogiques d'un arbre ne sont pas les meilleurs de ses attributs. Il vaut mieux le mettre hors temps. « Plus ancienne est ta noblesse, plus ridé est ton arbre » - proverbe allemand - « Je älter der Adel, je morscher der Baum » - la noblesse se mesure par mon propre altimètre ; elle est notée en intensité de mes propres instants et non pas en années des autres.
allemagne,arbre,concept,hauteur,platitude,temps

noblesse
La profondeur de mon regard permet de toucher aux choses essentielles de l'être, son ampleur – d'interpeller les relations essentielles du devenir, sa hauteur – de faire entendre ma propre voix, visant l'intensité et la noblesse. Le bouquet complet s'appelle grand regard (der große Blick de Nietzsche).
concept,être,grandeur,hauteur,intensité,voix

noblesse
Aujourd'hui, la variété et la souplesse, ces attributs des belles âmes (Montaigne), sont propres des amuseurs publics. Le bel esprit est l'homme d'une seule idée ; la belle âme est l'homme d'un seul sentiment. La noblesse est cette idée et ce sentiment.
âme,concept,esprit,idée,modernité,sentiment

noblesse
Ils s’effarouchent de voir des mythes transformés en concepts ; ils ne comprennent pas qu’il y a autant de concepts dans la peinture d’un mystère que dans l’exposé d’un fait divers. Tout mythe n’est pas noble ; et la neutralité des concepts peut servir aussi bien une bassesse qu’une grandeur.
bassesse,concept,grandeur,mystère

noblesse
Les hautes abstractions caressent aussi bien nos pensées que nos sentiments ; elles sont de véritables excitants pour une plume alerte. Le culte des bas détails est pratiqué par des plumes d’eunuque.
caresse,concept,hauteur,idée,sentiment
 

proximité
L'homme peut se définir de trois manières, comme on définit des objets mathématiques, par outils ensembliste, algébriste ou topologique : par ses attributs, par ses images ou par ses frontières. Ce qui est mon moi commun, ce qui m'annihile ou constitue mon noyau, ce qui est digne de ma proximité. Mes moyens, mes buts, mes contraintes.
concept,contrainte,création,discursif,frontière,soi,style

proximité
Immortel, omniscient, omniprésent, tout-puissant, aimant tout le monde - ce que l'homme ne peut pas être, il l'attache à Dieu, au lieu d'en faire un étranger merveilleux, sans attributs lisibles et se foutant de nos misères. Mais le plus lamentable, c'est encore de Le rendre égal de l'homme : « Agir, sans suivre la raison, est étranger à l'essence divine » - Benoît XVI - « Nicht vernunftgemäß handeln ist dem Wesen Gottes zuwider ». Même le bon Dieu serait condamné à devenir machine comme les autres… « Il n'y a pas de contradiction entre les vérités révélées et les vérités de raison » - Averroès.
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proximité
Le regard est cette distance personnaliste et individuante qui, aux instruments que sont les objets, impose la musique du sujet ; à l'opposé du point de vue, qui laisse le bruit des objets s'imposer au silence du sujet.
concept,création,musique,réalité,regard,silence

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Ce qui ne laisse pas de traces ne peut pas avoir d'attributs ; ni le comparatif ni le superlatif n'y ont de place ; l'omniscient avec l'infinité d'attributs (Spinoza) ou le meilleur que mon âme (Pascal) ne qualifient que le néant.
concept,dieu,être,inconnu

proximité
Le Dieu de Spinoza, à l'infinité d'attributs, est aussi loufoque que le Dieu s'incarnant dans un fils de charpentier ou s'identifiant avec un marchand de tapis. Le Dieu inconnu, le seul, qui mérite nos louanges, est celui qui, premièrement, déposa en nous les germes du vrai, du bon et du beau et, deuxièmement, pour les percevoir, nous munit d'un cerveau, d'un cœur et d'une âme. « Dieu se connaît mieux en restant inconnu »** - St-Augustin - « Deus scitur melius nesciendo ».
âme,beauté,bien,christianisme,cœur,concept,dieu,raison,vérité

proximité
Dieu, probablement, voyait dans l'homme futur un frère et un créateur, et non pas un mouton et un robot ; mais l'évolution humaine dévia : du dessein-rythme (création orientée-contraintes), elle passa au projets-mythes (orientés-buts), pour sombrer dans l'algorithme (programme orienté-objets).
concept,contrainte,création,dieu,mouton,musique,robot

proximité
Les simplets se limitent à modéliser les objets, les subtils commencent par les relations. Le Créateur s'y connaissait : « Le nom du Père n'est pas le nom d'une essence ni d'une action, c'est le nom d'une relation » - Grégoire de Nazianze - et le but de notre ancrage à la Création y serait de la rendre transitive : créer l'œuvre, comme le Père procrée le Fils consubstantiel, elle, l'œuvre d'esprit, procéderait de l'âme par le talent - une réplique humaine des relations trinitaires.
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proximité
La supériorité humaine n'est pas dans la maîtrise des objets, mais dans celle des relations ; si je veux garder la mesure de mes éloignements et de mes proximités, je la maintiendrai grâce à une nouvelle métrique des relations inventées.
artificiel,auteur,balance,concept,création,grandeur,hommes,maîtrise,représentation

proximité
Mon soi inconnu est assez éloigné de l'en-soi hégélien (qui s'exprime, tandis que le soi inconnu ne fait qu'imprimer), mais il est assez proche du Dieu le Père, surtout dans ses rapports avec le Fils, ce soi connu, engendré par une voie non naturelle, et qui ne cherche qu'à traduire la volonté du Père ; pour observer leurs relations impénétrables, on aurait besoin d'un esprit, sain ou Saint.
auteur,christianisme,concept,inconnu,ironie,nature,soi

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Les stades de mon regard sur l'infini : l'élan, l'étonnement, la définition. Les trois doivent cohabiter, et, pour rester un Ouvert (sur l'infini), tu ne peux pas te passer de ce regard : « La vie de l'homme s'exprime dans la relation du fini à l'infini » - Bounine - « Жизнь человека выражается в отношении конечного к бесконечному ».
concept,élan,étonnement,hommes,inconnu,ouvert,regard,vie

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La puissance, la connaissance, l'amour sont des attributs anthropologiques ; Dieu n'est envisageable qu'en tant que Créateur, sans le moindre attribut (comme l'être), contrairement au néant, qui est déjà dans la représentation, avec sa notion d'existence, inapplicable ni à Dieu ni à l'être ontologiques, à ne pas confondre avec leurs homologues représentationnels. On connaît donc le néant mieux que Dieu et l'être.
concept,création,dieu,être,hommes,représentation,savoir,vide

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Pour éviter le bavardage philosophique autour d'une chose, G.B.Vico propose une liste exhaustive de questions liminaires à se poser au sujet de cette chose : son existence, sa position spatio-temporelle, ses attributs. Il ne comprend pas, que le bavardage le plus vicieux naît de l'occultation du lieu de l'existence elle-même – le langage, la réalité, la représentation ? Impardonnable pour un philosophe topique.
concept,être,langue,philosophie,réalité,représentation,temps

proximité
Le mathématicien est particulièrement sensible au sacré, puisque les objets de ses réflexions n'existent pas dans la réalité ; il se trouve dans l'état, dans lequel devait être plongé le Créateur, avant que la première définition ne fuse de Son Verbe.
concept,création,dieu,réalité,sacré,science

proximité
La vie, c'est la recherche de chemins : vers le savoir, la survie, la création, le plaisir. Et le bon Dieu se contenta de définir un méta-chemin, la logique, et de spécifier les objets de nos désirs, toujours à la manière d'un mathématicien ou d'un rêveur.
chemin,concept,création,dieu,rêve,savoir,science

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L'homme peut être vu en tant qu'une personne morale, un mammifère, un moyen de transport ; ce sont des angles de vue différents (des faces représentatives de Hobbes) sur le même objet. Il faut interpréter de la même manière les trois personnes, ou hypostases, du Dieu chrétien.
christianisme,concept,hommes,interprétation,représentation

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La réalité matérielle n'a rien à envier à la réalité spirituelle en profondeur de sa magie : il n'existe aucune métrique qui quantifierait la distance entre les objets réels et leurs modèles théoriques, le bon sens valide le sens des modèles. Aucune théorie figée n'est pensable : « La seule théorie séduisante est celle dont les concepts reculent à l'infini »* - Baudrillard. La nature reste la séduction absolue. On falsifie ou réfute les modèles, on ne falsifie ni ne réfute le monde.
axe,caresse,concept,école,idée,inconnu,matière,nature,réalité,représentation,…

proximité
Dieu est omniprésent : dans l'objet matériel (la réalité), dans ma main qui s'en saisit (le moyen), dans la fonction d'appropriation (le but), dans mon choix d'objets à saisir (la contrainte), dans ma création d'objets (le commencement). Omniprésent pour le regard, absent – pour les yeux. Et tout miracle organique s'éteint dans la débâcle mécanique : les robots proclament mort ce Dieu invisible et visiblement inexistant.
commencement,concept,contrainte,création,dieu,inconnu,mort,mystère,réalité,regard,…

proximité
On se rapproche par l'intérêt qu'on porte aux mêmes objets ; on se fraternise par l'intensité et la noblesse de relations entre objets. Nietzsche tombe sur la volonté et la puissance, chez Schopenhauer et Spinoza, mais la volonté du premier se forge dans le ressentiment (et non pas dans l'acquiescement nietzschéen), et la puissance du second s'attache à un esprit du savoir (et non pas sur l'âme du valoir nietzschéen). Et Nietzsche finit par se détacher de ses faux ancêtres (comme Valéry – de Descartes, avec sa méthode).
âme,concept,esprit,fraternité,intensité,négation,noblesse,savoir,valoir

proximité
La bonne philosophie (comme toute poésie) peut se passer de concepts de vérité, de savoir, de nécessité. Les mauvaises, l’académique ou la religieuse, par pédantisme ou fanatisme, en sont surchargées, en abusant de philologie ou de misologie. L’académique, au moins, les loge dans l’esprit libre, critique et initiatique, proche de l’universel ; la religieuse leur trouve l’appui dans l’âme servile, dévouée aux Écritures. La croyance achève le parcours profond du sage ; elle précède l’errance superficielle du sot.
âme,concept,dieu,école,haine,hauteur,intelligence,liberté,nécessité,platitude,…

proximité
Dans tous les domaines, où l’on s’intéresse aux liaisons entre pensées, c’est la métrique, c’est-à-dire une notion de proximité, qui est le seul critère, déterminant le genre et la spécialité du discours. On y ajoute souvent l’analogie et la causalité, qui ne sont que des cas particuliers de la proximité. C’est la poésie qui possède la métrique la plus mystérieuse.
concept,idée,mystère,poésie

proximité
Il y a des choses qui portent la beauté de la Création divine, et il y a des concepts que savent manipuler des ploucs ou des machines. Donc, manier certains concepts terrestres peut être plus bête que de contempler certaines choses célestes.
beauté,concept,création,dieu,intelligence,regard,robot

bible
C'est à Toi qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire.
proximité
Quel général, tyranneau ou comptable n'aurait-il pas dit la même chose ? Dieu se sert de sa magie incantatoire pour s'approprier des attributs de César. Et la Bhagavad-Gîtâ : « Là où est Krishna, règne l'opulence, la victoire et la moralité » - n'est pas plus glorieuse.
bien,cité,concept,défaite,dieu,force,gloire,misère

spinoza b.
Deus sit ens absolute infinitum infinitis attributis.

Dieu est l'infinité d'attributs infinis.
proximité
Pourquoi pas « l'absence de tout attribut » ? C'est par de telles définitions liminaires que les sages de profession se mettent à dégouliner par leurs balivernes géométriques sur leur Dieu à attributs. Un principe obscur, sur lequel ils bâtissent d'ennuyeuses et intenables clartés. Le sage d'intuition débute par un principe clair d'où fusent d'obscures et belles hypothèses.
concept,discursif,doute,école,inconnu,platitude,représentation
 

russie
Tant de choses russes s'expliquent par le caprice des verbes auxiliaires. L'atrophie de l'être quasi-inexistant, des accords grinçants ou fuyants de l'avoir avec les sujets et objets, les métamorphoses radicales du faire perdant tout rapport avec le cerveau ou le muscle, par un préfixe irresponsable.
action,beauté,concept,être,mot

russie
Est-ce à la première personne que je choisis mon pronom préféré ? à la deuxième ou à la troisième ? Pour déterminer ma position ? ma posture ? ma pose ? - L'Européen s'installe dans le moi, l'Asiate se comporte par le lui, le Russe rêve du toi - la liberté, l'égalité, la fraternité - sujet, objet, projet.
action,asie,concept,égalité,europe,fraternité,liberté,pose,rêve,soi

russie
En venant en France, le Russe veut voir partout des d'Artagnan, ne voit que des consommateurs et se met à se lamenter sur la disparition d'un monde de rêves. Le Français se rend en Russie, pour s'ébahir devant des fous de Dieu, de vodka, de caviar ou de musique tzigane, tombe sur des fonctionnaires véreux et finit par n'y voir que la poubelle du monde. Les lucides des deux camps comprennent que le charme recherché le doit à l'inexistence de l'objet qui les intrigue, ce qui redouble leur sympathie.
concept,folie,france,hommes,inconnu,ironie,rêve

russie
La perfection est attribut de la seule réalité, ne demandant à l'homme que l'immobilité, - d'où l'étrangeté de ce mot, qui ferait penser à l'action (par-fait), à la marche (voll-kommen), au rehaussement (со-верш-енный). « Aucune perfection imaginaire ne peut me tirer en haut » - S.Weil - la hauteur étant le don de voir dans le réel - le merveilleux.
action,allemagne,balance,concept,france,hauteur,mot,réalité

russie
Le milieu naturel du Russe est le milieu verbal et non pas conceptuel. Les mots sont des naissances d’un état d’âme, sans le besoin d’aboutir aux finalités ; les concepts sont des finalités d’un raisonnement, sans le besoin d’évoquer leurs sources. L’eschatologie russe est inchoative, non conclusive. Dans la littérature russe, « les phrases sont souvent laissées en suspens à cause du doute sur la meilleure façon de les terminer » - V.Woolf - « sentences often left unfinished from doubt as to how best to end them ».
âme,art,commencement,concept,doute,mot

russie
D’une manière inexplicable, et peut-être complètement aléatoire, les deux thèmes principaux d’une bonne philosophie – la consolation et le langage – correspondent aux deux traits nationaux russes les plus saillants et touchant davantage le moujik que l’aristocrate ou l’intellectuel. Le besoin de consolation perce dans leurs appels à la pitié, à la compassion et surtout dans la vision du Christ-Paraclet, du Consolateur, plus que du Sauveur, comme dans l’Occident. Enfin, la richesse phonétique, morphologique, syntaxique du russe munit cette langue d’une liberté phénoménale. Le discours dans les langues romano-germaniques renvoie, immédiatement, aux représentations conceptuelles sous-jacentes, tandis que le discours russe traduit, avant tout, les états d’âme, le degré d’ironie ou de perplexité, l’intensité des désirs ou des espérances. Et c’est la raison principale du succès de la littérature russe.
âme,art,christianisme,concept,consolation,défaite,élan,espérance,étonnement,europe,…

kant e.
Die Empfindung von Ehre ist am Franzosen Eitelkeit, an dem Spanier Hochmut, an dem Engländer Stolz, an dem Deutschen Hoffart.

L'honneur est vaniteux chez le Français, altier chez l'Espagnol, orgueilleux chez l'Anglais, courtisan chez l'Allemand.
russie
L'honneur, chez le Russe, est si dépourvu d'attributs, qu'il se confond facilement avec le déshonneur. Question de caprices, de courants d'humeur aléatoires, imprévisibles.
allemagne,angleterre,concept,espagne,france,gloire,grandeur,inconnu,nécessité

cioran é.
Par rapport à l'Occident, tout en Russie se hausse d'un degré : le scepticisme y devient nihilisme, l'hypothèse dogme, l'idée icône.
russie
N'as-tu pas remarqué, que les baisses furent pratiquées par les Russes, avec la même hantise ? Que de dogmes piétinés et d'icônes profanées par le mot ! Comportement de nomades ou d'insulaires : « Nos savants ressemblent à ces sauvages, qui se jettent sur les objets, provenant des naufrages » - Tiouttchev - « Наши учёные похожи на дикарей, кои бросаются на вещи, выброшенные им кораблекрушением ».
concept,doute,fanatisme,grandeur,idée,nihilisme
 

solitude
Tant qu'un reniement peut encore me faire rougir ou pâlir, je suis en compagnie. La solitude, c'est vivre au milieu de mes acquiescements incolores, aucune négation ne parvenant jusqu'à l'objet nié pour s'en colorer.
acquiescement,auteur,concept,exil,honte,négation,platitude,réalité,vie

solitude
L'amour, l'admiration, la honte - le Je en contient tout ce qu'il y a de sensible ou d'intelligible, sans avoir besoin de la présence effective du Tu ; la substance de sa relation avec le Tu est dans le Je même ; le Tu accidentel peut même la dégrader ou l'abaisser ; la plus pure et haute communion avec le Tu se fête dans la solitude du Je.
amour,ange,concept,hauteur,honte,soi
 

souffrance
L'état normal, ou plutôt désirable, de l'âme est l'inquiétude ou la douleur. L'absence de ces attributs prive l'âme de son essence, mais conforte la détermination de l'esprit. Et Cioran : « Quand l'âme est malade, il est rare que le cerveau soit intact » - voit de fausses contagions. Quand l'âme est bien portante, ce n'est plus l'âme qui tentera de chanter ou de danser.
âme,angoisse,concept,danse,erreur,esprit

souffrance
L'angoisse et le langage, tels sont les deux seuls objets d'une réflexion véritablement philosophique ; c'est l'âme et l'esprit qui constituent l'organe unique de ces deux fonctions, et cet organe s'appelle l'humanisme. Aujourd'hui, chez la plupart des hommes, il est dévitalisé par des injections successives de deux virus - mouton et robot.
âme,angoisse,concept,esprit,humanisme,langue,mouton,philosophie,robot

souffrance
Tout désir comporte de la souffrance ; mais sans le désir, notre indifférence ne serait entourée que d'objets. Et comment doit-on appeler l'homme, resté, en absence d'élans, dans la seule compagnie des objets ? - robot ! Le robot humain, moins les algorithmes savants, s'appellerait bouddhiste, adepte du vide apaisant : « Aucun objet ne vaut qu'on le désire ». Quand on a le désir, bon ou beau, l'objet, même inexistant, se présenterait à ton cœur ou à ton âme, quoi qu'en pensent les Tibétains ou les phénoménologues.
âme,asie,beauté,bien,cœur,concept,élan,inconnu,matière,robot,…
 

vérité
La vérité sans sujet, c'est ce que suit et poursuit le siècle, la vérité technique. Mais c'est la vérité sans objet, la vérité artistique, qui me séduit : de belles échappées de vue sur des bribes fortuites d'une réalité inaccessible.
art,auteur,concept,inconnu,réalité,regard,robot,voix

vérité
Discours et sa véracité. Deux étapes, pour l'atteindre : analyse et, si besoin est, exécution. On se plante en analyse parce que : 1. le lexique est bon, mais la syntaxe est mauvaise, 2. la syntaxe est bonne, mais des opérateurs inconnus sont invoqués. On se plante en exécution parce que : 1. des références d'objet n'aboutissent pas aux objets du modèle, 2. la proposition s'évalue à faux. Le domaine de la vérité est donc le langage : une langue plus un modèle.
concept,erreur,interprétation,langue,représentation

vérité
L'objet O existe - comment le comprendre ? Quelle est la requête et dans quel langage ? Dans le contexte de quel modèle ? Quel en est l'interprète ? O existe, si l'on l'interroge bien et si l'on réussit à accéder à lui dans le modèle. L'objet moi du cogito n'est référencé qu'implicitement, l'interprète est absent et le modèle n'est que polémique.
concept,être,interprétation,langue,question,réalité,représentation

vérité
Le langage ne représente pas la réalité. La tâche de représentation, c'est la conception (structures, attributions, règles comportementales) qui n'est pas d'essence langagière. Le langage, c'est essentiellement la formulation de problèmes.
concept,création,langue,réalité,représentation,question,réalité

vérité
La vérité se dégage de l'interrogation, dans un langage provisoire, des modèles furtifs de la réalité. Ni l'éternité ni l'infini, ces attributs de la seule réalité, n'accompagnent ni bénissent cette naissance. Toute vérité est un enfant bien légitime de ses parents, langage et théorie, sans Annonciations du Verbe ni Visitations par l'Esprit Saint. Bien que Milton pense le contraire : « La vérité ne vient au monde qu'en bâtard » - « Truth never comes into the world but like a bastard ». La mathématique semble en être la marraine.
commencement,concept,enfance,éternité,inconnu,langue,métaphore,négation,question,réalité,…

vérité
Qu'est-ce qu'une idée ? Une requête syntaxiquement correcte dans un langage ; son analyse sémantique dans le contexte d'un modèle ; sa valeur de vérité ; des substitutions (objets) de ses variables ; des images et des désirs, qui s'en forment dans le locuteur, se tournant vers la réalité modélisée. Il n'y a aucune place à cette fumeuse adéquation de l'idée et de la chose. Aucun isomorphisme n'est pensable entre le langage et le modèle, ou entre le modèle et la réalité.
arbre,concept,idée,intensité,interprétation,langue,question,réalité,représentation,style

vérité
Tant de sophismes n'auraient jamais vu le jour, si la manipulation de la négation n'avait pas été si malaisée : Platon, incapable de nier une relation ternaire (par ex., ressemblance dans son Parménide) ; Shakespeare (« Nothing is but what is not »), ne distinguant l'universel d'avec l'existentiel ; Kant se ridiculisant avec froid et obscur en tant que des négations de chaud et de lumineux ; Hegel, confondant la complémentaire et la négation (tout comme Jankelevitch : « La négation exprime une altérité, mais non point un néant ») ; Le plus lucide est peut-être Sartre, faisant de variables rien et personne des instances de néant.
arbre,concept,être,fanatisme,négation,raison,simplicité,universel

vérité
La vérité n'a aucun rapport avec la validité (le pragmatisme) ni avec la certitude (le psychologisme) ; elle est une relation linguo-conceptuelle.
concept,doute,idée,langue,représentation,utilité

vérité
La philosophie peut prétendre aux facettes esthétique, éthique, mystique, mais nullement - à la véridique. Mieux, la connaissance philosophique n'existe pas, bien que la philosophie de la connaissance soit vaste et féconde. La vérité naît entre le langage et le modèle, tandis que la philosophie est dédiée à la relation entre le modèle et la réalité.
beauté,bien,concept,langue,mystère,philosophie,réalité,représentation,savoir

vérité
Jadis, la logique et la théorie des ensembles se mariaient trop légèrement : « Le faux et le néant se montrent identiques » - Pic de la Mirandole - « Falsum et nihil idem esse ostendunt ». Pas plus que Sartre, tu ne fréquentas de bonnes écoles. Le néant est absence d'objets, dans un modèle ; le faux est une propriété d'énoncés - aucune comparaison n'est même pas envisageable.
concept,être,inconnu,représentation

vérité
L'innéité est faite du chaud chaos du bien et du beau, que scrute, recueilli, un esprit inarticulé. C'est le vrai, toujours articulé, qui marque l'extériorité sans aucune attribution thermique. Dire : « la vérité est intériorité » (Kierkegaard), c'est s'avouer incompétent en mystères.
beauté,bien,concept,esprit,mystère,ordre

vérité
Si l'on parle de choses vraies (« la vérité est aux choses vraies ce que le temps est aux choses temporelles » - Anselme - « tempus se habet ad temporalia, ita veritas ad res veras »), on ne peut être que scolastique logorrhéisant. Ne sont vrais que des énoncés (au-dessus d'un modèle - veritas cognoscendi). Le vrai en tant qu'attribut des choses (veritas essendi) - tel le temps - n'a aucun intérêt ; il n'appartient qu'aux requêtes - représentations - interprètes. Verba, res, mores
concept,discursif,être,interprétation,langue,mot,moyen âge,question,représentation,temps

vérité
Dans l'intelligible, ce qui nous est commun, donc ce qui n'est qu'une intersection, est nécessairement plus pauvre, que ce qui nous est imparti en propre. Et la vérité n'est qu'un attribut de l'intelligible. St-Augustin ne veut pas le voir : « Quand nous voyons, l'un et l'autre, le vrai, où le voyons-nous ? - dans l'immuable Vérité, au-dessus de nos intelligences » - « Si ambo videmus verum, id videmus ? - ambo in ipsa quae supra mentes nostras est incommutabili veritate ».
concept,esprit,inconnu,intelligence

vérité
Les dogmatiques sont de trois espèces, en fonction du choix d'un terme de la triade - le vrai, le beau, le bon - tout en tentant de coller au terme central les attributs des deux autres ; les sophistes préconisent le haut, qui ennoblit, au même degré, et le beau et le bon et le vrai, et en constitue la seule passerelle.
beauté,bien,concept,fanatisme,hauteur,noblesse,philosophie

vérité
Il est absurde de dire, que la vérité est dans la chose (tout attribut, y compris la valeur de vérité, s'attache aux concepts et non pas aux choses réelles) ou dans l'adéquation entre le concept et la chose (une adéquation ne pouvant résulter que d'une comparaison, or le réel et sa représentation n'admettent aucune échelle de valeurs commune, ils sont incommensurables).
absurde,balance,concept,erreur,idée,interprétation,matière,réalité,représentation

vérité
Bolzano, Husserl, Wittgenstein font grand cas de la proposition : Smith traça un heptagone constructible (comme B.Russell - de celle-ci : Le roi actuel de France est chauve), en y invoquant le sens ou l'absurdité, tandis que la chose est d'une navrante banalité : la proposition s'évalue à faux, et l'abduction en donne la raison : la référence d'objet heptagone constructible n'aboutit à aucun objet, rendant sans objet le reste de l'interprétation (où, à la place de Smith, on aurait pu mettre un ange ou un triangle rond, et à la place de traça - avala ou admira). Plus intéressant serait de se pencher sur des propositions vraies : Smith ne voyagea jamais avec un heptagone constructible ou Aucun roi actuel de France n'est chauve (comme, chez Kojève : √2 n'a pas de muscles).
abduction,absurde,concept,interprétation,ironie,négation

vérité
B.Russell ne voit pas, que le raisonnement déductif se complète par le raisonnement abductif, ce qui permet d'évaluer à faux aussi bien Le roi actuel de France est chauve, que Le Président actuel de France est chauve. La réponse au pourquoi, dans le premier cas, serait : il n'existe pas d'objet, référencé par le roi actuel de France, et dans le second cas : l'objet le Président actuel de France relève de la classe des humains, pour laquelle chauve est une valeur du domaine pilosité, où sa valeur complémentaire est chevelu, or la valeur de l'attribut pilosité, pour l'objet le Président actuel de France, est chevelu. La même valeur de vérité, deux sens différents.
abduction,concept,interprétation,négation,question,science

vérité
Le mot vérité couvre trois genres d'objet : ce qu'on démontre, ce qu'on montre, ce qu'on peint. Seul le premier mérite son nom ; il est à l'art ce que le dessin industriel est à la peinture, il est de la géométrie. Les deux autres, il ne faut pas les confondre : « Il ne suffit pas de montrer la vérité, il faut la peindre » - Fénelon.
art,concept,mot

vérité
Intuitivement, on répartit la vérité entre trois sphères : la réalité, le langage, la représentation. Le superficiel privilégie la première, le technicien - la deuxième, le profond - la troisième. « Le vrai et le faux sont des attributs du langage, non des choses. Et là où il n'y a pas de langage, il n'y a ni vérité ni fausseté »*** - Hobbes - « ‘True' and ‘false' are attributes of speech, not of things. And where speech is not, there is neither ‘truth' nor ‘falsehood' » - il faudrait l'expliquer à Thomas d'Aquin, Descartes, Spinoza, Kant, Bergson, pour qui la vérité est une conformité avec les choses (confusion entre vérité et validité). Mais, campées dans le langage lui-même, les vérités sont stériles. On leur apporte de la vie, en insérant entre le langage et les choses - un modèle de référence, modèle de l'univers, qui n'est ni langagier ni réel.
concept,création,langue,réalité,représentation,vie

vérité
La perfection est attribut de la seule réalité, donc, entre autres, de la matière. La vérité est imparfaite, comme l'est tout langage et tout modèle, au sein desquels la vérité est parfaite, c'est à dire ne peut pas être mise en doute. « La Vérité est la Magnificence parfaite, non souillée par la matière » - le Trismégiste. La vérité est cet air, dont parle Pavlov : « Aussi parfaites que soient les ailes d'un oiseau, elles ne sauraient jamais le propulser vers le haut, sans s'appuyer sur l'air ; les faits sont l'air de la science » - « Как ни совершенно крыло птицы, оно никогда не смогло бы поднять её ввысь, не опираясь на воздух. Факты - воздух науки », mais les poètes chantent, imparfaitement et en oubliant l'air du temps, - la perfection de l'aile, de la hauteur et du feu ascendant !
ange,concept,éléments,hauteur,langue,matière,réalité,représentation

vérité
Deux manières d'interpréter la phrase : Brutus ne tua pas César - ou bien : il est faux, que Brutus tuât César (négation syntaxique), ou bien : la relation ne pas tuer existe entre Brutus et César (négation sémantique). Si l'un des deux objets n'existait pas dans la représentation sous-jacente, la première évaluation aboutirait à vrai, et la seconde – à faux.
concept,négation,représentation

vérité
Vérité des relations mathématiques, vérité des propriétés physiques, chimiques, biologiques, vérité des faits du passé - tout y est sensé, sérieux et exclut toute polémique terminologique. Mais vérité philosophique - ou poétique ! - est chose si impensable, incongrue, n'offrant pas un seul spécimen crédible, qu'il est effarant de voir le gros de la troupe professionnelle continuer à le professer. Il faut choisir entre sophiste et copiste. Et Platon, tout en maugréant contre les mœurs des sophistes et des poètes, est, lui-même, dans le sophisme et la poésie.
concept,école,fanatisme,inconnu,philosophie,poésie,raison,science,simplicité

vérité
La représentation n'est validée que par une logique des apparences (la Scheinlogik kantienne) : la non-contradiction, les contraintes des liens syntaxiques. L'interprétation, en revanche, n'est qu'une application de la logique formelle au monde fermé d'une représentation fixe : l'analyseur linguistique, l'accès aux objets et relations par substitutions, la démonstration de la véracité, la formulation du sens.
arbre,concept,interprétation,langue,représentation,science

vérité
La logique ne connaît pas d'objets, tandis que la mathématique crée ses objets et analyse des relations entre ces objets. La logique n'est qu'un langage interprétatif, dont se sert la souveraine mathématique. B.Russell a tort : « La logique est l'enfance de la mathématique, la mathématique est la maturité de la logique » - « Logic is the youth of mathematics, mathematics is the manhood of logic » - la mathématique exista bien avant que la logique ne fût formalisée ; le moteur logique, lui, est inné, il est câblé dans notre cerveau à notre naissance.
concept,création,interprétation,représentation,science

vérité
Les attributs transcendantaux - le bon, le beau, le vrai - s'appliquent aussi bien à la représentation qu'à la réalité, ou plutôt à l'esprit du réel ; ces deux sphères, l'humain et le divin, n'ont ni les mêmes critères ni les mêmes sources ; le bon réel est dans la pitié, le bon humain - dans la honte ; le beau réel est dans la conception, le beau humain - dans la création ; enfin, le vrai réel est dans le mystère de l'harmonie, le vrai humain - dans des problèmes bien formulés et dans des solutions bien déduites. Le bon et le vrai représentatifs peuvent s'écarter largement de leur homologues réels ; dans le beau, ou bien le réel est entièrement absent, ou bien un accord profond doit exister entre eux - je ne crois ni en Charogne, ni en Finnegan's Wake, ni en Carré Noir ni en 4'33''.
art,auteur,beauté,bien,concept,musique,mystère,philosophie,réalité,religion,…

vérité
La beauté du vrai se fonde sur sa rigueur, et celle du poétique – sur son déchaînement, - elles sont incompatibles. Le mathématicien crée une représentation subtile et formule la-dessus une hypothèse profonde, qu'il prouve élégamment – d'où la beauté mathématique. Le poète suggère, implicitement, une représentation mystérieuse et bâtit un chemin excitant vers des objets de celle-ci – d'où sa beauté vertigineuse. Et il est aberrant d'entendre parler d'identité de beauté entre la vérité du poème et le nihilisme du mathème (Badiou).
beauté,concept,élan,mystère,nihilisme,poésie,représentation,science

vérité
La représentation, implicite en poésie et explicite en philosophie, est leur pivot commun : la poésie le survole avec un langage original et individuel, la philosophie projette sur lui la réalité objective. L'appareil purement logique y est presque absent, aussi bien en représentation conceptuelle qu'en interprétation déductive. La vérité est, donc, exclue des champs poétique et philosophique, elle est réservée à la logique. « La vérité n'est pas l'accord entre le concept et son objet, mais l'adéquation entre ce concept et le raisonnement » - Schiller - « Wahrheit ist nicht die Ähnlichkeit des Begriffs mit dem Gegenstand, sondern die Übereinstimmung dieses Begriffs mit den Gesetzen der Denkkraft ».
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vérité
La vérité naît d'un bon interprète, qui, dans le contexte d'une bonne représentation, prouve une bonne requête, portant sur de bons objets. Ceci crée un lieu des vérités, et, à tout prendre, la philosophie n'a de mots à dire, à ce sujet, que sur la qualité des requêtes.
concept,élite,interprétation,langue,philosophie,question,représentation

vérité
Dans l'évaluation de valeurs de vérité, je sous-estime la part de la vie. Le langage n'est pas tout ; dans les références d'objets et de relations, la vie - c'est-à-dire le savoir, la rigueur et la droiture de l'homme - intervient et peut bouleverser toute interprétation logico-linguistique. Et la post-vérité psycho-linguistique peut être plus révélatrice que la pré-vérité logique ; et ce passage fait partie de la naissance du sens.
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vérité
Deux vérificateurs des constructions scientifiques ou philosophiques : les yeux, c'est à dire la rigueur et la profondeur, ou le regard – la noblesse et la hauteur. La réponse des yeux dit – vrai ou faux ; la réponse du regard – séduisant ou décevant. L'erreur des philosophes est de vouloir être jugés par les yeux, dont le verdict ne peut être que cinglant. Pas de vérité au milieu des seules notions, sans concepts ni objets.
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vérité
À la place de l'âme, qui fut la seule source de l'amour, ils ont un capteur d'intérêts matériels ; à la place de l'esprit, qui fut le seul producteur de vérités, ils ont une calculatrice ; et ils disent aimer la vérité. Quand j'aime, je suis incapable d'en nommer l'objet ; et quand je maîtrise l'objet, je ne peux pas l'aimer – on n'aime que ce qu'on ne peut ou ne veut pas connaître.
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vérité
Je passe, inévitablement, par la tentation du sophisme - un jour je me dirai : je prouve tout ce que je veux. Mais deux constats finissent par m'en éloigner : primo, quand à ma conviction s'ajoute mon adhésion, et la réalité, miraculeusement, s'y plie (aléthéia d'Aristote, adaequatio rei et intellectus de St-Augustin et d'Averroès, verum et factum reciprocantur de G.B.Vico, l'harmonie préétablie dans l'âme entre la représentation et l'objet de Leibniz, ce qui est rationnel est réel de Hegel - was ist wirklich ist vernünftig, la parole va à l'être, car elle en vient de Heidegger - das Wort geht zum Sein weil es vom Sein herkommt), le significatif rejoignant le formel ou s'y refusant dans l'irrécusable perplexité de Zénon d'Élée ; secundo, quand je comprends, que le choix des choses à prouver joue le rôle des contraintes, que ne s'imposent que le bon goût et la noblesse.
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vérité
Pour un philosophe pratique, qu'est-ce que la logique ? - une représentation, un langage de requêtes, bâti là-dessus, et un interprète, qui établit la véracité de requêtes, en unifiant l'arbre-requêteur. L'être, si galvaudé par les Anciens, ainsi que par Hegel et Heidegger, n'y a pas de place, ni sous forme d'Idées immuables, ni de dialectique sujet-objet, ni de souci métaphysique. L'être est le contenu immanent du réel modélisé, servant de justification de représentations et de donation de sens (transcendant, par une gratuite bénédiction - Segnen sinnt !) aux vérités (toujours évaluées dans le contexte représentation-discours).
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vérité
Vivre dans un monde du vrai ou du faux, dans un monde sans métaphores, est rassurant mais plat. « La métaphore me désespère de la littérature » - Kafka - « Die Metapher läßt mich am Schreiben verzweifeln » - mais c'est comme avec le beau de Valéry – il est aussi ce qui procure la plus haute des espérances ! La hauteur s'appuyant sur la profondeur. Ce n'est pas l'accès lui-même à l'objet qui valorise celui-ci, mais le chemin d'accès. La métaphore, c'est la délicatesse du chemin.
beauté,chemin,concept,espérance,métaphore,nature,platitude

vérité
Le bon goût, en matière des contraintes, consiste à procéder par refus plutôt que par négation : refuser d'évaluer ce qui est mal formulé ou ce qui référence des objets ou relations sans noblesse - éliminations syntaxique et sémantique, avant tout examen logique.
concept,contrainte,goût,langue,négation,noblesse,style

vérité
Si l'intuition (l'usage des connaissances aprioriques ou câblées) vise des objets justes, c'est à dire se trouvant bien dans une représentation et vérifiant les propriétés pressenties, elle ne génère pas pour autant une vérité, elle en prépare des prémisses. Pas de vérités sans références langagières d'objets, sans formes prédicatives de relations.
concept,langue,représentation,savoir,science

vérité
En fin de compte, la vérité se réduit au chemin d'accès aux objets, sur lesquels elle porte, et le terme de dévoilement (aléthéia) le reflète bien. Ce qui voile ce processus, ce sont deux couches, la langagière et la conceptuelle, qui s'entreposent entre l'interprète et la réalité.
chemin,concept,idée,interprétation,langue,réalité,représentation

vérité
Trois types de négation : la syntaxique (portant sur une proposition), la sémantique (portant sur une relation ou un attribut), l'exclusive (la négation-contrainte, spécifiant les angles de vue à exclure). C'est la dernière qui est visée par Spinoza dans sa définition de determinatio negatio est.
concept,contrainte,négation,représentation

vérité
L'art aphoristique est semblable à la science mathématique : une fois qu'on a défini des objets intéressants, inspirés par la nature et l'intuition, des propositions portant sur leurs propriétés viennent à l'esprit tout seules. En mathématique, on complète le tableau par la démonstration, le développement explicite par la logique, et dans l'art – par la monstration implicite, l'enveloppement par le mot. En ressortent une vérité ou une beauté.
art,beauté,concept,discursif,maxime,mot,nature,science

vérité
Trois types de vérité des propositions : la mécanique (sans besoin d'accès aux objets de la représentation, la rarissime), la factuelle (l'accès direct aux faits câblés de la représentation, la plus simple), l'inférée (la déduction à partir des faits, la plus subtile). Les faits câblés sont l'œuvre du libre arbitre du concepteur, ils sont à son effigie. Donc, comme toujours, Hegel est à côté de la plaque : « La vérité n'est pas une monnaie frappée, qui peut être donnée et empochée telle quelle » - « Die Wahrheit ist nicht eine ausgeprägte Münze, die fertig gegeben und so eingestrichen werden kann ».
concept,liberté,représentation,science,simplicité,voix

vérité
Les valeurs de vérité possibles de la proposition les hommes sont mortels : 1. faux, car la phrase serait syntaxiquement incorrecte (faute de l'émetteur ou de l'interprète réceptionniste) ; 2. faux, car un homme, nommé Jésus, est immortel, dans la représentation du récepteur ; 3. faux, car l'attribut mortalité de la classe hommes ne vaut pas nécessairement mortel ; 4. faux, car la classe hommes est vide ; 5. vrai, car l'attribut mortalité de tous les éléments représentés de la classe hommes vaut mortel ; 6. vrai, car l'attribut mortalité de la classe hommes vaut nécessairement mortel ; 7. vrai ou faux, car la représentation est contradictoire (défaut des méta-concepts) ou l'interprétation n'est pas rigoureuse. Et aucun cas n'y est absurde.
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vérité
Adæquatio rei et intellectus ne mérite pas le nom de vérité, c'est un constat intuitif, résultant de cette chaîne rigoureuse : une proposition, sa correction syntaxique, sa démonstration, les substitutions en réseau, la signification de ce réseau, et d'une confrontation du sens dégagé avec la réalité modélisée. Et cette confrontation échappe à toute formalisation ; notre liberté s'y réduit à la contemplation jugementale extra-conceptuelle. La satisfaction confirme (elle est là, la vérité du sens accepté) et l'insatisfaction infirme (la vérité inacceptable de la proposition) notre représentation.
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vérité
La vérité est impensable sans une représentation ; la représentation est impensable sans concepts ; le concept est impensable sans une rigueur ; donc, tant de sciences tant de genres de vérité, mais la vérité, recherchée par les philosophes ou les sages professionnels, est impensable, car ils nagent dans un pur verbalisme, suspendu au-dessus d'un vide et non pas attaché à une représentation.
concept,mot,philosophie,représentation,science,vide

vérité
La 'logique' puérile de Hegel suppose l'unicité de la négation (die Verzweiung – couper en deux) et fait de son surgissement une nécessité, tandis qu'il y a autant de négations d'un concept qu'il y en a de points ou d'angles de vue sur ce concept, et la négation n'est ni absolue ni nécessaire mais tout bêtement utile, pour focaliser l'attention sur un aspect plutôt que sur un autre.
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vérité
La Vérité est une propriété d'une proposition langagière (transformée en formule logique et démontrée dans le contexte d'une représentation), et le Sens est un résumé intuitif (ni langagier ni conceptuel) des substitutions effectuées dans la proposition (formule) démontrée (et donc débarrassée complètement du langage) et visant à confirmer (la vérité des scolastiques et charlatans) ou à infirmer la représentation sous-jacente. Comment les tenants de la philosophie analytique ou de la French theory américanisée peuvent-ils partir du seul langage (et oublier la représentation), pour aboutir au sens ?
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vérité
L'arrogance du bavardage académique autour de la vérité est due à la licence, léguée par les scolastes, distinguant la vérité des choses et celle des discours (veritas rei, veritas praedicationis). Or, non seulement la première se réduit toujours à la seconde, mais la seconde est impensable sans une représentation conceptuelle, dont sont incapables les bavards, sans parler de leur ignorance de la logique la plus élémentaire.
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vérité
On ne trouve qu'en français cette commode différence entre langue et langage, le second complétant la première par une représentation. La langue est un objet statique des études linguistiques, et le langage est un outil dynamique du poète et du philosophe. Le poète habite les frontières vagues entre langue et représentation ; il violente les modes d'accès habituels aux objets ou les images des objets mêmes, son regard crée ainsi un vertige dans les yeux sensibles. Le philosophe est plongé dans la représentation, dont l'adéquation avec la réalité est son premier souci. La vérité du poète est dans le vertige, et celle du philosophe - dans la réalité. Et puisque la vérité des propositions est interne au langage, le poète est plus près du vrai.
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vérité
Quand on parle de vérité en termes d'adéquation, trois sortes d'opération intellectuelle sous-jacente, et souvent confondues, sont possibles : l'ordre (introduction axiomatique de concepts dans la représentation), la requête (proposition langagière sur les relations entre les concepts), l'intuition (confrontation de propositions, vraies ou fausses, avec la réalité, donation de sens). Il est à noter, que la réalité est absente dans le deuxième cas ; la représentation – dans le troisième ; le langage – dans le premier et le troisième.
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vérité
Le discours philosophique ne peut porter que sur les thèmes, où le consensus est impensable. Donc, par une simple modification du langage, une proposition vraie y peut être transformée en fausse. Et ils continuent à traquer la vérité dans leurs discours abscons. La vérité, en philosophie, est un attribut, un qualificatif local, sans aucune portée globale ; on devrait y rester avec les objets intelligibles, ou, mieux, avec le sujet sensible.
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vérité
C’est dans les concepts et les mots que se grave l’inventé ; il est donc parfaitement sensé de parler de sa vérité. En revanche, il est absurde de parler de la vérité du réel, qui ne se réduit jamais à un discours ; tout discours est déjà dans l’inventé.
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vérité
Le physicien étudie la matière dans notre espace tridimensionnel et notre temps irréversible. Le mathématicien, par son intuition spatio-temporelle, imagine des objets artificiels (grandeurs, structures, transformations), obéissant aux concepts de métrique, d’ordre, de limite. Le physicien doit constater (et non pas prouver, car aucune théorie de validation n’existe) l’adéquation de sa représentation avec la réalité. Le mathématicien peut ignorer cette adéquation, puisque même si la réalité est conforme (non-contradictoire) avec ses résultats, cela ne prouve pas que la mathématique est la véritable ontologie du monde. Mais la théorie de la représentation (avec le langage, y compris la logique) est la même en physique et en mathématique ; le terme de vérité doit donc être réservé au langage et interdit aux intuitions de l’adéquation.
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vérité
Comme la blancheur ne peut pas être définie sans qu'on ait défini ce qui peut être blanc, de même manipuler la vérité sans avoir défini ce qui peut être vrai est une niaiserie, dans laquelle tombent tous les philosophes. La bonne question posée, tout de suite surgira le seul domaine, où la notion de vérité ait un sens sérieux et rigoureux, - le langage. Si, en plus, on veut qu’on soit conforme (adéquat, compossible) à la réalité, on aboutira à la représentation non-langagière ; dans un langage on formule des propositions, interprétées dans le contexte d’une représentation.
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vérité
Ce que, dans l’interprétation d’un discours, les hégéliens ou phénoménologues appellent apparaître, correspond à substituer aux références langagières - des objets ou des relations de la représentation. La réussite (l’échec) finale de ces substitutions est marquée par un symbole abstrait, extra-langagier, extra-représentationnel, de vérité (fausseté). Mais ils répètent cette bêtise : « Toute vérité, pour ne pas rester abstraction pure, doit apparaître » - Hegel - « Alle Wahrheit muß erscheinen, um nicht eine leere Abstraktion zu sein ».
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vérité
Tout homme, qu’il soit intelligent ou bête, possède une zone sacrée, où réside un inexistant, plutôt poétique et vénéré sans preuves. Faute de mieux, on l’affuble du nom prosaïque de vérité, grâce au prestige immérité du mot et non pas du concept. « Les preuves fatiguent la vérité » - G.Braque, c’est comme si tu disais – « les caresses dévalorisent l’amour ».
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vérité
Pour partager une même vérité, un groupement humain doit, au préalable, partager beaucoup d’autres choses : la même représentation conceptuelle, le même langage interrogatif, le même interprète logico-linguistique, la même interprétation-sens. Koyré a raison : « La vérité est toujours ésotérique »*.
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vérité
La vérité s'établit par un interprète logique neutre, appliquant les mêmes règles aux objets réels ou éphémères, aux relations sentimentales ou mécaniques. C'est en cherchant à donner un sens aux hypothèses démontrées que nous réintroduisons le travail de l'âme dans le domaine de l'esprit.
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vérité
L’individualisation se manifeste de deux manières : dans la représentation (les structures syntaxiques – concepts de l’ontologie, ou sémantiques - liens entre concepts) ou dans le style (attachements langagiers aux concepts ou aux liens). Ne méritent notre intérêt que les vérités et erreurs, fondées sur ces deux types d’individualisation ; collectives, elles rejoignent très vite la platitude.
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vérité
La science engendre des concepts et l’intuition – des notions, qui peuvent, parfois, aboutir aux concepts. La tête bornée ne suit que des notions ; la tête éclairée accumule des concepts. La première est bourrée de vérités éternelles ; la seconde ne maîtrise ni ne produit que des vérités, relatives à l’état de nos représentations. On voit dans quel camp se place Descartes : « Par vérités éternelles j’entends des notions communes ».
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vérité
On vit une vie organique (analogique), comme tous les animaux, et une vie conceptuelle (fondée sur les représentations). Cette dernière est largement la plus présente et donc pleine de visibles contradictions (paradoxes), dues aux changement de représentations (et donc de langages). L’erreur des philosophes est d’appliquer à la vie organique les notions de vérité ou de négation qui n’y ont aucun sens.
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vérité
L’outillage logique s’incruste dans la grammaire de toute langue naturelle. La merveille – ou la misère ? - de la mathématique, c’est qu’elle n’ait besoin que de cette incrustation, pour exprimer les propriétés de ses objets. Ces tournures logiques, d’ailleurs, sont, essentiellement, incorporées dans la mathématique elle-même.
concept,langue,mystère,science

vérité
La négation d’un état des choses réelles est ce qu’il y a de plus simple et, souvent, niais ; la négation des relations entre des concepts d’une représentation est ce qu’il y a de plus compliqué, mais, souvent, intelligent.
concept,intelligence,négation,réalité,représentation

vérité
Sans habits conceptuels ou verbaux, la vérité est impensable ; ne guettez pas les puits – la vérité nue n’existe pas.
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vérité
Le sens que les philosophes mettent dans la définition de la vérité en tant que adaequatio rei et intellectus est soit absurde soit trivial. Passons sur intellectus, qui peut être soit personnel soit collectif, mais le terme ambigu de rei dévalorise toute la formule : soit il nous renvoie à la réalité qui n’admet aucune unification avec une représentation d’intellectus, soit il nous plonge directement dans une représentation, et dans ce cas l’unification est triviale, puisque c’est intellectus, lui-même, qui l’a produit. On aurait dû parler de choses en réalité et d’objets en représentation.
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vérité
La pensée d’un objet, ou, dans le jargon des charlatans (non-grecs), la noèse d’un noème, c’est ainsi que ceux-ci voient la naissance d’une vérité, sans évoquer ni un langage ni une logique ni une représentation. Un objet, pris séparément, ne peut être interrogé que sur son existence ; seules de bien piètres vérités peuvent en sortir. La pensée est une requête langagière (assertion ou interrogation), portant sur les relations entre objets, dans le contexte d’une représentation ; la pensée est donc un arbre cherchant des unifications et aboutissant au sens.
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vérité
La vérité, sans le complément – de quoi ? – et sans un renvoi conceptuel – dans quel langage ? - n’a aucun sens. Pourtant, c’est cette absurdité qui remplit d’interminables élucubrations des professeurs.
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vérité
Toute science se repose sur des représentations (abstractions : concepts et relations) ; toute abstraction se trouve hors de la réalité, donc elle est toujours pure et rend la vague notion d’être (Kant, Hegel, Heidegger, Sartre) superflue. La mathématique est la seule science, dont les abstractions n’ont aucun correspondant dans la réalité ; elle ne manipule donc que des vérités internes, contrairement aux autres sciences, qui passent, nécessairement, par la vérification d’une adéquation avec la réalité (res intellecta) et dénomment, abusivement, cette adéquation in-formalisable - vérité.
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vérité
Pour éprouver le néant, comme disent les écolâtres, il faut passer par la négation. Pour définir la négation, il faut être, à la fois, logicien (la négation syntaxique) et linguiste (qui y ajoute la négation sémantique). Or aucun philosophe académique ne fut l’un ou l’autre. De Hegel à Sartre (en y incluant leurs critiques, tout aussi universitaires) – qu’un galimatias balbutiant. Même leur fichu être, pourtant une notion intuitivement plus abordable et sensée servir de point de départ de la négation (ce qui est totalement absurde), est un SDF, fourré quelque part entre la réalité et la représentation.
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vérité
La vérité est une propriété formelle d’une phrase (partie élémentaire d’un discours), la signification (d’une référence d’objet et de relation entre objets, à l’intérieur de la phrase) et le sens (de la phrase entière, démontrée ou réfutée) en étant des propriétés significatives. La vérité et le sens portent donc sur le tout, et les significations – sur les parties.
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vérité
Pour justifier ses représentations et preuves, la mathématique n’a pas de comptes à rendre à la réalité ; les objets qu’elle manipule n’ont pas de modèles dans la réalité ; elle les fabrique elle-même, dans un esprit universel, peu anthropomorphique. Toutes les vérités mathématiques sont éternelles.
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vérité
On enrichit une représentation en essayant d’y insérer de nouveaux faits abstraits - arbitraires, aléatoires ou rigoureux - mais inspirés par la réalité. Mais une fois l’essai réussi, ces faits non-contradictoires deviennent nécessairement vrais. La nécessité est toujours liée à une représentation ; l’absolue nécessité n’existe pas.
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vérité
L’emploi courant de la notion de vérité se rapporte soit à une représentation (alors la notion devient concept) soit à la réalité (la vérité n’y serait qu’intuitive). Les concepts de nécessité et de contradiction n’ont de sens que dans le contexte d’une représentation. D’où il faut conclure que la vérité de raison est un concept logique, et la vérité de fait est une notion s’appuyant uniquement sur l’intuition.
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vérité
Si tu réussis à insérer un nouvel élément dans ta représentation, une infinité de propositions, impliquant cet élément, deviendraient, mécaniquement, vraies ou fausses - pour toi. Pourtant, un homme mieux renseigné que toi (ou ne manipulant pas les mêmes concepts) pourrait trouver cet élément absurde ou dénué de tout sens.
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vérité
La vérité d’une proposition s’établit par une succession d’actes d’unification des mots avec des concepts. Valéry : « La marque de la vérité est la réussite des actes »** - complète Aristote et surclasse tous les philosophes du langage.
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vérité
Tous les philosophes, de Platon à Heidegger, appliquent la notion de vérité aux choses et aux actes des hommes et considèrent le résultat comme universel. Or, seuls les jugements, propositionnels et non pas intuitifs, jugements énoncés et prouvés par un homme, peuvent recevoir cette valeur, valeur personnelle. La réalité y est absente.
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vérité
La source de mes actes est soit mon soi inconnu singulier (alors il s’agit d’actes de création), soit mon soi connu social (alors il s’agit d’actes d’obéissance). Mais l’usage applique le même terme de vérité aux résultats réussis de ces deux démarches : la vérité comme satisfaction (de la traduction intérieure de mon essence), ou la vérité comme adéquation entre l’acte visé et l’acte accompli (la manifestation extérieure de mon existence). « En inventant, je dis la vérité ; en disant la vérité, je trompe » - L.Reisner - « Сочиняя, говорю правду, и обманываю, говоря правду » - avec la vérité des autres, tu trompes ta vérité singulière.
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vérité
Comme la blancheur est la valeur de l’attribut couleurs, attaché aux objets matériels, la vérité est la valeur de l’attribut véracité, attaché aux propositions langagières. La première résulte de l’interrogation d’un objet ; la seconde – de la démonstration d’une proposition, comprenant des références d’objets et de relations. Dans les deux cas, les valeurs proviennent de la représentation sous-jacente.
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vérité
Les superficiels et les vagues voient dans la vérité un objet, ni langagier ni conceptuel, existant depuis la nuit des temps, résistant aux tentatives humaines de s’en emparer et reflétant, avec fidélité et précision, des choses en soi, constituant la réalité. L’homme chercherait à atteindre cette vérité fuyante, pour proclamer sa possession. Presque tous les philosophes partagent cette aberration. La vérité, sans spécifier le de quoi, est une chimère insaisissable ; quant au quoi, il doit être langagier, réductible au conceptuel, et formulé par le qui, muni du comment personnel.
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vérité
Dans le domaine conceptuel, l’exemple peut être utile en tant qu’illustration d’une vérité ou réfutation d’une thèse fausse. Mais dans les cas les plus répandus, il n’est qu’incapacité de faire appel aux concepts. Un vrai héros est peut-être celui dont l’esprit n’a pas besoin d’exemple concret, puisque un concept abstrait brûle déjà dans son cœur.
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vérité
On peut juger de l’intelligence des hommes par le choix du qualificatif gnoséologique qu’ils attachent au concept de vérité : universelle (les plus bêtes), nationale (les plus banals), personnelle (les plus lucides).
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thomas d'aquin
Veritas est adaequatio intellectus et rei.

La vérité, c'est l'accord entre les choses et la raison.
vérité
Depuis St-Augustin, on cherche à nous contenter de cette veritas optima, une merveille hors la raison, tandis que veritas vera, la seule vérité, ne quitte jamais la raison et ignore les choses. La pensée veut exprimer les choses, en s'imprimant dans les mots : l'arbre intelligible, s'unifiant avec l'arbre sensible, en se servant de l'arbre logique – trois univers qui ne se touchent guère. L'objet est dans le modèle conceptuel, l'affirmation - dans le modèle linguistique, la vérité - dans le modèle logique. Et cet accord, ces va-et-vient entre ces modèles, est proprement ce qu'on appelle le sens. Dans le meilleur des cas, il est adaequatio iubilationis et intellectus (Nietzsche) !
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thomas d'aquin
Verum est in rebus et in intellectu … convertitur cum ente, ut manifestativum cum manifestato.

La vérité est dans les choses et dans l'intellect … elle se projette sur l'être, comme la représentation - sur le représenté.
vérité
Abus de langage : les choses sont dépourvues de mots, et la vérité ne peut exister qu'au sein d'un langage. Ce qui est manifeste dans les choses et dépasse toute représentation s'appelle, justement, - être. La vérité naît en plusieurs étapes : son premier temps est, tout de même, dans les mots d'une requête et nullement dans les choses, le deuxième - dans la pensée extraite de la requête, le troisième - dans les substitutions fournies par la représentation. De la confrontation des objets des substitutions avec les choses naît le sens. De res fictae (représentation, modus essendi), par res fatae (interprétation, modus intelligendi), à res factae (sens, modus significandi). Tu oublies les mots, comme Boèce oublie la représentation.
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hegel g.
Wahrheit heißt Übereinstimmung des Begriffs mit seiner Wirklichkeit.

La vérité est coïncidence du concept avec sa réalité.
vérité
Comment peut coïncider un objet réel, et son infinité de variables potentielles, avec un concept, qui en comporte toujours moins ? De leur rapprochement ne peut naître que le sens, jamais la vérité. Ne disais-tu pas : « le concept élaboré d'une entité n'est pas l'entité elle-même » - « der erreichte Begriff des Ganzen ist kein Ganzes selbst » ?
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proust m.
La vérité ne commencera qu’au moment où l’écrivain posera le rapport des deux objets différents, dans le monde de l'art et dans celui de la science, et les enfermera dans une métaphore.
vérité
Comment l'auteur de telles âneries peut-il passer pour l'un des plus grands ! - énigme du goût des Français moyens… Réduire le beau au vrai est la misère ou l'ennui des non-artistes, mais réduire le vrai au beau, sans maîtriser ni le vrai ni le beau, relève d'une imbécillité incurable.
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postface
J’aurais pu élever mes quatre chapitres – le Valoir, le Devoir, le Vouloir, le Pouvoir – au grade de catégorie, comme le faisaient des autres. Chaque catégorie aurait pu se prévaloir d’avoir produit quatre concepts constitutifs. La symétrie et la gloire ! Mais voilà que lèvent la tête l’Agir, l’Avoir, le Savoir, l’Être, le Lutter et tant d’autres, et me prouvent le ridicule d’une prétention à l’universalité, à l’exhaustivité, à l’exclusivité. Tant de représentations équivalentes d’une même réalité. Toutefois, sans fausse modestie, je compare ma Table avec celles des autres et je trouve la mienne – plus proche de l’âme que de l’esprit ; l’âme – réceptacle de la musique du monde, et l’esprit – interprète de celle-ci, certes maître de son art, mais mauvais juge de ce qui surpasse la connaissance. Le Vrai, progéniture du Savoir, est commun à tous les hommes, je ne lui prête donc pas beaucoup d’attention, mais, en même temps, je n’ai pas l’outrecuidance de me mettre aussi au-delà du Bien, au nom du Beau. Seulement, voilà, je ne vois aucun moyen de faire parler celui-là dans un langage des actes, des idées ou des images. Il est une étincelle bienfaisante, tandis que le Beau est un grand feu, projetant des ombres de mon soi inconnu, ombres qu’aucune lumière du Vrai n’est capable d’engendrer.
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Thèmes : Concept …